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Yoko Kawada (Traducteur)Patricia Beaujin (Traducteur)
EAN : 9782234023062
263 pages
Éditeur : Stock (30/11/-1)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 28 notes)
Résumé :

Comme c'était autrefois la coutume au Japon, Kaé a épousé Umpei par procuration, car son jeune mari est retenu à Tokyo où il poursuit ses études de médecine. Malgré cette absence qui va se prolonger trois ans, Kaé est heureuse : elle aime et admire sa belle-mère, la très belle Otsugi qui lui voue une grande affection. Tout change au retour d'Umpei : Otsugi devient brutalement hostile et jalouse &... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  07 juillet 2018
L'écrivain japonaise Ariyoshi Sawako m'avait déjà marquée par sa finesse d'analyse et la profondeur psychologique de ses personnages avec le Miroir des courtisanes.
Je retrouve les mêmes sensations de lecture avec Kaé ou les deux rivales. Jeune fille issue de la caste samouraï; Kaé entre comme épouse du fils héritier dans la maison de médecins de campagne Hanaoka à la demande de Otsugi, sa future belle-mère. Union particulière puisque l'époux est en études à Kyoto et ne reviendra que trois années plus tard. En tant que brue, Kaé se sent intégrée à sa nouvelle famille grâce à l'amabilité continue dont fait preuve Otsugi. Mais lorsque Unpei revient, celle-ci révèle la mère possessive en elle. Débutent des années de sourde animosité entre les deux femmes. Jalousie, perfidie et piques pleuvent, enrobées de tant de velours que de l'extérieur, on ne peut qu'envier Kaé d'avoir une belle-mère aussi complaisante et pleine d'égards pour elle.
Ariyoshi Sawako instille l'ambiance délétère qui s'installe dans la maisonnée avec un art consommé. Son pinceau est d'une grande élégance et découvre le quotidien des femmes de cette période comprise entre la fin du XVIIIème siècle et le début du XIXème. Même si son attention porte principalement sur les destinées féminines, et plus particulièrement sur Kaé et Otsugi, elle dépeint le travail et l'existence d'un médecin. Si Unpei vit dans une petite bourgade, il s'est néanmoins intéressé lors de ses études à la médecines occidentales hollandaises. le Japon des Tokugawa est alors fermé aux étrangers, à l'exception des représentants de la Hollande, concentrés sur l'île de Dejima. L'influence de leurs avancées scientifiques et médicales se diffusent peu à peu. Ainsi Unpei a-t-il pu bénéficier de l'enseignement d'un adepte japonais de ces nouveaux préceptes. Il reprend à son compte ses acquis et travaille à améliorer savoirs et techniques chirurgicales afin de guérir le plus de maladies et problèmes possibles.
Cette partie est également fort intéressante à découvrir, surtout lorsqu'on apprend - après vérification - que Hanaoka Unpei, appelé également Seishusensei, a effectivement existé et s'est rendu célèbre au Japon par une prouesse médicale d'importance.
J'avais trouvé cette édition France Loisirs un peu défraîchie dans une boîte à livres. Je ne m'attendais d'ailleurs pas à y rencontrer Dame Ariyoshi, d'où ma joie de me plonger dans cette lecture. Lecture formidable, enrichissante et très prenante. J'espère pouvoir lire ses deux autres ouvrages traduits en français.
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Osmanthe
  02 juillet 2019
Un grand roman de Sawako Ariyoshi, disparue au début des années 1980, que l'éditeur qualifie de Simone de Beauvoir des lettres japonaises. J'ai découvert avec surprise en toute fin de roman que le personnage masculin principal, le Dr Seishû Hanaoka, a réellement existé (1760-1835). Ce médecin est réputé pour être le premier à avoir pratiqué une opération chirurgicale sous anesthésie générale, qui était aussi la première de retrait d'une tumeur du sein. L'auteur nous livre d'ailleurs sa vraie biographie succédant aux événements qu'elle relate, qui eux sont inventés. Elle nous livre en fait ici une grande fresque familiale, celle des Hanaoka, se déroulant sur une quinzaine d'années autour de 1800, dans leur demeure près d'Osaka.
Deux fils conducteurs coexistent et s'enchevêtrent pour former la trame de cette passionnante histoire. D'une part, donc, une ambition masculine, la volonté de Umpei / Seishû (son prénom plus noble) de devenir un médecin célèbre. D'autre part, une rivalité impitoyable entre deux femmes : sa mère Otsugi et son épouse Kaé.
Si le patriarche de la famille Naomichi meurt assez vite, au début de l'histoire sa femme Otsugi porte beau sa cinquantaine d'années, faisant l'admiration de Kaé elle-même, future femme de son fils qu'elle a elle-même choisie. Car elle est bientôt mariée à Seishû par procuration, le jeune homme étudiant la médecine à l'université. Jusqu'à ce qu'il revienne trois ans plus tard, les relations entre les deux femmes sont idylliques. Mais au retour de Seishû, un véritable bras de fer s'installe entre la mère et la bru pour s'accaparer ses faveurs. L'ambiance est vénéneuse, irrespirable, faite de joutes verbales. Aucune ne veut céder, chacune faisant assaut de courage zélé pour se porter cobaye de Seishû…qui obnubilé par la réussite de ses recherches médicales, en profite pour les accepter toutes deux dans ce rôle.
C'est que Seishû a beaucoup expérimenté durant plusieurs années sur des chiens et chats qu'il fait venir sur le domaine. Entre disparitions, infirmités, souffrances et morts cruelles, ces animaux-objets sont bien tristes à voir. Mais ils font progresser Seishû dans la mise au point d'un anesthésiant parfait qui permettrait d'opérer des cancers. La famille a d'ailleurs vu partir d'un cancer du sein Okatsu la soeur aînée…
Tour à tour, Kaé et Otsugi vont livrer leur corps d'humaines à la science de Seishû, mais il y aura un prix à payer pour elles dans cette dangereuse aventure, et avant qu'une autre soeur, Korikku, n'expire d'un angiome au cou sans même que Seishû ne puisse (le mal est avancé), ou ne veuille intervenir. Sur son lit de mort, cette femme qui assume de ne s'être jamais mariée jettera ses dernières forces dans des propos aux airs de proclamation féministe rageuse.
Car si Seishû finira par obtenir la notoriété, certes au service des autres et d'une noble cause, ne lui a-t-il pas sacrifié les femmes de sa vie ?
Ariyoshi nous propose là une oeuvre forte, qui a été adaptée à l'écran au Japon. Mais il y a du théâtre dans ses dialogues d'anthologie entre Kaé et Otsugi ! Son style classique est remarquable. Elle partage m'a-t-il semblé cette qualité d'écriture avec d'autres de ses contemporains comme Inoué ou Endô. En outre, comme chez le premier on y trouve une finesse psychologique chez ses personnages féminins (on pense au fusil de chasse), femmes qui déploient une force de caractère hors du commun, en véritables piliers de la famille, et comme chez le second un traitement précis des sujets médicaux (La mer et le poison, la fille que j'ai abandonnée). La voix féministe d'Ariyoshi est assez courageuse dans cette société, encore cadenassée par un machisme ambiant à peine moins prégnant aujourd'hui.
Une riche découverte qui donne envie de découvrir les quelques célèbres romans traduits en français de l'auteure, pétris de qualités si l'on en juge par les notes recueillies ici même.
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nounours36
  08 juillet 2016
Kaé est une toute jeune fille d'une riche famille de samouraï. Toute jeune elle est impressionnée par la beauté et l'intelligence de Otsugi. Kaé la trouve mal assortie avec son époux, le médecin Naomichi, brillant, mais alcoolique et imbu de sa personne.
L'incipit du roman commence ainsi :
« Kaé avait huit ans lorsqu'elle vit Otsugi pour la première fois. Elle avait supplié Tami, sa nourrice, de l'emmener à Hirayama, village voisin, dès que celle-ci lui avait raconté l'histoire. C'était en été. le jardin devant la maison était envahie par les mauvaises herbes, et les fleurs blanches de l'aubergine-qui-rend-fou se détachaient avec une clarté singulière sur le fond vert de l'herbe alourdie de chaleur. Elles ressemblaient merveilleusement au profil blanc d'Otsugi, tel qu'il surgit soudain sous l'auvent de la vieille maison. »
Bien des années plus tard, Otsugi vient demander à Sajibe le père de Kaé une demande de mariage par procuration pour son fils Umpei Shin. Mariage contraire aux traditions entre un médecin pauvre et une riche famille.
Malgré les oppositions de Sajibe, le mariage a quand même lieu et Kaé intègre la famille comme bru. Kaé ne connaît pas encore son mari, absent pour plusieurs années qui poursuit ses études de médecine à Kyoto. Elle apprend à connaître sa belle famille et semble en faire partie. Et cela jusqu'au jour où son mari rentre de Kyoto et ou sa belle mère la traite alors en paria. Une haine latente s'entretient entre les deux femmes. Seishû, le mari, quand a lui, ne pense qu'a ses recherches médicales : la création d'un anesthésique puissant pour opérer et ses recherches sur le cancer du sein.
On recherche les motivations de chacune des protagonistes. Pour Kaé son admiration envers la beauté et l'élégance d'Otsugi la rapproche de cette famille, mais l'amour immodéré d'Otsugi envers son fils en fera devenir un objet de jalousie entre ses deux femmes.
Roman historique qui se déroule à la fin du shogunat Tokugawa entre 1603 à 1867, mais également fresque sociale. L'objet de ce livre a en toile de fond les progrès de la chirurgie au 18e siècle, les découvertes scientifiques. le mélange des médecines chinoises et des découvertes hollandaises faisant progresser les recherches médicales. La rivalité de ces deux femmes servant à Otsugi à faire avancer ses connaissances médicales.
Ariyoshi Sawako nous dévoile la condition de la femme dans la période fin 18ème, début du 19e. Inspirée d'une histoire vraie, récit émouvant et une très belle écriture ou la psychologie des personnages est finement décrite.
Lien : https://nounours36.wordpress..
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Cannetille
  09 mars 2019
Ce captivant roman historique est basé sur la vie réelle du chirurgien japonais Hanaoka Seishū qui, alliant des connaissances médicales chinoises et hollandaises, inventa un puissant anesthésique quarante ans avant que ne soient découverts l'éther, puis le chloroforme. Il réalisa une double première en 1805 : première opération sous anesthésie générale, et qui plus est, première opération d'un cancer du sein.
Sawako Ariyoshi a mêlé aux faits historiques une rivalité entre la mère et l'épouse du médecin, comme il en existait communément à cette époque, alors que la bru venait s'installer chez son mari et sa belle-mère.

L'intérêt du livre est donc multiple : il est l'occasion de découvrir un étonnant personnage réel, dont l'humilité est sans commune mesure avec ses contributions au progrès de la médecine, à une époque où l'on soignait encore souvent par la prière et les pratiques superstitieuses. Il offre aussi une fascinante plongée dans la vie quotidienne de la campagne et des petites villes du Japon de la fin du 18ème et du début du 19ème, ainsi qu'un vivant tableau de la dure condition féminine d'alors.
Les personnages principaux sont en effet les femmes : épouse, mère, soeurs. La cohabitation fait de leur vie un tissu de jalousies, de mesquineries et de haines, qui couvent sous des dehors d'exquise politesse : jamais exprimée ouvertement, la méchanceté se fait rouerie et n'en devient que plus cruelle.

Ce roman a été adapté au cinéma au Japon en 1967.

La découverte toujours étonnante du Japon alliée à l'écriture tout en élégance, à la profondeur psychologique des personnages et à la finesse d'analyse de Sawako Ariyoshi font pour moi de cette lecture un coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Seijoliver
  22 juillet 2019
Rivalité féminine entre une belle-mère et sa bru, sur fond de progrès médical dans le Japon de la fin du XVIII° siècle. Roman historique (qui rappelle par ailleurs que ce pays n'était pas "à la traîne") qui aborde aussi les conditions d'existence et le statut des femmes. Kae et Otsugi guerroient dans l'ombre du médecin -mari pour la première citée, fils pour la seconde - qui ne s'en rend pas compte ou fait semblant de ne rien voir. le livre se terminant sur cette image de la tombe du médecin - personnage qui a réellement existé et qui est honoré pour ses innovations - qui cache les tombes des deux femmes. Un roman qui n'a rien de tapageur, n'assénant pas son contenu historique, et qui raconte sans lourdeur psychologique la vie de ces deux rivales.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   30 juin 2019
Le meilleur remède contre la fatigue du voyage, c'est encore une bonne nuit de sommeil. J'ignore ce qu'en dirait le docteur Kaspar, mais ce que je vous prescris, moi, pour ce soir, c'est d'aller dormir seul. Bonne nuit !
Le ton de plaisanterie sur lequel elle dit cela fit rire tout le monde, et chacun se retira vers sa chambre. Kaé se retira aussi ; mais tout en préparant la couche de sa belle-mère et la sienne, elle ne pouvait s'empêcher de chercher à comprendre dans quelle intention véritable sa belle-mère avait pris la peine de préciser qu'Umpei devait dormir seul ce soir-là. Etait-ce une façon de lui signifier qu'il ne devait pas inviter sa femme dans sa chambre ? Mais Otsugi, elle, après avoir fait préparer par Okatsu la couche d'Umpei à côté de celle de son père dans la salle principale, s'éternisait là-bas, sous prétexte d'aider son fils à changer de vêtements.
Du fond de l'obscurité, son rire étouffé parvenait à Kaé, restée seule, assise sur la couche glacée. Il n'exprimait sans doute que la joie incontrôlable d'une mère qui venait enfin de retrouver son fils. Mais, pour Kaé, ce rire avait une résonance obscène.
C'est alors que naquit, d'une manière aussi inattendue que violente, sa haine pour Otsugi. Elle n'en avait pas encore une conscience très précise ; simplement, elle découvrait qu'elle était restée une étrangère dans cette famille, où elle s'était crue admise à part entière après l'échange des coupes de mariage. Le lien conjugal qui existait entre Naomichi et Otsugi se trouvait consolidé par l'existence de leurs enfants. Et ces derniers avaient en communun même sang, celui de leurs parents. Kaé comprit alors que, pour l'épouse, la difficulté consistait à franchir ce mur que constituaient des liens de parenté en eux-mêmes indestructibles. Mais Kaé ne désespéra pas. Bien au contraire, dans un esprit tout nouveau de combativité, elle décida de défier celle envers qui elle n'avait jusque-là éprouvé qu'un respect affectueux. Ce qui se manifestait là, c'était la jalousie amoureuse.
La mère du mari était l'ennemie de l'épouse. La façon dont, inconsciemment ou non, Otsugi tentait d'empêcher qu'Umpei ne soit accaparé par son épouse n'était rien d'autre qu'un signe de cette hostilité. Les relations, factices et idéalisées, de cette bru et de sa belle-mère qui s'étaient choisies l'une l'autre de leur propre mouvement, venaient de prendre fin avec l'apparition d'Umpei, et Kaé l'avait bien compris. L'épouse vierge qui rêvassait autrefois à son métier à tisser faisait mentalement ses premiers pas vers la vie réelle, une vie de lutte.
Enfin, une ombre pénétra dans la chambre et, ses préparatifs du lendemain terminés avec sa rapidité habituelle, s'étendit sur la couche voisine de celle de Kaé. Celle-ci, comprenant, à la façon dont Otsugi retenait sa respiration, qu'elle l'écoutait, ouvrit grands les yeux dans l'obscurité, et les fixa sur sa belle-mère. Otsugi devait certainement s'en apercevoir. Tournant silencieusement le dos à Kaé, elle resta immobile. Les deux femmes, nerveusement conscientes de la présence l'une de l'autre, ne s'endormaient pas. La mère, qui espérait voir son fils dormir seul éternellement, et la femme, qui découvrait en sa belle-mère un obstacle entre elle et son mari, avaient toutes deux les nerfs à vif, et chacune surveillait sa respiration pour ne pas laisser à l'autre le loisir de deviner les sentiments qui l'agitaient.
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OsmantheOsmanthe   29 juin 2019
Seishû écarta l'édredon qui couvrait sa mère. Puis il releva la chemise de nuit que Kaé avait enroulée autour des chevilles de sa belle-mère. Surprise de voir ce qu'il faisait, Kaé retint son souffle. Seishû introduisait sa main entre les cuisses de sa mère, et cette main s'y attarda un instant.
Otsugi gémit et bougea un peu. Seishû venait de lui pincer la face interne de la cuisse, la partie du corps la plus sensible.
- C'est faible en effet. Dans deux heures elle ouvrira les yeux ou se tournera d'elle-même. Appelle-moi à ce moment-là.
Seishû repartit vers la salle de consultation. Mais Kaé oublia de lui répondre. Elle était bouleversée. Elle venait de voir son mari introduire sa main au bas de la chemise de nuit d'une autre femme. Kaé tremblait comme si l'on eût raboté à contresens son corps devenu de bois. Elle se rappelait son intimité avec son mari. La femme qui était étendue devant elle n'était que la mère de Seishû, et celui-ci, médecin, avait naturellement pincé à l'endroit le plus sûr pour savoir si elle était vraiment anesthésiée. Mais ce raisonnement ne parvenait pas à la calmer. Elle n'arrivait pas à dépasser ce refus de compréhension. Dès que la main de Seishû l'eût quittée, Otsugi retrouva un sommeil paisible, comme s'il ne s'était rien passé. Son visage calme semblait au comble de la satisfaction. N'était-elle pas plutôt tout à fait consciente ? Ne savait-elle pas que son fils l'avait pincée devant sa bru qui l'observait ? Peut-être le savait-elle, et elle feignait le sommeil, tout heureuse sans doute : Kaé ne pouvait plus penser autrement.
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OsmantheOsmanthe   28 juin 2019
Elle ne s'était pas attendue à la joie qui l'inondait maintenant. Rien ne subsistait plus de ces heures de souffrances, de cette insupportable sensation d'écartèlement. Tout cela avait fait place, au contact des petits membres mouillés qui s'agitaient contre elle, à la conscience d'avoir mis un enfant au monde. En y repensant, elle se dit que c'était bien à un éclair déchirant le ciel noir, à la foudre frappant le sol, que ressemblait la douleur fulgurante de l'expulsion. Et, pour la première fois, elle comprit tout le sens de ce qu'on lui avait raconté sur la naissance de son mari. Elle se sentait comme un conquérant au lendemain d'une grande victoire. Elle n'aurait désormais plus rien à redouter, se disait-elle.
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nounours36nounours36   07 juillet 2016
Une ombre pénétra dans la chambre et s'étendit sur la couche voisine de celle de Kaé. Celle-ci, comprenant, à la façon dont Otsugi retenait son souffle, qu'elle l'écoutait, ouvrit grands les yeux dans l'obscurité. Les deux femmes, nerveusement conscientes de la présence l'une de l'autre, ne s'endormaient pas. La mère, qui espérait voir son fils dormir seul, éternellement, et l'épouse, qui découvrait en sa belle-mère un obstacle entre elle et son mari avaient toutes les deux les nerfs à vif, et chacune surveillait sa respiration pour ne pas laisser à l'autre le loisir de deviner les sentiments qui l'agitaient.
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CannetilleCannetille   09 mars 2019
C'est pour cela que les sœurs du maître de la famille sont considérées comme inutiles et envoyées ailleurs en tant que brus. Cela doit avoir été comme cela depuis toujours, et cela continuera à l’être éternellement. Car les hommes et les femmes existeront toujours les uns et les autres, même si la famille cesse d'être. Moi, je ne veux plus renaître femme dans un monde pareil. Mon plus grand bonheur dans la vie, c'est justement de ne m'être jamais mariée. J'ai réussi à n'être ni bru ni belle-mère.
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