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ISBN : 2715248008
Éditeur : Mercure de France (11/10/2018)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Devenu veuf, Shigezo est recueilli par son fils et sa belle- fille. Et c'est sur celle-ci, Akiko, que va reposer cette lourde charge, avec les problèmes concrets que cela implique. Mais alors que le vieil homme glisse vers une seconde enfance, elle découvrira qu'il symbolise peut-être l'amour le plus authentique, le plus désintéressé qu'elle ait jamais connu.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Puszi
  02 mars 2019
Le crépuscule de Shigezo est la manière poétique que Sawako Ariyoshi utilise pour évoquer la grande vieillesse. Devenu veuf, d'un coup, un jour de neige, tout montre rapidement que Shigezo est incapable de vivre seul dans le pavillon. Il se perd, il s'enferme dans les toilettes, il ne sait plus se laver, il réclame sans cesse à manger… Il est par conséquent recueilli par Nobutoshi son fils et Akiko sa belle-fille. Si « les femmes d'autrefois avaient été contraintes d'être ainsi les esclaves patientes de leurs maris », Akiko n'a pas envie de se sacrifier. Elle aime son métier et compte bien continuer à l'exercer. Commence alors la difficile cohabitation. A travers ce récit familial, Sawako Ariyoshi évoque la manière dont le Japon s'occupe de ses personnes âgées. « A l'époque féodale, les paysans étaient maintenus dans un état de subsistance minimale. C'est pareil avec la médecine d'aujourd'hui, elle empêche les vieillards de mourir sans les faire vivre pour autant. » Offrir une vie décente à son beau-père jusqu'au bout, tel est peu à peu le voeu le plus cher de Akiko.
J'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur décrit les personnages, leurs interrogations, leurs forces et leurs points de fragilité ainsi que son analyse de la transformation de la relation entre Akiko et Shigezo. S'il est question de vieillesse dans ce livre, la place de la femme dans le Japon contemporain est également abordée, de même que l'évolution des traditions japonaises. J'y vois aussi une belle occasion de s'interroger sur la vie, tout simplement. J'ai découvert l'auteur à travers ce texte et cela me donne envie de poursuivre mon chemin de lecture avec elle.
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Medulla
  12 février 2020
Un roman fort à la fois cru et extrêmement poétique sur l'extrême vieillesse et l'impact de celle-ci sur les familles. Akiko vit avec son mari et son fils. Ils partagent leur terrain avec ses beaux-parents qui vivent dans un petit pavillon à part évitant ainsi de nombreuses situations conflictuelles et les remarques acides de Shigezo, le beau-père. En effet, Akiko est une femme émancipée et travaille, fait rare dans la société japonaise des années 70, tout en assumant son statut d'épouse et de mère (et donc l'ensemble des corvées ménagères). En rentrant un soir de neige, elle découvre son beau-père errant sur le trottoir et sa belle-mère décédée. Organisant les funérailles, elle découvre que son beau-père n'est plus que l'ombre de lui-même et plonge doucement dans une sénilité handicapant son quotidien.
Ce récit est celui d'une rencontre, celle d'Akiko avec Shigezo, c'est également le miroir d'une société dans le déni face au vieillissement fort de sa population, dissimulant de nombreux aidants en majorité féminins et plus globalement de la place des femmes prises entre rôle assigné, culpabilité et désir d'émancipation.
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Cannetille
  09 mars 2019
Nous sommes dans les années soixante-dix. Akiko vit avec son mari et son fils dans un petit pavillon d'un quartier populaire de Tokyo. le décès subit de sa belle-mère lui laisse soudain la charge de son beau-père, Shigezo, âgé de quatre-vingt-quatre ans et montrant des signes inquiétants de sénilité. Après avoir cherché toutes les solutions, Akiko va devoir mettre son activité professionnelle entre parenthèses, accueillir Shigezo chez elle et le materner vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Elle va découvrir tout le sordide de la maladie et du stade ultime de la vieillesse, mais aussi s'attacher de plus en plus au vieil homme qu'elle accompagnera jusqu'au bout avec tendresse et humanité.

L'histoire soulève la question du vieillissement de la population japonaise. Les chiffres évoqués par l'auteur sont très pessimistes. En réalité, aujourd'hui, presque 30 % des Japonais ont plus de 65 ans, ce qui en fait la population la plus âgée au monde. Comment gérer le douloureux problème de la dépendance ? Dans les années soixante-dix (et sans doute encore aujourd'hui ?), peu de solutions étaient à la disposition des familles, les maisons de retraite étant réservées aux personnes en bonne santé physique et mentale. Il était donc encore très fréquent de voir cohabiter les différentes générations, au détriment de l'activité professionnelle de l'épouse, encore jugée très secondaire.

C'est donc aussi la place de la femme dans la société japonaise qui est ici en jeu : le mari d'Akiko ne se sentira jamais concerné par la prise en charge de son père et ne lèvera jamais le petit doigt pour aider son épouse dans ce qu'il ne considère que des tâches domestiques, même lorsqu'elle en perdra le sommeil et risquera de compromettre sa propre santé.

Au global, Sawako Ariyoshi nous livre une réflexion sur la vie et la mort : les personnages du roman prennent soudain conscience de leur propre finitude. Ils découvrent la peur de mal vieillir et de connaître une déchéance pire que la mort elle-même.

Nouveau coup de coeur pour la profondeur et l'élégance de l'écriture de Sawako Ariyoshi.

Prolongement sur le vieillissement au Japon dans la rubrique Le coin des curieux, à la fin de ma chronique sur ce livre sur mon blog :
https://leslecturesdecannetille.blogspot.com/2019/03/ariyoshi-sawako-le-crepuscule-de-shigezo.html

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Lilou789
  22 mai 2016
Ce livre plonge le lecteur dans le quotidien d'une famille japonaise, dans les années 70.
Confrontée à la mort soudaine de la grand-mère, sa bru se voit obligée de réorganiser la vie familiale autour du grand-père, qui vite à côté. Celui-ci présente des signes de plus en plus marqués de sénilité, le rendant inévitablement dépendant.
Son mari est comme foudroyé par sa prise de conscience : lui aussi pourrait bien un jour devenir ainsi. Cela le terrifie et le rend incapable d'assumer son père à la maison, laissant à sa femme cette lourde charge.
Tant bien que mal, elle parvient à concilier son travail, les fugues, les crises d'angoisse du grand-père, son incontinence. Avec beaucoup d'humanité, d'humilité, de résignation, d'attention et de solidarité, elle accompagne cette personne âgée vers sa fin. Elle finit par s'attacher à ce vieillard redevenu enfant, qui ne l'a pourtant jamais aimé.
Au Japon, il est clairement dit, connu, voire assumé que les vieux coûtent cher, et que s'ils pouvaient ne pas mourir trop tard, ce serait mieux pour tout le monde. Eux qui se croyaient encore jeunes, guettent le moindre signe physique témoignant de leur vieillissement, comme le port de lunettes. A ce grave problème de société qu'est le vieillissement de la population, s'ajoute celui de la place des femmes, devant souvent assumer à la fois un travail, dont le salaire est rarement vu comme indispensable, et les tâches domestiques.
Voilà un roman chronologique, très détaillé et tout en simplicité et en humanité. Je le recommande chaleureusement.
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gaelimberdis
  16 décembre 2018
La dualité du Japon ressort dans toute l'histoire du crépuscule de Shigezo. Dans ce livre s'opposent société moderne et ancestral, idées féministes et poids des usages familiaux, jeunes, adultes et vieux, mais à la fin c'est l'humain que fait ressurgir Ariyoshi dans son personnage principal.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
MedullaMedulla   07 février 2020
Elle se souvient d'une expérience faite sur deux rats : on avait donné manger à l'un tout en l'empêchant de dormir, tandis qu'on laissait l'autre dormir sans lui donner à manger. Celui qui n'avait pas pu dormir était mort rapidement. Akiko était convaincue qu'elle aussi mourrait la première si elle n'avait pas son compte de sommeil.
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fanfanouche24fanfanouche24   22 juillet 2016
Depuis qu'elle vivait près du vieux couple, elle savait qu'un jour elle connaîtrait l'épreuve du deuil, mais confrontée à la réalité de la mort, elle n'avait pas ressenti la grande douleur attendue dans ces cas-là. Elle avait tout simplement découvert que mourir coûtait cher... (p. 59)
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gaelimberdisgaelimberdis   14 décembre 2018
"Est-ce que les femmes d'autrefois avaient été contraintes d'être ainsi les esclaves patientes de leurs maris? La vie de sa belle-mère supportant jusqu'au bout en secret la sénilité de son mari s'était arrêtée tout à coup par un jour de neige, sans une plainte et sans un regret. Mais pouvez t-on appeler cela une "vie"? Les femmes désormais n'accepteraient plus de se sacrifier... "
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PusziPuszi   02 mars 2019
A l'époque féodale, les paysans étaient maintenus dans un état de subsistance minimale. C'est pareil avec la médecine d'aujourd'hui, elle empêche les vieillards de mourir sans les faire vivre pour autant. p.287
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rkhettaouirkhettaoui   16 octobre 2018
En Europe du Nord, on dit que la distance idéale entre les parents et les enfants est celle où une assiette de soupe n’a pas le temps de refroidir entre les deux maisons ; à dire la vérité, c’est la vie qui avait contraint les Tachibana à retrouver cette sagesse familiale de la vieille Europe.
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Videos de Sawako Ariyoshi (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sawako Ariyoshi
"LES DAMES DE KIMOTO" de Sawako Ariyoshi.
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