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EAN : 9781091896246
Éditeur : Editions Sillage (06/06/2014)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Après un premier succès, un jeune auteur s'aperçoit avec terreur que l'inspiration l'a déserté. Naguère animé par une confiance quasi mégalomane en son talent, il connaît à présent le plus affreux des doutes et tente, par tous les moyens - ruse, intimidation, esbroufe - de donner le change au public, à ses pairs, et surtout à lui-même.
Hilarante satire de la République des lettres, L'écrivain raté était inédit en français.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bookycooky
  18 avril 2020
« Un écrivain raté » est l'histoire d'un écrivain qui suite à un premier succès n'arrive plus à écrire quoi que ce soit. Pour sauver les apparences et combler la faille, il recourt à toute forme de charlatanisme, dont en dernier recours, critique littéraire. Il oeuvre à la destruction de rares oeuvres de talent qu'il détecte, et encense tout ce qui est médiocre, essayant de maintenir son image et sa réputation sur la scène littéraire,"Je jouissais du livre que j'allais déchiqueter, bien des jours avant de m'asseoir à mon bureau".....,
D'une langue acérée et puissante, l'auteur argentin Roberto Arlt (1900-1942) dans ce court récit très dense nous fait une critique féroce des milieux littéraires, et pas que.....toujours terriblement d'actualité. Comme quoi presque un siècle plus tard l'homme comme nature humaine n'a pas évolué d'une once.
C'est seulement 60 pages, superbe, ne passez pas à côté !

"Mon impuissance traçait un cercle de braises à l'intérieur duquel je me tordais comme un scorpion ".
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Sachenka
  01 décembre 2016
Une autre petite découverte de l'auteur Roberto Arlt, déterrée longtemps après sa mort survenue en 1942. Cette nouvelle d'à peine 80 pages relate la descente aux enfers d'un jeune auteur. C'est L'écrivain raté. En effet, si sa première oeuvre a été accueillie avec enthousiasme, la seconde tarde à paraître. C'est que l'inspiration lui manque. D'abord, il promet un chef d'oeuvre, puis il invoque des délais hors de son contrôle mais, intérieurement, il est mortifié car il souffre du syndrome de la page blanche. Il trouve toutes sortes d'excuses pour justifier la situation. S'il tarde à publier son nouveau roman, c'est qu'il ne désire livrer rien de moins que la perfection. Il se met à plaindre tous ceux qui produisent vite, dénigrant leurs oeuvres qu'il juge insatisfaisantes face à ses standards. Puis, s'il ne présente rien, c'est que tous sont indignes de porter leur regard sur ses mots. Vous voyez le genre ? Je suppose que certains visualisent la scène, peut-être même imaginent certains critiques littéraires renommés et des artistes pas aussi célèbres qu'ils le souhaiteraient. Mais tout ça sonne creux. Les autres s'en rendent compte et le narrateur doit se rendre à l'évidence : il est un imposteur, il est en train de devenir tout ce qu'il haïssait. Sous couvert de la nouvelle, Arlt présente les torts et les revers d'un milieu des lettres argentin. L'écrivain raté est une satire qui en fera rire (jaune) plus d'un. Ça se lit vite et bien, c'est très divertissant. Je le recommande vivement !
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YANCOU
  27 mai 2016
Devant la page blanche, le narrateur, un jeune écrivain, choisit de fonder d'abord un club des non-écrivains, puis de devenir critique littéraire pour dénigrer ceux qui écrivent encore... Satire anarchisante de la République des lettres, ce texte est un petit joyau.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   18 avril 2020
Que pouvait signifier une poésie à côté d'un moteur en marche ou d'une usine en pleine production ? Un poème soulageait-il de l'annihilation morale et physique des milliards et des millards de prolétaires sous le joug du salaire? Non. Alors à quoi servait un poème?
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SachenkaSachenka   28 mars 2017
Et ainsi passent les années. Des mon inaptitude se détache une philosophie implacable, sereine, destructrice :
- Pourquoi s'entêter dans des luttes stériles, si au bout du chemin se trouve pour toute récompense un tombeau profond et le néant infini?
Et je sais que j'ai raison.
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SachenkaSachenka   21 janvier 2017
On m'avait couvert d'éloges excessifs. Quelqu'un m'avait jeté un sort. J'avais triomphé trop vite dans ce cercle de petits requins, pour qui la plus précieuse fleur dont ils pouvaient s'orner était une vanité arrosée d'adulation!
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YANCOUYANCOU   27 mai 2016
"Nous mîmes au clair, sans que le moindre doute puisse subsister, que les génies officiels, les talents consacrés, c'était du baratin, et d'une lâcheté exemplaire. La menace d'un brûlot, l'insinuation d'une critique anticipée suffisaient pour que, malgré le fait qu'ils détestent notre jeunesse agressive, ils nous sourient amicalement en nous voyant et viennent à notre rencontre, nous adressant les éloges les plus grossiers et l'adulation la plus servile.
Que notre oeuvre soit négative ne nous empêcha pas de révéler courageusement les escroqueries des bandits de la littérature ; nous démontrâmes que le romancier se vendait au breutteur d'idées, le poète à l'essayiste, constituant ensemble un ramassis d'épouvantables truands - qui adulaient sans réserve les politiciens, les hommes d'épée, troquant leurs scupuleuses besognes de laquais contre des prix bien réels qui provoquaient le rire du cercle des spectateurs. Quelle vie, mon Dieu, quelle vie !
Là se dissipèrent le peu d'illusions qui me restaient encore sur la dignité humaine. La technique n'avait rien à voir avec l'homme. Ceux qui écrivaient une belle strophe étaient la plupart du temps des latrines ambulantes.
Cette désillusion nous contamina tous, et un jour nous nous séparâmes. Notre cohésion résista aussi longtemps que les soudures de l'échec nous unirent.
Pour finir, nous nous lassâmes de sévir dans le vide. Certains étaient excédés par les autres, et même un tantinet honteux des petites canailleries que nous avions commises en nous prévalant de l'impunité conférée par l'association des forces. L'homme finit par se fatiguer de tout, même de cracher à la figure de son prochain. Il faut convenir ici que nos insultes procédaient d'une bonne intention, mais il n'est pas possible d'être généreux éternellement, et nous nous dispersâmes. Deux ans étaient passés, peut-être plus."
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SachenkaSachenka   21 janvier 2017
- La vie, ça n'est pas de la littérature. Il faut vivre... Ensuite écrire.
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