AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2246805104
Éditeur : Grasset (04/09/2013)

Note moyenne : 4/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Peu d'écrivains se sont autant aimés, enviés et jalousés que Proust et Cocteau. Très peu établirent une relation affective et sensible aussi riche, on l'ignore parfois. Tel un frère élevé une génération plus tôt, Proust montrait une admiration sans borne pour ce cadet qui le faisait rire aux larmes et manifestait à 20 ans le brio et la faculté qui lui manquaient encore, à près de 40 ans. Il l'aima d'un amour impossible et frustrant, comme tant d'autres avant lui...<... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  25 décembre 2013
A ma droite, Marcel Proust, surnommé le petit Marcel par toute une faune qu'il décrit si bien dans ses chroniques mondaines, 40 ans asthmatique, reclus, effrayé par le monde extérieur et dont le tout Paris littéraire attend la grande oeuvre promise depuis des années.
A ma gauche, Jean Cocteau, jeune farfadet de 20ans, poète précoce hyper doué, rivalisant d'éloquence et de bons mots dans tous les salons littéraires de ce début du XXe siècle.
Leur rencontre sera déterminante pour l'un comme pour l'autre, de suite, ils se reconnaissent comme des jumeaux nés avec 20 années d'écart et, jusqu'à la mort de Proust en 1922, ils n'auront de cesse de mettre en oeuvre une relation d'amour/haine que seule la gémellité peut engendrer.
Jalousie amoureuse, jalousie littéraire, complicité amoureuse, complicité littéraire. Combat à fleurets mouchetés entre un écrivain : Proust, fossoyeur d'un monde aristocratique d'un siècle passé et un poète : Cocteau, écrivain, auteur dramatique, déjà moderne alors que le terme même n'existait pas encore.
Une chose est sûre à la lecture de cet ouvrage : on ne peut que louer l'idée de Claude Arnaud à l'origine de cet essai, car, grâce à l'auteur, nous entrons dans l'intimité de la vie culturelle et intellectuelle de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.
Bienvenue dans les arcanes des maisons d'éditions parisiennes, bienvenue dans la guerre de velours entre Grasset et Gallimard. Valses de promesses entre éditeurs et critiques littéraires, il y a de véritable exécutions capitales dans les antichambres s et les salons mondains. Formidablement écrit , ne vous laissez surtout pas impressionner par le titre un peu théorique « Proust contre Cocteau », cet essai nous livre des clés et c'est justement une très bonne introduction à l'oeuvre de ces deux écrivains .
Une fois terminé ce livre, on n'a qu'une envie, celle de plonger « du coté de chez Swann », de rencontrer « Thomas l'imposteur » ou de savourez la biographie de Cocteau écrite par le même Claude Arnaud parue en 2003 et qui, dix ans après sa publication, reste une référence incontournable en la matière.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
Pchabannes
  23 septembre 2014
Pendant une courte période de notre histoire contemporaine, au moment de la fin des états-nation et l'avènement de l'impérialisme, la croissance économique en France dégage de toutes obligations de revenus des milliers de bourgeois leur permettant de consacrer leur temps à vivre à l'écoute des musiciens, des poètes et des peintres. Ils se lanceront à leur tour dans la création. Paris devint capitale de la sainte trinité laïque : littérature, peinture et musique.
Fin connaisseur des deux oeuvres et de l'époque, Claude Arnaud réussit à entrer en empathie pour Marcel Proust (1871 – 1922) et Jean Cocteau (1889 – 1963), deux personnages gémellaires partageant une curiosité dévorante, un désir de plaire et de dominer aussi abrité sous une commune courtoisie.
Nos esprits, ces miroirs jumeaux dira Proust.
Marcel Proust : valétudinaire à l'oeil de mouche pensant l'écriture comme hors du monde et seul moyen d'échapper au néant de l'existence.
Jean Cocteau : le génie polymorphe. Les miroirs se contentant de le réfléchir sans le penser, il s'en voit sans cesse renvoyé au mystère qu'ils démultiplient.
Le livre détaille au fil des époques les succès et les oublis et plonge dans l'intimité des artistes pour tenter de mieux les connaître sans jamais les juger. L'auteur tente de comprendre comment, dans une sorte de renversement de l'histoire, l'oeuvre d'une vie de l'un, la Recherche, fut installée au panthéon de la littérature française par la postérité et la multiplicité des créations géniales de l'autre presque oubliée de nos contemporains.
Mise en garde de Proust contre l'idolâtrie, l'érudition et le mimétisme : Vos vers sont comme déjà écrits, conformes à ce qui se publie de mieux. Vous ne pensez pas votre art, c'est l'époque qui le conçoit ; comme la lune et les miroirs, vous brillez d'un éclat second.
• Relire la Recherche comme un accouchement interminable, regarder Cocteau de nouveau, le tout grâce à Claude Arnaud.
• Faut-il connaître les oeuvres des deux créateurs pour mieux goûter de cet ouvrage ? Surement.
• Toutefois cette clé de 200 pages pour rouvrir l'accès à deux génies d'hier est à la portée de tous.

Lien : http://quidhodieagisti.over-..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Christw
  26 janvier 2016
Passionnant ! Et le sujet est inattendu. Marcel Proust et Jean Cocteau, complices malgré la distance d'une petite génération, établirent une relation affective qui naquit de l'admiration du premier pour celui qu'il appelait "Cocto". Claude Arnaud en décrit la nature conflictuelle et observe comment Proust y fit figure d'assassin au point que le cadet aurait aujourd'hui "besoin de nous" pour rendre justice à son talent. Alors que l'on voit le "saint littéraire", que la postérité a fait de l'auteur de la "Recherche", descendre de son piédestal et prendre une figure plus humaine mais redoutable.
Claude Arnaud possède bien la vie de Jean Cocteau, il est l'auteur d'une biographie notable d'où il garda l'impression de connaître l'artiste "de l'intérieur" : "il me semblait en savoir plus sur cet être étrange que sur la plupart de ceux et celles avec qui j'avais pu vivre". Il jugeait nécessaire, à travers une sorte de seconde vie, de rendre à Cocteau une cohérence éparpillée parmi les multiples formes et métamorphoses de l'art du créateur pluriel. On comprend combien "Proust contre Cocteau" s'inscrit dans le prolongement de cette volonté de résurrection. le procès est-il vain ? Car si on découvre encore Cocteau au hasard d'une balade chez les bouquinistes, le public continue à vénérer la "Recherche" : "Héritier d'un imaginaire monarchique et chrétien, il restera plus sensible à ce monument conforme à ses attentes centralisatrices".
Malgré le grand nombre de lettres dispersées ou volées qui permettraient d'établir une correspondance entre les deux artistes, l'enquête de Claude Arnaud s'appuie sur des sources textuelles variées pour conférer une allure de comédie dramatique à cette relation tortueuse. Il est peu explicite toutefois sur la nature concrète de l'affection qui les lia : il est clair que Proust ne fut jamais un Radiguet pour Cocteau alors que Proust fit tôt place à un sentiment d'envie envers le prodige : "Incapable de ramasser littérairement sa sensibilité, le petit Marcel envie l'intelligence cursive de Cocteau, qui perçoit d'emblée ce qu'il percevra toujours".
"Tout sépare le cadet qui aime prendre des photos, de l'aîné
qui peut rester des heures à contempler l'image d'êtres aimés."
Avec un esprit synthétique engageant, Arnaud choisit les détails marquants des parcours initiaux pour brosser séparément en quelques traits des psychologies jumelles : dévotion pour une mère éclairante et étouffante, une sensibilité à fleur de peau, le désir de gloire, l'homosexualité. "La conscience de Proust est une serre démesurée que le moindre rai de soleil aveugle et où le plus petit son trouve un écho horrible, tel un rapide violant un tunnel. [...]. Tout comme l'élu la colonise entièrement, dans l'attente amoureuse, la plus petite réserve a l'effet d'un séisme sur elle [...]". L'attention de Cocteau est plus "détailliste" : "Elle enregistre avec la même acuité les gestes et les intentions mais elle tend à réduire les êtres à des silhouettes, sinon des caricatures [...]". Chez Cocteau les personnages de la "Recherche" passent en un éclair, d'ailleurs Proust lui écrira : "Vous qui pour les vérités les plus hautes vous contentez d'un signe flamboyant qui les rassemble".
[...].
Les masques – qu'ils soient justifiés ou forcés –, à travers lesquels le livre de l'excellent Claude Arnaud propose de nous faire regarder, enchantent. Ne boudons pas ce plaisir.
Citique complète sur "Marque-pages" (lien ci-dessous)
Lien : http://christianwery.blogspo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
zazy
  10 septembre 2013
« Cocteau ne sut jamais où il avait vu la première fois Proust » Cocteau avait vingt et un ans, Proust quarante. Proust est dans le tout début de son Oeuvre et commence à se fermer. Cocteau, lui batifole.
Proust et Cocteau eurent une relation des plus houleuses. L'un taciturne et enfermé « un grand navigateur du dedans », l'autre brillant et exubérant. L'un suant pour écrire son oeuvre, l'autre touche-à-tout de génie, « un génie polymorphe ». Bref, tout les différencie si ce n'est l'amour exclusif de leur mère et pour leur mère quoique, même dans ce registre, Proust en rajoute « On aurait tort de croire que Proust aima sa mère : au sens plein du terme il n'aima jamais qu'elle et se sera véritablement aimé de personne d'autre ».
Proust a aimé Cocteau d'un amour, qu'il rendit impossible, Il était fasciné par son aisance, sa facilité, son brio, sa séduction, son intelligence.
Claude Arnaud nous plonge dans leur amitié amoureuse malheureuse, de temps à autre haineuse. Il appuie là où ça fait mal dans leur relation ou dans leur relation aux autres. Pourtant ils ont en commun, outre leur amour maternel exclusif, une grande souffrance, le recours à des « aides » Véronal pour Proust et opium pour Cocteau.
Claude Arnaud nous promène dans le monde frivole de la haute société de ce début de siècle au rythme des allures lente de Proust et vive de Cocteau. Nous traversons cette époque au rythme des querelles, des réconciliations, des jalousies, des tromperies…. de ces deux hommes qui ont joué à « je t'aime mon non plus » tout au long de leur existence, Mais également, de leur admiration commune. L'un est en phase descendante, l'autre ascendante « La santé de Proust est en train de l'arracher à l'attraction toxique du monde ; celle de Cocteau le propulse toujours plus haut dans le cercle enchanté dans la Recherche fera un royaume du néant ».
Comme une sensitive, Proust se referme sur lui. Son oeuvre se nourrit de sa vie, de ses rencontres. Ainsi Laure de Chevigné deviendra Oriane de Guermantes « le cadet espère encore faire de son destin une ouvre à la Oscar Wilde ? L'aîné sait déjà qu'il lui faudra sacrifier bien plus pour aboutir au Livre. »
Cocteau explore la Recherche à l'aune de leur amitié, à l'aune de la vie de Proust « …Si encore il avait l'impression d'être dans un « vrai » roman ! Mais il est bien placé pour savoir que Proust n'a pas inventé grand-chose, tout juste transposé, pour avoir connu tous ses « modèles » et très tôt admiré ses dons mimétiques. »
Cet essai, très agréable à lire nonobstant les brouilles, trahisons entre ces deux grands génies qui m'ont fait penser à des disputes de gitons. Entre la mante religieuse et la phalène, entre le lièvre et la tortue, le premier, Proust, a gagné au titre de la postérité. Ce chef d'oeuvre, La Recherche du temps perdu, dont tout le monde parle et que peu (dont je fais partie) on lu dans sa totalité. Cocteau a eu contre lui cette activité débordante vers tous les arts majeurs. Je me souviens avoir vu, en son temps, un de ses films qui m'avait totalement dérouté.
Maintenant arrive le temps de la réconciliation de ces deux monstres sacrés par l'entremise de la Pléiade qui publie les deux auteurs.
Un livre très bien documenté, un essai très agréable à lire, un désir de redécouvrir Proust mais, hélas, toujours aucune attirance vers Cocteau.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Sharon
  08 septembre 2013
Aujourd'hui, tout le monde ou presque connaît Proust - de nom, grâce, le plus souvent, à une certaine madeleine. Presque personne ne le lit, pourtant. Je me demande si la situation n'est pas pire pour Cocteau - reste son adaptation de la Belle et la Bête, qui continue de plaire aux plus jeunes, et à être vaillamment étudier en 6e.
Je vous l'avouerai volontiers, il ne m'est pas venu à l'esprit que ses deux auteurs s'étaient côtoyé. J'ai ainsi découvert l'amitié, puis la rivalité des deux hommes, leur jeunesse respective, le réseau social dans lequel ils étaient insérés - ou plutôt, dans le cas de Proust, dans lequel il essayait de s'insérer, fasciné. C'est à un véritable panorama de la littérature du début du XXe siècle que nous convie l'auteur, une petite société dans laquelle l'homosexualité n'était pas un problème (elle ne devait le devenir qu'avec Vichy).
Cet essai fait la part belle à leur vie privée plus qu'à leur oeuvre, comme si, prenant le contrepied du structuralisme, uniformément utilisé pour enseigner les lettres, l'oeuvre pouvait s'expliquer en partie par l'homme. J'ai cependant eu l'impression que Proust était privilégié par rapport à Cocteau - parce que l'auteur a déjà consacré un essai entier à cet auteur, je devrais dire artiste prolifique ?
Proust contre Cocteau est un essai intéressant, qui m'a tout de même laissé un peu sur ma faim.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PchabannesPchabannes   23 septembre 2014
Si j’aime le premier, c’est qu’il me fait une place dans on œuvre, m’encourage à remplir les pointillés qu’il y a laissé. Si je redoute le second, c’est que son intelligence envahissante et sa sensibilité tentaculaire m’obligent à penser comme lui, le ramène à l’état de simple lecteur, me colonise de façon inquiétante.
Commenter  J’apprécie          40
PchabannesPchabannes   23 septembre 2014
Il y a des écrivains que tout concerne et qui rêvent d’attraper l’essence du monde. Il en est d’autres qui n’ont qu’un objet, sous les masques de la fiction ou du document.
Commenter  J’apprécie          70
PchabannesPchabannes   23 septembre 2014
Vos vers sont comme déjà écrits, conformes à ce qui se publie de mieux. Vous ne pensez pas votre art, c’est l’époque qui le conçoit ; comme la lune et les miroirs, vous brillez d’un éclat second
Commenter  J’apprécie          40
zazyzazy   10 septembre 2013
Si encore il avait l’impression d’être dans un « vrai » roman ! Mais il est bien placé pour savoir que Proust n’a pas inventé grand-chose, tout juste transposé, pour avoir connu tous ses « modèles » et très tôt admiré ses dons mimétiques.
Commenter  J’apprécie          20
PchabannesPchabannes   23 septembre 2014
Les miroirs se contentant de le réfléchir sans le penser, il s’en voit sans cesse renvoyé au mystère qu’ils démultiplient.
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Claude Arnaud (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Claude Arnaud
La Grande Librairie reçoit Fabrice Luchini, un amoureux des auteurs qui met en scène leurs textes depuis quelques années. Avec lui le philosophe Alain Finkielkraut. Également en plateau, Claude Arnaud dont l?anthologie « Portraits crachés. Un trésor littéraire de Montaigne à Houellebecq », publié chez Robert Laffont est un véritable régal...
autres livres classés : relationVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
670 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre