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ISBN : 2848655623
Éditeur : Sarbacane (07/11/2012)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Ils ont tout choisi pour lui, à sa place.

Jusqu'à la couleur de sa peau, et ça n'était jamais la leur.
20 ans à se cacher, à fuir les miroirs, sur le continent de son enfance comme sur celui où il s'est échoué ensuite.

Alors, au bout de 20 ans, il est temps de sortir du sac. Posté à l'entrée de l'école maternelle, en faction, mitraillette et ceinture d'explosifs sous le manteau, il entre.

Il va leur montrer qui il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Analire
  28 février 2013
Maintenant c'est confirmé, la collection Exprim des éditions Sarbacane ne contient que des livres forts, où le lecteur ne sort jamais totalement indemne au terme de sa lecture.
Un étrange ravisseur, un certain Pigment, s'introduit dans une école maternelle une mitraillette à la main. Il prend en otage la classe de grande section, qui contient la maîtresse et les nombreux enfants. Que veut ce mystérieux ravisseur ? Muet tout au long de sa prise d'otage, il va néanmoins laisser révéler à la maîtresse qu'une ceinture d'explosifs lui entourent la taille. A partir de ce moment-là, le temps est mis en parenthèses. L'homme armé et la maîtresse vont se souvenirs de moments pas très gais qu'ils ont vécus tout au long de leur vie. La jeune Manon, que tous surnomment "l'assistante", va essayer de canaliser ses camarades pour tenter de les apaiser pendant tout le temps que dure la prise d'otages...
Ce roman est vraiment très original. Il se déroule tantôt dans le présent, avec les heures et les minutes affichées en gras (ressemblant à une sorte de chronomètre) et le point de vue et/ou les pensées des différents protagonistes. Puis certaines parties sont essentiellement des souvenirs d'enfance des personnages, des moments particulièrement difficiles qu'ils ont du vivre.
J'ai beaucoup apprécié les poèmes/chansons que le ravisseur a écrit avant de commettre cette acte désespéré de prise d'otage. Sa douleur est perceptible à travers ses écrits, il ne parle pas beaucoup, mais cette façon d'étaler les mots sur le papier lui permet de se libérer, de s'exprimer, tantôt sa rage et sa colère, tantôt son désespoir et sa lassitude.
En toute honnêteté, je n'ai pas vraiment accroché aux personnages. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils ne m'ont pas touchés !
Je vais commencer par la jeune Manon, qui fait preuve d'une grande clairvoyance face à la scène qui est en train de se dérouler. Sa maturité et son intelligence lui permettent d'aider les autres, qui ont pourtant le même âge qu'elle. Tout au long de la prise d'otage, elle a essayé de comprendre l'acte désespéré qui a mené l'homme a entrer dans leur classe une arme à la main...
L'homme à la mitraillette, Pigment (un surnom qu'on lui a donné), est un être renié de tous, qui ne parle que très peu (quand c'est vraiment utile), il est très mystérieux et fort étrange. J'ai maintes fois essayé de me l'imaginer, de le reconstituer, mais en vain... Il est vraiment très renfermé sur lui-même. Je ne sais d'ailleurs que dire sur lui, tant son attitude, son caractère et sa personnalité m'ont parus abstraites. Néanmoins il fait preuve d'un sang-froid inimitable face à ce qu'il est en train de faire, il ne se démonte pas à la vue des pleurs des enfants. Il m'a fait un peu pitié. Mais je dois avouer qu'une fois que nous avons pris connaissance de son histoire, il a un côté touchant et émouvant qui ressort.
La maîtresse est elle aussi plutôt mystérieuse. Les quelques souvenirs de son enfance m'ont donnés très envie de la découvrir davantage, dommage que la description de sa vie n'ait pas été plus approfondie.
Au vue des nombreux films qui traitent de prises d'otages dans différents lieux, j'en attendais beaucoup de ce roman. Au départ, j'avais plutôt peur d'être déçue par ma lecture, mais au contraire, je me suis régalé !
Il y a une ambiance plutôt oppressante tout au long du livre. On attend avec impatience de découvrir le dénouement, de savoir si l'agresseur va tuer, s'il va se faire exploser, ou s'il va se rendre... La tension est palpable tout au long du livre, et elle est également renforcée par l'heure qui est affichée à chaque changement de "narration de personnages". le lecteur est tenu en haleine...
Même si ce roman n'est pas très dynamique, l'histoire est vraiment touchante. On peut notamment découvrir le "pourquoi" qui mène à de tels actes.
Lien : http://addictbooks.skyrock.c..
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LeslecturesdeLily
  09 août 2013
Mon avis :

Je viens de me prendre une claque monumentale avec ce livre.
J'ai commencé ma lecture avec plein de préjugés sur le sujet et maintenant, je ne sais plus quoi penser.
Le sujet n'est pas simple, on parle d'une prise d'otages dans une école maternelle.
Évidemment, dès le début, j'ai détesté ce terroriste, je ne voulais pas savoir pourquoi ce type d'une vingtaine d'années est entré dans une école et a pointé sa mitraillette sur des enfants, je ne voulais pas le comprendre, je ne voulais pas lui trouver d'excuse.

Il y a trois parties dans ce roman, la première met en place l'histoire, on fait la connaissance des personnages principaux, il y en a trois, la maîtresse Anna, le ravisseur et Manon, une petite fille de la classe.
Anna est en panique totale mais fait de son mieux pour garder son calme, montrer au ravisseur qu'elle n'a pas peur de lui et être suffisamment forte pour que les enfants se sentent suffisamment rassurés et restent le plus calme possible.
Manon est extraordinaire, elle est haute comme trois pommes et arrive à "comprendre" le terroriste. Elle prend les choses en main, elle est incroyable.

Dans la seconde partie, nous sommes directement plongés dans le passé d'Anna, mais aussi de celui du ravisseur.
On comprend que tous deux ont un point en commun, ils ont du mal à communiquer avec leur entourage.
En ce qui concerne le ravisseur, son histoire est bien détaillée et il est clair qu'il n'a pas eu une enfance facile, bercée entre moqueries et violences à l'école mais pas plus gâté à la maison, il vit avec son oncle alcoolique et violent, quant à sa tante, elle est complètement indifférente à tout cela.

Dans la dernière partie, nous revenons au cours de la prise d'otages, dans la classe et suivons les enfants.
Les raisons de cette prise d'otages ne sont vraiment dévoilées qu'à la fin du livre donc durant les 200 pages, on a des flash-back entre le passé et le présent.
Cette dernière partie est oppressante, elle est difficile et la fin m'a mise mal à l'aise et pourtant, une fois de plus, car cela devient coutume dans la collection Exprim chez les Éditions Sarbacane, cette fin est parfaite et correspond très bien à l'atmosphère du livre.

L'auteur :
J'ai eu, tout au long de ma lecture, énormément de mal avec le style de l'auteur. Je ne me suis pas sentie à l'aise et du coup, j'ai eu du mal à m'investir. Je me suis plus sentie spectatrice alors que je m'attendais à être complètement emportée.

Mes ressentis :
On parle quand même d'une prise d'otages dans une école maternelle, un sujet sensible, touchant et émouvant, mais il est difficile de se mettre à la place du terroriste et de le comprendre.
Du coup, c'est la raison qui a fait que tous les passages concernant son passé m'ont quand même perturbé. Limite, je me sentais coupable de ressentir de la compassion, alors que j'étais beaucoup plus emporté sur ce qui se passait dans la classe. C'est très perturbant.

Pour finir, je dirais que c'est un livre à lire, ça, c'est sûr, parce que le sujet est intéressant, les personnages sont touchants.
Le style de l'auteur ne m'a pas plu, mais les points positifs prennent le dessus et c'est ce que je garde en mémoire.
Je souhaite aussi crier haut et fort que depuis quelques semaines, j'ai découvert une vraie belle collection de livres chez les Éditions Sarbacane, cette collection traite de sujets actuels, que ce soit les homosexuelles, le terrorisme, les relations familiales plus précisément entre frère et soeur, bref... Les sujets sont touchants, les romans sont tous super bien écrits et ils valent vraiment le détour. Il y en a pour tous les goûts, donc n'hésitez pas à sauter le pas et au moins en découvrir un pour vous faire votre propre idée.
Je suis sûre que le livre que vous choisirez saura vous toucher ou vous stresser, vous faire pleurer ou vous mettre en colère, je suis certaine en tout cas qu'il ne vous laissera pas indifférent, c'est une collection pleine de pépites à avoir en bibliothèque.

Je remercie sincèrement Myriam Touche des Éditions Sarbacane pour cette découverte, pour sa confiance et sa gentillesse dans nos échanges.

Lily
Lien : http://leslecturesdelily.ove..
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leslecturesdeVal
  31 octobre 2013
Nous assistons dans ce livre à un huit clos entre un ravisseur, surnommé Pigment, qui prend une classe de CP en otage avec, à l'intérieur la maîtresse, Anna et des enfants de la classe,et notamment une petite fille qui se nomme Manon et qui est un petit bout de fille à elle toute seule. Nous assistons en spectateur à cette prise d'otages à travers trois paires d'yeux, à l'intérieur de cette classe où se déroule les évènements. Pendant ce récit de ces journée et nuit, nous pouvons découvrir aussi les pensées du ravisseur, de la maîtresse et de cette petite fille. J'ai aimé l'originalité de cette mise en page dans laquelle nous sommes transportés dans l'univers intrigant de cette histoire. Il y a dans ce livre énormément de tensions mais aussi beaucoup d'interrogations, pour comprendre pourquoi et comment a été amené à être fait ce geste d'un désespéré de 20 ans, ce que nous comprenons au fur et à mesure de l'histoire grâce au flash-back des pensées de celui-ci tout au long du livre. C'est un récit presque à l'instantané, nous passons tout le temps de cette prise d'otages avec les protagonistes de l'histoire, jusqu'au dénouement final qui ne nous surprend pas mais qui est d'une force assez insoutenable pour ma part.
Coté personnages : le ravisseur : Pigment de son surnom, nous ne connaissons pas son vrai nom mais comprenons au fur et à mesure le pourquoi de cet étrange surnom, il est armé d'une mitraillette et d'une ceinture à laquelle est attachée une bombe, c' est un personnage qui m'a fort touchée, même si c'est le méchant, j'ai beaucoup aimé ce jeune homme d'une vingtaine d'années , paumé au possible mais qui m'a attendrit par sa jeunesse très malheureuse et remplie de frustrations.
La maîtresse , Anna, est le personnage que j'ai le moins compris malgré les petits flash-back sur sa jeunesse dans lesquels nous découvrons la double personnalité de cette jeune femme, j'ai pas réellement accroché avec ce personnage.
La petit Manon : cette petite jeune fille à l'innocence de l'âge, elle est confiante et surtout j'ai adoré l'attention qu'elle a porté à ses camarades et aux deux adultes pendant tout le récit, est-ce parce que j'ai une petite puce qui est en classe de CP elle aussi mais j'ai adoré cette petite fille qui par sa force à mené à elle seule ce récit et a réussi à conquérir ce jeune forcené.
Coté écriture : le récit est découpé en trois livres. Dans le premier, on fait la connaissance avec les différents personnages. le second est plus consacré au passé d'Anna et au passé du ravisseur, ils sont construits sous forme de courts flash-back, des pensées de ceux-ci et le troisième reprend le moment de la prise d'otages, il commence donc à 8h00 du matin, dans la salle de classe et avance petit à petit vers le dénouement de l'histoire. J'ai adoré la richesse de l'écriture de l'auteur, la poésie qui émane de ses phrases et j'ai aimé les chansons écrites par le ravisseur qui agrémentent le récit. Ces textes sont forts, tristes souvent mais tellement beaux, qu'ils nous font apprécier le jeune homme qui pourtant devrait être détesté pour ce qu'il fait endurer aux enfants.
Les playlists des musiques sont toujours présentes comme à l'accoutumé dans les romans de cette collection et j'adore avoir ces références à chaque lecture, avec notamment dans ce roman "La bombe humaine" de Téléphone, "In the Flesh" de Pink Floyd et "Shoot to Thrill "d'AC/DC.
En conclusion : J'ai vraiment adoré " la peau d'un autre " de Philippe Arnaud , c'est un récit très fort, percutant et vraiment humaniste, j'ai aimé la poésie qui s'en est dégagé. C'est une histoire qui ne peut laisser indifférent le lecteur, avec un texte qui nous fait réfléchir sur la violence à l'école, la peur, la discrimination, sur les différences et parfois l'indifférence. Ce livre est une vraie perle que je vous recommande vivement, c'est un livre jeunesse mais comme à son habitude dans la collection exprim', c'est un livre que nous pouvons tous lire quelque soit l'âge que nous avons. J'ai eu vraiment un réel coup de coeur pour cette histoire qui restera gravée au fond de ma mémoire pour encore un long moment .
Lien : http://aupaysdelire.blogspot..
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Stellabloggeuse
  12 novembre 2012
J'ai aimé l'originalité de ce roman. Nous ne sommes pas face à une véritable intrigue, mais à un huis-clos, que nous observons à travers trois paires d'yeux. Cette idée de raconter une prise d'otages m'a plu, d'autant plus que nous n'avons pas ici un point de vue extérieur, journaliste, mais un triple point de vue « de l'intérieur », entrecoupé de souvenirs. J'ai aimé la différence des approches entre le forcené, l'institutrice et la petite fille. Il y a beaucoup de tension, et bien que l'action ne soit pas au rendez-vous, on ne s'ennuie pas un instant.
Au fil des souvenirs du narrateur, du forcené, nous comprenons peu à peu comment il en est arrivé là. La difficulté d'être blanc à l'extrême dans une Afrique imprégnée de superstitions et terrorisée par des milices. La difficulté d'être immigré en France, où certains tentent de profiter de sa position de faiblesse. La peur des autres, parce qu'il n'est pas seulement blanc, il est pâle à faire peur (sans doute albinos, même si ce n'est jamais mentionné). Ce roman tourne ainsi autour de la cruauté dont sont capables les humains vis-à-vis de leurs semblables, s'ils ont le malheur d'être différents.
Le personnage que nous suivons le plus en celui du forcené. Nous ne connaissons pas son nom, juste un surnom (dont je vous laisse la surprise). En revanche, il nous emmène dans son enfance, et contre toute attente on se range assez vite de son côté. Il a souffert, et il a eu peu de chances de pouvoir mener une vie « normale », paisible. Il y a eu cette fille, à qui il n'a pas su parler. Il y a eu la musique, qui lui a permis de s'exprimer. Mais il n'a jamais trouvé sa place, et cela le rend touchant. de même, sa manière de se conduire avec les enfants le rend sympathique, tout en étant un preneur d'otages crédible. Néanmoins, il n'est pas attachant pour autant, et je ne me suis pas vraiment impliquée émotionnellement auprès de lui.
En revanche, j'ai été un peu frustrée par le personnage d'Anna, les quelques visions que nous avons de son enfance. Elle a une double personnalité, avec des monologues intérieurs qui poussent à sourire. Elle semble assez complexe, et j'aurais aimé que son personnage soit plus creusé.
Quant à Manon, elle est innocente et rafraîchissante. C'est une petite confiante et très attentive aux autres et à leurs besoins, elle parvient à conquérir tout le monde.
En ce qui concerne l'écriture, l'auteur épouse bien les points de vue des trois personnages principaux, et nous relate une prise d'otages tout à fait crédible. Son écriture est souvent directe, mais jamais pauvre. Et surtout, le roman est émaillé de moments poétiques, des textes écrits par le preneur d'otages et mis en musique par son meilleur (et seul) ami, lorsqu'ils étaient au lycée.
J'ai donc apprécié de huis-clos grâce aux multiples points de vue, au personnage du preneur d'otages bien développé et au talent d'écriture de l'auteur, même si j'aurais aimé que certains aspects soient un peu plus creusés.
Lien : http://romans-entre-deux-mon..
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CarolineDBruihier
  30 septembre 2013
Un matin, un homme entre dans une école maternelle, une ceinture d'explosifs contre le ventre et une mitraillette à la main. C'est la classe d'Anna qu'il a choisi, jeune instit veillant sur les enfants, aimant son métier parce que ça bouge, parce qu'il y a des moments merveilleux et d'autres plus durs. Cet homme lui, n'a pas eu d'enfance, ou si peu. Une enfance en Afrique, où il n'avait pas sa place, où sa peau n'avait pas sa place. Garçon africain à la peau blanche, piquetée de rouge, cheveux frisotants de roux, d'où le surnom qu'il se donne : Pigment. Garçon perçu comme une erreur par les siens, une malédiction, à peine humain, qu'il faut sacrifier. Enfant qui ne peut être élève en même temps que les autres, qu'un maître bienveillant va accepter en cours du soir. Et à chaque fois sur le chemin du retour, les mêmes brimades : les autres jeunes africains l'attendent, pour faire pleuvoir des coups, parfois les couteaux sont sortis, et parfois c'est encore plus dur. Et à 20 ans, la route fut longue, les cicatrices nombreuses, qui parcourent son corps et son âme. Car même son envoi en France ne lui permettra de trouver sa place. Seule l'écriture le consolera - bref répit dans l'injustice de sa condition.
Le texte est dur, sincèrement, les mots sont forts, certains passages sont à la limite du soutenable (l'épisode des fourmis en Afrique), mais je n'ai pas décroché du roman. On suit le déroulé de la prise d'otages, et parallèlement à cela, Pigment nous dévoile le flux de ses souvenirs - souvent durs, parfois teintés d'espoirs. Ses poèmes jalonnent le récit - laissent entrevoir toute la noirceur du monde auquel a été confronté le jeune homme.
On suit également les pensées de l'institutrice, Anna - quelques échos à son adolescence, dure elle aussi - faisant alors se confronter deux abimés de la vie, se jaugeant. Parce que la frontière entre le mal et le bien n'existe pas dans ce roman. Si l'acte de Pigment est effroyable, l'auteur nous laisse entrevoir progressivement les racines de ce mal. Il est dommage que le personnage d'Anna ne soit pas creusé un peu plus, ce qui la rend difficile à cerner.
Une des petites élèves, Marion, est aussi une des voix du roman : du haut de ses quelques années, la petite fille est une source de fraicheur, de lucidité et de raison. D'instinct, elle comprend que Pigment n'est ni un "méchant" ni un monstre, et parvient à saisir sa tristesse. Elle est à l'origine d'un des plus beaux moments du roman, où cette enfant simplement munie d'un morceau de craie parvient à apprivoiser leur ravisseur.
L'ouvrage soulève beaucoup de thèmes : la condition des albinos en Afrique (mais aussi leur acceptation en France où la couleur de peau du jeune homme est perçu comme une "maladie"), l'immigration en France, terre d'une hypocrite liberté, où, en stigmatisant, l'on y construit des boucs émissaires...
Ce huis-clos psychologique se lit d'une traite. La tension dramatique de la prise d'otage se trouve renforcée par le minutage des séquences et l'alternance des points de vue. Les poèmes de Pigment y sont glissés et révèlent tout le talent du jeune homme, toute sa souffrance et tous les cauchemars qu'il a parcouru. L'écriture y est vécue comme un baume, comme exutoire pour la haine, l'incompréhension, la douleur. le style de l'auteur est en adéquation avec les poèmes de Pigment : rythmé, âpre, beau, parfois haché et lapidaire, où les blessures sont montrées à vif. le poème final - Demain la nuit, magnifique - évoque un monde dévasté par la cruauté des hommes, un monde dans lequel Pigment n'a jamais eu sa place, un cauchemar reflet de notre actualité...
Lien : http://biblioado.canalblog.c..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
StellabloggeuseStellabloggeuse   12 novembre 2012
Son baume, ce sont les livres et les feuilles blanches avec lesquelles il rentre jour après jour. Lire, écrire, vivre enfin ! Au long des journées qui s’écoulaient dans la cuisine enfumée de sa mère, il dévorait sans relâche, relisant plusieurs fois les « grands messieurs » de la littérature, comme disait le maître, Monsieur Dickens, Monsieur Victor Hugo, et, joie suprême, un roman de Sembene Ousmane qui semblait soudain relier ses rêves à son monde, au milieu d’autres qu’il oubliait et redécouvrait régulièrement. Parfois, quand il relevait la tête pour respirer, comme s’arrachant à l’apnée, il croisait le regard attendri et inquiet de sa mère, qui ne savait pas lire. Il lui racontait les histoires avec passion, dissimulait tant bien que mal ses cicatrices. Le temps du bonheur.
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StellabloggeuseStellabloggeuse   12 novembre 2012
Peu importe, il est au bout. Ce qui remonte dans sa gorge à cette seconde précise a une saveur de bile étrange, cependant qu’il fait face à la porte, place devant lui sa mitraillette. Ultime respiration, et soudain dans sa bouche le goût des palétuviers, reflux d’enfance. Il va pour enfoncer la porte, oubliant qu’elle est entrebâillée, chancelle avant de foncer…la referme derrière lui, rageusement. L’écho du claquement hante l’air, puiss s’évanouit. Je donne je prends. Il a réussi.
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AnalireAnalire   28 février 2013
Face. Tu dois faire face. Connaître le visage de ce qui va te faire peur.
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AnalireAnalire   27 février 2013
Le treillis était en soi un message aussi lapidaire qu'explicite : nous sommes mûrs pour tuer, ne nous refusez rien, sinon...
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AnalireAnalire   27 février 2013
Maîtriser la blessure. Mais nourrir la rage.
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