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ISBN : 2377311806
Éditeur : Sarbacane (02/01/2019)

Note moyenne : 4.58/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Anthéa sent si souvent qu'il faudrait fuir. Fuir les manoeuvres des garçons que sa beauté fascine. Fuir les humiliations de l'école, la violence des adultes. Et ce couple de Blancs qui veut l'emmener avec elle en France, si loin du Cameroun... sont-ils vraiment la chance qu'imaginent ses parents ? En vérité, Anthéa ne demandait rien d'autre que vivre chez elle, dans son pays. Travailler la terre, conter aux enfants les histoires de son village, rire avec Diane du mo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Jangelis
  24 janvier 2019
Un très beau roman, à lire absolument. À la fois attendu et très inattendu.
Je souhaitais le lire car le sujet de l'esclavage domestique moderne m'intéresse. J'en ai lu quelques autres, et j'étais curieuse de découvrir celui-ci. Il en vaut vraiment la peine. Un des meilleurs que j'ai lu sur le sujet.
On n'oubliera pas Anthéa de si tôt.
J'ai apprécié les trois parties de ce livre.
D'abord, nous découvrons la vie d'Anthéa au Cameroun, dans son village. On la rencontre toute petite, avec sa cousine, on la voit grandir, dans une famille aimante, avec un père très bienveillant.
Cette partie donne beaucoup d'intérêt à ce roman, car on s'attache vraiment à la fillette, et on apprend à connaître sa vie, ses espoirs, un pays qui pour moi est très loin de ce que je connais. Un début tout en douceur dans une Afrique intemporelle et comme apaisée.
On voit le lent mais inexorable cheminement qui va l'amener jusqu'en Europe, totalement contre son gré.
On comprend qu'ici, il ne s'agit pas de "vendre" leur fille, mais bien de lui offrir un maximum de chance, alors qu'elle va leur manquer, aînée et seule fille.
Anthéa a beaucoup de mal à l'école, une école pas vraiment à la hauteur, et voilà qu'on lui propose de partir en France, dont presque tous rêvent là-bas, pour suivre des cours mieux adaptés, pour lui donner une chance dans la vie.
Mais Anthéa, elle ne rêvait pas de la France, ni de l'école. Sa vie est au Cameroun, et puis, elle est artiste, aussi douée pour conter que pour sculpter ou dessiner. Rien qui ne soit adapté à ce qu'on va lui demander.
Arrivée en France, on sait très vite que ça va mal tourner, mais cette famille est vraiment atypique par rapport à d'autres histoires.
On s'attend à trouver une riche famille où tous sont d'accord pour profiter au maximum de la présence d'une servante gratuite, entraînés par la mère.
Alors qu'ici ... non, je ne vais pas vous raconter la suite tout de même, vu que vous allez forcément le lire. Mais j'ai été très surprise.
Avec des personnages secondaires forts, comme cette grand-mère qui s'occupe assez curieusement de ses petits-enfants.
L'histoire va monter dans l'angoisse peu à peu, et parce qu'on voit à travers les yeux d'Anthéa, on espère presque jusqu'au bout que ce sera une belle histoire. Parce qu'elle n'a pas une once de méchanceté en elle, elle veut toujours croire à la gentillesse des autres, et toujours leur laisser le bénéfice du doute.
Si ça ne va pas, elle pense d'abord que c'est sa faute, avant tout. Difficile de se rebeller dans ces conditions.
La troisième partie, fait chaud au coeur, et ça fait vraiment du bien, après ce qu'on vient de lire. de l'amitié, de la chaleur humaine.
Bref, j'ai vraiment tout aimé dans ce livre, sauf son titre. Je trouve qu'il fait plus penser à un thriller, à une histoire qui va s'amuser à nous faire peur. Je n'aurais pas choisi ce livre si je n'avais pas su le sujet d'abord ; et ça aurait été bien dommage.
Par contre, la couverture est superbe.
Je n'ai hélas pas suivi la bande son proposée, ça doit être intéressant de l'écouter en parallèle de la lecture.
J'ai un peu de mal à parler de ce livre, parce que c'est un texte très fort et très beau, mais dont je ne voudrais pas trop dévoiler.
Merci à Philippe Arnaud, au-delà du thème principal si important, de nous faire partager son amour du Cameroun.
Lien : https://livresjeunessejangel..
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MademoiselleBouquine
  19 janvier 2019
Je ne m'attendais pas à ça.
Pas du tout, du tout à ça.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était pas mal du tout.
Voire très bien.
Allez savoir pourquoi, on se met parfois de drôles d'idées en tête avant d'ouvrir un livre.
Pour ma part, j'étais persuadée que La Proie allait se révéler être un roman fantastique, ou au moins un récit avec une part de merveilleux ou d'imaginaire.
Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque j'ai découvert un récit contemporain glaçant de tension, de dangers qui taisent leur nom et d'étouffantes relations de domination.
La Proie est un récit au long cours, de longue haleine, qui s'appréhende petit à petit et évolue au fil des pages. Il démarre doucement, dans un décor dépaysant, avec une histoire qui n'a pas l'air pressée de s'emballer et des personnages pour la plupart encore tout à fait innocents, à savoir les enfants d'un petit village du Cameroun, où Anthéa et ses amis grandissent petit à petit au fil des saisons, des histoires transmises de génération à génération, et des promesses d'un avenir qui s'annonce aussi paisible que prévisible.
Mais l'innocence ne dure qu'un temps.
Pour Anthéa, l'heure est déjà venue de grandir, de partir, et de suivre un couple de Français qui la prend sous son aile pour qu'elle vienne suivre sa scolarité en France, près de Paris. C'est une chance inouïe, l'occasion pour elle d'avoir accès à une meilleure éducation, des opportunités multiples, et une vie à mille lieux de celle qu'elle a toujours connue.
C'est une chance, oui.
Anthéa s'accroche à cette phrase qu'on lui a tant répétée avant son départ.
Même lorsque la réalité qu'elle doit bientôt affronter n'a plus rien d'une chance.
Et ainsi, sans que l'on ne s'en rende compte dans un premier temps, le récit bifurque vers un chemin sordide et sinueux qui constitue très vite une véritable descente aux enfers - qui, comme toute bonne descente aux enfers digne de ce nom, ne devient frappante et évidente qu'une fois qu'il est déjà trop tard.
Petit à petit, alors que les chapitres défilent et que l'implacable vérité devient indéniable, le lecteur, effaré et pétri d'angoisses, devient la proie - roll credits - d'une seule et même question, de plus en plus pressante.
"Ca ne peut pas être ça... si ?"
Et si, bien sûr que si, c'est ça, c'est le mal qui déploie lentement ses chaînes, c'est une tension qui ne cesse de s'épaissir et de s'alourdir, c'est un récit assez virtuose dans sa façon de nourrir l'attente et l'horreur, notamment grâce à son point de vue interne, qui ne permet de suivre que ce que perçoit Anthéa, et laisse donc le lecteur plongé dans le doute jusqu'au bout.
L'écriture même du roman évolue, volontairement très simple pour maintenir la narration à la hauteur de la toute jeune Anthéa, mais de plus en plus évocatrice et glaçante au fur et à mesure que la jeune fille gagne bien malgré elle en résistance et en maturité. La Proie a l'intelligence de disséquer la peur tout aussi bien que la honte, la violence tout autant que la rédemption, avec une subtilité assez hallucinante dans la mesure où elle sera aussi frappante pour de jeunes lecteurs que pour un public plus mature. La Proie est un livre qui retourne et chamboule, une véritable expérience de déni et d'angoisse où l'on en vient à questionner ses instincts les plus primaires, où l'empathie se mêle au rejet, et où l'on découvre, le souffle court et le regard abasourdi, que l'écrivain saura décidément toujours surpasser les pires craintes de son lecteur.
Lien : https://mademoisellebouquine..
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bkoyalisse
  16 mai 2019
Un livre très marquant sur l'esclavage moderne. La première partie en Afrique est très touchante, elle permet de bien comprendre le personnage, Anthéa. La suite nous plonge dans la spirale qui la fait devenir une "Proie".
J'ai apprécié cette jeune fille qui se sent dépassée par l'école et les apprentissage, mais qui a d'autres dons, une intelligence différente, ce qui est le cas de pas mal de gens, mais ce n'est pas reconnu.
Comme souvent dans les romans "Xprim", les romans nous entraînent dans dans des moments d'aventure, le personnage est balloté d'une côté sur l'autre, se perd, reçoit de l'aide...Ce passage où Anthéa est un peu perdue dans la gare Montparnasse m'a moins convaincue, il est moins réaliste.
Néanmoins, c'est un roman très dur, mais très fort. A conseiller toutefois aux jeunes, mais pas avant 15/16 ans.
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Anarya
  27 février 2019
Au Cameroun, Anthéa partage son quotidien entre les mardis où elle aide sa mère au marché et les autres jours de la semaine qu'elle passe à l'école et où l'apprentissage n'est pas si simple. Heureusement, elle retrouve après la classe tous les petits pour leur raconter des histoires, un talent qu'elle maîtrise parfaitement ! Jusqu'au jour où une belle femme blanche lui propose de les accompagner en France, où elle pourra recevoir une meilleure éducation…
Mais vous pensez bien qu'avec un titre pareil, Anthéa ne va pas juste aller à l'école et soudainement devenir brillante grâce à notre merveilleux système scolaire ? Si ? Alors vous êtes bien optimiste… Anthéa est une jeune fille à la vie simple, un peu effacée derrière l'exubérance de sa cousine qui prend toute la place, et qui se trouve face à un blocage quand il s'agit d'apprendre mais qui se révèle complètement lorsqu'elle s'improvise conteuse auprès des plus jeunes. Elle ne rêvait pas particulièrement de la France ou de n'importe quel autre pays, jusqu'à ce que ces Blancs riches proposent à sa famille de s'occuper de son éducation en Europe. Elle part, le coeur meurtri de quitter son pays natal, ses amis, ce garçon qui commençait à l'intéresser… Et se retrouve dans la banlieue parisienne, où la richesse de la famille en Afrique ne signifie plus rien dans cette France où le père se retrouve au chômage et la mère reprend son travail à la mairie, subvenant seule aux besoins de la famille. Progressivement, le statut d'Anthéa passe de collégienne à domestique… Passeport confisqué, téléphone surveillé, impossibilité de sortir de l'appartement, c'est insidieusement que les rouages se mettent en place et que la vie d'Anthéa passe de la promesse d'une vie meilleure à celle d'un esclavage moderne terrifiant.
Philippe Arnaud nous conte l'histoire d'une lente descente aux enfers, où la luminosité de la vie au Cameron s'assombrit, se noircit à mesure que nous suivons Anthéa dans la découverte de sa nouvelle vie en France. Construit comme un thriller, avec Anthéa comme seul point de vue, c'est la tension qui nous prend aux tripes, c'est elle qui nous fait deviner, qui nous fait vainement espérer que non, ce n'est pas ce qui va se passer, que ça n'ira pas jusque-là… La réaction de la famille, l'attitude de chacun de ses membres est d'une violence terrible, qui ajoute complètement au sentiment d'angoisse, d'inéluctable, d'impuissance du lecteur… Un roman à la construction impeccable, subtil et glaçant sur la violence faite aux femmes, le néo-colonialisme et l'esclavage moderne, qui nous offre malgré tout le portrait d'une jeune fille forte et généreuse, que l'espoir et la résilience ne quitteront jamais.
Lien : http://bobetjeanmichel.com/2..
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Princesse27
  16 mai 2019
En lisant ce livre, on se rend compte que il existe encore de l'esclavage dans le monde...en forme moderne...
Ce livre nous plonge dans l'univers d'une jeune fille victime d'esclavage.
Juste passionnant !
Je le recommande vivement !
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critiques presse (1)
Liberation   17 janvier 2019
On a déjà lu dans la presse des récits d'esclavage moderne : passeport confisqué, confinement, exploitation. Philippe Arnaud sait décrire la situation dans son ensemble, le climat de peur que le chef de famille instaure parmi les siens, d'abord insidieusement, puis frontalement, l'impossibilité pour l'extérieur (soeur, grand-mère) d'intervenir.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
murielanmurielan   23 mars 2019
Elle ne sait plus. Elle se sent épuisée, après tous ces jours enfermée, sur le qui-vive, blessée par les mots, les indifférences, les agressions. Elle ne sait plus ce qu'elle veut, si elle veut, ce que c'est que vouloir.
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JangelisJangelis   24 janvier 2019
Lorsqu'elle prend la parole, doucement, ils [les enfants du village] se taisent. Et à l'heure où le jour menace de s'éteindre, les villageois distinguent la forme de tous ces corps d'enfants mêlés, un cercle crépusculaire d'assis, suspendus aux histoires d'Anthéa.
Et quelles histoires ! Des animaux parlent, des magiciens font des prodiges, des voleurs sont châtiés, des mendiants changés en princes ...
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JangelisJangelis   24 janvier 2019
- Tu sais que c'est Monsieur Kapche qui fait le cours élémentaire ? Il est tellement vieux qu'il s'endort lui-même en parlant. On va s’ennuyer, ma soeur, tu peux me croire !
- Oui, mais il est gent...
- Arrête un peu avec ta gentillesse. Avec toi, tout le monde est gentil !
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JangelisJangelis   24 janvier 2019
- Ma fille, je veux le meilleur pour toi. Et le meilleur, je ne peux plus vous l'apporter. La situation ne fait qu’empirer. Comme tous les fonctionnaires, je ne suis payé qu'un mois sur deux, désormais - et parfois moins encore.
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Vidéo de Philippe Arnaud
Philippe Arnaud - Jungle Park
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