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EAN : SIE295497_194
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 9 notes)
Résumé :

Depuis quarante-huit heures, André Plessis est prisonnier dans les flancs du cargo d'Amérique du Sud où il s'est embarqué clandestinement pour revenir en France. Une caisse de six cents kilos bloque l'unique sortie de la cale. Rien à manger, de l'eau à boire, du tabac pour prendre son mal en patience : il appellera plus tard, après Panama.

L'essentiel, c'est de n'être débarqué qu'en France où se trouve Elizabeth. Pourquoi l'a-t-il quittée ? Q... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
kielosa
  16 novembre 2019
Commencer une carrière littéraire avec du premier coup un chef-d'oeuvre, comme Georges Arnaud en 1950 à 33 ans, avec "Le salaire de la peur" pose, je présume, des problèmes à l'écrivain, qui est supposé de faire néanmoins mieux avec un nouvel ouvrage et au lecteur, qui craint d'être déçu par ce nouvel ouvrage.
Lorsque 4 ans après avoir lu ce best-seller, je me suis procuré "Les aveux les plus doux" de lui, je n'étais pas trop rassuré et craignais en effet une déception. J'ai eu tort, car le livre est bien conçu et fait. Mais cette réaction de ma part est à la fois typique et injuste d'un simple lecteur envers un esprit créateur.
Il est incontestable que le roman de Georges Arnaud était exceptionnellement captivant et le splendide film réalisé par Henri-Georges Clouzot de 1953 avec un Yves Montand dans une de ses meilleures apparitions à l'écran, n'a que contribué à rendre "Le salaire de la peur" totalement inoubliable. Un des rares films à avoir gagné la Palme d'or à Cannes et l'Ours d'or à Berlin, la même année.
Dans "Le voyage du mauvais larron", qui aurait pu avoir au lieu de "voyage" aussi bien "vagabondage" dans son titre, nous retrouvons des éléments qui nous sont familiers du "Le salaire", comme la plaine au pétrole, les routes sans fin à bord d'un camion, l'Amérique latine, la désolation etc.
Le héros de l'histoire, André Plessis, qui a horreur du travail régulier, estimant que "le travail fait à lui seul plus de victimes que guerres, pestes, véroles et clergés réunis..." décide, un 2 mai de partir pour 2 ans. Il s'embarque pour l'Amérique du Sud, mais sans nous offrir un itinéraire précis et se limite à mentionner des noms de sites de passage : Portsmouth en Angleterre, Pointe-à-Pitre à la Guadeloupe, Bogotá en Colombie, Caracas au Venezuela...
Ce qu'André aime, c'est le mouvement. le mouvement pour le mouvement, un peu comme l'art pour l'art. Ou s'agit-il, en somme d'une fuite ?
Il y a un élément autobiographique, puisque l'auteur est effectivement parti pour l'Amérique latine, le 2 mai 1947, après avoir fait 19 mois de prison à Périgueux (1941-1943) pour une sombre histoire de triple meurtre, dont son père et une tante ont été victimes, et après avoir dilapidé la fortune de la famille. Par ailleurs, Georges Arnaud, qui a été un élève brillant, avait envisagé de se présenter au concours d'entrée du Conseil d'État, mais a écarté cette option parce qu'il ne tenait pas à prêter serment à Pétain.
Le récit commence et se termine par un André Plessis comme passager clandestin, caché dans une cale d'un cargo, qu'il espère va lui ramener vers la douce France. Or, le "Relámpago" ou éclair est un vieux croiseur, horriblement lent, utilisé pour le cabotage local dans le Pacifique sud ! En 18 jours ils n'ont même pas dépassé Panama. Dix minutes y durent deux jours, ce qui permet à notre héros d'arriver à la conclusion que "l'argument le plus solide contre la profession d'aventurier, c'est la longueur des temps morts". (page 252).
Et c'est cependant une vie d'aventurier qu'il a menée tout ce temps depuis son arrivée au nouveau monde. Comme chauffeur de taxi de nuit à Caracas et chauffeur de camion avec remorque sur la route de Maracaibo, il a rencontré la fine fleur des habitants de ce coin du globe : trafiquants, réfugiés, policiers véreux, gonzesses de bordel etc. Il a fait un bout de taule à Caracas, mais les prisons là-bas sont comme des paradis comparés à celles en France. Tout entre librement et tout s'y achète : livres, aliments, vêtements, putains. Pour 100 bolivars on passe 24 heures en ville, seul et pour le double... on est libre ! En tout cas, notre André y passe du temps à traduire des textes officiels d'Espagnol en Français et la variante d'Espagnol parlé par les Français d'Amérique latine.
La langue et parfois le style assez confus m'ont un peu déplu et j'ai l'impression que l'auteur a voulu terminer son roman à la hâte, un an après "Le salaire de la peur" en 1951. Les trouvailles et les descriptions de son Amérique du Sud de ce grand voyageur qu'il a été, compensent, à mon avis, les négligences stylistiques.
Dans un tout autre genre, en collaboration avec le réalisateur et scénariste Roger Kahane, Georges Arnaud a écrit, en 1978, "L'affaire Peiper" une biographie du lieutenant-colonel nazi, Joachim Peiper (1915-1976), responsable entre autres du massacre de Malmedy, dans les Ardennes belges, le 17 décembre 1944. Et dans un registre encore tout différent une préface au "Le Meurtre de Roger Ackroyd" un des best-sellers d'Agatha Christie.
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bdelhausse
  04 février 2019
Tout auréolé de la gloire consécutive au Salaire de la Peur, Georges Arnaud va livrer un récit largement tiré de son vécu en Amérique Latine, de 1947 à 1950. Ce sont approximativement les dates qui figurent en dernière page du roman. Et le roman se termine comme la vie de Georges Arnaud aurait pu se terminer s'il n'avait pas été trouvé et hébergé par le capitaine du bateau sur lequel il s'était embarqué comme clandestin.
Si on lit la bio de Georges Arnaud, on a une vie palpitante. C'est un personnage fascinant. Il refusera l'héritage familial, assez cossu, et le dilapidera. Il militera avec Vergès pour la défense des indépendantistes algériens. Avant cela, il va faire de nombreux métiers. Trafiquant. Chauffeur de taxi. Contrebandier. Camionneur. Barman. Souvent en marge de la loi. Il côtoie des nazis en cavale. Bourlingue pas mal. L'errance, c'est ce qu'il raconte dans le Voyage du mauvais larron. Mais sa bio est plus fascinante que le roman qu'il écrit sur lui. Comme s'il n'arrivait pas à rendre toute la substance de ses errements en Amérique Latine.
Ce roman montre André Plessis, a.k.a. Georges Arnaud, désireux de rentrer en France vers la femme qu'il aime (unilatéralement, visiblement). Seulement, il est bloqué dans la cale et se met à revivre ses aventures dans une sorte de flou dû au manque d'eau et de nourriture. Quelques fulgurances argotiques m'ont fait sourire. On retrouve alors une sorte de gouaille de bourlingueur, très plaisante mais trop fugace. Entre le Venezuela et la Colombie, Georges Arnaud nous conte sa vie à la dure, mais justement cette dureté n'est que rarement ressentie.
Au final, peu d'empathie se dégage du récit. Et même si c'est autobiographique, j'ai eu beaucoup de mal à m'intéresser au devenir du personnage principal dont -finalement- le destin ne me faisait ni chaud ni froid.
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BVIALLET
  14 octobre 2013
A Paris, juste après guerre, le jeune André Plessis quitte Elisabeth, la femme qu'il aime, en lui promettant d'être de retour dans deux ans, le temps pour lui d'aller bourlinguer en Amérique du Sud. Après une traversée en bateau, il exercera tous les métiers, chercheur d'or dans le Mato Grossa, chauffeur de taxi à Caracas puis chauffeur routier plus ou moins trafiquant sur l'altiplano. Il traînera ses guêtres aux quatre coins du continent, de Valparaiso à Guayaquil en passant par Maracaïbo et mille autres lieues. Mais le retour comme passager clandestin sur le vieux croiseur Relampago sera moins reluisant...
« Le voyage du mauvais larron » n'est pas vraiment un récit de voyages (quoi qu'il semble évident que le pauvre André Plessis ne soit qu'un avatar sans doute mythifié d'Arnaud lui-même), ni une histoire de mauvais garçon, ni un roman noir ou policier, mais un peu de tout cela à la fois. L'auteur nous inflige de longues et parfois ennuyeuses descriptions des paysages grandioses qu'il traverse à bord de son camion. Par petites touches, il nous fait partager ses impressions, un peu au fil de la plume, passant du coq à l'âne, sans suivre une intrigue précise et revenant sans arrêt au huis clos de la condition du passager clandestin. Se voulant être une sorte de Cendras français, Georges Arnaud en profite également pour nous présenter une galerie de portraits d'aventuriers, de filles de joie et de mauvais garçons qui laissent un peu indifférents tellement ils semblent convenus. le résultat donne une lecture laborieuse et sans grand plaisir. le lecteur a l'impression d'un texte, d'un style (parfois Arnaud se laisse aller à des envolées céliniennes aussi peu convaincantes que les « exploits » racontés) et d'un genre qui ont tous très mal vieilli. Les lecteurs d'aujourd'hui étant sans doute moins naïfs que ceux d'hier...
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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tristantristan
  06 décembre 2018
Engoncé en fond de cale, un passager clandestin se souvient de son passé immédiat. Ses rencontres, ses aventures marquées du sceau de l'exil volontaire sont relatées semble-t-il sous emprise d'alcool ou autres inhibiteurs. Bien souvent, il s'agit de phrases rédigées en espagnol mal traduit. L'éditeur a -t-il seulement lu le texte ?
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
kielosakielosa   16 novembre 2019
" Me reste acquise...une certitude paisible, solide, que le travail fait à lui seul plus de victimes que guerres, pestes, vérolés et clergés réunis..."

(page 26).
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tristantristantristantristan   03 décembre 2018
On aurait facilement de l'indulgence pour les humbles, pour les grandes personnes. Et cette indulgence est une lâcheté, cette humilité est à vomir debout. Autrement dit, il ne faut pas faire de concessions. Mort aux vaches.
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Videos de Georges Arnaud (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Arnaud
Patrick Raynal, conseiller littéraire du Festival du Livre vous présente Philippe Jaenada. Dans "La Serpe" (Julliard, 2017), ce dernier mène une enquête minutieuse autour d?un fait divers fascinant et se transforme en chercheur d'indices pugnace et malicieux. L?histoire d?Henri Girard accusé en 1941 d'avoir massacré son père, sa tante et la bonne à coups de serpe. Acquitté, il s'exile au Venezuela et l'affaire ne sera jamais élucidée. Neuf ans plus tard, ce dernier connaîtra la gloire sous le pseudonyme de Georges Arnaud, avec son roman le Salaire de la peur, adapté au cinéma.
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