AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de Yunyun


Yunyun
  23 décembre 2017
Bouleversant, déroutant et émouvant, tel est le récit de Kumi Sasaki qui est un écho à l'actualité.

Kumi est une japonaise vivant en France depuis plusieurs années. le fait qu'elle vive à l'étranger n'est pas anodin puisqu'elle a choisi de s'exiler pour sa propre sécurité. Et tout est résumé par le titre "tchikan", soit "pervers" en japonais. La référence de l'écriture de "tchikan" au lieu de "chikan" est voulu : Kumi veut nous faire ressentir l'oppression qu'elle vit face aux pervers.

Avant toute chose, si vous êtes sensible, je vous déconseille de lire ce récit d'une traite comme je l'ai fait car il peut être terrifiant et vous saisit d'un sentiment de vertige.

Kumi Sasaki nous explique ce qu'elle n'a jamais dit complètement à ses parents : sa rencontre avec des pervers dans le train bondé qu'elle empreinte quotidiennement. Elle a juste 12 ans quand son chemin croise celui d'un pervers. Un premier qui lui fait réaliser qu'elle est une proie sexuelle. Dès lors, Kumi porte un autre regard sur cette ligne de train, la Yamanote, très utilisée à Tokyo, il lui est impossible d'y échapper. Mais en fait, il s'agit bien plus qu'un simple pervers, les situations sont de véritables agressions sexuelles, voire de viols. Car il s'agit bien de cela. Même si Kumi a essayé d'alerter des adultes, sa mère et son institutrice, ces dernières n'ont rien fait. Au contraire, sa mère lui a reproché son comportement ! Bien entendu, ce reproche a blessé Kumi qui n'a trouvé refuge qu'auprès de l'une de ses camarades de classe qui vivait la même chose.

Kumi raconte plusieurs épisodes sur ces pervers du train puis, traite un autre "type" de pervers : les "stalkers". Des salariés d'entreprises, souvent d'âge moyen, abordent les jeunes filles, avec plus ou moins d'insistance. Kumi est soulagée que celui qui l'a abordée ne soit pas aller plus loin que lui parler et la suivre dans la rue.

Puis Kumi termine son récit par sa fuite du Japon pour la France pour ne plus avoir à subir ces agissements et la lecture de celui-ci par sa famille. Celle-ci a été horrifiée par ce que Kumi a vécu, ses parents ne pensaient pas que les agissements des pervers étaient aussi répétitifs et aussi intimes.

Ce constat oppressant nous laisse sur des questions, si on ne connait pas la société japonaise. Ces pervers et harceleurs sont bien connus, plusieurs médias font des articles soit sur les scandales ou pour de la prévention. Toutefois, les lois ne changent que peu à peu, ainsi que le poids de la parole d'un enfant, de surcroit, une femme. Par exemple, les constructeurs de téléphones portables sont dans l'obligation de laisser le son lorsqu'on prend une photo car beaucoup de pervers en profiter dans les trains pour prendre sous les robes des filles. Ou encore, la création de wagons spéciaux pour les femmes comme Kumi l'expliquait.

Cette place sur l'explication de la société japonaise est ce qui manque à ce témoignage pour comprendre tout les enjeux au Japon. Toutefois, cela n'enlève rien au bouleversement qui nous traverse en lisant l'histoire de Kumi.

Merci aux éditions Thierry Marchaisse et à Babelio pour cette découverte.
Commenter  J’apprécie          50



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (4)voir plus