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François Dupuigrenet Desroussilles (Traducteur)
EAN : 9782264024275
368 pages
10-18 (14/04/1999)
3.88/5   350 notes
Résumé :
Deux jeunes Londoniennes, Mrs. Wilkins et Mrs. Arbuthnot, décident, un jour de pluie trop sale et d'autobus trop bondés, de répondre à une petite annonce du Times proposant un château à louer pour le mois d'avril sur la Riviera.
En cachette de leurs maris, elles cassent leurs tirelires et trouvent deux autres partenaires pour partager les frais du séjour: l'aristocratique et très belle Lady Caroline Dester, qui veut fuir ses trop nombreux soupirants, et la v... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (86) Voir plus Ajouter une critique
3,88

sur 350 notes

“A tous ceux qui aiment les glycines et le soleil“.

Un livre facile a lire, tranquile, enchanteur, qui ne sent pas le besoin de laisser une impression durable. Juste ce qu'il faut entre deux lectures plus exigeantes. Et c'est peut-etre pour ca qu'il risque de rester en ma memoire.

Deux jeunes femmes anglaises, delaissees par leurs maris, insatisfaites de leur vies, ressentent subitement le besoin de louer pour un mois un chateau en Italie. le cout etant au dessus de leurs moyens elles s'ajoutent deux autres locataires, une jeune aristocrate et une vieille dame guindee.

La beaute luxuriante de la nature au chateau de San Salvatore fera des miracles. Un mois d'Avril paradisiaque operera un grand changement psychologique chez ces quatre femmes. Elles se decouvriront une sensibilite et une joie de vivre que les brumes londoniennes avaient fanees. Celles qui avaient en fait fui leurs maris les appelleront et pourront les estimer et meme les aimer a nouveau; la jeune aristocrate que les hommes ennuyaient apprendra a apprecier de se faire courtiser; et la vieille dame finira par gouter la compagnie de plus jeunes.

Une comedie tendre et doucereuse, un peu fleur bleue, avec une bonne dose d'humour british qui appuie sur les differences de classe des quatre femmes. Transparaissent, sans trop s'appesantir, une critique des moeurs victoriennes, qui etaient encore bien ancrees Outre-Manche quand le livre est publie (les annees 20 du siecle dernier), et une touche de feminisme, affirme mais pas belliqueux pour autant.

Une lecture tres fraiche, printaniere, ou la nature tient un role important. A lire pendant l'hiver qui approche pour faire apparaitre un rayon de soleil virtuel entre les vrais nuages.

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Sorti en 1922, ce roman est le plus grand succès public de l'auteur, qui comme son nom ne l'indique pas, est anglaise .

"Italie . Loue château. Soleil. Glycines . "

Voici quatre mots qui frappent l'imagination de quatre Londoniennes qui , sans se connaître vont accepter de cohabiter pendant un mois , dans un petit paradis , ( deux jeunes femmes qui n'en peuvent plus de la pluie , de leurs maris indifférents, une vieille dame qui souffre de rhumatismes, et une jeune fille qui souffre de trop de popularité auprès de la gent masculine...)

Tout d'abord assez effacées ou un peu trop grognon, ces Anglaises vont s'épanouir sous le soleil méditerranéen , vaincue par la beauté de l'Italie et sa dolce vita .

Outre que ce roman pourrait être utilisé par l'office de tourisme italien , c'est un véritable plaidoyer pour la lenteur , la réflexion sur soi-même , la nature et la beauté comme thérapie .

Ces quatre femmes ne font rien, elles se contentent de regarder le paysage, réfléchir un peu sur leur vie , se promener .

Leur couple, une petite rébellion des épouses, la place de la femme dans la société , les débuts du tourisme sont autant de thèmes effleurés ...

On est en 1922, alors leurs pensées peuvent paraître un chouïa désuètes à nos yeux de lectrices du 21 ° siècle, mais elles ont du charme ces réflexions, et elles sont drôles, de par leur décalage et intéressantes historiquement parlant .

Un roman gracieux , délicieusement démodé, positif , amusant et léger qui est aussi un hymne aux jardins ...

( livre pioché dans la liste de lePamplemousse : " lectures d'été légères mais pas tartes "! Merci à elle ...)

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Quel enchantement, ce livre! Si, comme moi, vous ne supportez plus la grisaille et l'humidité ambiantes, les nouvelles plombantes et tutti quanti, imaginez-vous au printemps et partez pour l'Italie, dans un petit village côtier !

C'est ce qu'ont décidé de faire, sur un coup de tête, deux jeunes épouses londoniennes, en cette période d'entre deux guerres. Mrs Wilking , timide et peu épanouie auprès d'un mari rigide, et Mrs Arbuthnot , malheureuse dans son couple et trop confite en religion, se connaissent à peine mais vont être réunies par un même désir irrépressible , grâce à une petite annonce: " Particulier loue petit chateau médiéval meublé bord de la Méditerranée ". Elles n'en peuvent plus d'être délaissées et de subir ce mois de mars pluvieux. Leur imagination s'enflamme et malgré les obstacles, elles s'en vont, ne prévenant même pas leurs maris ou leur mentant!

Pour alléger les frais, car elles ont peu d'argent personnel, elles ont choisi deux invitées: la jeune Lady Caroline, d'une grande beauté et voulant justement fuir ses admirateurs, et Mrs Fisher, une dame âgée assez acariâtre...

Les quatre femmes vont devoir composer avec les défauts, les travers de chacune. L'observation de leurs agissements est un bijou d'humour et de cynisme. Certaines scènes sont franchement hilarantes! Il y a un soupçon de Jane Austen chez l'auteure, les conventions de la bonne société anglaises étant tournées en ridicule. Mais on trouve aussi dans ce roman un ton piquant, une liberté de propos qui réjouissent.

Car San Salvatore, le joli lieu de résidence italien, avec ses jardins magnifiques , l'éclosion des plantes printanières ( on reconnaît ici le goût de l'auteure pour la botanique), ses effluves marins, délie les langues, transforme les visages moroses, appelle à la légèreté et même à la réconciliation avec les époux! Oui, je sais, c'est un peu trop idyllique pour y croire mais comme cette bouffée d'enthousiasme, cette finesse d'analyse pétillante font du bien!

Laissez-vous emporter par ce séjour imprévu et révélateur, au sein d'une nature attirante et pleine de promesses...

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En ce mois de février froid et venteux, dans le club féminin londonien qu'elle frequente, Mrs Wilkins a remarqué une annonce dans le Times, pour la location d'un château médiéval sur la Riviera italienne au mois d'avril. N'ayant pas le budget, elle propose à Mrs Arbuthnot, du même club féminin, de partager le coût de cette location. Les deux femmes comptent sur ce mois de villégiature pour échapper à leur mari respectif - Mr Wilkins, avocat ignore sa femme qu'il ne trouve pas très intelligente alors que Mr Arbuthnot a pris la tangente quand sa femme s'est consacrée à sa paroisse, l'entraide des pauvres et surtout à sa présence assidue aux offices. le château proposant quatre chambres et huit lits, elles recrutent par annonce et après un seul entretien, deux autres compagnes, la belle Lady Caroline Dester et la sexagénaire acariâtre Mrs Fischer.

La première surprise survient dès l'arrivée, quand les deux dernières recrutées s'attribuent les plus belles chambres avec terrasse, se débarrassant du mobilier supplémentaire dans les chambres de Mrs Wilkins et Aburthnot. La première semaine se déroule comme un premier round d'observation Mrs Fischer ignorant Mrs Wilkins, la jeune Caroline, perdue dans ses réflexions déplorant d'attirer continuellement tous les hommes et qui cherche la tranquillité pour leur échapper, seules les deux hôtesses, malgré leurs chambres exiguës, ne cessent d'admirer la nature, le panorama et la beauté de la riviera. La cohabitation est bientôt perturbée par la proposition saugrenue de Mrs Wilkins d'inviter les maris respectifs...

Quel bonheur de lecture que cet avril enchanté concocté par Elizabeth von Arnim...En rassemblant dans un lieu paradisiaque quatre femmes que tout oppose, elle crée une comédie de moeurs qui révèle tous les petits travers féminins. Entre naïveté, gentillesse, mesquinerie et jalousie, Elizabeth von Arnim joue de tous les registres avec un humour tout british, la femme mariée soumise qui cherche à  s'émanciper mais essaye de rabibocher son couple, la bigote qui se lance dans une introspection pour comprendre son fuyant de mari, la belle Caroline qui prend conscience de sa fatuité et la vacuité de sa vie - se croyant toujours le centre d'attraction des hommes - et enfin, la vieille conformiste et rigide qui veut tout régenter...

Avril enchanté  est un récit léger et pétillant qui néanmoins fait preuve d'un vrai sens de l'observation et égratigne la nature humaine avec humour et intelligence.

A découvrir.

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En voilà une jolie surprise ! Je ne m'attendais à rien en m'attaquant à ce roman et je ressors de cette lecture avec un grand sourire sur le visage. « Avril enchanté » est un roman très agréable à lire, léger tout en étant pas si anodin que ça.

Quatre femmes de la bonne société anglaise vont cohabiter, alors qu'elles ne se connaissaient pas avant, dans un petit château italien qu'elles vont louer ensemble pendant un mois. Cet argument de départ laissait présager une comédie légère et pétillante. En effet, « Avril enchanté » est bien un roman frais et plein de charme, drôle et tendre. Mais, il n'est pas que cela. L'auteure fait preuve de beaucoup de finesse pour donner un ton assez singulier à son roman. Tout en restant toujours léger, le roman est parfois assez mordant et offre un portrait pas toujours flatteur de ses contemporains. Pour autant, l'auteure ne se livre pas à une charge féroce, une grande gentillesse se dégage du récit. le ton n'est pas acide, ni cynique, je le qualifierais plutôt d'acidulé. Tous ses personnages, malgré leurs petits travers, s'avèrent être de bonnes personnes et tout est bien qui finit bien. Parfois, cela fait du bien de lire ce genre d'histoires, d'un optimisme rafraichissant. A cela s'ajoute une peinture délicieuse d'un joli château italien et de ses jardins fleuris et parfumés. Ce véritable petit paradis sur terre fait vraiment rêver et bien des fois je me suis dit que j'aimerais être là-bas.

« Avril enchanté » est un roman léger et pétillant comme une coupe de champagne, élégant, frais et acidulé. C'est un régal plein de charme, un vrai feel-good-book. Je découvrais l'auteure et j'ai bien envie de m'intéresser à ses autres écrits.

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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation

Toute la splendeur d'un avril italien semblait rassemblée à ses pieds. La mer bougeait à peine sous le soleil éclatant. De l'autre côté de la baie, de charmantes montagnes aux couleurs délicates paraissaient somnoler elles aussi dans l'éblouissante lumière. Sous la fenêtre, au pied de la pente herbue, fleurie, d'où s'élevait la muraille du château, on voyait un grand cyprès qui tranchait parmi le bleu, le violet et le rose tendre des montagnes et de la mer comme une immense épée noire.

Elle n'en croyait pas ses yeux. Tant de beauté pour elle seule! Le visage baigné de lumière, elle sentait mille parfums monter vers elle tandis qu'une légère brise lui ébouriffait les cheveux. Plus loin, dans la baie, un petit groupe de bateaux de pêche voletait comme une troupe d'oiseaux blancs sur la paisible mer. Que de beauté, que de beauté! Quel bonheur d'avoir assez vécu pur voir, sentir, respirer ce paysage de songe...Elle écarquillait les yeux, entrouvrait ses lèvres. Heureuse? Oui elle était heureuse mais que ce mot paraissait soudain pauvre, ordinaire, insuffisant! Comment décrire la salve de sensations qui l'envahissait? Il lui semblait être devenu trop petite pour contenir une pareille joie. Quelle surprise de se trouver plongée en pleine béatitude alors qu'elle ne faisait rien que de parfaitement égoïste! Les remords auraient dû la tenailler or elle n'en ressentait pas le moindre. Comment celai était-il possible? Elle qui était toujours si vertueuse en Angleterre et ne cessait de se torturer.

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La glycine était si foisonnante qu'elle retombait plusieurs fois sur elle-même, et au bout de la pergola, le soleil donnait à plein sur de véritables buissons de géraniums pourpres, de capucines, de soucis tellement fauves qu'ils en flamboyaient, et de mufliers rouges et roses, tous plus éclatants les uns que les autres. Derrière ces splendeurs, des terrasses descendaient en pente douce vers la mer, chacune d'elle abritant un petit verger où, au milieu des oliviers, poussaient des vignes sur treillis, des figuiers, des pêchers et des cerisiers. Les cerisiers et les pêchers étaient en pleine floraison, colorant de larges taches blanches et roses la frémissante délicatesse des oliviers.(...) Par delà les arbres on apercevait des iris bleus et violets, des bouquets de lavande, des cactus gris et au milieu du gazon des masses de pissenlits et de pâquerettes. En bas c'était la mer . Les couleurs semblaient avoir été jetées au hasard par tout le paysage comme un peintre saisi d'enthousiasme -

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Dans le cercle que fréquentait Mrs Fischer on évoquait pas son mari à tout propos. Autour de 1880, sa grande époque, les maris étaient pris très au sérieux - il n'existait pas d'autres remèdes contre le péché. Des lits non plus , on ne parlait, quand vraiment on ne pouvait l'éviter, qu'avec un luxe de précautions oratoires. En tout cas jamais on ne se serait permis de faire apparaître dans une même phrase un lit et un mari.

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Il avait loué une deux pièces près du British Museum - scène de ses exploits - où il se rendait chaque matin et dont il ne revenait que bien après que sa femme se fût couchée. Parfois il ne revenait pas du tout. Parfois il lui arrivait de ne pas se montrer de plusieurs jours avant de réapparaître au petit-déjeuner, étant rentré sans bruit la nuit précédente grâce à son passe, toujours d'excellente humeur, jovial, heureux de vivre et de se faire servir quelque chose à manger "si c'était un effet de ta bonté", la bonté de sa femme s'entend. Bref, un homme en règle avec le monde et avec lui-même. Quant à elle, elle se montrait parfaitement aimable avec lui, veillant attentivement à ce que son café lui fût servi à la bonne température.

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Toute la splendeur d’un avril italien semblait rassemblée à ses pieds … Elle n’en croyait pas ses yeux. Tant de beauté pour elle seule ! Le visage baigné de lumière, elle sentait mille parfums monter vers elle tandis qu’une légère brise lui ébouriffait les cheveux.

Que de beauté, que de beauté ! Quel bonheur d’avoir assez vécu pour voir, sentir, respirer ce paysage de songe… Oui, elle était heureuse, mais que ce mot paraissait soudain pauvre, ordinaire, insuffisant ! Comment décrire la salve de sensations qui l’envahissaient ? Il lui semblait être devenue trop petite pour contenir une pareille joie. Quelle surprise de se trouver en pleine béatitude alors qu’elle ne faisait rien que de parfaitement égoïste !

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