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ISBN : 9791097222017
Éditeur : Magic Mirror éditions (27/02/2017)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Orphelines d'un passé dont elles n'ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune sœur Eloane sont aussi différentes qu'inséparables.
Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l'aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l'incertitude... Pour échapper au mariage qui l'effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Au cœur d'une fôret obscure et de sa propre tourmente, elle se fait toutefois une promesse : celle de revenir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Melisende
  17 avril 2017
Ronces Blanches et Roses Rouges est le premier titre publié des éditions Magic Mirror, nouvelle maison qui compte se spécialiser dans la réécriture des contes de fées et dans le merveilleux. Voilà des mots clefs qui me parlent énormément, comme vous le savez peut-être.
J'étais donc très curieuse de découvrir ce premier titre que j'ai réceptionné avec beaucoup de plaisir. Et c'est non sans déplaisir que j'ai tourné les pages de cette histoire, séduite par l'histoire et convaincue par la forme soignée même si tout n'est pas parfait (rien n'est jamais parfait entre mes mains).
Ronces Blanches et Roses Rouges se base sur un conte assez peu connu des frères Grimm, conte baptisé Blanche-Neige et Rose-Rouge et non pas du tout sur le célèbre Blanche Neige comme j'ai pu le lire sur un blog.
De ce très court texte de base publié dans la première moitié du XIXe siècle, Laetitia Arnould reprend les éléments principaux mais elle s'en éloigne assez vite, créant son propre univers, des personnages à part entière et surtout une intrigue plus tortueuse. C'est donc à la fois une qualité et un défaut. Qualité car elle a su produire un roman qui a sa vie propre et n'a donc absolument pas besoin des références du conte des Frères Grimm pour exister ; défaut car si l'on se penche sur ce texte justement pour y trouver une réécriture de conte, on peut peut-être être un peu déçu par la légèreté du lien qui existe entre les deux. Oui l'auteure reprend quelques lieux communs des contes de fées (les enfants orphelines, une marâtre – ou assimilée –, une chaumière à la lisière de la forêt, un château mystérieux, un prince déguisé…) mais pas tellement ceux qui caractérisent absolument ce conte en particulier. Oui elle met en scène l'ours qui n'est jamais bien loin mais par contre, le nain, qui me semble être l'élément clef de l'intrigue, n'apparaît que très très très tardivement dans cette réécriture. Pas que je m'en plaigne vraiment parce que sa présence n'était pas franchement nécessaire avant mais sa place n'est finalement que minime ici, alors qu'elle est principale dans le conte originel. Vous voyez ce que je veux dire ?
Bref. J'ai aimé ce parti pris qui ne m'a pas du tout dérangée. Peut-être parce que je n'avais que de très vagues souvenirs de Blanche-Neige et Rose-Rouge et n'ai donc pas pu faire la comparaison lors de ma lecture… ce n'est qu'à la toute fin, lors de sa redécouverte – parce que l'éditrice a eu la brillante idée de l'intégrer dans les dernières pages – que j'ai pu peser le pour et le contre. Mais je me dis que quelqu'un qui connaît extrêmement bien l'histoire des Frères Grimm aura peut-être des attentes un peu plus élevées ?
Cela dit, comme je le disais, les lieux communs des contes de fées sont bien présents entraînant une atmosphère un peu magique, un peu hors du temps. Et là j'en viens à un point que j'ai particulièrement apprécié lors de cette lecture : son caractère atemporel bien que modernisé.
En effet, dans le premier chapitre, l'on découvre la vie d'une famille modeste, dans un appartement lui aussi modeste mais dans lequel l'on trouve tout de même une télévision et la radio. Mises à part ces références à la fée électricité, difficile de dater cette histoire. Plus moderne que les contes de Grimm, c'est évident, mais de quand exactement ? On ne sait pas vraiment. Et c'est tant mieux, parce que ça aide à entrer dans l'univers du conte de fées qui ne possède ni temps ni lieux. Côté géographie, c'est pareil. Est-on en France ? En Allemagne ? A part qu'il y a une ville, une forêt, une chaumière et un château… ça pourrait être n'importe où. Je trouve que c'est bien joué.
De façon générale, j'ai beaucoup apprécié l'ambiance qui se dégage de ces pages. L'univers semble tout riquiqui et fermé sur lui-même. Oppressant. En fait, je m'imaginais très bien être entrée dans une boule à neige dans laquelle aurait été installée les rares éléments que je vous ai cités au-dessus, les frontières étant très proches et le monde semblant s'arrêter après la paroi en verre. Ajoutez à cela une pointe d'effroi lorsque l'on se rend dans le château mystérieux (presque magique) du talentueux pianiste… et voilà, il me semble, un clin d'oeil au château de la Belle et la Bête, lorsqu'on le découvre au début de l'histoire (sombre et bien peu accueillant).
Je ne vous dirais pas grand chose de l'intrigue, je pense que la quatrième de couverture le fait suffisamment bien, si ce n'est qu'elle nous emmène sur un chemin que je n'avais pas du tout imaginé en tournant la première page. Surprise, je l'ai été plus d'une fois et c'est tant mieux.
En revanche, mais c'est là encore une des caractéristiques des contes de fées, je ne me suis pas sentie très proche des personnages, notamment de son héroïne principale : Sirona. Si j'ai pu plus ou moins comprendre ses faits et gestes, une certaine distance s'est maintenue entre nous de la première à la dernière page. Mais c'est toujours le cas avec ce genre d'histoires pour lesquelles je me sens à la fois très impliquée et pas du tout. Paradoxe un peu incompréhensible.
Le style de Laetitia Arnould m'a convaincue. J'y ai trouvé une assez belle maîtrise de la description et moi j'aime bien les décors bien campés. Je n'ai eu aucun mal à m'imaginer les scènes, notamment celles plus musicales, dans le château. J'ai cru comprendre que certains lecteurs avaient quelques raisons au sujet des dialogues, il ne me semble pas avoir relevé quoi que ce soit à ce sujet-là mais ma lecture commence à remonter un peu…
A noter que le texte est hyper soigné dans sa forme. L'éditeur a fait un bel effort et seules une ou deux coquilles sont à déplorer dans le texte ce qui reste bien peu comparé à certaines grosses maisons qui ont bien plus de moyens pour la relecture/correction.
L'objet-livre est beau, on sent que l'équipe des éditions Magic Mirror a mis du coeur à l'ouvrage et j'aime beaucoup cet état d'esprit. Merci à eux !
J'ai d'ailleurs lu à plusieurs reprises, des récriminations au sujet du prix du livre papier, à savoir 18€, ce qui ne me choque absolument pas. Si l'on compare aux mêmes formats chez les autres petits éditeurs, les prix sont similaires… et dois-je vous rappeler combien la collection R (par exemple) vend ses titres, certes paraissant plus gros mais à la police d'écriture incroyablement énorme, aux marges disproportionnées et au grammage du papier scandaleusement élevé (et donc épais) ? Je ne pense pas qu'ils aient, quant à eux, l'excuse du petit tirage.
Ce n'est pas un sans faute pour Ronces Blanches et Roses Rouges qui manque un peu d'émotions à mon goût mais qui respecte assez bien les caractéristiques des contes de fées. L'histoire a su me surprendre plus d'une fois et je n'ai pas eu de mal à m'immerger dans les scènes écrites par Laetitia Arnould. Nul doute que je suivrai attentivement les futures parutions des éditions Magic Mirror, c'est prometteur !
Lien : http://bazardelalitterature...
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Yuixem
  02 mai 2017
Avant d'aborder Ronces Blanches et Roses Rouges, j'aimerais d'abord vous présenter la jeune maison d'édition Magic Mirror. Leur ligne éditoriale s'intéresse à nous faire (re)voyager dans les contes de notre enfance en les revisitant au gré de l'imagination de leurs auteurs. Ils prévoient trois collections : une qui reprend les contes bien connus, une autre qui mettra les vilains sous les projecteurs et enfin une dernière qui nous fera découvrir des histoires souvent inconnues du grand public. Un pari très intéressant et qui titille ma curiosité, moi la grande passionnée de contes. Leur aventure a ainsi commencé avec la publication de ce premier roman. Si jamais vous vous sentez l'âme d'un écrivain, sachez que la maison d'édition réalise un appel à texte concernant le conte de la Petite Sirène ! Un prochain livre qu'il me tardera d'avoir entre les mains.
Comme j'étais encore au Japon lorsque je me suis procurée Ronces Blanches et Roses Rouges, je l'ai acheté en numérique. Je le regrette malheureusement car je trouve la couverture magnifique et j'aurais bien aimé posséder un exemplaire dans ma bibliothèque physique. J'ai pu ainsi découvrir par moi-même Mina M, une illustratrice que @fungilumini adore et dont elle parle régulièrement dans ses chroniques. J'espère que l'occasion se présentera lors d'un salon d'acheter la version papier et de peut-être le faire dédicacer ! Enfin, avec une aussi belle illustration de couverture, j'aurais apprécié en admirer davantage entre les pages durant ma lecture du roman. Je trouve généralement que les dessins font toujours une belle paire avec les contes… pas une déception, mais une demande – pas très discrète – auprès de Magic Mirror :p
Abordons à présent Ronces Blanches et Roses Rouges ! le roman reprend le conte de Blanche-Neige et Rose-Rouge des Frères Grimm. Je ne connaissais pas du tout ce conte et j'ai été très heureuse de le découvrir via Laetitia Arnould ainsi que la version originale, disponible à la fin du livre, qui m'a permis de comprendre jusqu'à quel degré il avait été réécrit. L'auteure nous conte en premier lieu la vie quotidienne de deux petites filles, Rose et Blanche, auprès de leur papa, qui exerce le rare métier d'illusionniste. Mais ce récit prend fin de manière brutale et nous envoie plusieurs années plus tard auprès de deux jeunes filles, Sirona et Eloane que l'on suppose être Rose et Blanche. Malheureusement, elles sont devenues orphelines, ont perdu la mémoire et vivent désormais avec une étrange dame nommée Whitecombe. Dès le départ, on sent que cette femme cache quelque chose à ses filles et qu'on ne peut lui faire confiance. Et nos inquiétudes se confirment puisqu'elle fiance de force et sans prévenir l'aînée à un inconnu, qui est certes charmant, mais qui dégage une froideur particulière. Alors que Sirona tente de faire entendre raison à sa gardienne, celle-ci entre dans une colère noire, forçant la jeune fille à s'enfuir en abandonnant sa soeur qu'elle se promet de revenir chercher. Après avoir bravé le rude froid de l'hiver, fui ses assaillants qui tentent de l'emmener, rencontré son destin et vaincu sa peur de l'ours qui demeure dans la forêt, Sirona arrive devant un étrange château…
Le gros point fort de ce roman est sans aucun doute son ambiance. Tout le long, on se sent reclus, enfermés, voire même étouffés. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un huis-clos, on a l'impression d'être enfermés dans les divers environnements et de ne pouvoir trouver une issue de secours : la chaumière, la forêt, le château, l'hiver, la nuit… On est constamment mal à l'aise dans ce roman, ne comprenant pas trop ce qu'il se passe réellement. L'ambiance est magnifiée par le style de Laetitia Arnould qui nous décrit toujours en détails les lieux et les sensations.
Le meilleur passage du livre est sans aucun doute celui à l'intérieur du château à la fois enchanteur et terrifiant. Lorsque Sirona pénètre dans cette antre, elle se fait comme hypnotisée par la musique et le charme du mystérieux pianiste qui y habite. La jeune fille en oublie la raison de sa venue, les diverses émotions qui la traversent lorsqu'elle parcourt les pièces de l'immense édifice, et même sa tendre petite soeur. Tout comme elle, nous sommes complètement envoûtés par les mélodies du maître de maison et on tourne les pages les unes après les autres sans se rendre compte du temps qui passe et de la non-présence d'action. On est comme dans un état second, un rêve… quoique plutôt un cauchemar. le pianiste n'est donc pas le seul magicien ici, l'auteure est également une ensorceleuse des mots !
Concernant les personnages, j'ai été malheureusement moins séduite. Sirona possède l'allure des héroïnes fortes de caractère et indépendantes. Elle est bien décidée à ne pas accepter le terrible destin que Mme Whitecombe lui a concocté. Seulement, je l'ai trouvé peu développée et un peu fatigante à ne jamais vouloir croire en la magie qui est constamment présente. Son sérieux a quelque peu entaché le charme qu'elle aurait dû posséder en tant que personnage principal. Eloane est par contre un personnage sans intérêt, chose que j'ai trouvé très dommage. Incarnant la rêverie et le romantisme, elle apparait plus stupide que son ainée et facilement manipulable.
Les personnages secondaires m'ont davantage plu. Les méchants sont de véritables méchants ! Ils jouent parfaitement leur rôle et ont beaucoup de caractère. L'ours est adorable et touchant à vouloir protéger en permanence notre héroïne. L'Illusionniste est également un personnage marquant du début du roman, parent aimant, rêveur, faiseur de joie et grand justicier.
Bien que j'ai été également quelque peu déçue par la fin, j'ai passé un excellent moment à découvrir l'univers de Ronces Blanches et Roses Rouges et la plume de Laetitia Arnould. J'ai vraiment hâte de découvrir une autre production de l'auteure ainsi que de Magic Mirror.
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Marionrey
  18 avril 2017
Sirona et Eloane, deux soeurs inséparables malgré leurs caractères bien différents, n'ont aucun souvenirs de leur enfance sans vraiment savoir pourquoi. Tout ce qu'elles savent, c'est que depuis plusieurs années, elles vivent sous la tutelle de Mme Whitecombe, dans une chaumière éloignée de tout. Plus les jours passent, plus Mme Whitecombe a un comportement étrange. Et en effet, Sirona apprendra que sa tutrice veut la marier à un homme et ainsi séparer les deux soeurs. Sirona, furieuse, refuse ce fiancé qu'elle ne connaît pas. Après un évènement que je vous laisse découvrir, Sirona sera forcée de fuir, laissant sa soeur derrière elle. C'est à ce moment précis que commence la folle histoire de Sirona, qui se retrouvera otage d'un château inquiétant habité par un Pianiste aussi dérangeant qu'envoûtant.
Je ne connaissais que vaguement le conte des frères Grimm, Blanche-Neige et Rose-Rouge. D'ailleurs, ce conte est disponible à la fin du livre, si cela vous intéresse de débuter par l'histoire qui a inspiré Laetitia Arnould pour son roman. J'avoue avoir fait quelques petits liens avec La belle et la Bête également, pour mon plus grand plaisir. Sirona, détenue malgré elle dans un château où réside un homme mystérieux et effrayant. Ça vous dit quelque-chose ? J'ai adoré. La plume de l'auteure nous emmène dans un endroit à la fois féérique et inquiétant. Malgré qu'il s'agisse d'une réécriture de conte si l'on peut dire, tout n'est pas rose au contraire. L'ambiance du château dans lequel Sirona est enfermée est oppressante, angoissante. Imaginez : un château aux fenêtres condamnées, où règne l'obscurité et où bougies et chandeliers sont la seule source de lumière. Ajoutez à cela des airs de piano envoûtants qui résonnent dans chacune des pièces et un hôte qui semble apparaître et disparaître à sa guise. J'ai énormément aimé cette atmosphère mystérieuse et tentais de comprendre pourquoi Sirona était là et me demandais ce que cet homme étrange lui voulait. Vous verrez comment le passé des deux soeurs se révélera à elles et quelle importance leur vie d'avant aura sur leur futur.
Les évènements et les actions s'enchaînent rapidement et l'intrigue nous est dévoilée petit à petit. Chaque fois que quelque-chose semble se régler, un autre problème survient et remet l'intrigue en cause. Et tout ça de façon très cohérente. L'histoire respecte le code des contes puisqu'à chaque début de chapitre, un petit texte à valeur morale nous est présenté et il sera la ligne directrice de tout le chapitre ensuite. Ces petits textes pleins de vérité nous guident à travers tout le roman et ce sont le genre de petits conseils que l'on voudrait lire à nos enfants ou petits enfants et l'aspect féérique n'en a été que renforcé.
J'ai adoré le personnage principal, Sirona. Elle est forte, courageuse et loyale mais a tout de même des faiblesses. C'est une jeune fille très terre à terre pour qui la magie n'est qu'une bêtise qui n'existe pas. Sa soeur, elle, est tout l'inverse. Rêveuse, enjouée, elle s'émerveille de tout, tout le temps et je l'ai trouvée extrêmement touchante. La magie, elle y croit dur comme fer. Ces deux soeurs que tout oppose sont tout de même inséparables et se complètent parfaitement. Toujours là l'une pour l'autre, elles se sauveront mutuellement au court du récit. Mais n'oubliez-pas, dans les contes, il y a aussi les méchants. Et cette histoire ne fait pas exception. Un musicien à moitié fou et une sorcière d'un nouveau genre vous feront frissonner comme moi, je l'espère !
Je voulais m'attarder un instant sur le personnage du Pianiste que j'ai trouvé plutôt intéressant. Dans les contes pour enfants, en général, un personnage est soit tout blanc, soit tout noir. Il s'agit soit d'un gentil, soit d'un méchant. Ici, ce n'est pas le cas, et ce pour une raison que vous découvrirez en lisant ce roman. C'est un personnage nuancé à la fois touchant et effrayant, je l'ai beaucoup apprécié. Il donne à la musique une place très importante dans toute cette histoire et les mélodies enivrantes décrites à travers les pages ont su, moi aussi, me transporter.
La maison d'édition Magic Mirror, avec cette première parution, nous promet, je pense, de jolies choses à venir et que j'ai déjà très hâte de découvrir. Si vous aimez ces contes qui ont bercé notre enfance et que vous souhaitez les découvrir d'une manière nouvelle, n'hésitez pas à régulièrement vous renseigner sur les nouveautés de Magic Mirror ici.
Ronces Blanches et Roses Rouges a été une très bonne lecture réunissant des éléments que j'adore : magie, mystère, amour. Foncez découvrir cette histoire !
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Artelode
  01 août 2017
Je remercie infiniment Magic Mirror de l'envoi de Ronces Blanches et Roses Rouges, dont la sublime couverture de Mina M Illustration – telle une invitation au rêve et à la plongée dans un univers fascinant et diabolique – réhausse à la fois la qualité de l'objet-livre, la magie et la profondeur du texte.
Les contes n'ont pas fini de nous surprendre. Si certains adultes acariâtres peuvent les qualifier de passés de mode, de poussiéreux, de bons pour les enfants, ils véhiculent un propos universel et sont porteurs d'une énergie fondamentale, profondément vivifiante. En veut pour preuve leur durée dans le temps, « malgré » leur forme brève. Laetitia Arnould, en répondant au premier Appel à Textes de Magic Mirror, s'est emparée de ce matériau littéraire à la richesse incroyable – plus précisément du conte des frères Grimm intitulé Blanche-Neige et Rose-Rouge – en nous livrant un roman étonnant dans lequel jalousie, vengeance, manipulation, musique et amour se mêlent, le tout savamment orchestré par sa plume enchanteresse…
Si Les yeux sont le miroir de l'âme – comme l'affirme le père de Blanche et Rose, les mots de Laetitia Arnould sont le révélateur d'un inconscient et d'un imaginaire collectifs qu'elle s'emploie à sculpter de façon personnelle et touchante, variant les styles avec une grande dextérité. On y retrouve, bien sûr, des figures et des thèmes du conte originel – dont on peut lire une version à la fin du roman (une belle surprise que nous fait Magic Mirror), mais l'auteure procède à des ajouts, des détournements, des mises en abymes (que je vous laisse découvrir…) qui concourent à une dimension dramatique et un suspense hors pairs. Des phrases courtes et percutantes aux pararagraphes poétiques et détaillés, narration, descriptions et dialogues s'organisent en un ensemble à la fois mosaïque et harmonieux, rendant la lecture très agréable. La forme romanesque du conte, qui correspond à la ligne éditoriale de Magic Mirror Éditions, permet cela et prend ici tout son sens. Contrairement aux formes brèves, la plume de l'auteure s'est amusée en effet à délier, à épaissir les traits de caractères ou les sentiments, à faire s'entrechoquer ou se caresser les objets, les personnages, les espaces, à accélérer ou ralentir le temps, à faire durer le plaisir ou le déplaisir des situations – comme autant de variations sur un même thème. de jolies trouvailles parsèment le roman, comme la Nuit des Toujours, les Pluies des-Sans Pourquoi et l'atrium mouvant aux instrument magiques…
L'image d'Épinal qui semble se dessiner sous nos yeux dans les premières lignes du roman – une famille heureuse, quelques clichés bien choisis – est vite balayée par l'ondulation de la terre qui engloutit la Cité. Cette onde de choc se propage et se prolonge tout au long du roman. À chaque lecture (oui, je l'ai lu trois fois…), j'ai eu une sensation de vertige, tant certains passages me rappelaient d'autres histoires, d'autres quêtes initiatiques, d'autres univers poétiques et oniriques que j'apprécie particulièrement. J'ai eu l'impression de me retrouver tour à tour (pour n'en citer que quelques-uns) dans "La Belle et La Bête" (les scènes du château), "À la croisée des mondes de Philipp Pullman" (la relation entre Sirona et l'ours), "La Passe-miroir" de Christelle Dabos (le mariage forcé, le transfert des pouvoirs, les illusions) ou encore "L'Odyssée" (le chant des sirènes, Pénélope).
Les descriptions, toutes plus belles les unes que les autres, arrivent toujours à point nommé, mettant nos sens à rude épreuve. Elles rythment le récit et prennent part – pleinement – à la construction de l'identité et à la quête des protagonistes. Les éléments, les objets, les espaces, la musique sont dotés d'une vie propre, se mettent en mouvement, faisant écho à la malveillance de l'intimidante marâtre, à l'incompréhension grandissante de Sirona, aux relations complices ou diaboliques qui se nouent entre les protagonistes. La tempête, les flocons de neige, les ronces et les roses, la chaumière, les flammes de l'âtre, la forêt, le château, tous participent à leur manière aux épreuves. Adjuvants ou opposants, ils agissent avec autant de conviction et de force que les personnages eux-mêmes et acquièrent un nouveau statut. Certains passages (beaucoup même…) sont magistraux !
Le traitement des personnages et de leurs relations est époustouflant. Tous les protagonistes apparaissent en effet dans toute la dualité et la fragilité dont ils sont porteurs, sans pour autant nous révéler l'intégralité de leurs secrets. Reliés par des fils ténus, si l'un d'eux faiblit, on imagine très vite que c'est tout un mécanisme – alors même que nous ne connaissons pas encore les tenants et les aboutissants de l'intrigue – qui s'écroule. L'identification et l'attachement aux personnages fonctionnent à merveille. On vit pleinement, le temps du roman, avec les deux soeurs, que l'on suit depuis leur enfance jusqu'à l'âge adulte. Leur évolution est palpable (les ellipses temporelles aidant), les différences se creusent, mais leur merveilleuse complicité résiste au temps qui se joue d'elles et aux multiples épreuves. On voudrait pouvoir détester Madame Whitecombe, le nain, le pianiste, ou même le valet du château – complice, semble-t-il, d'une vaste et infernale machination, mais on passe, sans même s'en rendre compte, par une mutitude de sentiments contradictoires. Et l'on en perd ses repères. le jeu en vaut largement la chandelle, comme on dit, et certaines questions restent ouvertes.
"Ronces Blanches et Roses Rouges" nous fait voyager au-delà des traditionnelles frontières génériques. Selon les points de vue, le merveilleux s'inscrit naturellement dans la « normalité » ou non. Fantastique et merveilleux sont donc à l'honneur et cohabitent naturellement. Je l'interprète, pour ma part, comme un écho aux divergences des deux soeurs en ce qui concerne la croyance en la magie. La filiation gothique, également, est perceptible dans l'esthétique des espaces et l'atmosphère mystérieuse qui s'en dégage. Des lieux isolés, une forêt quasi impénétrable, participent de la mise en scène de topoï caractéristiques du genre : la mort et le motif du double, qui se manifestent sous des formes multiples et inattendues, interrogeant au passage la notion d'identité et notre rapport à l'étrange, tout en mettant au jour nos peurs ancestrales. Cette oscillation entre les genres cristallise le trouble et l'inconfort qui font hésiter les protagonistes et le lecteur entre répulsion et fascination.
L'architecture du récit est parfaite. Deux grandes parties, des chapitres aux titres énigmatiques, un prélude, un interlude et un postlude composent le roman. Chaque chapitre comporte une introduction qui prend la forme d'une pensée – belle matière à réfléchir. Un vrai bonheur !
Lien : http://lecalepindunelectrice..
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Laurapassage
  27 février 2017
Lorsque j'ai découvert pour la première fois les éditions Magic Mirror, je suis de suite tombée sous le charme. L'idée des réécritures de contes m'a forcément plu - vous vous en doutez vu que j'adore tout ce qui s'en approche de près ou de loin - et j'attendais avec impatience la sortie de leur premier livre. Je les remercie énormément de m'avoir fait confiance en me faisant découvrir en avant-première Ronces Blanches et Roses Rouges de Laetitia Arnould.
"Les yeux sont le miroir de l'âme. On le disait jadis, on le dit aujourd'hui, et on le dira encore demain."
Cette réécriture de base sur le conte des frères Grimm : Blanche-Neige et Rose-Rouge, deux soeur opposée, mais profondément attachée l'une à l'autre. Dans Ronces Blanches et Roses Rouges, nous retrouvons aussi les deux jeunes filles. Blanche, rebaptisée Sirona est une fille qui a du caractère. Elle oscille entre la détermination et ses faiblesses, mais rien ne peut l'empêcher de protéger sa famille. Elle peut parfois faire preuve de naïveté, mais chaque fois, elle sait ouvrir les yeux avant de commettre une erreur irréparable. En tant qu'ainé, elle se doit d'avoir les pieds sur terre et par conséquent, elle ne croit pas à la magie. Et surtout, elle devient attachante à force des péripéties qui lui tombent dessus les uns après les autres. Sa soeur cadette, Rose alias Eloane, est tout son contraire. Candide, crédule, innocente, parfois un peu simplette, elle s'émerveille d'un rien et croit dur comme fer à tout ce qu'on lui dit au point de mettre sa propre famille en danger. Pour autant, elle lui reste fidèle, prête à la défendre avec le peu de moyen à sa disposition. Et contrairement à sa grande soeur, elle croit en la magie, la vraie.
Laetitia Arnould a choisi de réécrire le conte sans le revisiter ou le dénaturer. L'histoire reste assez proche de celle des frères Grimm - que j'ai adoré découvrir à la fin du livre - tout en la développant avec plus de profondeur. Avec goût, l'auteure a gardé le charme de l'écriture "ancienne" tout en utilisant un vocabulaire récent, ce qui permet de garder le charme du conte originel, mais de l'adapter au langage actuel. Oscillant entre le siècle présent et un temps révolu, le récit est finalement intemporel, pouvant s'adapter à quelques détails près à toute époque confondue, permettant au lecteur de s'en faire sa propre imagination. Et surtout, les Ronces Blanches et Roses Rouges entremêlées sont si bien décrites qu'il suffit de fermer les yeux pour les voir apparaître. Seuls les personnages ne sont dépeints que dans les grandes lignes et l'auteure s'arrête principalement sur leurs expressions et émotions, ce qui permet une fois de plus au lecteur de laisser son imagination broder en détail les traits des héroïnes et des méchants.
"Elle revit ses propres mains, plus rondes, plus enfantines, qui faisaient les mêmes gestes, avant de taper ses deux poings fermés l'un contre l'autre et de faire croire à qui voulait bien l'écouter, que la pièce qu'elle tenait plus tôt dans la main gauche était passée dans la droite par magie. La magie. L'illusion... Non. La magie n'existait pas."
Car comme dans tout conte, les gentils et les méchants s'affrontent. Il est certes classique et revu (surtout avec les adaptations plus ou moins fidèles réalisées par Disney) de voir une jeune demoiselle en détresse affronter la méchante sorcière qui lui en veut d'avoir quelque chose qu'elle souhaite par dessus tout - ou simplement d'être elle-même parfois. Ici, l'histoire va plus loin et chaque personnages cache différentes facettes. Leurs caractères sont peu évoqués, mais leurs actions et envies démontrent à quel point leur personnalité est recherchée. Et bien plus abouti que le conte originel, les apparences se montrent trompeuses du début à la fin. Je ne me suis d'ailleurs pas ennuyée une seule seconde dans ce récit aux aventures rocambolesques de magie. Il m'a cependant manqué un peu de piquant pour en faire un coup de coeur, autant dans le caractère parfois intrépide de Blanche que dans le déroulement des diverses péripéties. Malgré tout, j'ai adoré certaines idées comme les Pluies des Sans-Pourquoi.
"La forêt tout entière parut suspendre son souffle quand un véhicule cahotant émergea du néant : un carrosse, ou plus exactement une carcasse de carrosse, pourvue de rideaux élimés et blancs comme des linceuls. Avec sa structure rouillée et son habitacle constellé d'accrocs et de longues déchirures, il avait dû laisser son faste dans le tourbillon des années pour finir par ressembler à un amour-en-cage sur roues."
Ronces Blanches et Roses Rouges est une très belle réécriture dont Laetitia Arnould ne dénature pas le conte originel, tout en y ajoutant une touche de mésaventures aux personnages attachants ou terrifiants. Je remercie grandement Magic Mirror Editions pour cette découverte.
Lien : http://laura-passage.com/ron..
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
AudryEsprintAudryEsprint   24 février 2017
La lune, accrochée au firmament, se mit à grignoter un à un les nuages qui la masquaient. Sirona leva les yeux vers sa face blanche et tachée, et eut presque envie de la remercier pour son retour. Elle baissa la tête et suivit les contours du carrosse – qui était toujours là –, d’arbres élancés, et d’un chemin sinueux qui serpentait entre des bosquets. Plus loin, elle vit une étendue d’eau tumultueuse qui s’en allait jusqu’à l’horizon. Ce devait être cela, la mer…
Une falaise subissait l’assaut répété des vagues, avec à son sommet, les ombres d’une demeure qui ressemblait presque à une créature contrefaite. Sirona cligna des paupières pour acclimater ses yeux à la semi-clarté que déversait la lune. La bâtisse était un assemblage de pignons, de faîtes et de hautes tours. Noueuses et biscornues, ces dernières se mêlaient les unes aux autres, elles s’en allaient dans des directions opposées et dans des courbes et des hauteurs qui paraissaient défier les lois de la gravité. Les toitures, noires et lustrées, faisaient office de miroirs à la lune et renvoyaient de multiples reflets de son visage rond et pâle.
Pressée de détailler rapidement le reste du paysage, Sirona se retourna. Comme elle ne vit rien d’autre que le néant, elle reporta son attention sur le château, la falaise et la mer.
C’était un décor à faire froid dans le dos.
Pourtant, Sirona attrapa sa jupe à deux mains et allongea le pas.
En approchant de la muraille d’enceinte qui protégeait les tours, elle constata qu’elle était hérissée de statues de bêtes hideuses, et tout autant de longues lames acérées. Cette vision n’augurait rien de bon, mais Sirona contourna la muraille jusqu’à se retrouver devant une herse de fer, haute de plus de dix mètres et ornée de faciès grimaçants et de corps difformes qui s’enroulaient sur le métal froid.
Dans la nuit, une plainte monta. Sirona eut une brusque envie de faire demi-tour, quand une ombre gesticula, par-delà la herse. Elle se figea sur place.
— Bonsoir, mademoiselle… Ce n’est pas courant de recevoir de la visite par ici. Puis-je vous aider ?
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Melissa-MacyMelissa-Macy   04 décembre 2017
Les souvenirs sont d'étranges personnages. Ils aiment faire naître les sourires comme les larmes, les joies comme les peines. Ils se plaisent à être regrettés, quand ils ne jouent pas à cache-cache comme des enfants. Certains d'entre eux préfèrent par-dessus tout se mélanger à des odeurs, à des sons ou à des gestes, pour réapparaître quand on ne les attend plus. Ceux-là sont certainement les plus émouvants, les plus étonnants, et les plus redoutables...
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EttoitulisquoiEttoitulisquoi   10 mai 2017
Sirona battit des paupières, se souleva difficilement sur son avant bras droit. Une jolie maisonnette coiffée de paille de seigle et aux murs en torchis structurées de colombages, venait d’apparaître de nulle part.

-La chaumière ?

Elle était comme le mirage dans le désert : la promesse d’une oasis, d’un refuge, d’une main tendue. Le décor dans lequel elle baignait paraissait lui aussi surgir d’un ailleurs idyllique. Et pour cause ! La tempête avait beau mugir encore et encore dans la foret, un écrin invisible préservait la chaumière, et ses proches alentours, de sa fureur glaciale. Les arbres avaient revêtu un harnais fait de neige fondue puis gelée en un éclair, qui coulait maintenant de leurs branches comme des cascades de diamants
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limaginariumlimaginarium   20 décembre 2017
Les yeux sont le miroir de l’âme. On le disait jadis, on le dit aujourd’hui, et on le dira encore demain. Ces quelques mots peuvent sembler n’être rien de plus qu’une banalité, un vieux dicton auquel on ne prête que peu d’attention. Pourtant, ils ont un sens certain, et trop nombreux sont ceux qui l’oublient.
Car les yeux ne peuvent pas mentir...
Quand les lèvres se tordent en un faux sourire, quand les main s’enlacent avec hésitation, ou quand les bouches embrassent sans plaisir, les yeux, eux, ne parviennent pas, et ne parviendront jamais, à se parer d’une gentillesse, d’une tendresse ou d’une bonté, qui n’existent pas chez leur hôte
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ValHou57ValHou57   08 avril 2017
Sirona souffla s'exaspération. Sa sœur était aussi naïve qu'elle-même était méfiante. Elle souleva sa jupe et ses jupons, secoua ses pieds pour chasser la neige qui s'était froidement invité sur la fourrure et les lacets de ses bottes et finit par brosser énergiquement sa cape. Si elle restait persuadée d'avoir tout juste échappé à la mort grâce à une chance inouïe, quelques chose- d'autre- la mettait terriblement mal à l'aise. Elle essayer d'échapper à cette terrible sensation, en vain.
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