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EAN : 9782260000792
778 pages
Éditeur : Editions Julliard (01/02/2006)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Vingt ans après la mort de Raymond Aron, le doute s'insinue dans nos esprits : et si nous avions eu tort d'avoir préféré avoir tort avec Sartre qu'avoir raison avec Aron ? Pour preuve, les Mémoires de ce dernier, rééditées pour commémorer l'anniversaire de sa disparition en 1983. Et mesurer combien sa lucidité et sa clairvoyance l'avaient bien malgré lui cantonné dans une injuste solitude tout au ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Bigmammy
  20 novembre 2011
Raymond Aron, universitaire et journaliste, le maître de la pensée libérale française durant la seconde partie du XXème siècle, a mis en ordre ses innombrables souvenirs, pour livrer, en 1983, juste avant sa mort à 78 ans, un volume de Mémoires qui tient en 1000 pages dans la collection Bouquins de Robert Laffont.
L'homme a été controversé, suscitant la rage de la gauche intellectuelle et l'ire soupçonneuse des gaullistes, mais admiré en France et plus encore aux Etats-Unis et en Europe. Quel itinéraire a-t-il suivi ?
En premier lieu, c'est ce qu'il est convenu d'appeler un « bon élève » : troisième fils d'une famille dont le père a subi des revers professionnels et financiers, il intègre la khâgne de Condorcet, puis Normale Sup, où ses camarades s'appellent Jean-Paul Sartre, Emmanuel Mounier, Paul Nizan etc. Reçu premier a l'agrégation de Philo, il va bénéficier d'une vraie formation à la dimension tragique de l'Histoire, en obtenant un poste d'assistant à l'Université de Cologne, en 1930, en plein bouillonnement politique et social, en pleine montée du Nazisme. Il y découvre aussi la sociologie, avec l'oeuvre de Max Weber (mort en 1920), et trouve ainsi son orientation.
C'est un garçon modeste, presque humble, qui soumet tout, sans exception, à l'examen rationnel : ainsi, passé à Londres mi juin sur un des bateaux de St Jean de Luz – comme François Jacob, comme le Général Simon, futurs héros de la France libre -, il va prendre ses distances avec De Gaulle, dont la fibre démocratique ne lui paraît pas suffisamment solide. Ce péché-là ne sera jamais pardonné, même si, curieusement, son amitié avec Malraux fera de lui, pendant quelques mois, le directeur de cabinet du Ministre de l'Information dans le Gouvernement de la Libération.
Sa conviction majeure est formée par ces années terribles : il faut refuser les totalitarismes : à une époque où le Parti communiste, nimbé de ses sacrifices dans la Résistance, domine tout, Aron devient un critique scrupuleux et décapant du Communisme. Mais « l'opium des intellectuels » est partout : en janvier 1950, on lit dans « les Temps modernes », revue de Sartre, que « le travail forcé n'existe pas en URSS ». En 1954, les partisans de l'Alliance atlantique sont traités de collaborateurs. Et il n'est pas jusqu'au grand Maurice Lauré, haut fonctionnaire inventeur de la TVA, qui déclare doctement que la croissance de la productivité soviétique est insurpassable !
Les lecteurs du Figaro, les universités américaines et britanniques, les étudiants de Sciences Po bénéficient de ses analyses sur l'Histoire qui se fait, particulièrement sur la construction européenne, sur la guerre froide, sur la société industrielle. Il écrit, en 1962 « ceux pour qui l'Europe doit être une patrie ne doivent pas oublier qu'aux yeux des Britanniques elle ne sera jamais qu'un moyen » : prophétique, et aujourd'hui, malheureusement, vérifié.
Sur les drames de l'Afrique du Nord, Aron, fidèle à sa politique de libre examen, ne se fait guère d'amis, en choisissant de dire d'emblée qu'il faudra trouver des solutions négociées : toute sa vie, sa quête de vérité lui aura fait des ennemis, mais au total lui aura conféré une autorité morale qui dure encore.
Les Mémoires de Raymond Aron sont donc un livre de référence, a recommander pour tous ceux qui s'intéressent à ce « terrible XXème siècle ».
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Drych
  27 novembre 2020
Les mémoires d'un intellectuel convaincu de son intelligence supérieure, qu'il se plait à démontrer en reprenant toutes ses prises de position passées. Il faut reconnaitre que sa rigueur de pensée et ses analyses sont de haut niveau, mais son sang froid est parfois glacial, les aspects émotionnels n'ayant guère de place dans les raisonnements et souvenirs décrits. Très intéressant pour la mise en lumière de toutes les chapelles intellectuelles du 20ème siècle, de tous les débats qui l'ont émaillé mais aussi pour la méthode d'approche des évènements. Ces mémoires étant cependant articulées autour des articles et textes publiés par l'auteur, le bénéfice de leur lecture est parfois limité si l'on ne connait pas les textes en question.
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romamana
  06 mai 2020
Raymond Aron a souvent été d'une lucidité hors du commun : à l'opposé de ses condisciples de l'Ecole normale supérieure, il combat le totalitarisme soviétique dans l'Opium des Intellectuels (ce qui a été pour lui une guérison personnelle relativement, selon lui, à son manque de réaction face au nazisme dans les années 30).
Certaines interrogations sont soulevable après lecture de ses mémoires : Bourdieu est -il un chef de secte totalitaire comme il le prétend ?
La politique de Pinochet était-elle défendable ?
Quoiqu'il en soit, en dépit de ses prises de position libérales (il est plus facile de se dire de gauche que de refuser de l'être, comme il l'énonce dans une vidéo visionnable sur youtube), Raymond Aron était à l'origine de gauche et il débutait même l'une de ses deux thèses philosophiques de 1938 en s'interrogeant "pourquoi suis-je socialiste ?".
Ces positions politiques demeurent d'ailleurs ponctuelles et généralement modérées dans cette autobiographie.
Sur un tout autre plan, un public composé en partie d'enseignants, regrettera peut être que Raymond Aron lui rappelle que "l'agrégation est restée aujourd'hui ce qu'elle était hier; on y fait plus preuve d'érudition et de rhétorique que de véritable réflexion et d'originalité."
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Hindy
  04 janvier 2011
Des mémoires passionnante d'un des plus grand penseur du 20ème siècle.
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feanora
  08 mars 2012
Un grand témoin du vingtième siècle.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir   24 juillet 2013
"Peut-être cinquante mille livres, des manuscrits d'auteurs maudits furent-ils brûlés, mais si le feu détruisit des exemplaires de ces livres, il ne les fit pas disparaître des bibliothèques publiques et privées. Peut-être la marche des étudiants à la lueur des flambeaux, spectacle en noir et rouge, que Golo Mann et moi ne vîmes pas, atteignait-elle à quelque beauté. Le bûcher lui-même, les déclamations des étudiants, la grandiloquence de Goebbels, tout cela se déroulait sans public. Les Berlinois ne se pressèrent pas devant l'Opéra. Nous n'étions pas loin du feu et nous nous éloignâmes, parmi les passants peu nombreux. J'entendis assez souvent, avant et après l'arrivée de Hitler au pouvoir, les hurlements d'une foule fanatisée. Cette fois, la foule n'était pas venue ou n'avait pas été convoquée. Sans public, cet incendie nous faisait frissonner par sa signification symbolique et rire par sa dérisoire mise en scène."
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EcureuilEcureuil   27 juin 2010
[En Janvier 1933, R. Aron vit en Allemagne. Il observe l'arrivée au pouvoir de Hitler :]
Ce qui me frappa le plus, pendant les premières semaines du régime, c'est le caractère presque invisible des grands évènements de l'histoire. Des millions de Berlinois ne virent rien de nouveau. Un seul signe ou symbole : en trois jours, les uniformes bruns pullulèrent dans les rues de la capitale.

(p74)
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Videos de Raymond Aron (123) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Aron
5/5 Cours de Monsieur le Professeur Raymond Aron : Philosophie et Histoire. Première diffusion le 20/01/1964 sur Radio Sorbonne. Toute cette première semaine des "Conférences du soir" est consacrée à des cours donnés par Raymond Aron à ses étudiants de la Sorbonne, fin 1963 et début 1964 : les 5 premiers d’une série qui allait se poursuivre au cours de l’année universitaire, série intitulée "Philosophie et Histoire". S’intéresser en historien à ce que « jamais on ne verra deux fois » et, en philosophe, à « ce qui est par essence valable universellement », était au cœur de la réflexion de Raymond Aron. Thèmes : Idées| Histoire| Philosophie| Raymond Aron
Source : France Culture
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>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Politiciens, économistes, juristes, enseignants (844)
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