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ISBN : 2369140186
Éditeur : Libretto (07/09/2017)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 30 notes)
Résumé :

Un trio de possédés lâchés dans la nuit mexicaine. Manuel, vingt ans, croit perdre la vie en perdant son ami Gregorio, qui s'est tiré une balle dans la tête. Un ami ? Bien plus que cela : les deux garçons s'étaient fait tatouer - avec la même aiguille - un bison sur le bras gauche. Un pacte de sang qui n'avait pas tardé à devenir un pacte de domination, tant Gregorio, sorte de Stavroguine latino, exer... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Pecosa
  18 juin 2017
Dans les rues de Mexico rôde le Bison de la nuit.
Le jeune Gregorio Valdés, diagnostiqué schizophrène, s'est suicidé trois semaines après sa sortie de l'hôpital psychiatrique. Il s'est donné la mort en se tirant une balle dans la tête, laissant son meilleur ami Manuel Aguilera et sa petite amie Tania dans un grand désarroi. A leur désarroi s'ajoute la mauvaise conscience. Car Manuel et Tania avaient une relation clandestine, qu'ils abritaient dans la chambre 803 d'un love motel. Gregorio était-il au courant? Est-ce l'existence de ce trio amoureux qui a précipité son geste? Pendant que parents et amis tentent de faire face au deuil qui les frappe, le fantôme de Gregorio se met à hanter Manuel. Ce dernier qui avait été autrefois la béquille d'un Gregorio étrange et faible, pense à la transformation de son ami, dont la démence et les obsessions ont peu à peu dévoré l'entourage. Derrière l'apparente fragilité du jeune homme, se cachait la volonté insidieuse et rampante d'exercer une emprise dont le solide Manuel faisait les frais: « A son initiative, nous nous étions fait tatouer la silhouette d'un bison américain sur le bras gauche. Gregorio avait exigé que nous soyons tatoués avec les mêmes aiguilles, afin que l'encre se mêle au sang de chacun. Au début je n'avais prêté aucune importante à ce tatouage mais au bout de quelques mois ce bison me devint un symbole de plus en plus intolérable. "
Las d'être marqué dans sa chair, Manuel avait fait effacer le tatouage dans la douleur mais la mort de Gregorio a marqué son âme et il ne sera pas si aisé de l'en faire sortir. Surtout lorsque le mort lui a laissé un cadeau d'adieu et que des mystérieuses lettres lui parviennent « Maintenant, le Bison de la nuit va rêver de toi. »
Guillermo Arriaga nous offre le portrait d'un jeune homme qui n'en finit pas de mourir, emportant dans une folie post-mortem ceux qui lui étaient les plus chers. Il tisse sa toile autour de la présence écrasante d'une personnalité perturbée et nous perd. On pense à Rebecca tourmentant la nouvelle Madame de Winter depuis l'au-delà. Les murs de Manderley deviennent toutes les rues de Mexico DF. On pense aussi à George Weaver obsédé par le fantôme de Jenny Ames dans La fille de nulle part. Arriaga possède une écriture très cinématographique, les rues de la ville défilent sous nos yeux chaque fois que les protagonistes tentent d'échapper à l'ectoplasme qu'est devenu Valdès. Le Bison de la nuit devient peu à peu une métaphore du pays où se mêlent la folie et la mort et où les femmes disparaissent sans que cela ne surprenne personne. Le roman, oppressant à souhait, vaut mieux que son adaptation cinématographique ( El búfalo de la noche de Jorge Hernández Aldana) car une fois la page tournée, le lecteur n'échappe pas non plus au mystère du Bison de la nuit.
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Jerry_Can
  27 septembre 2017
Manuel n'oublierait jamais la date du 22 février. C'est ce jour-là qu'il avait serré le corps nu de Tania contre le sien pour la première fois dans une chambre d'hôtel ; un lieu qui deviendrait le témoin de leur liaison clandestine. C'est à partir de ce moment que le mensonge devint le troisième complice de cette relation secrète n'ayant pour seuls témoins que les murs de la chambre 803 d'un hôtel de Mexico. Ce 22 février scella une union inscrite dans la chair, la trahison et le stupre entre la fiancée de son meilleur ami, Gregorio et lui. C'est hélas un 22 février que ce même Gregorio choisit de mettre fin à ses jours à l'âge de vingt-trois ans. Une balle aura suffi à arrêter la course de ses trois vies. Une balle et du sang. Gregorio, interné dans un hôpital psychiatrique, n'en était pas à ses premières frasques. À force de manipulations, son esprit retors avait pu berner l'équipe médicale. Il avait réussi à simuler l'apaisement et être autorisé à regagner le monde extérieur pour s'en échapper... A sa manière. le jeune homme n'est plus mais son souvenir demeure plus présent que jamais. Il suffit à Manuel de regarder sur son bras les vestiges d'un tatouage représentant un bison bleu; des marques qu'il a vainement tenté de faire disparaître. Ce même dessin arboré par Gregorio, et encré par la même aiguille, pour sceller leur étrange amitié . de son vivant, Gregorio  n'était que colère et domination... Qu'en serait-il maintenant qu'il se trouvait libéré de ses entraves terrestres...Car sa rage est à l'image de ses obsessions : délétère et infinie. Et ceux qui ont fait partie de son cercle ne sont pas prêts de l'oublier.
Guillermo Arriaga, talentueux complice d'Alejandro González Iñárritu, signe une oeuvre singulière et duelle. le Bison de la nuit est porté par des personnages maintenus en permanence sur la brèche et oscillant sans cesse entre l'ombre et la lumière, la raison et l'aliénation, entre l'amour et la haine. Arriaga tisse ainsi une trame d'une noirceur rare où s'exprime une jeunesse désabusée cherchant dans les rencontres et le sexe, matière à combler leur manque de reconnaissance et surtout d'amour.  Tous sont soumis à la difficulté d'être au monde et à celle d'exister quand l'un des leurs préfère la mort à une vie passée sous le joug de ses obsessions. Mais la perte la plus dangereuse pour ses jeunes adultes n'est sans doute pas sa disparition mais celle de leur innocence qu'un bison s'efforce, chaque nuit, de piétiner bruyamment pour réveiller terreurs et cauchemars.
Merci à Babelio et aux éditions Libretto pour cette oeuvre reçue dans le cadre de la Masse Critique.
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Corboland78
  29 septembre 2017
Guillermo Arriaga Jordán, né en 1958 à Mexico, est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur mexicain pour le cinéma, ainsi qu'un écrivain de roman noir. En 2005, il remporte le prix du meilleur scénario au Festival de Cannes pour « Trois enterrements » film de Tommy Lee Jones. Diplômé d'une licence en sciences de la communication et d'une maîtrise d'histoire de l'université ibéro-américaine, il fut un temps professeur dans cet université puis à l'Institut de technologie et d'études supérieures de Monterrey. En tant qu'écrivain il est l'auteur d'un recueil de nouvelles et de trois romans, dont le Bison de la nuit (1999) qui vient d'être réédité.
Mexico. Âgé de vingt-trois ans, Gregorio vient de se suicider après divers séjours en hôpital psychiatrique. Pour son ami Manuel, le narrateur, c'est le choc, d'autant que peu de temps plus tard, il va recevoir de mystérieux courriers du défunt ! Entre le déjà mort et le toujours vivant, Tania leur amie commune joue un jeu trouble…
Si le roman est bon je ne vous tairai pas que j'ai passé mon temps de lecture à fulminer ou ronchonner contre ses protagonistes tant ils m'exaspéraient. Il faut dire que ce Manuel est aussi sympathique que l'homme en photo sur la couverture du livre… Un petit macho égoïste qui se sert des uns et des autres sans leur demander leur avis (« - Tu n'aimes pas qu'on t'emmerde, hein ? Mais toi tu t'y entends pour emmerder les autres, espèce d'enfoiré ! ») et lui, comme les autres personnages du roman, agissent sans qu'on comprenne bien leurs motivations. Jamais très intelligemment selon mon point de vue – mais cette perception des choses s'explique peut-être par mon âge me rendant moins tolérant.
L'ambiance générale du bouquin est donc assez mystérieuse, Gregorio bien que décédé semble toujours aussi présent et malveillant que de son vivant (- Il trame encore quelque chose, j'en suis sûre. Gregorio n'est pas du genre à partir comme ça. (…) – N'oublie pas qu'il est le roi Midas de la destruction, rétorqua-t-elle. »), influençant les agissements de Manuel et Tania ; ces deux-là ayant un passé compliqué, elle était la maîtresse de l'un et l'autre dans un double-jeu amoureux complexe, ce qui de son côté, mettait mal à l'aise Manuel vis-à-vis de son soi-disant frère de sang. L'évocation du passé récent de Gregorio et sa démence hallucinatoire ajoute une touche angoissante au livre surtout qu'elle paraît déteindre lentement sur Manuel. J'ajouterai que l'écrivain ne mégotte pas sur les scènes de sexe, assez crues, pour renforcer l'angle cavaleur de Manuel qui fait feu de tout bois, tout en n'étant amoureux que de Tania – à sa manière à lui.
Ecriture nerveuse, phrases courtes, le lecteur tourne les pages fasciné par cette aventure pleine de folie, d'amour et de sexe avec au fond une réflexion sur l'amitié.
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zembla
  26 septembre 2017
Pour essayer de comprendre ce livre, il faut bien avoir en tête qu'avant d'être romancier, Guillermo Arriaga est avant tout un scénariste. Scénariste connu et reconnu par ses pairs, il a écrit avec son compère mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu " amours chiennes", "21 grammes" et aussi pour Tommy Lee Jones "Trois enterrements". On retrouve dans ce roman la patte du scénariste avec cette histoire de suicide et d'amitié forte. Mais l'intrigue même si elle est bien écrite peut ,par ses personnages outrés, laisser le lecteur circonspect. Pas de personnages sympathiques, des relations humaines complexes, chaotiques et frôlant parfois l'hystérie et une histoire paradoxalement assez simple, trop simple. On ne s'ennuie pas pendant cette lecture mais certaines scènes semblent être écrites juste pour titiller le lecteur pas pour apporter quelque chose à l'histoire en elle même. On a du mal a comprendre et à expliquer le comportement des divers protagonistes. Même si on prend du plaisir a lire le style de Guillermo Arriaga, on en a moins à suivre ses personnages.
Un grand merci a Babélio et aux éditions Libretto pour m'avoir fait découvrir cet auteur.
Lien : http://desgoutsetdeslivres.o..
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Gine
  12 janvier 2011
Roman très noir ... Les tribulations d'un trio de jeunes loups, racontées par l'un d'entre eux. La vie leur échappe, l'un se suicide, l'autre disparaît, le narrateur ne comprend pas grand chose et reste en désespérance. L'atmosphère est lourde et il n'y a pas d'issue possible à cette histoire. Intéressant !
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   21 décembre 2017
Il me proposa qu'on parte tous les quatre en vacances, en famille, comme quand on était gosse.
- On devrait aller à Puerto Vallarta.
Sa suggestion me fit sourire. Puerto Vallarta était l'endroit où on passait autrefois Noël et le nouvel an. J'ai grandi avec l'idée que Noël était synonyme de chaleur, de plage, de palmiers clairsemés et jaunâtres décorés d'ampoules colorées. Les bonhommes de neige, les paysages blancs des cartes de vœux et les sapins artificiels provoquaient en moi des sensations contradictoires : tout simplement ils ne correspondaient pas à la réalité.
Mon père se leva et avant de sortir répéta : "On devrait aller à Puerto Vallarta." Il ferma la porte et je me mis à penser à ces réveillons de Noël où, dégoulinant de sueur sous les ventilateurs à pâles, nous trinquions avec du cidre tiède et dinions d'une dinde fumée décongelée.
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le_Bisonle_Bison   17 décembre 2017
Je m'assis sur le lit. Dans cette chambre - l'après-midi d'un 22 février - Tania et moi avions fait l'amour pour la première fois. Nous l'avions fait grossièrement, inhibés par la culpabilité et l'inexpérience. Elle était vierge et moi, à l'exception de deux coïts expéditifs qui ne comptaient pas, je l'étais à peu près autant.
Nous nous étions emmêlés en nous déshabillant. Ses cheveux s'accrochèrent à la boucle de mon ceinturon, son chemisier se déchira et deux boutons de ma chemise sautèrent. Nous étions partagés entre la hâte et l'envie d'aller lentement. Nous ne savions pas comment nous placer et nous nous mîmes l'un sur l'autre comme deux tortues qui s'accouplent.
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PecosaPecosa   17 juin 2017
Je me réveille parfois en sentant sur ma nuque l'haleine blessée du bison de la nuit. C'est la mort qui me frôle. C'est la tentation de me tirer une balle dans la tête et de mettre un point final à tout: c'est le feu qui me brûle de l'intérieur. C'est la mort, je le sais.
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Corboland78Corboland78   29 septembre 2017
A son initiative, nous nous étions fait tatouer la silhouette d’un bison américain sur le bras gauche. Gregorio avait exigé que nous soyons tatoués avec les mêmes aiguilles, afin que l’encre se mêle du sang de chacun. Au début je n’avais prêté aucune importance à ce tatouage, mais au bout de quelques mois ce bison me devint un symbole de plus en plus intolérable. Regarder mon bras gauche me rendait furieux : j’étais de nouveau tombé dans un de ces pièges ourdis par Gregorio dans ses frénétiques jeux obsessionnels. Le tatouage impliquait un pacte de loyauté aveugle entre nous deux. Mais comment parler de loyauté alors qu’à cette époque je couchais tous les jours avec Tania ? Et quelle loyauté pouvais-je jurer à un type qui passait la majeure partie de l’année enfermé dans des établissements psychiatriques ? Quelle loyauté ? Bordel !
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Jerry_CanJerry_Can   27 septembre 2017
Sur la vaste aurore de l'âme
le coq impitoyable ne cesse de chanter.
Jamais ne brillera le soleil qui le fera taire.
Jamais nos mains
ne toucheront le rivage lumineux du jour.

(Agustín García Delgado)
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Videos de Guillermo Arriaga (3) Voir plusAjouter une vidéo
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