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ISBN : 2749924413
Éditeur : Michel Lafon (14/04/2016)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Symphonie est un monde musical. Brutal. Chacun y possède un instrument, donné à la naissance. Arme enchantée mais également véritable partie de soi-même, on la nomme mélo-âme. Avec ces objets, tous les clans rivaux se livrent une guerre sans merci... les instruments de musique hurlent, et des vies s'évaporent. Au milieu de cette cacophonie, Dylan profite d'une vie rêvée de fils cadet de chef de clan, sans responsabilité ni impératif quelconque... Et heureusement, ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Saiwhisper
  06 avril 2016
Merci à Babelio et aux éditions Michel Lafon pour cette opération Masse Critique. J'étais ravie de voir que j'allais recevoir "Le voleur de coeur", un roman de Rawia Arroum qui m'avait vraiment attiré pour son univers original lié à la musique. Connaissant "Boys Out !", je m'attendais à passer un très bon moment du début à la fin. Malheureusement tout ne m'a pas plu et, même si j'ai été séduite par la première partie de l'ouvrage, je ressors assez déçue de ma lecture…
Pas facile d'apprivoiser un nouveau livre, surtout lorsque l'univers change du nôtre. Ici, on découvre « Symphonie », un monde riche divisé en plusieurs zones et en plusieurs clans. le protagoniste principal vient du sud qui est composé du clan de Hard, de Classique, de Clavier, de Tam et de Vent. Ces cinq clans sont censés vivre en harmonie mais, à moins d'aller à la guerre, ils se méprisent : tous sont enclins à démontrer leur supériorité… Tels "Divergente", "Enclave", "Hunger Games" et bien d'autres sagas, ces clans sont constitués de personnes au caractère, au physique et aux activités bien distincts. Par exemple, les Hards ont des allures de rock star avec des dreadlocks colorées, des bijoux aux doigts, etc. (C'est tellement d4rk !) Au début, j'avoue avoir trouvé cela peu innovant et assez stéréotypé, cependant au bout d'une cinquantaine de pages, je suis habituée grâce à la plume simple mais agréable de l'auteure. Cette dernière explique progressivement et assez bien son univers sans tout jeter d'un coup au visage du lecteur. C'est très appréciable.
Les peuples du sud vénèrent « Melody », une rivière-mère sacrée dans laquelle on ne peut pas se baigner sinon la rivière nous dénonce en se lamentant. Gare à la milice ! Dylan, le héros, prend un certain plaisir à piquer une tête régulièrement en compagnie de sa compagne, une classique, où ils batifolent et se moquent des règles de Symphonie… Pourtant Melody n'est pas une rivière comme les autres : elle chante les premières notes de la musique qui rythmera la vie d'un enfant baptisé. Ensuite, chaque enfant reçoit une mélo-âme, un instrument qui devient une extension de son corps. Tel un daemon dans la saga "À la croisée des mondes", ce membre supplémentaire est vital. Il y a des organes dans cet instrument. On peut voir comment se porte une personne grâce à cette mélo-âme. Si on l'égratigne, on se blesse. Si on s'en éloigne, on a le souffle coupé et on s'évanouit. Si on la perd, on meurt... Ayant adoré le système de daemon, je trouve cette idée d'instrument-partie du corps très sympathique. D'autant plus que ces instruments sont magiques : certains rendent invisibles, d'autres permettent d'envouter la nature ou les animaux, de tout détruire, d'envoyer des messages, de soigner les blessures, etc. Chaque métier est en rapport avec la musique. Celui que l'auteure met le plus en avant est celui des « musiciens-soldats » : avec leur mélo-âme, ils blessent et tuent leurs ennemis. Ce sont de très belles idées que Rawia Arroum a bien développé...
... Peut-être trop ? Honnêtement, j'avais la sensation que TOUT avait un nom : les personnages, les cultes/religions, les clans, chaque arbre ou rivière, tous les instruments, … Et des personnages, il y en a énormément, si bien qu'il est aisé de se perdre ! Déjà que découvrir un nouveau monde n'est pas évident, alors ça en plus… Je l'avoue : j'ai dû noter sur un papier qui est qui, à qui appartient tel instrument, etc. Sinon je ne m'en sortais pas… Heureusement que j'ai procédé ainsi car mon papier m'a servi plus d'une fois.
Hormis cela, j'ai eu du mal avec Dylan de Hard, le héros. Au début, il est présenté comme un jeune homme beau, fier, arrogant, taquin voire cynique et égoïste. En effet : né avec une cuillère dans la bouche, il abuse plus d'une fois de son rang et fait passer ses amis ou sa famille au second plan. Seul son bien-être personnel et celui de Kana, sa compagne, le préoccupe. Il fait ce qu'il veut… A moins d'apprécier les anti-héros, j'ai trouvé qu'il était difficile de s'attacher à lui. D'autant plus qu'il passe le tiers de son temps à fuir, s'évanouir, s'uriner dessus et vomir… Waouh… Mais Dylan a surtout plusieurs secrets. Il y a par exemple sa mélo-âme qui n'est pas comme les autres : elle est « mort-née », c'est-à-dire qu'elle n'a aucun pouvoir. Il n'est pas malade quand il est loin d'elle et ne ressent rien. C'est un simple instrument comme l'un des nôtres. Cette différence le rend touchant : on comprend qu'il soit perdu dans cet univers. Lui, son « truc » c'est plutôt d'écrire des textes, des paroles, des poèmes, … Et je dois avouer que ses petits extraits étaient très jolis !
Les deux compagnons de Dylan ont été ceux que j'appréciais le plus. Il y a d'abord Kana surnommée « Minifemme » qui est une ancienne amie d'enfance devenue sa promise. Leur relation est pleine de tendresse et de complicité. Je les ai trouvés adorables. Ensuite, il y a Ethan, son meilleur ami… Ou presque. En fait, j'avais surtout l'impression que c'était une « pseudo amitié » à sens unique débordant sur la romance. Un gros triangle amoureux qui n'a pas vraiment abouti… Outre cette étrange relation, j'ai apprécié le personnage d'Ethan qui est touchant du début jusqu'à la fin du roman. Hormis le trio et Kellan (le père de Dylan), les autres personnages sont moyennement dépeints. C'est à la fois dommage et normal étant donné le nombre de protagonistes...
C'est l'intrigue qui m'a le plus déçue. Au début, cela partait bien : on découvrait le monde de Symphonie, le petit trio, la guerre entre le Nord et le Sud, le problème de Dylan, des péripéties sinistres (barbarie, voix étranges, viols, …). Il y avait une véritable intrigue avec de nombreux rebondissements, si bien que je ne voulais pas lâcher mon livre. Il était vraiment difficile de s'ennuyer ! Puis, tout a basculé dès l'instant où Dylan a pris la mer vers la moitié du livre. Dès lors, le jeune homme a passé son temps à se réveiller, délirer puis se rendormir. J'ai fini par être aussi perdue que lui : qu'est-ce qui était vrai ? Etait-ce une vision liée à la drogue ou la fatigue ? En plus de ces réveils à chaque chapitre, les autres personnages ont commencé à se comporter bizarrement avec Dylan... Que son père ou ses amis le protègent, je comprends tout à fait (surtout avec de telles révélations finales !)... Mais j'ai trouvé abusé que tout le monde l'aide et prenne soin de lui. C'est devenu tellement manichéen voire "bisounours"... Et je ne parle même pas de la fin qui m'a cruellement déçue...
Enfin, la plume de Rawia Arroum était très agréable : simple sans trop l'être, bien travaillée et remplie de poésie. Certaines descriptions sont vraiment jolies et presque musicales. C'est parfois enchanteur. Même si je n'ai pas tout aimé, j'ai arpenté avec plaisir son univers. A noter que chaque début de chapitre commence par un extrait de chanson (exemples : Green Day, Linkin Park, Michael Jackson, Nightwish, Jean-Jacques Goldman, Sum41, Mika, Renaud, etc.). le registre est varié, on sent que la jeune auteure est réellement passionnée par la musique, notamment par les paroles qui ont autant d'importance qu'un air.
C'est donc un avis mitigé qui, malheureusement, tend plus vers le regret que le coup de coeur... Cependant, je pense que je ferai attention aux prochaines sorties de cette auteure car elle a un certain talent et sa plume est très agréable. Merci encore à Babelio et aux éditions Michel Lafon pour cet envoi. E. C.
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Ewylyn
  12 mai 2016
Je souhaitais remercier les éditions Michel Lafon et l'équipe de Livraddict pour ce partenariat. J'étais très tentée par les idées de l'auteure apparaissant dans le résumé et la couverture m'intriguait fortement. Elle est très belle et le titre attire l'oeil avec la présence de ces coeurs, elle fait un beau clin d'oeil au sujet abordé dans le roman. Malheureusement, je ressors de cette lecture complètement perdue et mitigée.
Je vais commencer par ce qui m'a le plus dérangée pour finir sur les très bons éléments ; parce que là est tout le problème que me pose le roman... c'est qu'il est le parfait assemblage de tout un tas de trucs aussi cool que farfelu ou dérangeant. le récit possède de bons atouts et ses parts d'ombres, à tel point que je vous recommande de le découvrir pour vous en faire votre propre idée.
L'auteure ne va pas assez loin dans les explications. Elle jette toutes sortes d'idées de révélations, de rebondissements et d'exposition de l'univers, en vrac avec un minimum d'explications, mais restant en surface pour nous frustrer. C'est dommage parce que l'univers est excellent. Rawia Arroum expédie beaucoup d'éléments dans son histoire, l'affaire du viol, les apparitions lugubres de Dylan... on n'a pas réellement le temps de se sentir effrayé ou tendu. le final est lui aussi assez rapide, même s'il reste explosif.
Deuxième point négatif : Dylan de Hard. Si l'univers et l'intrigue avaient été suffisamment fascinants, j'aurais pu oublier ce personnage principal extraordinaire... dans ce qu'il y a de pire et d'insupportable. Et le fait que l'auteure l'humilie un peu plus à chaque chapitre accentue cette idée que Dylan n'est ni un antihéros et encore moins un héros. Il passe son temps à fuir ses responsabilités, à mentir, à ne rien assumer (ni ce qu'il pense, ce qu'il fait). C'est un pleutre absolu, un faux rebelle prétentieux, il fuit tellement qu'il s'urine dessus à longueur de temps... Tout ce qu'il lui arrive de bien m'indifférait et j'avais hâte que l'antagoniste principal mette un terme à cette histoire. Il n'y a qu'à la fin qu'il semble amorcer un début de réveil, mais trop tard pour s'y attacher véritablement.
Troisième point négatif, l'inégalité de l'intrigue en matière de captation de mon esprit. Les cent premières pages sont laborieuses à cause du caractère de Dylan et de l'univers encore en stade embryonnaire. Dès que Dylan remarque que quelqu'un lui veut du mal, mon attention s'est réveillée. J'ai beaucoup aimé cette seconde partie, très chargée en manipulations et en émotions. J'ai adoré le voyage sur les flots pour les besoins de la guerre. Malheureusement, l'auteure tire tellement sur ses ficelles scénaristiques que j'ai fini avec une troisième partie en demi-teinte. Trop de demi-vérités, de demi-mensonges, d'illusions... à force de chercher le vrai du faux, l'auteure m'a complètement perdue, tout est devenu brouillon et non maîtrisé. C'est dommage, parce qu'à froid, l'histoire se révèle riche et dense, violente et forte, elle a du potentiel.
L'univers comme dit beaucoup plus haut est super ! Chaque être humain possède une mélo-âme relié à un instrument de musique, instrument le plus souvent lié à votre clan. Si votre instrument se brise, vous mourrez. Les clans de Hard, des Cordes, des Ténors... voici une foule d'éléments très intéressants. J'aurais aimé voir une vraie bataille, j'aurais aimé en apprendre plus sur la politique de ce monde, sur les tenants et les aboutissants, plus de rites et de coutumes. Il y avait là de quoi m'émerveiller et me faire rêver autant que m'effrayer. Les mélodies inventées peuvent aussi bien guérir que tuer, voilà autant de concepts passionnants et de notions très captivantes. Les références à la musique et à des artistes de notre époque sont très courantes, cela rend le roman plus attractif et permet de découvrir d'autres artistes ou chansons. J'ai apprécié le travail sur les citations et les références, ni trop ni pas assez, juste ce qu'il faut pour apporter un peu plus de poids à l'univers très musical et original du roman.
La plume de l'auteure est aussi un super bon atout pour le récit. J'ai eu une foule d'émotions, même si j'aurais aimé en ressentir davantage ou m'attacher plus longuement à certains personnages. le style de Rawia Arroum est fluide, il existe une certaine modernité avec un bon soin apporté aux descriptions et aux émotions, à l'action. Je regrette que les personnages aussi intéressants que Shamès, le père de Dylan, Kana ou Luca, Aimée ne soient pas plus mis en avant, car ils se révèlent bien plus fascinants, humains et sympathiques. J'ai été soufflée par le père de Dylan.
En conclusion, cette longue chronique pour tenter de vous faire comprendre mon point de vue, le plus clairement possible. J'ai passé un bon moment de lecture avec de nombreux passages fastidieux, j'en conviens ; toutefois, j'attire votre attention sur le fait que le récit reste soigné, prenant, avec un univers et une histoire très riche. Il y a juste trop d'éléments, trop de rebondissements ou de choses annexes, de brouillard pour capter de A à Z mon attention. La plume de l'auteure est très jolie et moderne, mais le personnage principal m'a écoeurée tout du long. La fin est assez ouverte, elle a le mérite de nous faire réfléchir, j'espère que vous pourrez vous faire votre propre avis sur ce roman.
Lien : http://la-citadelle-des-livr..
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April-the-seven
  30 avril 2016
Merci aux Éditions Michel Lafon pour cette lecture. Boys Out ! est le premier titre de Rawia Arroum, et je me souviens l'avoir dévoré. L'auteur a toujours des idées tortueuses, incongrues et uniques en leur genre. de ce fait, j'avais repéré ce titre bien avant sa sortie, et lorsqu'il a été annoncé, j'étais joie d'apprendre que j'allais enfin l'avoir en ma possession. le visuel donne terriblement envie de se plonger dans cette histoire. Je pense même que c'est l'une des couvertures que je préfère dans cette maison d'édition. Une véritable merveille. Mon ressenti sur le contenu du livre était assez fluctuant, mais globalement, j'ai passé un moment sympathique dans cet univers tumultueux.

Le monde tel que nous le connaissons n'existe plus. La technologie a disparu, au profit d'une vie plus simple, où magie et musique composent leur propre mélodie. À leur naissance, les bébés sont baptisés dans une rivière sacrée qui leur confère une mélo-âme, c'est-à-dire les premières notes d'une mélodie qui renferme de la magie. L'instrument de musique devient alors partie intégrante de la personne, et l'un ne peut pas vivre sans l'autre. La musique, c'est la vie. Les mélo-âmes guident l'existence et déterminent ce qu'il adviendra du détenteur.
​Dylan vit dans le clan Hard, un clan où la musique rime avec l'art de la guerre. L'ennui, c'est qu'il cache un très lourd secret. Personne n'a jamais entendu sa mélo-âme ; et pour cause, la sienne est défectueuse et ne recèle d'aucune forme de magie. Sa guitare, Rubby, paraît morte avant même d'avoir servi, et il peut s'en éloigner sans se sentir tiraillé. En fait, Dylan est un simple musicien qui ne ressent pas la musique comme ses semblables.

J'en conviens, raconté de cette façon, ça a l'air bien compliqué, mais on se fait très vite à cette bizarrerie, l'auteur met tout en oeuvre pour qu'elle soit intégrée. le voleur de coeur est une histoire bien pensée, avec un univers très développé, qui m'a captivée à bien des moments. L'idée d'origine est inédite et transporte le lecteur dès les premières pages.

Ayant découvert ce roman en lecture commune, nous avons décidé de le lire en deux fois, c'est pourquoi je parlerai de première et de deuxième partie. Je ne vais pas vous le cacher, j'ai préféré la première partie, celle où on découvre l'univers, où on s'imprègne de la magie, celle où la poésie se cache dans tous les petits détails. Dans cette première moitié, j'avais envie de lire en musique pour m'imaginer au mieux chaque scène. D'ailleurs, je me suis souvent fait la réflexion que j'aimerais entendre les mélodies finement décrites par Rawia Arroum !

Dylan est un héros qui a tendance à prendre la vie à la légère, comme elle vient, sans pression. Il a son petit caractère et se montre très opiniâtre par moment. Et puis son humour un poil corrosif... Délicieux ! Il passe souvent pour le pitre de service, même dans les situations dangereuses.

Hélas, le jeune homme est aussi la bête noire dans le troupeau de moutons blancs. Sa mélo-âme ne se manifeste pas, il n'a pas le don unique de ses semblables. C'est un secret qu'il s'évertue à dissimuler depuis dix-neuf ans. J'ai quand même retenu mon souffle lorsque son entourage s'approchait trop près de ses cachotteries. Je m'inquiétais pour lui. Heureusement, ce héros sait mentir comme un arracheur de dents. Il n'hésite pas à faire preuve d'insouciance pour étouffer les problèmes. À plusieurs reprises, j'avais envie d'entrer dans le livre et lui souffler de faire attention, de ne pas trop tenter le Diable. Peu à peu, j'ai commencé à ressentir un certain malaise. C'est comme si Dylan me rendait moi, lectrice, complice de son secret. Et lorsque son père se rapprochait trop de la vérité, je sentais la nervosité monter, signe que j'étais vraiment prise dans cette spirale infernale.

Comme il le dit si bien, Dylan aime sortir des sentiers battus et ne fait rien comme les autres. Il ne porte pas les dreadlocks traditionnelles, ne s'intéresse pas à la guerre... Non, il préfère passer le plus clair de son temps avec Kana, sa fiancée qu'il chérit plus que sa guitare. Dylan a une forte personnalité, même si aux yeux de sa famille, il ne démontre aucune particularité.

La deuxième partie, maintenant. Force est d'avouer qu'une fois arrivé à la moitié du roman, mon intérêt s'est émoussé. On évolue dans une ambiance si nébuleuse qu'il est difficile de distinguer le vrai du faux, le rêve de la réalité. Les choses changent à toute allure et on en vient à douter de tout et de tout le monde. Dylan est balloté comme une poupée tout le long, tombe sans arrêt dans les pommes et s'urine dessus...

Vers la fin, je n'y comprenais plus rien, j'avais perdu tous mes repères. Je pense que c'est un effet voulu, destiné à nous faire brusquement reprendre pied avec les explications finales, seulement j'ai eu cette sensation d'avancer sur des sables mouvants. J'aime quand je maîtrise une partie de l'histoire, où j'ai la possibilité de remonter grâce à des pistes, et là… il n'y avait aucune prise, ça me semblait fouilli.

Les étrangetés qui se passent sous les yeux de Dylan prennent énormément d'ampleur. Il se passe une multitude de choses dans un laps de temps très court. le mystère nous entoure en permanence, nous laissant dans un flou opaque jusqu'à la toute fin. C'est, je pense, un pari très risqué de la part de Rawia Arroum, qui peut plaire comme déplaire. Personnellement, je n'ai pas été captivée, même si les explications ont apporté la lumière sur les événements, ce que j'attendais avec impatience. L'intrigue reste tout de même innovante et bien trouvée.

La plume de Rawia Arroum ne manque pas de poésie. Je savourais particulièrement les moments où elle parlait des instruments et de la magie provoquée par la musique. Ce que je regrette, en revanche, c'est qu'à certains moments, le discours de Dylan tranche complètement avec cette douceur et cette élégance. Il peut se montrer à la limite de la vulgarité, presque ordurier, et ça ne se marie pas très bien avec le reste. Quand on se retrouve avec des descriptions splendides et que subitement le verbe "dégueuler" apparaît sauvagement, ça fait un peu grimacer.

À ce propos, il y a quelques jours, Marie Pavlenko (l'auteur du très bon Marjane, notamment) a publié un extrait d'interview que j'ai trouvé tout indiqué :
"[…] dans une page bien écrite, tous les mots devraient avoir la même allure. Si vous écrivez un mot grossier, ou un mot extraordinaire ou archaïque, alors la règle est brisée ; et ce qui est bien plus important, l'attention du lecteur est distraite par le mot. Il faudrait être capable de lire sans accroc même s'il s'agit de métaphysique, de philosophie ou autres."
Sans nul doute, ce sera mon seul reproche sur la plume de Rawia Arroum, car j'y ai quand même retrouvé ce que j'aimais dans Boys Out !
En résumé, le voleur de coeur est une lecture sympathique, poétique et pleine de richesses. La première partie m'a littéralement transportée dans ce monde simple où la musique régit le monde, mais la deuxième m'a parue brouillonne, je n'ai pas été convaincue comme je l'espérais. Néanmoins, la phrase que je retiens de cette histoire, la plus criante de vérité : « il est des passés douloureux qui engendrent des futurs désastreux ».

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EnjoyBooks
  12 mai 2016
Le voleur de coeur de Rawia Arroum.
(Genre : Fantastique, Jeunesse).
Editions : Michel Lafon
Prix : 15,95€ (Partenariat)
Date de parution originale : 14 avril 2016
Résumé : Dans un monde où musique et magie ne font qu'un, Dylan est né privé des deux. Et ce n'est pas son seul secret : deux coeurs battent dans sa poitrine, mais l'un n'est pas le sien.
Mon avis : Rawia Arroum est une auteure française que je suis depuis la parution de « Boys Out », son premier roman. J'ai eu un tel coup de coeur pour ce livre, que j'étais curieux de découvrir un autre de ses écrits. « le voleur de coeur » avait tout pour me convaincre. Un univers original et prometteur, un résumé enchanteur… Et puis une couverture sublime. Au final je ressors de ma lecture assez perplexe. Si j'ai adoré la première partie du roman et sa fin… le reste ne m'a pas tellement convaincu. J'en suis le premier déçu.
L'auteure a tout de suite su m'alpaguer dans son univers. Dans les premières pages, elle nous explique comment le monde de Dylan est apparu. Je me suis laissé porter et envouter. Quand je lisais j'avais l'impression d'être au coeur d'une bulle, que plus rien ne pouvais m'atteindre. C'était incroyablement plaisant. La rencontre avec notre protagoniste m'a plu. Ma curiosité a de suite été touchée. du coup j'ai continué ma lecture.
Dylan est un personnage un peu spécial. Je vous préviens, il peut ne pas plaire du tout. Mais c'est cette singularité avec les héros qui m'a plu. Dylan est le fils d'un chef de clan et il profite de ce statut. Il est arrogant, il ne se plie pas aux règles du groupe et de l'univers et il n'en fait qu'à sa tête. Pourtant le secret qu'il cache à ses proches le rend plus attachant. Privé de magie dès sa naissance, il ne peut pas espérer un avenir de guerrier comme son père le voudrait. En effet, son instrument est mort-né, il ne peut donc pas se battre avec lui à travers la musique. Dylan est solitaire et indépendant, voir peut-être fou. Je vous laisse le plaisir de découvrir les autres personnages : Kana, Kellan, Logan, Ethan et Luca pour les principaux. Chacun amène son expérience au récit, chacun possède une part de mystère. Et je pense que vous pourrez être surpris par les changements psychologiques de certains.
Le rythme est ce qui m'a posé le plus problème. Je ne vise pas le rythme qui concerne la longueur des chapitres, la narration ou les dialogues. de ce point de vu, aucun souci. Je veux parler de l'agencement du récit en lui-même. Comme je vous l'ai dit j'ai adoré la première moitié. J'en ai pris plein la vue avec l'univers, les capacités magiques de chacun, les us et coutumes etc. L'intrigue se dessine au fur et à mesure et c'est super. Mais dans la seconde moitié, lorsque Dylan décide de partir du clan faire la guerre… j'ai trouvé ça super brouillon. J'ai n'ai pas réussi à retrouver l'attrait que j'avais eu pour la première partie. Il y a des choses que je ne comprenais pas. Des gens mourraient une page et ressuscitaient la page suivante. J'en ai perdu le fil conducteur jusqu'aux révélations finales. Rien que pour ça, je suis super déçu. Je pensais avoir un gros coup de coeur avec le début sensationnel… mais non.
Le gros point fort c'est bien sûr l'univers. Construire un monde autour de la magie et de la musique, je trouve ça dément. Je n'imagine pas combien l'inventivité de Rawia Arroum doit être poussée. Imaginer un monde où les personnes et les instruments sont liés, c'est original. Si l'instrument est touché physiquement, son possesseur l'est également. Cette connexion est très bien expliquée. Il y a aussi toute la construction autour du pays, Symphonie, mais aussi des clans et de leurs coutumes. Franchement chapeau, le travail a dû être colossal. Mais chaque univers possède sa touche de noirceur… et Dylan va en faire les frais. C'est peut-être ça en fait, que je n'ai pas apprécié.
J'aime toujours autant la plume de l'auteure. Singulière, intimiste, on s'imagine bien les descriptions et l'univers créé. Dans la première partie à chaque fois que je lisais, le style me faisait mal au coeur tellement il me touchait… c'est pour vous dire. Et puis la fin, les révélations, c'est ce que j'ai adoré. J'avais toujours eu dans la tête un élément et en avoir les explications c'est top ! Peut-être aurait-il fallu que ça intervienne plus tôt… mais bon c'est une fin qui m'a plu. « le voleur de coeur » est un livre plein de potentiel. L'univers est top, tout comme les personnages et la première partie. Dommage que l'expédition dans la 2nde partie soit trop brouillonne et qu'on s'écarte de l'intrigue. A vous de voir si vous voulez rencontrer Dylan et son univers fantastico-musical.
Ma note : 7/10.
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mayartemis
  07 mai 2016
Merci beaucoup à Michel Lafon et à Livraddict de m'avoir permis de découvrir ce roman dont le résumé m'a tout de suite intrigué. Ce roman de fantasy basé sur la musique avait tout pour me plaire, et pourtant je sors de ma lecture avec un avis plutôt mitigé, ce livre m'a complètement perdu.
Le début commence doucement, on suit le héros de l'histoire, Dylan, dans sa vie de tous les jours, et on apprend petit à petit tout ce qui fait la particularité de son monde. Et ce monde, je l'ai tout de suite adoré. C'est un monde extrêmement poétique, proche de la nature, et où les habitants sont très liés à la musique, et pour cause : ils ne peuvent tout simplement pas vivre sans elle. Chaque habitant possède un instrument auquel ils sont attachés depuis leur naissance, celui ci est différent suivant le clan auquel l'habitant appartient (Classique, Vent, Tam, Clavier, Hard, Bois, Cordes, Ténor, Orgue ou Cuivre) et leur confère des pouvoirs (un ou deux seulement, le père de Dylan ne peut par exemple que détruire avec la magie de sa guitare, alors que Kana et son violon peuvent aider les plantes à pousser) L'instrument est une sorte d'extension d'âme, il possède des organes et est tellement lié à son maître que si l'instrument est détruit, son maître meurt lui aussi.
Vu que l'on suit Dylan à travers un récit à la première personne, c'est surtout son clan à lui, le clan de Hard, les guerriers, que l'on va découvrir. Ses membres possèdent des guitares ou des basses et, comme vous pouvez vous en douter, jouent du rock, du hard rock, voir de la pop pour faire fonctionner la magie, surtout destructrice, de leurs instruments. Ils s'inspirent de mélodies de grands groupes comme Green Day, Evanescence ou Mika. Car oui, Symphonie, le monde que l'on découvre au fil des pages, est en fait notre monde. Détruit, dix survivants l'ont rebattit grâce à la musique. Des décombres de l'ancien monde, ils ont put sauver quelques partitions. On découvre ainsi avant chaque chapitre une citation d'une chanson d'un de ces groupes que l'on connait forcément. Et si découvrir des éléments que l'on connait dans ce monde de fantasy semble bizarre au début, au final l'association marche très bien.
Mais voila, déjà que de base je ne suis pas particulièrement fan des récits à la première personne, ici je trouve que ça gâche particulièrement l'histoire. Il y a un fossé entre la culture, le monde que l'on nous dépeint, et Dylan, son langage et sa personne. C'est un garçon vulgaire (on en voit passer du pipi et du vomis...) et suivre ses pensées d'ado amoureux dans ce contexte de guerre et de musique m'a franchement importuné. Il n'est pas sérieux, ne se rend pas compte des enjeux, et ses amis non plus, faisant des blagues ne volant pas très haut.
L'histoire en elle même a aussi fini par me perdre. Car si j'ai adoré le contexte, le monde et la musique, lorsque Dylan décide de suivre son père à la guerre, l'histoire bascule dans le roman d'horreur et j'ai commencé à ne plus rien comprendre. le récit devient flou, il se passe des choses anormales, Dylan commence à avoir des hallucinations (ou pas, on ne sait plus) Les scènes d'horreur s'enchaînent mais le lecteur ne sait pas quoi croire. L'histoire, même si emprunte de magie, semblait plutôt cohérente jusqu'ici, et là avec tous ces squelettes, ces orgues volants et ces bébés qui surgissent de n'importe où, ces gens qui meurent mais finalement non, je ne savais vraiment plus où me placer. Au final je lisais sans vraiment lire, juste pour arriver à la fin et enfin avoir des réponses, car on se doute que tout est lié à Dylan, à son coeur, et au mystère autour de sa guitare morte. Les réponses sont étonnantes, mais m'ont tout de même déçues car elles n'expliquaient pas toute cette fantasmagorie par laquelle doit passer le lecteur et avec laquelle tout se fini.
Ainsi, selon moi, le contexte avait beaucoup de potentiel, ce monde autour de la musique était absolument génial, mais Rawia Arroum a fini par en faire n'importe quoi en suivant l'histoire de Dylan et de son coeur, une histoire floue, qui nous fait traverser des horreurs incompréhensibles. Je ressors de ma lecture complètement sonnée, l'histoire de se livre m'a fait l'effet d'un cauchemar : ça nous remue et ça fait vaguement peur sur le coup, mais au final on se rend compte de l'incohérence de la chose, et on fini par vite l'oublier.
Lien : http://bookshowl.blogspot.fr..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
SaiwhisperSaiwhisper   06 avril 2016
- C'est serré comme tout !
- Pas serré, moulant, me corrige Jeanne en agitant une énorme aiguille sous mon nez.
- Ouais bah le problème est le même. Comment je vais pisser ?
- Dylan, ton langage ! me réprimande maman.
- Je voulais dire, comment vais-je m'y prendre pour mes besoins naturels ?
Maman et Jeanne soupirent en chœur sans me répondre. Elles me croient en train de faire le pitre, mais c'est une vraie question qui m'angoisse !
- Qu'on me rende mon sarouel et qu'on brûle cette tunique qui m'écrase les pecs !
- Dylan !
- Mais maman...
- C'est la tenue traditionnelle de combat. [...] Ce cuir, c'est l'étendard des Hard. Poursuit-elle. Il faut le porter la tête haute ! C'est notre signature, notre hymne, le clan que nous défendons et chérissons.
- D'accord mais... Comment diable vais-je pisser ?
(P 167-168)
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SaiwhisperSaiwhisper   05 avril 2016
Le ciel s’étend en un dégradé de rose et d’or. L’aube est là, prête à se transformer en un jour magnifique, comme pour me narguer. Il a beau faire soleil, il pleut en moi. C’est même carrément la tempête ! J’éprouve bien trop de choses ce matin : un vent de regrets, des trombes de chagrin, un ouragan d’amertume, un alizé de nostalgie. J’ai l’impression d’être un nouvel élève dans cette énorme classe qu’est le monde. (P 178)
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SaiwhisperSaiwhisper   06 avril 2016
- C'est quoi son problème ?
- A qui ? s'étonne Ethan.
- A la mort.
Mon ami réfléchit quelques instants avant de m'annoncer :
- Je crois que la vie et la mort étaient autrefois deux amantes inséparables. Mais il y a eu divorce et, depuis, chacune essaie d'obtenir notre garde. Si tu veux mon avis, la mort s'en sort mieux que son ex !
(P 210)
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Yoda_BorYoda_Bor   10 mai 2016
Sous le clair d’une lune pleine et rousse, Shamès se coud patiemment les lèvres. Son reflet dans l’eau fait la même chose, et je me demande si ce Shamès-là est heureux. C’est super bizarre comme pensée, mais je trouve la scène magnifique. Une fois de retour à Hard, je l’immortaliserai sur une toile. J’intitulerai le tableau : Le silence coud la nuit.
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EwylynEwylyn   08 mai 2016
Je crois que la vie et la mort étaient autrefois deux amantes inséparables. Mais il y a eu divorce et, depuis, chacune essaie d'obtenir notre garde. Si tu veux mon avis, la mort s'en sort mieux que son ex.
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