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EAN : 9782070324026
185 pages
Gallimard (03/03/1987)
4/5   39 notes
Résumé :
Si, en 1936, un poète désespéré par l'Europe n'avait cherché, au prix de difficultés et de souffrances incroyables, à se porter à la rencontre des Tarahumaras, mangeurs de peyotl, leur nom ne nous serait pas aussi familier, il ne serait pas devenu ce vocable évocateur de fabuleux paysages : montagnes peuplées d' " effigies naturelles " et gravées de signes magiques, ciels qui auraient inspiré leurs bleus aux peintres d'avant la Renaissance, cortèges de Rois mages ap... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Tobidhambourg
  31 mai 2020
Un livre qui traîne dans ma bibliothèque depuis pas mal d'années. Je connais peu l'oeuvre d'Artaud, et donc j'imagine que cet ouvrage plaira davantage aux amateurs/fans/spécialistes du dramaturge. le livre se présente comme un ensemble de textes, dans un désordre chronologique, sur le voyage qu'a entrepris Antonin Artaud auprès de la tribu des Tarahumaras, des indiens du Mexique dont les rites tournent principalement autour de la danse et de la consommation du peyotl.
On retrouve plusieurs thématiques qui semblent chères à Artaud : la danse, la corporalité des rites et donc la théâtralité de ces actes ; la recherche d'une Réponse, d'un "Impossible" comme il est dit dans la préface, en somme vouloir faire l'expérience d'une autre façon d'être pour pouvoir se retrouver ou trouver... quelque chose ? ; la question de la foi, et notamment des délires mystiques qui se mêlent à une conversion chrétienne qu'il reniera ; enfin une adversité face au progrès tel que conceptualisé dans les civilisations "avancées" et qui est une perdition par rapport aux traditions séculaires.
L'ouvrage peut être intéressant sur certains de ces aspects mais cela reste assez tiède et l'on comprend surtout qu'Artaud était face à une profonde crise existentielle qu'il a essayé de résoudre (en vain). On appréciera (ou pas) dès lors les envolées mystiques de l'auteur, qui peuvent passer pour de la poésie hallucinée ou des délires proches du Matin des Magiciens.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
PartempsPartemps   11 septembre 2020
Il arrive souvent que la nuit monte mal sur l’âme et de telle sorte que celle-ci, forcée de tentations et lasse, ne sait plus très bien d’où elle vient : d’en haut ou d’en bas, de la lumière ou des ténèbres. C’est alors que le peyotl donné par Jésus-christ intervient. Il prend l’âme derrière le dos et la rassied dans la lumière éternelle, telle que venue de l’Esprit d’en haut ; et la maintenant dans cet En-Haut il lui apprend à distinguer entre elle et cette énergie insondable qui est comme l’infini multiple de ses propres capacités et qui commence là où, milliards de milliards appelés êtres, nous nous éteignons et tarissons.

- Si haut que je sois monté dans les ténèbres du mental je n’ai pas toujours conscience de m’être décidé pour les raisons les plus claires pour ceci ou pour cela. – Il y a entre le moi et le non-moi une guerre que les siècles jusqu’ici n’ont pas encore tranchée. L’Illusoire que je n’aime pas me donne bien souvent l’impression d’occuper ma conscience avec une vigueur séductrice bien plus forte que le Réel. – C’est qu’avant moi il y a la tentation : tentation d’être ceci ou cela, comme ceci ou comme cela, celui-ci ou celui-là. C’est la raison de cet épouvantable combat que dans le pré-conscient de ma Volonté et de mes Actes j’ai toujours mené avec ce qui n’est pas moi. – Mais qui me dira en vertu de quoi je me suis décidé à choisir ma conscience. L’homme vit le Bien et la Mal comme si une force les lui dictait mais il ne s’est jamais vu à la Source distributrices des impulsions innomées qui le portent à juger et à préférer. Quand il fait le Bien il le juge meilleur, rassurant et très préférable, mais quand il fait le Mal, ou quand un instant il y pense il se demande si ce n’est pas lui par hasard qui serait le meilleur, et pour quelles raisons, ces raisons justement disparues de sa conscience et que le Mal vient d’enténébrer, le Bien a été conçu par lui comme Bon et le Mal comme mauvais, alors que Dieu (…) n’a jamais cessé de lui dire.

A s’accepter ainsi sans curiosité pour Dieu et sans problème, l’homme n’est plus cet inerte automate, générateur d’ennui et de folie, qu’a déserté toute conscience, et que l’âme encore pure a fui, parce qu’elle sent percer le moment où cet Automate va accoucher de la Bête (…).
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PartempsPartemps   11 septembre 2020
A force de voir autour de moi mentir les hommes, mentir sur ce qui fait être idée, ce refus imbécile de s’avancer jusqu’aux idées, j’ai éprouvé le besoin de quitter l’homme et de m’en aller, où je pourrai enfin librement m’avancer avec mon cœur, tout ce cœur qui devant ma conscience attentive cueille et déblaie les émotions d’images qui lui viennent de l’Absolu circulaire, ce flot tissu perçant ma colonne vertébrale et que mon cœur ensuite vers mon plexus rejette avec le spasme d’une mer. (…) On voit Dieu quand on le veut bien, et voir Dieu c’est ne pas être satisfait de la petite enclave des sensations terrestres qui n’ont jamais fait que d’un peu plus ouvrir la faim d’un moi et d’une conscience entière, que ce monde ne cesse pas d’assassiner et de tromper.

Un jour j’ai été loin de Dieu, mais jamais non plus je ne me suis senti si loin de ma propre conscience, et j’ai vu que sans Dieu il n’y a pas de conscience ni d’être, et que l’homme qui se croit encore vivre ne pourra plus jamais rentrer en soi.

C’est ainsi que poussant vers Dieu, j’ai retrouvé les Tarahumaras.

La plus haute idée de la conscience humaine et de ses universels répondants : Absolu, Eternité, Infini, existe encore chez cette race de vieux Indiens qui disent avoir reçu le Soleil pour le transmettre aux méritants, et qui dans les rites du Ciguri ont conservé la porte organique de la preuve, par laquelle notre être, que l’impure assemblée des êtres a rebuté, sait qu’il est lié à cet au-delà des perceptions corporelles où le Cœur du Divin se consume à nous appeler.
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PartempsPartemps   11 septembre 2020
“Il y a, au Nord du Mexique, une race de purs Indiens rouges, les Tarahumaras. Quarante mille hommes vivent là, dans un état comme avant le déluge. Ils sont un défi à ce monde où l’on ne parle tant de progrès que parce que sans doute on désespère de progresser. Cette race, qui devrait être physiquement dégénérée, résiste depuis quatre cents ans à tout ce qui est venu l’attaquer : la civilisation, le métissage, la guerre, l’hiver, les bêtes, les tempêtes et la forêt. Elle vit nue, l’hiver, dans ses montagnes obstruées de neige, au mépris de toutes théories médicales...

A première vue, le pays tarahumara est inabordable. A peine quelques vagues pistes qui, tous les vingt mètres, semblent disparaître sous terre. La nuit venue, il faut s’arrêter si l’on n’est pas un homme rouge. Car, alors, seul un homme rouge voit où il faut mettre les pieds.”
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TandaricaTandarica   22 avril 2015
Fait à la gloire externe du soleil Tutuguri est un rite noir. Le Rite de la nuit noire et de la mort éternelle du soleil. Non, le soleil ne reviendra plus.
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PartempsPartemps   11 septembre 2020
J’ai donc senti qu’il fallait remonter le courant et me distendre dans ma pré-concience jusqu’au point où je me verrai évoluer et désirer. Et le Peyotl m’y a mené (…).

Et les êtres ont beau ânonner que les choses sont telles quelles et qu’il n’y a plus rien à chercher, moi, je vois bien qu’ils ont perdu pied, et que depuis longtemps ils ne savent plus ce qu’ils disent, car les états avec lesquels ils se tendent au-dessus du flot des idées, et où l’on prend les mots pour parler, ils ne savent plus où ils sont allés les chercher.
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Videos de Antonin Artaud (52) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonin Artaud
Avec Michèle Métail & Patrick Beurard-Valdoye
Soirée conçue et animée par Fabrice Thumerel
« La projection du mot dans l'espace représente le stade ultime de l'écriture » – Michèle Métail
« En quoi consiste la lecture en public ?
C'est un acte dans le poème écrit, et donc une action.
Mais d'abord, le poème lui-même est un acte dans
la phrase et la parole » – Patrick Beurard-Valdoye Publication orale de Michèle Métail, « Signe Multiplicatif » (nouvelle version d'une oeuvre ouverte commencée en 1994).
Performance de Patrick Beurard-Valdoye, « Ivan et Antonin, pilotes ».
Michèle Métail et Patrick Beurard-Valdoye, deux voix majeures de leur génération, représentent deux voies importantes de la poésie contemporaines : pour la première, la publication n'est parachevée que par sa mise en voix et en espace devant un auditoire (cette esthétique du hors-texte explique la longue période pendant laquelle elle ne publie aucun livre) ; le second reprend à son compte cette notion de Publication Orale en 1983, avant de lui préférer en 1990 le terme de Ghérasim Luca Récital, puis d'adopter enfin le terme Performance, que tout le monde utilise le plus souvent à mauvais escient (notamment pour parler d'une simple profération debout immobile).
C'est à l'enseigne de l'oroeil que nous aurons la chance de plonger dans l'antre/entre de ces deux extraordinaires poètes de la scène dont l'univers oscille entre poésie et musique, écriture et oralité, comme entre langues diverses.
Michèle Métail. Depuis 1973 privilégie la diffusion orale de ses oeuvres, tout d'abord à travers les « Hors-Textes », dotés un numéro d'ordre car envisagés comme construction unique. Vers 1982 les « Publications orales » prirent le relais, illustrant le refus de toute publication papier durant une vingtaine d'années.
Adolescent, Patrick Beurard-Valdoye hésitait entre poète et pilote de ligne. Est devenu poète de lignes. Cette performance, convoquant les pilotes Antonin Artaud et Ivan Illich, est conçue à partir de Lamenta des murs (à paraître, Flammarion), huitième et dernier volume du Cycle des exils.
À lire, voir et écouter – Michèle Métail, le Paysage après Wang Wei, Lanskine, 2021 – Patrick Beurard-Valdoye, Palabre avec les arbres, éd. Corti, 2021.
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>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Histoire de l'Amérique du nord>Histoire de l'Amérique Centrale (55)
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