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Evelyne Grossman (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070765072
1792 pages
Éditeur : Gallimard (15/02/2004)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :
Ce volume contient, dans un ordre chronologique : tous les grands livres d'Artaud : Correspondance avec Jacques Rivière, L'Ombilic des Limbes, le Pèse-Nerfs, Fragments d'un Journal d'Enfer, L'Art et la Mort, Héliogabale ou l'Anarchiste couronné, Le Théâtre et son Double, Les Cenci, Messages révolutionnaires, Les Tarahumaras, Les Nouvelles Révélations de l'Etre, Artaud le Mômo, Ci-Gît précédé de La Culture indienne, Suppôts et Supplications, Van Gogh le suicidé de la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
FloreH
  10 novembre 2020
Ce qui frappe dans la poésie d'Artaud, c'est l'absolue liberté dont il use avec une force incroyable. Il écrit une poésie qui dérange, qui va là où personne n'est jamais allé. Artaud cherche à recréer ou à réinventer la réalité. C'est une entreprise de désaliénation verbale, de libération physique et de volonté de maîtrise du corps, l'apparition d'un " corps neuf ", ce qu'Artaud appelle une " immortalité corporelle ".
Pour Artaud, c'est l'écriture de l'immédiat qui importe , comme une fulgurance, une urgence.
Antonin Artaud crie, gueule, éructe, il écrit pour survivre. Il bouscule la notion d'oeuvre pour l'oeuvre, le livre est pour lui « en suspension dans la vie ». Il enrage : « Il faut en finir avec l'Esprit comme avec la littérature » car « l'Esprit et la vie communiquent à tous les degrés »
Une oeuvre atypique , dérangeante, bouillonnante, incandescente....
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Nadiamilan
  19 juillet 2013
Minéral, surréaliste, coupant comme un silex.
Je parle du poète, le reste m'est inconnu.
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Jeff_freemind83
  22 août 2019
Le Génie d'Antonin Artaud fait de ce pavé un labyrinthique parcours où l'on (re)découvre l'homme de théâtre d'abord, et derrière les multiples facettes de la folie qui le ronge, la fulgurance d'une pensée sans équivoque, brutale, géniale. le XXème siècle n'aurait pas été le même sans le grand Antonin. Une relecture quotidienne pour éviter de glisser dans l'ornière, de verser dans la facilité, de souscrire à la bêtise.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   23 août 2013
Van Gogh le suicidé de la société

Décrire un tableau de Van Gogh, à quoi bon ! Nulle description tentée par un autre ne pourra valoir le simple alignement d'objets naturels et de teintes auquel se livre Van Gogh lui-même.
aussi grand écrivain que grand peintre et qui donne à propos de l'oeuvre décrite l'impression de la plus abasourdissante authenticité. p 1451

8 septembre 1888
"Dans mon tableau de Café de nuit, j'ai cherché à exprimer que le café est un endroit où l'on peut se ruiner, devenir fou, commettre des crimes. Enfin j'ai chercher par des contrastes de rose tendre et de rouge sang et lie-de-vin, de doux vert Louis XV et Véronèse, contrastant avec les vert-jaune et les vert-bleu durs, tout cela dans une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à exprimer comme la puissance des ténèbres d'un assommoir.
Et toutefois sous une apparence de gaieté japonaise et la bonhomie du Tartarin..."
p 1452

Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu'il a recollecté la nature, qu'il l'a comme retranspirée et fait suer, qu'il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d'éléments, l'épouvantable pression élémentaire d'apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits. p 1453
+ Lire la suite
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NadiamilanNadiamilan   19 juillet 2013
Ah donne-nous des crânes de braise
Des crânes brûlés aux foudres du ciel
Des crânes lucides des crânes réels
Et traversés de ta présence

Fais-nous naître aux cieux du dedans
Criblés de gouffres en averses
Et qu’un vertige nous traverse
Avec un ongle incandescent

Rassasie-nous nous avons faim
De commotions intersidérales
Ah verse-nous des laves astrales
A la place de notre sang

Détache-nous. Divise-nous
Avec tes mains de braises coupantes
Ouvre-nous ces routes brûlantes
Où l’on meurt plus loin que la mort

Fais vaciller notre cerveau
Au sein de sa propre science
Et ravis-nous l’intelligence
Aux griffes d’un typhon nouveau
+ Lire la suite
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nadejdanadejda   23 août 2013
« Et il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société le lui a interdit.
(...) et Van Gogh aurait pu trouver assez d'infini pour vivre pendant toute sa vie si la conscience bestiale de la masse n'avait voulu se l'approprier pour nourrir ses partouses à elle, qui n'ont rien eu à voir avec la peinture ou avec la poésie.  »
(Van Gogh, le suicidé de la société p 1461-1462)
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blanchenoirblanchenoir   09 avril 2014
Il me parle de narcissisme, je lui rétorque qu'il s'agit de ma vie. J'ai le culte non pas du moi mais de la chair, dans le sens sensible du mot chair. toutes les choses ne me touchent qu'en tant qu'elles affectent ma chair, qu'elles coïncident avec elles, et à ce point même où elles l'ébranlent, pas au-delà. Rien ne me touche, ne m'intéresse que ce qui s'adresse directement à ma chair.

Fragments d'un journal d'enfer
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blanchenoirblanchenoir   09 avril 2014
Ma bien chère maman,

Je viens te demander ton témoignage dans une affaire grave et d'où mon sort et mon salut dépend. Car il ne s'agit en ce moment de rien de moins que de me sauver. (...)
Or il y a ici un traitement affreux qui s'appelle l’électrochoc qui dure chaque fois un mois et fait perdre pendant deux mois l'intelligence et la mémoire à ceux qui y sont soumis et c'est un traitement par lequel le Dr Ferdière ne cesse de me faire passer. (...) Et je ne veux plus que cela recommence. Et il ne faut plus que cela recommence parce que ma conscience s'en va à chaque traitement et cela ne me revient qu'au bout de deux ou trois mois. Et j'ai besoin de ma conscience pour vivre, être et travailler. - Ce traitement est en plus une torture affreuse parce qu'on se sent à chaque application suffoquer et tomber comme dans un gouffre d'où votre pensée ne revient plus.
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Videos de Antonin Artaud (46) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antonin Artaud
Antonin Artaud : Histoire vécue d’Artaud-Mômo par Philippe Clévenot - Conférence au Vieux-Colombier (2001 / France Culture). Diffusion sur France Culture le 16 septembre 2001. Réalisation de Blandine Masson. La date du 13 janvier 1947, est aujourd’hui devenue mythique : au Théâtre du Vieux-Colombier, à 21 heures, Antonin Artaud tient une conférence devant une salle bondée où sont présents : Paulhan, Adamov, Gide, Breton, Camus, Braque, Picasso, Dufour, Derain, Audiberti, et beaucoup d’autres. Ce projet de conférence qu’Artaud avait formé très peu de temps après son retour à Paris, reste un événement hors du commun qui l’a vu s’exposer de manière totale, parfois à la limite du soutenable. En 1947, la "Conférence du Vieux-Colombier" d'Antonin Artaud fut une lecture conçue dans l'esprit de son créateur comme l'expression d'une renaissance au terme de neuf ans d'internement psychiatrique à Rodez. Le poète, après la lecture de trois textes, improvisa. Tout concourt à faire de ce spectacle un moment mythique. Le comédien Philippe Clévenot connaît tous les détails de ce 13 janvier 1947, il les raconte sur scène dans un spectacle intitulé "Histoire vécue d'Artaud-Mômo", diffusé pour la première fois sur France Culture le 16 septembre 2001.
Source : France Culture
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