AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 284049728X
Éditeur : Seguier Editions (24/05/2018)

Note moyenne : 2.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Enfant maudit de la « banlieue rouge », Maurice G. Dantec révolutionna le paysage littéraire français avec Les Racines du mal (1995) – ovni flamboyant au croisement du roman social, du techno-thriller et de la science-fiction. Mais la publication des très controversés Théâtres des opérations (2000-2007) marque le début de la chute pour le « prince du néopolar » : brouilles éditoriales, dérapages politiques, dérive idéologique (de la contre-culture à la contre-révolu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
carre
  24 juin 2018
Moi, qui voulait en savoir plus sur le sulfureux Maurice G. Dantec, cette biographie d'Hubert Artus est au final assez décevante. Artus lui voue une admiration lucide. Pourtant, le tableau dressé ici est peu reluisant. Écrivain en colère, influençable, bipolaire et parano, Dantec était aussi un homme qui avaient des idées nauséabondes. Fut-il un auteur de génie (personnellement je n'ai lu que "La Sirène Rouge"), je n'ai pas eu une once de sympathie, pas une seule envie de lui accorder de circonstances atténuantes, Dantec apparait comme un sale type, très mal entouré la plupart du temps, en colère contre son pays (mais bien content de trouver un éditeur généreux et patient), qui brisera plusieurs amitiés en côtoyant sans remords la fachosphère française.
La biographie laisse un gout désagréable, Dantec était semble-il un immense écrivain mais un homme franchement détestable, imbuvable, menteur. Je ne peux, comme Hubert Artus le fait, apprécier un auteur, un livre, (une biographie en l'occurrence ici), si je n'éprouve pas une once de sympathie pour l'artiste disséqué, dévoilé. On peut aussi regretter que l'enquête apparemment pas de tout repos pour Artus (nombreux refus de témoigner) n'aille pas sur le terrain de la compréhension de cette haine véhiculée par Dantec. Rien sur l'enfance qui pourrait expliquer (pas excuser) les dérives délirantes d'un auteur que beaucoup s'accordent à glorifier (en tout cas ces écrits), Hubert Artus en tête. Dantec apparait ici torturé, difficile à déchiffrer, à la fois manipulateur et manipulé mais surtout franchement antipathique.
Merci bien sur, à Babelio et aux Éditions Séguier pour cette masse critique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
Fortuna
  06 juillet 2018
Cette biographie de Maurice G Dantec retrace son parcours, qu'on avait déjà en partie découvert dans « Périphériques » et les trois tomes de son journal. de sa jeunesse à Grenoble puis dans la banlieue parisienne des années 70, il reste marqué par cet univers urbain déshumanisé, ainsi que par l'engagement politique à gauche de sa famille communiste à laquelle il s'oppose par la suite. Il crée un groupe de punk-rock, découvre la science-fiction et la série noire, donc se positionne dès la jeunesse dans une culture de la subversion. Autodidacte, il se nourrit de manière pantagruélique de littérature, de philosophie, sciences pures, théologie et va jusqu'à la conversion religieuse au catholicisme.
Ses premiers romans ont beaucoup de succès, La Sirène rouge, Les Racines du mal, Babylon Babies, mais les problèmes, en particulier avec les éditeurs, vont commencer avec la parution de son journal métaphysique et polémique le Théâtre des opérations. Il y prend des positions qui ne sont pas appréciées par tout le monde en rupture avec la culture de gauche dont il est issu et dénonçant le système médiatico-culturel français. C'est à ce moment qu'il choisit de s'exiler au Québec avec femme et enfant et de devenir selon sa volonté « un écrivain américain de langue française ».
Hubert Artus nous propose quelques analyses enthousiastes et intéressantes d'une partie de l'oeuvre touffue de Dantec, celle qu'il considère comme lisible et géniale tout en renvoyant l'autre partie aux conséquences de l'abus de la drogue et aux excès médicamenteux. Or cette oeuvre forme bien une totalité, elle est le reflet d'une vision du monde qui a sa cohérence et surtout qui apporte des éléments de réflexion réels sur notre avenir malgré ses excès et ses inexactitudes. Même si parfois on a du mal à le suivre. Mais c'est sa liberté d'artiste, un artiste qui a brûlé toute son énergie dans sa création et qui a fini par en mourir. Pour lui, écrire avec son sang n'est pas un vain mot et c'est cette supériorité qu'on peut lui reconnaître.
Ses problèmes de santé aussi bien physiques que psychiques peuvent d'ailleurs bien expliquer certains aspects de son caractère. le livre de Artus manque de recul sur ces aspects, à la fois à cause de la mort très récente de l'auteur et sa personnalité qui a marqué les esprits par sa conversion au catholicisme, son anti islamisme, sa condamnation de l'Europe décadente, ses rapprochements supposés avec certains membres de l'extrême droite…Enfin si Hubert Artus a le bon goût de ne pas s'étendre sur la vie intime de Dantec – certainement pas le choix – toute la saga avec les éditeurs aurait pu être allégée. Ce qui importe c'est l'oeuvre qui est restée. Et cette oeuvre puissante, inclassable, aux frontières de la science-fiction, du roman d'aventure, du roman noir, de la quête spirituelle, marquée par la culture rock, les mutations urbaines du 20e siècle, les révolutions scientifiques, l'état de guerre permanent, hantée par le problème du Mal, parcourue de tableaux visionnaires de notre futur et d'un profond pessimisme à propos de l'humanité actuelle mais qui porte en elle son devenir, restera celle d'un grand écrivain. Un homme habité. Et je conclurais par le conseil que nous donne Hubert Artus dans son introduction : « Lisons et relisons ses livres. Lisons aussi sa vie. »Mais si on lit ses livres, on lit forcément sa vie. Et laissons-nous embarquer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Horizon_du_plomb
  09 juillet 2018
« Et si l'homme devient surhomme, qu'en est-il de Dieu ? »
Avant tout, je remercie Babelio et les éditions Séguier pour ce très beau cadeau.
«  le but de la fiction est de provoquer une instabilité, un dérangement profond de notre rapport au réel, elle doit créer un malaise durable, et donc le désir, non pas de bouleverser l'ordre du monde afin de le remplacer par un autre - ce en quoi je m'oppose aux théories marxistes et rationalistes sur le roman - mais de modifier le plus intensément possible la perception qu'on en a. » (Propos de Dantec )
« Dans ces années-là, les diverses interviews qu'il donne montrent une chose: le romancier est conscient que roman noir et SF partagent les mêmes racines, à savoir le roman fantastico-gothique, celui de Mary Shelley qui crée le personnage de Frankenstein en 1818 que reprendra Bram Stoker avec Dracula créé en 1897. Ce genre où s'abreuvent Edgar Allan Poe ou Arthur Conan Doyle, pères du roman d'énigmes, mais aussi les précurseurs du roman de science-fiction (H. P. Lovecraft et Richard Matheson). Des auteurs, et autant de voies romanesques attirées par l'occulte, les tabous et les connaissances interdites.»
Une bio qui a figuré dans la liste finale des sélectionnés au Goncourt de la biographie en 2018, on se dit que cela vaut la peine surtout si cela concerne un auteur de SF (mais pas que, quoique, m'en fait si). Je n'ai lu qu'un livre de Dantec donc je ne savais même pas qu'il avait écrit une sorte d'autobiographie-journal intime en trois volume (son Théâtre des opérations) mais j'aurais préféré de toute façon l'approche externe qui a toujours plus de mérites comme la bio de Churchill de Kersaudy face aux volumes de Churchill lui même.
« Si Dantec n'était pas un bras cassé de la musique ou de la pub, il ne tenait pas à y demeurer non plus. Il est devenu un bras armé de notre littérature. »
Ce livre sur l'énigme Dantec a de multiples sources mais la principales consiste en de multiples entretiens que l'auteur a eu avec les personnes qui ont côtoyé Dantec (quand elles ont accepté de témoigner). L'auteur n'hésitera pas à citer de longs passages de ces entretiens. Le livre touche bien aux différents médias auxquels Dantec s'est frotté. Conformément à toute bonne bio, le livre essaie de replacer les différentes étapes du parcours de Dantec dans leurs contextes socio-historiques.
« On s'apercevra plus tard que, chez Dantec, tous les personnages importants sont des individus qui écrivent, ou qui possèdent une bibliothèque. »
Dantec n'a jamais été « fonctionnel », assigné à une niche et c'est sans doute ce qui a fait une grande partie de son originalité. Il développe une forme d'esthétisme dans la rupture avec les normes sociales. Sa violence grouillante est aussi hypnotisante que la neige d'un écran sur une mauvaise fréquence. Perso, je ne savais pas qu'autant de livres de Dantec concernaient des suites ou avaient les mêmes personnages. On se rend très vite compte que les différents livres de Dantec sont des déclinaisons d'un roman type par leurs intersections de thèmes récurrents. De même, l'intertextualité et la métanarration (qui parle de la narration) étaient des obsessions pour lui.
« Quand il est arrivé, Dantec était le seul à faire directement en français ce que les américains étaient les seuls à faire »
( à l'image aussi des masques des Résidents version cagoules européennes avec son groupe de musique Artefact )
Quand on connait bien le parcours de vie et les oeuvres littéraires (trilogie divine, exégèse,…) accomplis par Phillip K. Dick , on est tout de même frappé de voir les points de concordance entre les deux hommes tout en sachant que le précurseur demeure(ra) Dick (et Dick ne s'est jamais vu rock star de la littérature mais Dantec a touché a plus de média que lui).
J'ai clairement préféré tout la première partie jusqu'aux années 2000 et Villa Vortex en gros. La suite s'enlise un peu dans la redite et la maladie à l'image de Dantec.
« « Il faut qu'un métaroman se fasse jour, une littérature considérée comme arme stratégique de la pensée. » Écrit-il dans le «  TdO-II » traitant de ce qui sera, selon lui, le rôle de l'écrivain et de la fiction dans l'ère de la « posthumanité ». »
«  le geyser Dantec, à force de devenir multidirectionnel, a créé ses propres vents contraires. »
« Et si, en France, une fachosphère comme nous la connaissons a pu s'étendre, au croisement d'une idéologie et d'un conspirationnisme toujours plus grand, c'est parce que, à cette époque, des intellectuels et des écrivains comme Maurice G Dantec lui ont apporté le substrat intellectuel et la validation artistique qui lui manquaient. »
« L'essence dans le moteur n'était rien d'autre que le processus évolutionniste lui-même. » ( Propos de Dantec )
Je suis en opposition quasi complète avec Dantec (pire, bien qu'athée, je fais partie de ces familles d'immigrés musulmans et pourrait donc être étiqueté « ennemi ») mais ses propos ont le mérite de questionner notre société, de redéfinir notre démocratie qui sont des constructions et identités prises dans des flux. Dantec était un réinterpreteur de faits quasiment dans l'instant. En fait, par un aspect sociologique, surtout dans sa deuxième partie, cette biographique dépasse l'oeuvre d'un écrivain ou le monde de l'édition pour cerner un exemple de dérive idéologique en lien avec des évolutions historiques récentes.
https://www.youtube.com/watch?v=SeBNiefd16Q
Derrière la littérature, on n'oubliera pas que Dantec fait partie de cette générations d'auteurs, fils de marketing, qui a appris à se mettre en scène sur les plateaux de TV d'abord puis sur la blogosphère qui se prolonge maintenant avec Twitter et Facebook. Au lecteur de faire la part des choses et de reconnaître qu'un auteur, au-delà de la capacité à changer ses thématiques littéraires ou non, peut avoir des hauts comme des bas.
Je ne suis pas d'accord avec la critique de Fortuna, Artus évoque la vie intime de Dantec (peu de fois certes), parfois avec pertinence vu l'impact sur l'évolution de Dantec, parfois un peu gratuitement. de même, je ne suis pas d'accord avec Carre quand il dit que l'auteur n'essaie pas de comprendre la dérive facho-complotiste (je ne parlerais pas de « haine » ) de Dantec. Artus le tente et ce y compris depuis l'adolescence-enfance rien que par l'émergence des « complexes ». Je rejoins Asensio sur l'aspect parfois un peu confus des phrases d'Artus qui portent trop d'informations-digressions en même temps et sur certaines « facilités d'effet » qui forcent le trait mais je suis totalement contre sa cotation méprisante de cette bio (rien que les entretiens avec Sylvie et le rappel de la guerre totale en Yougoslavie aux portes de l'Europe valent plus qu'une étoile et demie).

« Comme tout ce qui est essentiel, la littérature est moins une question d'études que de savoir-vivre, et donc de vécu. »
Je n'ai pas trop aimé aussi la façon dont l'auteur parlait de lui même, en référence face à Dantec (autodidacte, tendance politique opposée) mais c'est une approche comme une autre d'une biographie. J'ai aussi perçu sa volonté de nuances sans qu'il y parvienne toujours. Le livre a ses oublis inévitablement. Par exemple, il me semble qu'on ne parle pas du court métrage Opération Dantec.
Honnêtement, à la lecture de cette bio qui, a priori, était sur un sujet casse-gueule ( et qui a été tout de même (trop ?) vite ficelée ), je me demandais si Artus n'allait pas inaugurer d'autres biographies de l'auteur d'autant que le jeu de la vérité sur Dantec laisse des alternatives et prolongements possibles. À la fin de la lecture, j'en suis beaucoup moins sûr.
En regard de ce personnage que nous sommes tous pour l'univers, je citerai Dantec en final :
« (…) tout simplement parce qu'un livre s'écrit dans la solitude absolue afin de mieux entendre la voix des autres. Et tout particulièrement la voix des autres « JE ».»
Dantec, write or die. ( No rest for the writer )
https://www.youtube.com/watch?v=7siDINqzpUA
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
JAsensio
  04 juin 2018
Hubert Artus, clone de Gérard Collard, sans houpette et portant des polos Fred Perry, critique de vol stratosphérique comme en témoigne cette vidéo dans laquelle, avec d'autres ectoplasmes incultes mais germanopratins (Marianne Payot, Baptiste Liger et Philippe Delaroche), il commente la dernière rinçure de Christine Angot, auteur de quelques articles passablement médiocres sur Maurice G. Dantec pour L'Optimum ou TGV Magazine, comme cet autre épanchement, émaillé de fautes, a commis une biographie médiocrement passable sur l'auteur de la Sirène rouge aux éditions Séguier. Je ne fais là, d'entrée de jeu, qu'imiter l'inimitable style d'Hubert Artus qui, lui, à la toute fin de son ouvrage, écrit que «Maurice Dantec fut prodigieusement outrageant» et qu'il faut quand même «profondément aimer la littérature pour mesurer à quel point la sienne est outrageusement prodigieuse» (p. 316). Passe d'emblée ton chemin, lecteur qui ne supporte pas de voir utilisées de telles facilités, car tu risques d'en être très fortement incommodé !
Lien : http://www.juanasensio.com/a..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (1)
Lexpress   28 mai 2018
Une biographie sans fard de Maurice G. Dantec, écrivain-culte de science-fiction et amateur d'excès en tous genres.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
FortunaFortuna   28 juin 2018
Ses romans, plongées en apnée dans les paradoxes et les retournements de notre temps, demeurent parmi les plus puissants sismographes dont dispose le roman français des deux dernières décennies. Pourquoi, alors, se dispenser d'un auteur qui fait du corps et du cerveau humain un perpétuel champ d'expérimentation romanesque, d'un écrivain qui avec un clavier pourrait tuer un homme ou ouvrir un monde ?
Depuis ce 25 juin 2016, Maurice Dantec n'est plus.
Lisons et relisons ses livres. Lisons aussi sa vie.
Un écrivain, c'est quelqu'un qui a vécu et qui vivra pour toujours.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Hubert Artus (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Artus
Rencontre avec les auteurs de polar Karine Giebel, François-Xavier Dillard, Barbara Abel et Christian Blanchard autour de la thématique "Le polar et le réel - Faits divers, faits de société" organisée par BePolar et les éditions Belfond le jeudi 21 juin 2018 et animée par le journaliste Hubert Artus.
Voir la vidéo intégrale de la rencontre : https://bit.ly/2uB1WV0
En savoir plus sur Karine Giebel : https://bit.ly/2yG3eTW En savoir plus sur François-Xavier Dillard : https://bit.ly/2tqUQmg En savoir plus sur Barbara Abel : https://bit.ly/2yFi1OD En savoir plus sur Christian Blanchard : https://bit.ly/2lxu3QH
+ Lire la suite
autres livres classés : roman socialVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
695 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre