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EAN : 9782204090735
125 pages
Le Cerf (09/04/2010)
4.33/5   3 notes
Résumé :
Dans ce texte déroutant à bien des égards, Juan Asensio évoque l'une des figures les plus connues de l'imaginaire occidental : Judas. Cependant, ce livre n'est point une froide étude littéraire ou théologique qui se proposerait de relever quelques-unes des occurrences les plus marquantes du personnage de Judas dans les œuvres de Perutz, Claudel, Cadenne et de tant d'autres. En effet, la légende médiévale (et ses prolongements littéraires jusqu'à l'époque contemporai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ThibaultMarconnet
  24 octobre 2020
Juan Asensio, l'écrivain de la nuit
L'écriture de Juan Asensio a une rare faculté d'ébranlement.
On ressort de la lecture de "La Chanson d'amour de Judas Iscariote" comme changé ; chargé de beauté et dépositaire d'un terrible témoignage.
Et l'on avance sous ce faix, aveuglé par une lumière crue, par ces mots comme autant de tessons de feu.
C'est une oeuvre peu commune : on ne sait par quel endroit la saisir et c'est ce qui en fait toute la richesse.
Ce livre ne s'explique pas, il se vit. Entre "livre" et "vivre", il n'y a qu'un pas ; seule une lettre de différence.
Il se peut que vous vous sentiez parfois tituber comme un homme saoul, grisé par le vin noir de ce verbe.
Toutes proportions gardées, ce livre m'a procuré des sensations analogues à celles éprouvées lors de mon entrée fébrile dans "La maison un dimanche" de Pierre Boutang ; livre d'ailleurs cher à l'auteur et auquel j'ai pu accéder grâce à la Zone.
Il y a de la colère dans ces pages, une colère qui gronde avec la voix de Job face à un ciel blanc comme une stèle de marbre.
"La Chanson d'amour de Judas Iscariote" ne nous donne aucune clef. Il n'en est d'ailleurs nul besoin : la porte peut s'ouvrir si nous le désirons.
Derrière ce seuil de nuit, se trouve un incendie : pour "comprendre" cette oeuvre, il faut accepter de s'y plonger corps et âme, quitte à roussir.
Il est des rencontres littéraires que l'on n'osait plus espérer.
Et voilà qu'au matin ou à la tombée du soir, on entrouvre la lumière contenue au sein des pages. On ne sait pas où l'on va mais on se laisse guider par la voix.
Ce livre déboussole l'âme. C'est un chant d'amour fiévreux, emmêlé comme des cheveux noyés de larmes.
L'amour, ce n'est pas que la pure bonté gratuite : c'est aussi la croix et le glaive.
Cet "écrivain de la nuit" a beaucoup à nous dire si nous nous donnons la peine de le lire.
Le monologue de Judas est proprement vertigineux et n'est pas sans m'évoquer celui proféré par Caïn dans "La plage de Scheveningen" de Paul Gadenne.
On pourrait réitérer la formule de Barbey d'Aurevilly dite à Huysmans : « Il ne vous reste plus logiquement que la bouche d'un pistolet ou les pieds de la croix. »
Mais l'auteur a déjà choisi, en faisant acte de parole.
Puissions-nous avoir la force d'écouter jusqu'au bout cette voix si singulière, cette parole de foudre et de nuit.
Car la parole éclaire tout autant qu'elle obscurcit.
© Thibault Marconnet
le 31 janvier 2013
Lien : http://le-semaphore.blogspot..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
becdanlobecdanlo   05 septembre 2010
Écoutez-moi, voulez-vous que je les redise pour vous seuls, ces mots qui trottent dans mon crâne comme des bêtes de la nuit, tendez donc l'oreille dans ce cas, plus près voyons, plus près, de quoi avez-vous peur, regardez-moi, approchez-vous de moi, et regardez maintenant ces femmes et ces hommes qui n'en sont point, qui se taisent, qui ferment leurs yeux, leur bouche et leurs oreilles, regardez ces femmes et ces hommes qui en me jugeant, refusent de se juger, comme c'est facile n'est-ce pas ? Mon procès, mon jugement disent-ils en roulant des yeux, l'honneur retrouvé, le sang lavé et tant d'autres mensonges, la vérité qui sortira de mes entrailles éclatées et les tirera, croient-ils, vers la lumière la plus pure, c'est bien évidemment faux et, se trompant, sachant qu'ils se trompent, ils n'ont qu'une seule hâte, en finir avec l'accusation bien vivante que je représente à leurs yeux, cacher le scandale, arracher de ma bouche cette maudite langue qui n'en finit pas de remuer, c'est pourquoi ils me regardent, ils ne me voient pas car, s'ils me regardaient, ils me verraient et se verraient immédiatement, eux, ils m'entendent mais ne m'écoutent pas car, s'ils m'écoutaient, ils me verraient et écouteraient les mots qui ne demandent qu'à couler dans leurs veines vides, la foi est affaire d'oreille n'est-ce pas, c'est pour cela qu'ils refusent de m'écouter car, s'ils m'écoutaient, ils auraient la foi.
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