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ISBN : 2021083721
Éditeur : Seuil (05/02/2015)

Note moyenne : 2.54/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Une bourgade anonyme du Pakistan, à l’ombre de deux mosquées concurrentes, est secouée par deux événements simultanés : le meurtre du puissant juge Anwar, et la réapparition mystérieuse d'un sac postal égaré dix-neuf ans plus tôt dans un accident de chemin de fer. Quels secrets enfouis depuis longtemps ces lettres vont-elles révéler ?

Alors que la mousson approche et que la touffeur moite devient de plus en plus écrasante, les passions se déchaînent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
horline
  14 février 2015
Le cri de l'oiseau de pluie annonce traditionnellement la mousson au Pakistan. Mais cette année-là, après cinq mois de sécheresse, il précède la mort du juge Anwar notable d'un village miné par les intrigues locales.
Pour autant point d'enquête lente et minutieuse, le meurtre permet avant tout à Nadeem Aslam d'engager le récit dans l'exploration furtive des petites failles qui fissurent le mur des maisons et les histoires de famille. A travers les interstices, il jette une lumière tamisée sur un monde rural coincé entre traditions ancestrales, bigoterie et petites transgressions empruntées aux sociétés modernes. Accablé par le deuil, la découverte de colis postaux et la chaleur suffocante, on a le sentiment que rien ne bouge dans ce village, les évènements et les manigances glissent comme une ombre dans la banalité du quotidien. Seuls se propagent la rumeur et les mots étouffés derrière les portes closes, laissant germer une tension grandissante, entre crainte, colère et incompréhension.
Rien ne bouge mais tout se bouscule, surtout lorque ça s'agite dans la lointaine capitale avec une onde de choc insidieuse qui retentit jusqu'à ce village anonyme et isolé …

Le Pakistan du Général Zia durant les années 80 est déjà ce pays noyé sous la corruption, la répression politique et religieuse. Mais Nadeem Aslam refuse de le dénoncer frontalement dans ce premier roman enfin paru en France. Peut-être parce qu'on ne fait pas de la bonne littérature avec des idées trop franches. L'auteur préfère ainsi évoquer de petites histoires et de courts dialogues pour alimenter l'intrigue, l'écriture frémissante d'intimité ne creusant jamais au-delà. Lire le cri de l'oiseau de pluie c'est contempler une communauté qui s'épanouit dans l'observation d'une vie discrète et odorante, faite de temps et de prières, comme si l'auteur avait voulu dépeindre une part immobile de l'Histoire au milieu de la violence et de la misère.
Si bien que pour certains suivre la galerie de personnages avec cette narration en pointillés peut apparaître léger et sonner creux.
Mais à regarder entre les lignes, on a le sentiment de lire une fiction portée par l'ambition de montrer une réalité plus complexe que celle que l'on est tenté de croire. Pari réussi ou pas, j'ai aimé cette faculté singulière de faire surgir une atmosphère, lacher des brides de confidences, capter des images furtives et des émotions cachées. Personnellement j'ai choisi mon camp, Nadeem Aslam a non seulement le talent pour décrire des personnages qui portent en eux le reflet d'une époque, mais il parvient également à mettre en lumière avec finesse la vérité qu'ils ont en eux. Progressivement. Révélant des enjeux et des forces enchevêtrées.
Si les brusques mouvements qui affectent ce village isolé sont des variations sans éclat, à peine perceptibles, refluant de l'ombre des mots, des odeurs nauséabondes comme des silences, les crispations qui menacent le fragile équilibre sur lequel ce coin reculé reposait jusqu'à présent sont elles bien tangibles.
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tynn
  13 avril 2016
Un juge corrompu assassiné, un sac de courrier retrouvé après 20 ans, une femme chrétienne qui visite discrètement un homme musulman, un mollah tolérant, un autre beaucoup moins...
La petite ville pakistanaise bruisse de rumeurs et d'interrogations inquiètes, alors que l'oiseau annonciateur de mousson fait résonner son chant.
Cette chronique villageoise des années 80 commence comme une enquête policière mais s'avère être une peinture sociale du quotidien, des petits artisans aux grands propriétaires terriens, des fonctionnaires aux mollahs. le statut des femmes, l'imprégnation de la religion, l'intolérance, la corruption, le communautarisme montrent un pays réfractaire aux réformes en dépit d'esprits individuels ouverts au changement. L'ambiance est lourde et triste, le danger et la violence sont au coin de la rue, la politique et la religion s'invitent sans cesse dans le devenir de chacun.
Je suis une fidèle lectrice de Nadeem Aslam. Il est un conteur privilégié du Pakistan de ses origines et fait découvrir dans des fictions attachantes les coutumes d'une société complexe et très codifiée par les barrières de castes, le clientélisme et les croyances religieuses. Son écriture est poétique, très visuelle.
Je découvre aussi que cet "oiseau " est son premier roman, très maîtrisé, un condensé des multiples sujets de réflexion qu'il reprendra dans ses livres suivants.
Un auteur que je vous invite à découvrir, si ce n'est déjà fait.
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isabelleisapure
  08 mai 2015
L'histoire se déroule au Pakistan, dans une bourgade anonyme, à l'ombre de deux mosquées concurrentes. Deux événements s'y déroulent simultanément : le meurtre du puissant juge Anwar, et la mystérieuse réapparition d'un sac postal égaré dix-neuf ans plus tôt dans un accident de chemin de fer. Est-ce que dans ces lettres se trouve le secret de la mort du juge?
J'attendais beaucoup de ce livre, un bon scénario écrit par Nadeem Aslam qui jusqu'à présent ne m'avait jamais déçu. Eh bien non, cette fois-ci cela n'a pas fonctionné. Je me suis profondément ennuyée au fil de cette lecture, je n'y ai trouvé qu'une chronique sociale du Pakistan des années 80 sans grand intérêt. Les personnages, si nombreux qu'ils sont récapitulés en début de roman, m'ont parus sans consistance. En conclusion, Nadeem Aslam est un auteur et un conteur merveilleux, pour s'en convaincre, il faut oublier ce premier roman et se précipiter sur « la veine attente » ou sur « la cité des amants perdus »
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traversay
  17 mars 2015
Le premier roman de Nadeem Aslam est aujourd'hui publié en France, longtemps après sa sortie en langue anglais (1993) et à la suite de ses livres postérieurs. Il est assez fréquent de découvrir les oeuvres d'un écrivain étranger dans le désordre mais, en l'occurrence, l'explication est simple : le cri de l'oiseau de pluie est largement inférieur aux romans écrits ensuite par Nadeem Aslam. Cette chronique d'un village lambda du Pakistan, au début des années 80, se déroule alors que le pays est gouverné par le général Zia auteur d'un coup d'état militaire en 1977 et qui impose une islamisation progressive du pays. Ce climat anxiogène est assez bien rendu par le livre, c'est même sa qualité première. Pour le reste, Aslam nous appâte d'emblée avec un meurtre et la découverte d'un sac de lettres disparues depuis 19 ans. Mais de cette double intrigue, l'auteur ne fait rien ou presque. Il préfère nous décrire, en un large mouvement choral, une dizaine de jours dans ce village, juste avant la mousson. Récit inachevé et frustrant donc mais aussi une pléiade de personnages dont aucun ne bénéficie d'un approfondissement de sa psychologie. On s'y perd un peu et on regrette surtout le manque d'empathie. le style, nonchalant, n'incite pas à se passionner outre mesure pour un récit en fin de compte inabouti. "L'un des premiers romans les plus impressionnants qu'il m'a été donné de lire" dixit Salman Rushdie. Non, sérieusement ?
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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raton-liseur
  08 mars 2011
Un livre qui semble écrit sur commande, pour le marché des “lecteurs conscients des problèmes du monde mais qui ne veulent pas trop se prendre la tête”. Il remplit consciencieusement son cahier des charges, et tombe complètement à plat… Il est question de voile parce que ce sont des musulmans, c'est normal, non ? Il est question de corruption parce qu'on est au Pakistan quand même. le lecteur est conforté dans ses préjugés, dans sa connaissance parcellaire d'un pays qui fait trop souvent la une des informations, et n'apprend rien.
Là où le livre aurait pu être intéressant, par exemple lorsqu'il mentionne les intouchables, il glisse discrètement sur le sujet, ne bousculons pas les idées reçues : les intouchables, c'est l'hindouisme, ne remettons pas cela en cause…
En plus de tout cela, un style lourd, aussi lourd que le début de la saison des pluies pendant laquelle se passe cette histoire. Enfin, une histoire, c'est beaucoup dire, tout est décousu. Il y a bien un meurtre pour ouvrir le livre, mais c'est à peine un prétexte pour un livre qui n'a pas de fin, juste deux semaines prises au hasard dans la vie d'un petit village des environs de Lahore.
Alors certes il y a une ironie agréable (« I'm an optimist. Anything's possible in a country where the land reforms are welcomed by the landowners.* - Chapitre 2, “Thursday”, p. 35), et une phrase intéressante qui me semble donner une clef importante pour comprendre la prééminence de la tradition dans la vie individuelle : « Nothing is that simple. Since they live among other people they have a responsibility, a moral obligation, towards those people. We must make them see this. They cannot ignore the wishes of the rest of us and still continue to live among us. »** (Chapitre 8, “Thursday”, p. 164). Il s'agit de la déclaration d'un responsable religieux à propos de deux personnes dans le village vivant maritalement…
Mais cela ne rachète certainement pas les insuffisances de ce livre. Dommage…
* Tentative de traduction personnelle : « Je suis optimiste. Tout est possible dans un pays où les réformes agraires sont accueillies favorablement par les propriétaires terriens. »
** Tentative de traduction personnelle : « Les choses ne sont pas si simples. Puisqu'ils vivent parmi d'autres personnes, ils ont une responsabilité, une obligation morale, envers ces personnes. Nous devons le leur faire comprendre. Ils ne peuvent ignorer nos souhaits à nous et continuer à vivre parmi nous. »
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   08 mars 2011
Nothing is that simple. Since they live among other people they have a responsibility, a moral obligation, towards those people. We must make them see this. They cannot ignore the wishes of the rest of us and still continue to live among us. (Chapitre 8, “Thursday”, p. 164).
Tentative de traduction : Les choses ne sont pas si simples. Puisqu’ils vivent parmi d’autres personnes, ils ont une responsabilité, une obligation morale, envers ces personnes. Nous devons le leur faire comprendre. Ils ne peuvent ignorer nos souhaits à nous et continuer à vivre parmi nous.
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raton-liseurraton-liseur   08 mars 2011
I’m an optimist. Anything’s possible in a country where the land reforms are welcomed by the landowners. (Chapitre 2, “Thursday”, p. 35).
Tentative de traduction : Je suis optimiste. Tout est possible dans un pays où les réformes agraires sont accueillies favorablement par les propriétaires terriens.
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dede   23 mai 2015
Et si le monde entier faisait fausse route ? Nous devons continuer à nous battre pour rester purs. Souvenez-vous que les ténèbres qui ont le pouvoir d’engloutir une montagne ne résistent pas à la plus petite des flammes
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MarduckMarduck   12 février 2016
La mémoire idéale est celle qui ne retient que les bonnes actions d'autrui, tout en oubliant les siennes propres.
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dede   23 mai 2015
Il n’est pas question que je le fasse simplement pour permettre à certains de dormir tranquilles
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Vidéo de Nadeem Aslam
Que lisent les écrivains ? (1/11) Florence Aubenas présente "Le jardin de l'aveugle" de Nadeem Aslam .Que lisent les écrivains ? Onze d'entre eux, invités de la fête du livre de Bron, nous confient leur dernier coup de coeur. Ni essai, ni document pour Florence Aubenas, mais le roman de l?anglo-pakistanais Nadeem Aslam. Une ?uvre magnifique, entre Pakistan et Afghanistan, sur le deuil, le lien fraternel, au lendemain du 11 septembre.
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