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EAN : 9782072585036
608 pages
Gallimard (09/03/2017)
3.75/5   64 notes
Résumé :

"Combien d'apocalypses peut-on porter en soi ?"

Aux abords de Paris, le convoi d'un riche Saoudien file dans la nuit. Survient une attaque sans précédent, digne des plus belles équipes. "Du grand albatros" pour le commandant Suarez et ses hommes de la brigade de répression du banditisme, stupéfaits par l'envergure de l'affaire.

De quoi les détourner un temps de leur obsession du Gecko - une légende vivante qui se promène sur l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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SPOUNY
  28 décembre 2019
Faire de la « Haute voltige », mais en lisant le livre de Ingrid Astier, est une bien belle expérience (et surtout un récit passionnant). Ingrid Astier avait dit « s'être immergée dans son sujet » et il lui a fallu trois ans et demi pour l'écriture de cet ouvrage.
L'histoire commence « à fond la caisse », avec un braquage, celui d'un riche saoudien, aux environs de Paris. C'est le commandant Suarez de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) qui arrive en premier, sur les lieux. Mais il avait une autre affaire qui l'occupait, celle du « Gecko » (un surnom donné à un « homme volant », un cambrioleur gentleman qui préfère évoluer le plus haut possible : toits, fenêtres, quand il veut et où il veut).
La BRB est sur les dents car elle a affaire avec des gens très fortunés, prêts à tout pour acquérir des objets de luxe. Peu importe la façon de le faire.
Certains personnages qui interviennent dans l'histoire : Ylana (« une belle égarée" mais plus solide que ce que l'on pourrait penser) ; Suarez (déjà cité) ; Astrakan (un chef de clan) ; le Gecko…
Dans ce troisième roman (Série Noire avec d'abord « Quai des enfers » et « Angle mort »), Ingrid Astier nous entraîne dans une sorte de trilogie avec pour toile de fond la brigade fluviale.
On suit le monte-en-l'air « Ranko » (un genre d'homme araignée). Au départ, Ingrid pensait écrire un petit roman et sa plume l'a tenue pendant presque six cents pages mais le lecteur reste en haleine.
C'est que l'histoire est plutôt hors du commun. Elle s'est basée sur un casse record du Musée d'Art Moderne de Paris (en 2010, où cinq tableaux avaient été volés, envolés, et représentant une somme approchant les cent millions d'euros…).
Ce qui a le plus fasciné l'auteure, c'est le voleur : on peut le surnommer « l'Arsène Lupin des temps modernes » : Vjéran Tomic.
Ingrid Astier nous offre toute une galerie de portraits, des actions qui s'enchaînent les unes après les autres, de multiples péripéties. L'univers des trafiquants est bien noir et glauque car s'ils aiment l'art, cela n'empêche pas qu'ils soient de violents chefs de gangs.
On y voit également du chessboxing (inventé par Enki Bilal, cette pratique qui unit la boxe et les échecs et que l'on retrouve dans d'autres récits). C'est d'ailleurs un très bon sport pour Ranko…
On se doute bien qu'à la fin, il y aura un perdant et un gagnant (comme au jeu d'échecs) et on poursuit la lecture entièrement subjugué, en attendant de connaître la conclusion après toutes ces péripéties.
C'est donc à bout de souffle qu'on participe à cette affaire « absolument passionnante ». Et quand on a eu la chance de rencontrer Ingrid Astier, qui n'hésite pas à s'entretenir avec les personnes présentes, je n'en ai été que plus enchantée : c'est une écrivaine de génie et ses romans sont magnifiquement envoûtants...
Quel talent pour nous tenir en haleine !
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KateMoore
  20 mai 2017
Tout commence, un soir, par l'attaque du convoi d'un riche saoudien, aux abords de Paris. le commandant Suarez de la BRB (Brigade de Répression du Banditisme) est appelé le premier sur les lieux. Mais l'enquête qui le hante, en ce moment, est celle du Gecko : un monte-en-l'air se jouant de toutes les parois, de tous les systèmes de sécurité pour voler des oeuvres d'art.....
Pour l'écriture de ce livre, Ingrid Astier s'est complètement immergée dans son sujet. Elle a mis trois ans et demi pour finaliser le roman.
La romancière a besoin de se confronter au réel et tout ceci rend la lecture de son polar addictive. Elle ne sait pas écrire autrement.
Pour ses précédents livres, elle a plongé dans les eaux gelées de la Seine avec la Brigade fluviale, tirée à l'entrainement avec un SIg Sauer.....
Tout le travail de "repérage" fait partie de l'ADN de ses livres. Ingrid Astier a un besoin viscéral de s'imprégner de tout ce qui composera son roman.
Le socle de l'histoire repose sur le casse record du Musée d'art moderne de Paris en 2010. Cinq tableaux y ont été volés pour une somme d'environ 100 millions d'euros.
Mais le plus fascinant, pour l'auteure, est celui qui a réalisé ce vol : un Arsène Lupin des temps modernes, arrêté en 2011. Vjéran Tomic, surnommé "l'homme-araignée", à lui tout seul, est rentré avec une facilité déconcertante dans le musée : il est simplement passé par une fenêtre après avoir grimpé ses parois.
Elle a aussi eu besoin de six mois de plus avant la sortie de Haute voltige pour que son personnage de Gecko soit le plus authentique possible. Elle a eu pour cela de longs échanges avec un Serbe afin de cerner sa culture et ses rites.
Elle a côtoyé le champion de France de Freerunning, Simon Nogueira. "Pour écrire le livre, je suis partie de ce désir du personnage. Après, il y avait aussi le désir de bâtir ce Paris depuis les toits et c'était tout un travail. Il fallait vraiment construire une ville, c'est donc passé par Simon Nogueira, ce champion de France de Parkour pour m'expliquer la sensation aérienne de la ville. Que voit-on quand on est sur les toits ? C'est là où ça devient intéressant, c'est là où il y a toute la marge de l'écrivain..." (interview d'Ingrid Astier, France Culture). Elle a assisté au travail d'Enki Bilal pour comprendre l'attraction de son héros pour ses oeuvres picturales.
Pour Haute voltige, nous, lecteurs, grimpons des façades monumentales avec le Gecko. "Il (le Gecko) avait retiré ses baskets qui pendaient par un mousqueton à son anorak léger, ou peut-être à son sac à dos, et enfilé des chaussons d'escalade pour décoller du sol et s'élever, degré par degré, au-dessus de l'humanité. C'était un ballet d'une étrange beauté. le type se baladait, sans effort, à la verticale. Suarez était bluffé. Quelques secondes, la main sur la gueule de Yin, Suarez resta sans bouger. Fasciné par cette façon de vaincre la gravité. C'était la première fois qu'il voyait le Gecko grimper. La première fois. Et il dut se l'avouer, à ce moment, oui, à cet instant-là quelque chose le dépassa, une part infime, certes, mais qui se fraya un chemin en lui et enfla, eut envie de le laisser filer, de ne jamais arrêter le Gecko....." (Haute voltige d'Ingrid Astier, page 359).
Nous vivons l'enquête de l'intérieur, avec l'équipe du commissaire Suarez : à cent à l'heure, en pleine filature ; avec des moments plus calmes : les planques qui durent, qui durent. Nous vivons aussi le quotidien des personnages d'Ingrid Astier. Ceux-ci ont une "épaisseur" : un passé et un futur.
Tout ceci fait le charme de Haute voltige.
Nous ne sommes jamais dans le superficiel et l'approximatif.
Ingrid Astier arrive, même, à nous faire aimer son gentleman cambrioleur.
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lucia-lilas
  23 juillet 2017
Décidément, je suis incapable de suivre mon programme de vacances : j'ai craqué pour Haute Voltige le dernier polar d'Ingrid Astier dont j'avais lu de bonnes critiques… Alors, que dire ? Bon, c'est vrai, ce genre de romans n'est pas ma tasse de thé : j'ai eu l'impression d'être plongée tête la première dans un James Bond au rythme effréné, et moi qui suis plutôt du genre Rohmer / Woody Allen, j'avoue que j'ai été un peu secouée et arrachée assez brutalement à ma petite zone de confort ! Mais bon, à ma grande surprise, j'ai fini par me laisser prendre au jeu en acceptant les conventions du genre...
En effet, on en a pour son argent ! de grandes scènes hyper cinématographiques dans des lieux ultra romanesques : toits de Paris la nuit, péniche somptueuse, l'Eendracht, où une femme magnifique en slip brésilien satin mandarine bordé de dentelle noire nage dans un aquarium avec des esturgeons (!), appartement du XVIe avec vue sur la Tour Eiffel, murs placardés de toiles de Basquiat, table basse tripode Jean Royère. et j'en passe !
Les personnages sont de richissimes truands portant Rolex ou IWC Portugieser (entre 5000 et 7000 euros pièce), costumes de marque et pulls cachemire, louant toute une terrasse de café pour pouvoir fumer sans déranger personne, buvant du Dom Pérignon 1993, se déplaçant entourés de gardes du corps, possédant Aston Martin « grise comme un lac à l'heure où blanchit la lumière », BMW ou Mercedes et évidemment, carte Visa Infinite.
J'ai lu que l'auteur avait le souci du « détail vrai » : aucun doute, tout existe, je me suis parfois amusée à vérifier sur la déesse Internet.
Le sujet : le convoi d'un riche saoudien est attaqué dans le tunnel de Saint-Cloud alors qu'il se rend au Bourget. Une attaque haut de gamme selon l'inspecteur Suarez qui va être obligé de se détourner d'une autre affaire qui l'occupe à plein temps : celle du Gecko, surnom qu'il a donné à une espèce d'homme-volant, gentleman cambrioleur des temps modernes, capable de s'introduire où il veut, quand il veut, de préférence par les étages élevés, toits ou fenêtres. La BRB, brigade de répression du banditisme, est sur les dents : ils ont affaire à des gens fortunés, sans scrupules, capables de tout pour obtenir ce qu'ils veulent et ce qu'ils aiment : objets de luxe, oeuvres d'art ou femmes si le désir est là.
Bref, on est dans le sensationnel, le grandiose, le spectaculaire… Il faut se laisser aller, s'amuser de découvrir tout un monde inconnu (vous connaissiez, vous, le chessboxing ou le parkour ? Pas moi!) Évidemment, on n'évite pas les clichés liés au genre et une recherche peut-être un peu trop systématique de la formule qui sonne bien mais finalement, encore une fois, on ne boude pas son plaisir et l'on se lance dans l'aventure...
Allez, je vous sers un verre de champagne (du Selosse, bien sûr, cuvée Substance – ça existe, j'ai vérifié !) accompagné de sa petite cuillère de caviar ?
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Sevlipp
  16 juillet 2021
Un avis un peu mitigé pour ce polar.
La commandant Suarez enquête parallèlement, et au détriment de sa famille, sur le car-jacking d'un riche saoudien et sur un cambrioleur qui le nargue en opérant presque invisible en passant par les toits.
Il est question de haute-voltige, de combat de boxe et d'échec, de méchants serbes, d'amitié, d'une jolie femme qui envoute le plus cruel des malfrats, de vol d'oeuvres d'art et de bijoux...
Un menu copieux donc pour faire un excellent polar avec une écriture presque poétique et des personnages haut en couleur qu'ils soient flics ou bandits.
Toutefois, il y a bien trop de longueurs et, au lieu d'un rythme qui aurait du être trépidant, on frôle à plusieurs reprises l'ennui.
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MELANYA
  07 août 2021
Si je veux lire un livre de Ingrid Astier, je suis certaine de ne pas être déçue, et j'ai eu la chance de la rencontrer. Elle était venue avec son éditeur et d'autres écrivains.
Elle a plusieurs centres d'intérêts et recherche "le côté lumineux" dans le roman noir. Ses personnages sont fictifs mais elle a l'habitude, comme elle l'a dit : "de s'immerger totalement dans les milieux" dont elle parle.
Elle aime faire découvrir des lieux et restituer au lecteur ce qui l' a marquée.
Dans "Haute Voltige", ce sont ses personnages "qui prennent la main."
L'histoire débute avec un braquage, mais pas un braquage commun. C'est celui d'un Saoudien très riche. En même temps, on apprend que la belle Ylana a disparu (un certain Astrakan en est fou amoureux). Pour corser le tout, il y a aussi l'affaire d'un certain "Gecko" (un homme volant qui escalade avec une terrible facilité TOUT. Rien ne lui résiste ).
L'enquête est donnée au commandant Stephan Suarez qui voudrait bien ménager sa vie de famille (pas facile pour un policier avec son épouse Tamara et ses filles).
Au cours de la lecture, le lecteur assiste à la recherche des valeurs mais aussi à la découverte d'un Serbe, Ranko, qui va se révéler être le fameux "Gecko", "l'homme lézard" qui ne peut pas s'empêcher de grimper, que ce soit des immeubles ou des monuments : c'est ainsi qu'il fait de la "Haute Voltige." C'est sa vie, un besoin irrépressible. Il est certes un cambrioleur mais il a un côté attachant ("gentleman cambrioleur ?"). de plus, joueur d'échecs, il participe à des joutes de chessboxing, une invention de Enki Bilal et là, il s'en donne à coeur joie, au péril de sa vie.
Une petite révélation avait été faite quand Ingrid Astier a dit avoir été influencée par l'énorme casse du Musée d'Art Moderne à Paris par Vjéran Tomic.
Péripéties - trafiquants - gangs - galerie de portraits - musique ...
Quand Ingrid Astier Astier écrit, elle ne fait pas de séparation avec sa vie personnelle. Elle se trouve dans une autre dimension, la cinquième.
Au final, on ressent très bien son plaisir de "créér des crapules", c'est son terme.
Une belle rencontre et une belle lecture.
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critiques presse (2)
LePoint   26 mai 2017
Roman(ce) noir(e) énergique mais tout en équilibre, Ingrid Astier plonge ceux qui se croyaient forts dans leurs propres abîmes.
Lire la critique sur le site : LePoint
Actualitte   16 mai 2017
Une intrigue originale, foisonnante et fascinante, extrêmement bien maîtrisée où les détails n'ont de cesse d'inscrire l'histoire dans le réel.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Martin1972Martin1972   12 avril 2017
- Seb... Je peux te poser une question ?
À son hésitation, elle le sentit inquiet.
- Vas-y.
- Tu trouves que tu as une vie normale, toi ?
- Euh... normale, comment ?... Parce qu'être flic de PJ, ce n'est pas exactement s'endormir les pantoufles au lit...
- Non, bien sûr, mais tu vois... Le Gecko, c'est un solitaire. À part son pote SDF, on ne lui a pas vu un ami. Il grimpe où il veut et il tape la nuit, on ne sait même pas avec qui il vit, et chaque fois qu'il nous file sous le nez, il repart avec Vendôme dans les poches. En plus, il court sur les glissières de sécurité. Ce sont des choix de vie étranges.
+ Lire la suite
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SPOUNYSPOUNY   26 décembre 2019
Mais cette fille avait du cran. Un cran d’une stupéfiante virilité.
Elle ne tenait pas l’arme en novice, ce qui l’intriguait. Où diable avait-elle appris à respecter les questions de sécurité ? Et depuis quand les femmes se trimbalaient avec un Caracal pour vaporisateur de sac ?
(p.48)
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SPOUNYSPOUNY   11 mars 2020
Il se sentait une erreur dans la chaîne de fabrication. Peut-être était-ce le lot de tous les gosses que leurs parents ne voulaient pas vraiment. Dés le départ, ils étaient une erreur, même pour leurs géniteurs. Quant aux autres …
(p.229)
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SPOUNYSPOUNY   27 décembre 2019
En route pour Le Bourget, l’aéroport des plus-que-bourges. Carmel garda cette pensée pour lui. Nasser Al-Jaber le payait diamant sur l’ongle. Avec des primes que la pingrerie des Français ignorait. Pour un Français, respirer était déjà une dépense de trop.
Partout des Picsou.
(p.22)
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SPOUNYSPOUNY   28 décembre 2019
Le téléphone n’avait pas arrêté de sonner et Suarez avait fait remonter et redescendre l’information. Toute la matinée. Un inlassable ascenseur. S’il méritait un surnom, c’était bien Otis.
(p.122)
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