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EAN : 9782330082321
144 pages
Actes Sud (03/05/2017)
4.2/5   10 notes
Résumé :
L'accès de l'Inde à la consommation de masse - souvent décrite comme une joyeuse épopée bollywoodienne - sème la mort et les ténèbres: par l'histoire tragique d'un assassinat, ce livre saisit le moment où la ruée vers les ressources naturelles se transforme en guerre, où la société de consommation atteint son point de rupture.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
TerrainsVagues
  01 septembre 2017
Au siècle dernier, un slogan disait « Sega c'est plus fort que toi ». Ne sachant pas trop par où commencer ce billet, je reprendrais bien « ces gars, c'est plus fort que toi ».
Avec Traque verte de Lionel Astruc, on passe par toutes les couleurs. Des dégradés de rouge allant de la colère à la honte en passant par la gêne et la révolte. du bleu à l'âme. L'écho fait au silence qui suit la lecture crée un blanc qui contraste avec le jaune du rire nerveux qui s'en suit en pensant à notre vie, à nos préoccupations, à nos « urgences », à tout un tas de trucs futiles qui nous pourrissent la vie à commencer par nous même. Quelques idées noires plus tard, la même question me revient en boucle. Qu'est ce qui fait que certains hommes soient capables de tout pour de l'argent, toujours plus d'argent, ce putain de truc qui perverti tout, ces valeurs qui ne sont que du vent…
Ami lecteur, si le thriller c'est ton truc, si le gore t'excite, si Machiavel est ton maître que le sordide te donne des frissons, si l'hémoglobine te caresse dans le sens du poil et que le suspens est orgasmique alors je te demanderai juste… quel plaisir trouves-tu dans tout ça quand on sait que la fiction se fait enrhumer régulièrement par la réalité?
Oui, Traque verte est l'histoire vraie des dernières heures d'Hem Chandra Pandey, un journaliste Indien assassiné pour avoir voulu dénoncer les puissants. Bon pour le suspens, c'est mort, si je peux dire, puisque dès la couverture on connait la fin, désolé ami babélioteur.
Les puissants, ce sont les multinationales nommées Tata et Essar (citées dans le livre mais elles ne sont pas les seules), géants de l'extraction minière qui, couvertes et aidées par le gouvernement Indien, a fait expulser, emprisonner, tuer, massacrer des milliers de paysans ayant eu la mauvaise idée de vivre sur des terres riches en minerais.
Pendant que Tata rachetait par exemple Land Rover et Jaguar en 2008, des paysans étaient exécutés pace qu'ils ne voulaient pas comprendre que ce sont les marchés qui décident et qu'on ne s'oppose pas aux marchés sinon la croissance va décroitre et les très très très trop riches ne deviendront que très très trop riches et que ça serait vraiment trop trop trop très triste (oui je touche ma bille en économie, je sais je sais). Il faut dire que Tata est présent dans de nombreux domaines et que par exemple il y a de fortes chances qu'il y ait du Tata dans nos téléphones portables. 103,5 milliards de dollars de chiffre d'affaire en 2016, faut bien avouer que quelques centaines de milliers de vies (de pauvres en plus faut pas déconner) ne pèsent rien devant les courbes qui dépassent les sommets des graphiques.
Mais que fait le gouvernement? Bah, comme tous les gouvernements, il fait là où on lui dit de faire puisque les maîtres du monde se nomment Dow Jones, Cac 40 et toute la famille qui se complait à entretenir une consanguinité aigue à travers le temps.
Alors oui, ces gars c'est plus fort que toi. Euh… entendons nous bien, quand je dis ces gars, je ne parle pas des multisalauds de tout bord mais de tous les Hem Chandra Pandey, tous les lanceurs d'alerte pourchassés. Aujourd'hui un Hem est tombé, demain deux autres prendront la relève. Oui monsieur tata, ces gars c'est plus fort que toi.
Ami babélioteur, ce qui est vachement mieux dans ce bouquin que dans un classique truc d'horreur c'est que là comme l'histoire est vraie on peut mettre des photos sous les noms, on peut même trouver la photo décrite, celle de la mise en scène de la mort de Hem et de Cherukuri Rajkumar. Ah oui je vous ai pas dit, Cherukuri Rajkumar c'est le leader des résistants, enfin des rebelles, des maoïstes (ça justifie mieux les massacres parce que maoïstes quand même, c'est pas bien) avec qui avait rendez vous Hem pour une interview qui n'aura jamais lieu puisque les forces des bienfaiteurs de l'humanité les enlèveront avant de les exécuter dans la foulée.
Je crois que je vais m'arrêter là parce que je ne sais toujours pas comment entamer ce billet, par contre je crois que je vais aller vomir encore un peu mon dégoût pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à un profit.
*Penser à suivre Lionel Astruc.
*Penser à dire encore du bien d'Actes Sud.
*Penser à arrêter de me parler tout seul en public.
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Taraxacum
  06 juillet 2022
Un petit roman inspiré de faits réels, et bien déprimant...comme les faits réels ! Dès le début, le lecteur sait comment ça finit :journaliste assassinée, population locale maltraitée par le gouvernement et ses milices, et parfois par les rebelles qui se disent de leur côté, entreprises prêtes à tout massacrer sur leur passage pour leur profit.... Les droits de l'homme ont du plomb dans l'aile en Inde, peu importe ce dont le gouvernement se rengorge!
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Impression-de-lecteur
  06 août 2018
Far West à Bollywood.
D'abord il y a les magnats : L'Etat indien et les industriels miniers comme Tatasteel.
Ensuite il y a les indiens : la population indigène. Ce sont des aborigènes qui ne possèdent pas de titres de propriété. Ils sont cueilleurs, éleveurs, chasseurs. Ils occupent la partie Nord et la partie centrale de l'Inde, zones où sont localisées l'or, le diamant, l'aluminium, le charbon, le fer.
Puis il y a les chasseurs de prime : Les milices incontrôlables qui pour intimider la population pratiquent le viol le meurtre.
Il y a, aussi, le shérif et ses adjoints qui viennent de la grande ville : Les Naxalistes qui pour défendre les plus faibles reprennent les mêmes méthodes que les chasseurs de prime : enfants soldats, meurtres, vendetta…
Enfin il y a le scénario qui se base sur l'esprit de Gandhi et de la non-violence.
Et bien sûr, le metteur en scène Lionel Astruc.
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VPU
  03 avril 2022
Je n'étais pas très à l'aise avec la forme : un « roman » d'investigation qui m'a semblé peiner à être un vrai roman. Reste le dossier d'investigation qui m'a stupéfiée : jusqu'où iront-ils ? Les capitalistes qui ne reculent devant rien, des décideurs politiques opportunistes et pire encore. Et le pauvre peuple qui n'y peut rien, qui ne peut que constater les dégâts et compter ses morts.
Quelques lueurs d'espoir à la fin, mais qui me renvoient malgré tout à mes choix de consommatrice occidentale. Que puis-je faire pour arrêter de nourrir ce néocolonialisme à l'oeuvre dans le monde des matières premières ?
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   29 août 2017
L'horreur, le drame de ce premier village brûlé, ces premiers paysans morts n'étaient que le prélude du parcours macabre de cette "marche pour la paix" qui durerait cinq années. Les violences atteignirent un niveau insoutenable dès les tout premiers mois. L'arrivée d'un bataillon indien du Nagaland la première semaine d'aout 2005 vint aggraver encore le carnage. Sur la place du village d'Iril, le corps sans tête d'un villageois avait été pendu pour que chacun puisse le voir. Dans les localités de Vechapal, Hurepal et Harital, dix membres des tribus locales furent encerclés et tués à bout portant. Les têtes de la plupart d'entre eux furent coupées et brandies comme des trophées. Des scènes équivalentes allaient se dérouler régulièrement pendant les mois suivants. Poussés par la terreur, les villageois laissaient toutes leurs possessions sur place et rejoignaient des camps organisés comme des prisons, le long des routes les plus proches. Un vivier idéal pour renforcer les effectifs de la milice. De leur coté, les naxalistes réagirent et firent exploser dès la fin d'aout un véhicule contenant 23 soldats.
Plusieurs observateurs, journalistes et ONG furent bientôt alertés par une trouble concordance; pourquoi les attaques des forces paramilitaires et de la police frappaient elle principalement de sud du Chhattisgarh? Ils découvrirent rapidement qu'à quelques kilomètres de là , les mines de Bailadila devaient être attribuées par la NMDC (National Mineral Development Corporation), entreprise publique d'exploitation minière, à deux grandes entreprises: Tata et Essar.
(...)
Cette apparente coïncidence entre les interventions de la police et l’attribution des terres n’avait rien d’un hasard. Cette flambée de violence intervenait à point nommé et neutralisait précisément les communautés gênant leurs projets. Le tout avait été planifié et mis en scène à dessein : en sous main, ces géant de l’extraction finançaient eux même la milice…
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   30 août 2017
En Inde, nombreux sont les citoyens qui consacrent leur vie à la défense des plus pauvres
(...)
Ils utilisent des méthodes différentes, bellicistes ou pacifiques, plus ou moins radicales, mais tous reconnaissent sans ambiguïté Un seul et même adversaire : la consommation de masse et la mise en scène qui entoure ce modèle de société, en Inde comme dans le reste du monde. Les multinationales, aidées par les responsables politiques ont érigé, entre les consommateurs et l'extraction des matières premières, un mur d'images. Celui-ci met en scène la consommation comme un acte bénéfique pour la croissance, un acte positif, léger, sans conséquence, une distraction aussi facétieuse qu'un scénario publicitaire. En revanche, l'histoire vraie de Hem et cette guerre des matières premières qui fait des milliers de morts n'a aucune place sur cette vaste mosaïque d'information et de communication, aucun écho dans les médias européens. De fait, ce conflit nous ramène à une réalité dissonante et finalement atroce. À la manière d'un vortex, il concentre nos responsabilités éparpillées en un seul et même tourbillon de violence.
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Impression-de-lecteurImpression-de-lecteur   06 août 2018
Elle (Babita) s’est couchée tôt et Hem était resté à sa table de travail pour boucler un article sur les filières suivies par l’un des produits les plus consommés en Inde : les lentilles. Cette graine, base de l’alimentation, faisait désormais défaut sur les marchés du fait de la mondialisation. Les stocks quittaient le pays par bateau au profit de gros négociants, privant les populations locales de leur plus petit viatique. Un comble !
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Videos de Lionel Astruc (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lionel Astruc
"J'ai lu beaucoup de livres sur le pic pétrolier. J'ai vécu alors une sorte de crise climatique interne, une crise existentielle, j'étais confronté à un questionnement sur le sens de ma vie."
Les entretiens du "Domaine du possible" : des femmes et des hommes racontent le cheminement intime de leur engagement en faveur de la transition écologique.
Rob Hopkins est l'initiateur depuis 2005 du mouvement international des Villes en Transition. Il est sans doute l'un des activistes écologiques anglo-saxons qui a eu le plus d'influence ces dernières années. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages importants sur le sujet, notamment **Le Pouvoir d'agir ensemble, ici et maintenant, avec Lionel Astruc** (2005) et **Et si… on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ?** (2020).
Pour aller plus loin : **Et si… on libérait notre imagination pour créer le futur que nous voulons ?** de Rob Hopkins (2020) : Et si… le pouvoir de changer le cours des choses en profondeur était entre nos mains ? Et si…, en réalité, nous avions à disposition, sans en avoir vraiment conscience, un des outils les plus puissants qui existe ? Et si…, en plus, on se mettait ensemble pour y arriver ? Rob Hopkins nous invite dans son nouveau livre à rêver. Mais à rêver en grand, en remettant l'imagination au coeur de notre vie quotidienne, professionnelle, sociale et familiale. Cet ouvrage est un appel à l'action pour libérer notre imagination collective, qui prend racine dans l'histoire d'individus et de communautés venant du monde entier qui ont d'ores et déjà emprunté le chemin de l'imagination et initié des changements rapides et profonds pour un meilleur futur.
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Entretien par Vincent Edin - Réalisation Clément Nouguier - Enregistrement à L'Arrière-Boutique Une production Création Collective pour les éditions Actes Sud.
Plus d'informations sur le #podcast Domaine du possible : https://www.actes-sud.fr/podcasts-domaine-du-possible
Découvrez tous les livres de la collection "Domaine du possible" des éditions Actes Sud : https://www.actes-sud.fr/recherche/catalogue/collection/1738?keys
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