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Francis de Miomandre (Traducteur)
EAN : 9782226028860
310 pages
Albin Michel (29/11/1967)
4.03/5   17 notes
Résumé :
Pour les Indiens mayas l'homme est né du maïs.
La céréale sacrée est faite pour nourrir l'homme ; la cultiver à des fins mercantiles est un véritable crime. Lorsque des "Maïceros" appuyés par le gouvernement se mettent à détruire les forêts et dévaster le sol, les Indiens se révoltent farouchement. Parmi eux : les Sorciers, dépositaires de la vieille sagesse maya et servants d'une religion que la Conquête espagnole n'a pu abattre. Leurs pouvoirs magiques sont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Hommes de maïs, oeuvre magistrale d'Asturias, consacre, par son génie à créer une langue d'une originalité éclatante, la volonté de l'auteur de donner une dimension universelle et une puissance inédite à la mythologie hispano-américaine.
Cette épopée poétique et onirique, à la teneur à la fois baroque et expressionniste, d'une vivacité étonnante, immergeant le lecteur dans l'imaginaire culturel guatémaltèque, prend appui sur le rôle central antagoniste que joue le maïs, à la fois dans la mythologie maya mais aussi pour l'économie agricole de son pays.
C'est avec le maïs que tout commence puisque l'homme fut créé à partir de cette graine dorée comme le soleil sacré, selon les textes du Popol-Vuh. Asturias déroule ensuite un véritable chant d'amour pour la terre indigène et ses habitants, dénonçant les effets dévastateurs d'un capitalisme rapace exploiteur de terres et l'oppression des populations rurales indigènes.

A la manière du temps maya, Miguel Ángel Asturias au travers de plusieurs superbes récits autonomes, organise son écriture de façon circulaire et non linéaire, alternant entre un maïs exploité comme denrée économique et un maïs sacré, élément fondateur de la tradition indigène.
Multipliant les possibilités d'interprétation en intriquant réalité et mythe, l'auteur au travers de ses protagonistes, réinvente en permanence le réel et déstabilise la lecture pour mieux unifier ensuite les récits autour d'une prémonition première où la réalité devient légende.

On retrouve dans cette oeuvre magnifique les fondements essentiels de la littérature d'Asturias : offrir un espace au langage symbolique maya-quiché, aux mythes pré-colombiens et à l'oralité populaire des métis, tout en autopsiant les luttes sociales et politiques qui traversent l'histoire comme le présent du Guatemala.
Lien : https://tandisquemoiquatrenu..
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Seulement 30 lecteurs Babelio ! Il est grand temps de lancer une promotion éhontée de cette merveille.

D'abord, parmi les 11 849 lecteurs de Cent ans de solitude, il y en a certainement énormément qui se demandent pourquoi Garcia Marquez n'en a pas écrit d'autres de cet acabit. Ne cherchez plus : Asturias l'a fait. Et avant lui, en 1949. Ce qui semble initialement une suite d'histoires et personnages sans grands liens entre eux se termine aussi en grande saga familiale et même, ici, cosmogonique.

Ensuite, à l'heure où cet ahuri de Bolsonaro relance avec entrain la déforestation de l'Amazonie, la dénonciation du même sort fait à la forêt primaire guatémaltèque au début du XXe siècle redevient d'une actualité... brûlante. Et Asturias épouse le point de vue des indiens pour nous dire en quoi c'est une abomination. Ce qui lui donne une perspective à la fois magique et pleine de bon sens.

Enfin, parce que Hommes de maïs mèle le dépaysement le plus total et le plus enchanteur, dans le monde des croyances magiques issues des mayas, à des sentiments si intimes qu'ils résonnent forcément en nous.

Je n'ai pas mis 5 étoiles parce que je me suis senti tellement paumé au début qu'il a fallu m'accrocher pour continuer. Mais ça en valait largement la peine. Et si je relisais maintenant le début, sûr que je les lui mets, ses 5 étoiles.
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HOMMES DE MAÏS de MIGUEL ANGEL ASTURIAS
Livre en 6 chapitres.
1. Gaspar Ilom. Gaspar dort mal au milieu du maïs, la grande Pouilleuse, sa femme lui dit d'arrêter ceux qui coupent les arbres, brûlent la terre pour planter le maïs, alors il prend son fusil et tue les maïceros qu'il rencontre. La troupe arrive.
2. Machojon. Thomas Machojon n'a pas aidé son ami Gaspar face à la troupe, alors il ne le voit pas quand Gaspar traverse les défrichages sur son cheval tout d'or vêtu.
3. le cerf des 7 friches. le guérisseur fait boire Calistro pour qu'il ait des visions, il voit que sa mère est mourante à cause des Zacaton, il faut couper huit têtes! La maman, crache le poison, sauvée.
4. Colonel Chado Godoy. Il commande la troupe qui a exterminé les indiens qui étaient avec Gaspar.
5. Maria Tecun. Maria part avec ses enfants et abandonne son mari aveugle, Goyo Yic qui se fait soigner, recouvre la vue, croisé Maria qu'il ne (re)connaît pas. Elle finira en prison.
6. le facteur coyote. La femme du facteur Nicho Aquino s'est enfuie, il se saoule et part à sa recherche avec le muletier Hilario. En chemin, chaque chapitre évoqué trouvera sa conclusion.
Pour aborder ce livre foisonnant et souvent mystérieux il faut comprendre que les Indiens Mayas croyaient que l'homme était né du maïs après que dieu ait fait de nombreux essais infructueux. le maïs est comme une religion et les croyances sont encore très vivaces. Les sorciers sont supposés détenir des pouvoirs que les conquistadors espagnols n'ont pu leur enlever. Comme souvent Asturias n'est pas toujours facile à lire car il plonge sa plume dans la mythologies et les contes locaux. La culture du maïs pour la revente est considérée comme une malédiction.
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Ce livre a traîné des années sur une étagère, pourtant c'est moi qui l'avais acheté. Il m'a fallu du temps pour me décider à l'ouvrir, et il m'a fallu du courage pour le finir. J'ai détesté cette ambiance de magie et la tension de la guerre, de la destruction écologique. Pourtant je suis souvent sensible à la beauté des mots des auteurs d'Amérique du Sud mais là j'ai été sidérée en reposant le livre de réaliser que l'auteur était prix Nobel de Littérature. Je suppose que le livre a mal vieilli, ou bien j'y suis particulièrement insensible... En tous cas j'ai détesté et j'ai dû me faire violence pour le finir.
Lien : https://joy369.unblog.fr/
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Le maïs pousse pour que l'homme puisse manger, l'avoine pour nourrir les chevaux, l'herbe pour faire brouter le bétail, les fruits pour régaler les oiseaux ; mais les fuchsias ne sont que des ornements aux couleurs exquises, des porcelaines vivantes où le plus savant artiste a combiné les tons les plus simples. Il arriverait à la fin de ses jours, en mâchant du copal, sans avoir éclairci ce problème. Celui qui fait quelque chose, c'est pour que quelqu'un l'en admire, mais la nature produit ces fleurs dans des endroits où personne ne les voit. L'homme qui saurait créer ces miniatures de porcelaine avec tout le mystère de leurs colorations et qui les laisserait se détériorer sans les sortir de son atelier passerait pour un égoïste ou pour un fou ; et lui-même, en voyant son talent si mal apprécié, sentirait que son effort était une chose vaine, une duperie. La duperie dont ces belles fleurs étaient victimes chagrinait Chigüichon Culebro.
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Les fidèles regardaient la Croix couverte de vase, de lave, de sable, de sang de coq, de plumes de poules, de pelures d'épis de maïs, comme une chose domestique, officieuse, solitaire sur les routes, efficace contre l'orage, le démon, la foudre, l'ouragan, la peste et la mort ; et ils continuaient à prier, dans un murmure de lessive qui bout, d'une lessive dont on aurait senti l'odeur âcre jusqu'à ce que la langue fût comme une guenille dans leur bouche, les genoux insensibilisés à force d'être pliés, les mains tachées de la vérole blanche des chandelles qu'ils tenaient par poignées et les yeux comme des raisins sauvages...
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Geôliers et juges semblent des gens qui ont perdu le bon sens, perdu la tête. A force de se conformer à des règlements et à des lois qui n'ont rien à voir avec la réalité, ils deviennent fous, du moins le paraissent-ils aux yeux de ceux qui ne sont pas sous l'influence étrange de la loi.
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Le Bavarois répondait que cette façon de penser est absolument matérialiste, et que le matérialisme est absurde, puisque la matière n'est au bout du compte qu'une forme passagère.
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La pierre d’œil de cerf rejoint les petits morceaux de l'âme du fou qui se sont brisés. Le fou a la vision de celui qui, ayant brisé un miroir, voit entier dans chacun des fragments ce qu'il voyait dans le miroir complet.
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Video de Miguel Angel Asturias (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Miguel Angel Asturias
Jacqueline Duhême Une vie (extraits) conversation avec Jacqueline Duhême à la Maison des artistes de Nogent-sur-Marne le 8 février 2020 et où il est notamment question d'une mère libraire à Neuilly, de Jacques Prévert et de Henri Matisse, de Paul Eluard et de Grain d'aile, de Maurice Girodias et d'Henri Miller, de Maurice Druon et de Miguel-Angel Asturias, de dessins, de reportages dessinés et de crobards, d'Hélène Lazareff et du journal Elle, de Jacqueline Laurent et de Jacqueline Kennedy, de Marie Cardinale et de Lucien Bodard, de Charles de Gaulle et du voyage du pape en Terre Sainte, de "Tistou les pouces verts" et de "Ma vie en crobards", de Pierre Marchand et des éditions Gallimard, d'amour et de rencontres -
"Ce que j'avais à faire, je l'ai fait de mon mieux. le reste est peu de chose." (Henri Matisse ). "Je ne sais en quel temps c'était, je confonds toujours l'enfance et l'Eden – comme je mêle la mort à la vie – un pont de douceur les relie." (Miguel Angel Asturias)
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