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Claude Couffon (Préfacier, etc.)René L. F. Durand (Traducteur)
ISBN : 2070325741
Éditeur : Gallimard (31/03/2003)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :


Quatrième de couverture
Le Grand Diseur parle des hommes Nous avons ceint les diadèmes du feu, les diadèmes de l'homme, il fallait défendre nos biens, notre sol ancestral, sans le trafic des maîtres ; nous avons pris les clefs de l'avenir où commencent le temps et le ciel que traverse celui qui pour marcher a des sandales d'or ; nous nous sommes vêtus de plumes sidérales, brodant sur nos plastrons de silence ouatés la fleur de la chance brûlan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
frandj
  08 janvier 2020
Miguel Angel Asturias (1899-1974) fut un écrivain et poète qui a été honoré du prix Nobel en 1967. Figure humaniste peut-être plus reconnue à l'étranger que dans son pays (le Guatemala), il a écrit des poèmes dès 1925. Le présent recueil contient plusieurs ensembles de textes qui méritent notre attention. J'y trouve un exotisme qui n'a rien de factice, intégrant d'une façon simple et authentique le lyrisme et les valeurs de ses compatriotes. Dans un pays où le pouvoir était souvent autoritaire et spécialement malveillant à l'égard des Indiens, il n'a pas hésité à indiquer où se situaient ses sympathies personnelles. Certains poèmes m'ont plu, d'autres m'ont moins inspiré...
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bdelhausse
  06 mars 2019
Je ne suis pas très versé dans la poésie. Je sais que cet art ne se limite pas à célébrer un bateau pris de boisson mené par Rambo, à vanter la beauté du "Lac à la Martine", voire aider José Maria de Heredia à compter combien de marins embarquent tout en déterminant l'âge du capitaine.
La poésie peut franchement être militante, gaucho-révolutionnaire, dénoncer et prendre position. C'est de ce côté-là que lorgne Miguel Angel Asturias. Il plonge sa plume de Quetzal dans l'encre de la terre, dans les cendres volcaniques, dans les nuages andins. Il célèbre l'âme indienne. Les racines. Mais il le fait d'une manière rassembleuse, à mon avis. Il promène le lecteur le long des montagnes, des rivières, des arts et métiers... il lui fait découvrir la richesse d'un peuple, les racines, les origines, tout ce qui fait que l'autre n'est plus un inconnu, parce qu'il est nous.
Le recueil se divise en 3, Messages indiens, Claireveillée de Printemps et le Grand Diseur. La première partie est un melting-pot de poèmes abordant de multiples thèmes. Claireveillée de Printemps est un long chant à plusieurs voix, et on s'imagine à la veillée, contant et racontant la cosmogonie du peuple indien, pour entretenir la mémoire. le Grand Diseur est un monologue où le conteur prend la voix du créateur et s'adresse à ce qui compose le peuple indien.
Ecrivain engagé, Asturias possède une plume riche en symboles, faisant correspondre les points cardinaux, les sons, les couleurs, les mots et les occupations de son peuple.
La traduction fait sans doute perdre un peu de ce rêve éveillé. Même si Claude Couffon a apporté un soin manifeste à la traduction, respectant tout à la fois la rythmique, le sens et les sonorités originelles. Etant peu versé dans la poésie, je me pencherai volontiers sur l'oeuvre en prose d'Asturias, dénonçant les dictateurs qui se sont succédé à la tête de son pays, le rejetant en exil.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
frandjfrandj   08 janvier 2020
.
ENIGME DE COPAN

Présence minérale
des étoiles
Sommeil impénétrable,
Qui se réveille meurt
et vit celui qui dort.

Lit céleste. Eau
nues en voyage, oiseaux,
sur des pins en voyage,
en plein vol. Tout contre
cette marée de pierre,
l’écriture flottante
et légère des dates.

Ici sortent les branches
des bombas qui traduisent
en siècles les millénaires
des pierres endormies

Eclair de sommeil,
tonnerre de silence,
Et l’homme ?
Il n’est pas où il est tombé,
il n’y a là que son énigme.
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frandjfrandj   08 janvier 2020
GUATEMALA

Patrie des lumières parfaites, tu étais
la fête mélodieuse, agraire et ingénue,
mais aujourd’hui des bras en croix couvrent tes champs !

Patrie, tes lacs parfaits étaient des hauts miroirs
que maintenant ta main approche du ciel
pour que Dieu puisse contempler tant de désastres !

Patrie, tes monts parfaits étaient comme une traînne
de vertes courbes qui aimantaient les aurores,
mais aujourd’hui ton horizon est en prison !

Patrie, tes jours parfaits qui s’égrenaient en heures
toutes pleines d’oiseaux, de fleurs et de silence,
ne sont plus maintenant, ô douleur, qu’agonies ! (…)
+ Lire la suite
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frandjfrandj   08 janvier 2020
.
CREDO

Je crois en la liberté, Mère de l’Amérique,
créatrice de doux océans sur la terre,
en Bolivar, son fils, Notre Seigneur,
qui est né au Venezuela, qui a souffert
sous le joug espagnol, a été combattu,
est mort sur le Chimborazo,
est ressuscité au cri de la Colombie,
a touché l’Eternel avec ses mains,
et qui est immobile à la droite de Dieu !
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coco4649coco4649   18 août 2014
LITANIES DE L'EXILÉ

Et toi, l’exilé :

Être de passage, toujours de passage,
avoir la terre pour auberge
et contempler des cieux qui ne sont pas les
nôtres,
vivre parmi des gens qui ne sont pas les nôtres,
fredonner des chansons qui ne sont pas les
nôtres,
rire mais d’un rire qui n’est pas le nôtre,
serrer des mains qui ne sont pas les nôtres,
pleurer avec des larmes qui ne sont pas les nôtres,
céder à des amours qui ne sont pas les nôtres,
goûter à des plats qui ne sont pas les nôtres,
prier des dieux, des dieux qui ne sont pas les
nôtres,
entendre notre nom sans que ce soit le nôtre,
penser à ceci, à cela, à ce qui n’est pas nôtre,
tendre une monnaie qui n’est pas la nôtre,
et suivre des chemins qui ne sont pas les nôtres.

Et toi, l’exilé :

Être de passage, toujours de passage,
avoir pour tout bien des choses d'emprunt,
embrasser des enfants qui ne sont pas les nôtres,
s'approcher d'un feu qui n'est pas le nôtre,
entendre des clochers qui ne sont pas les nôtres,
prendre un petit air qui n'est pas le nôtre,
pleurer des morts qui ne sont pas les nôtres,
vivre cette vie qui n'est pas la nôtre,
se distraire à des jeux qui ne sont pas les nôtres,
dormir dans un lit qui n'est pas le nôtre,
grimper mais à des tours qui ne sont pas les
nôtres,
lire des nouvelles, excepté les nôtres,
souffrir pour tout le monde et pour ce qui est
nôtre,
écouter la pluie quand la pluie est autre
et boire d'une eau qui n'est pas la nôtre…

p.89-90

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coco4649coco4649   06 mars 2015
SAGESSE INDIGÈNE


On t'a découvert derrière ton ombre,
avec dans le dos le soleil couchant,
et ta déroute c'est cela.
Si le soleil est sur ton cœur,
s'il dore tes pieds et ta tête,
les hommes ne peuvent te vaincre,
ni les dieux ni les éléments.

Maintenant humilié tu regardes sans yeux,
tu entends sans oreilles, tu palpes sans mains
et tu parles sans langue,
condamné au silence
tu n'as plus d'autre cri que le sang sur tes plaies.

Quelles herbes profondes en toi
nourrissent ton haleine de jarre et d'eau douce ?

Tu tires de la cendre ton aurore
et tu la roules parmi des plumes
d'oiseaux transis dont les trilles attendent
que renaisse ton rire. Non le rictus, le rire,
le rire perdu de tes belles dents.

Le soleil brillera de nouveau sur ta gorge,
sur ta poitrine, sur ton front,
avant que la nuit des nuits ne descende
sur ta race, sur tes villages,
et comme tout sera humain : le cri, le bond,
le rêve, l'amour, le repas.

Aujourd'hui c'est toi, et demain
un autre comme toi continuera l'attente;
Point de hâte, point d'exigence.
Les hommes jamais ne s'achèvent.
Là où se dresse un mont était une vallée.
Là où s'ouvre un ravin s'élevait un coteau.
L'océan pétrifié s'est changé en montagne
et les éclairs en lacs se sont cristallisés.

Survivre à tout cela qui change est ton destin.
Point de hâte, point d'exigence. Les hommes jamais
ne s'achèvent.

p.55-56
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Videos de Miguel Angel Asturias (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Miguel Angel Asturias
Le Grand Diseur évoque la nuit, Miguel Angel Asturias
Dans la catégorie : Poésie espagnoleVoir plus
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