AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Jean Bourdier (Traducteur)
ISBN : 2253144908
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1998)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 356 notes)
Résumé :
Dès l'instant précis de sa conception, une nuit de 1951, la petite Ruby Lennox a commencé à voir, à comprendre, à sentir. En particulier, elle sait qu'on se serait bien passé d'elle... Et la voilà qui entreprend de nous raconter, avec un humour et une lucidité féroces, dévastateurs, son histoire, celle de ses parents George et Bunty, petits boutiquiers d'York, de ses sœurs, de toute une famille anglaise moyenne - mais assurément pas ordinaire. Mieux encore : Ruby re... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  12 février 2017
"Comment se peut-il que la vie soit si douce et si triste à la fois ? Comment ?"
En vous plongeant dans "Les coulisses du musée", premier roman de Kate Atkinson, ne vous attendez pas à découvrir l'envers du décor de la Tate Gallery ou de la National Gallery. Vous en serez pour vos frais. Le musée que l'auteur vous propose d'explorer n'est ni plus ni moins que le passé, ce vaste domaine où errent les souvenirs, bons ou douloureux, les regrets et les morts.
Roman généalogique que je vois un peu comme l'homologue anglais des inégalables "Cent ans de solitude" de Garcia Marquez, "Dans les coulisses du musée" nous transporte à York, dans le nord de l'Angleterre, dans les années 50, au cœur du "home sweet home" de Bunty. Ledit foyer se situe au-dessus de la boutique d'animaux que tient George, le "homme sweet homme" de ladite Bunty qu'elle ne peut souffrir et qu'elle a épousé en désespoir de cause après avoir perdu deux fiancés à la guerre. De l'union de Bunty et de George naît successivement un certain nombre de filles dont Ruby, la narratrice, que nous suivons pas à pas depuis sa conception jusqu'à l'âge adulte, avec un focus tout particulier sur son enfance.
Dans un style très humoristique, Ruby déroule essentiellement la narration de sa vie et de celle de sa mère, deux existences faites d'opposition et d'incompréhension, de secrets et d'espoirs déchus. Et tout le talent de l'auteur est de nous livrer un roman terriblement humain et dramatique sur le ton léger des chroniques familiales, souvent ridicules, parfois touchantes.
A travers le récit de Ruby apparaissent de très nombreux autres personnages : soeurs, aïeules, tantes, oncles... des figures aux destins contrariés et banals. Il est très facile de s'identifier à tel ou tel personnage, les parcours des membres des familles Barker et Lennox se suivent avec plaisir.
Finalement, en seulement 400 pages, c'est à un incroyable voyage dans le temps que nous participons, nous attachant aux personnages ou les détestant, nous étonnant de moeurs si proches de nous dans le temps mais si éloignées par leur nature et leurs répercussions sur la vie d'êtres guère différents de nos parents et grands-parents.
"Dans les coulisses du musée" est depuis vingt ans un très grand succès de librairie outre-Manche et on ne peut s'en étonner.

Challenge MULTI-DÉFIS 2017
Pioche dans ma PAL février 2017
Challenge ATOUT PRIX 2016 - 2017
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          493
bilodoh
  20 février 2014
Pas d'institution muséale dans ce roman, mais plutôt une incursion de « le placard du passé », celui qui cache les souvenirs et garde les secrets.

C'est l'histoire d'une famille anglaise tout au long du XXe siècle, une histoire tortueuse qui se répète de génération en génération… comme si en plus de leurs cheveux bouclés, les enfants héritaient aussi des malheurs de leurs ancêtres.

Ce sont des femmes qui disparaissent, des mères qui en ont assez de leur existence, des soeurs décédées, des moments racontés tantôt par les yeux de la fillette qui les subit, tantôt dans des « annexes » qui narrent des événements plus anciens.

Pas beaucoup d'affection et de tendresse dans ce milieu, mais parfois des émois amoureux et des élans du coeur, des espoirs et des déceptions.
Si les femmes y sont malmenées par le sort, les hommes y sont plutôt navrants, buveurs et trousseurs de jupons. Les seules figures masculines vraiment attirantes sont les héros de guerre, des héros morts, bien sûr…

Avec un humour en demi-teinte, un brin ironique ou cynique, un bon roman britannique…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
GeorgesSmiley
  21 août 2018
Quelle réussite dans ce fourre-tout littéraire ou dans ce « placard aux souvenirs » comme dit l'auteure. On y trouve de tout, l'Histoire anglaise d'abord de 1888 à 1992, au prisme des heurs et (surtout) malheurs de la famille de Ruby, la narratrice. Vous pensez bien qu'une famille ordinaire ne traverse pas deux guerres mondiales sans chagrins. Des objets ensuite, de petits objets mémoriels, témoins lointains de l'histoire de cette famille : la pendule de l'arrière-grand-mère, un médaillon, une patte de lapin et trois photos : Alice en 1888, seule, alors qu'elle est enceinte de Nell son septième enfant, une autre avec ses enfants et une dernière qui concerne l'équipe de football dans laquelle opérait Albert un des frères de Nell, la grand-mère de Ruby au tournant de 1910.
Ces objets, sans valeur marchande comme il y en a tant dans presque toutes les familles, Kate Atkinson leur donne le pouvoir de réveiller sa mémoire en faisant revivre tous ses chers (et même moins chers) disparus et en dépoussiérant la mémoire familiale qui, pour être officielle, n'en est pas moins, parfois, amnésique, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas très convenable. Vous, je ne sais pas, mais moi les objets mémoriels ça me parle. Par exemple, je n'utilise qu'une seule marque de dentifrice. Je ne sais pas ce qu'elle vaut vraiment mais c'était celle qu'utilisait mon père disparu il y a quarante ans. C'est stupide mais c'est un lien qui fonctionne, trois fois par jour, et que je ne saurais rompre. Pardonnez cet aparté et repartons « Dans les coulisses du Musée » où Ruby, fine mouche, s'aperçoit que les deux photos d'Alice ne sont pas du tout ressemblantes, ce qui permet à Bunty de préciser que sur la deuxième photo, ce n'est pas Alice mais Rachel avec les enfants d'Alice. Qui est Rachel, pourquoi Rachel, comment ? Aurais-je piqué votre curiosité ?...dans toutes les bonnes librairies.
De nombreux drames familiaux, souvent décrits avec beaucoup de détachement par les yeux de l'enfant qu'était Ruby, émaillent un récit très émouvant, en particulier lors des deux guerres mondiales. Cela n'empêche pas les portraits de famille d'être souvent peints avec une ironie féroce, les deux principales victimes de l'esprit caustique de Ruby étant ses propres parents George et Berenice, surnommée « Bunty ». Parfois, la petite histoire familiale percute avec une furieuse drôlerie celle de l'Angleterre. le couronnement d'Elisabeth en 1953, suivi à la télévision acquise pour l'occasion, et la victoire en Coupe du Monde de football en 1966, le jour du mariage de l'oncle Ted, donnent lieu à deux scènes d'anthologie. On flirte avec les Monty Python car évidemment, c'était une très mauvaise idée de programmer un mariage le jour où Wembley accueillait la finale de la CDM. George l'avait bien senti comme le démontre cette conversation avec Bunty…
« _ le mariage ? fait George visiblement perdu. Quel mariage ?
_ Celui de Ted, bien sûr. de Ted et Sandra.
_ Ted ?
_ Oui, Ted, mon frère.
Le regard de George restant aussi vide, elle continue charitablement :
_ Ted et Sandra. Ils se marient samedi. Ne me dis pas que tu avais oublié ?
_ Ce samedi ? Mais…
George semble frappé du haut mal. Il bredouille un moment puis s'exclame :
Ils ne peuvent pas se marier samedi ! C'est la finale de la Coupe du Monde… »
… Une tellement mauvaise idée que trois jours plus tard, on célèbrera, en plus de la victoire anglaise, un enterrement… Pensez simplement à ce que peut faire un écrivain de talent avec un mariage où les femmes ne rêvent que de danser et les hommes de s'agglutiner devant un poste de télé ! Je n'en dis pas plus, sinon que ce chapitre, intitulé « un beau mariage », est un des plus drôles que j'ai jamais lus.
Quelle formidable chronique familiale chargée d'émotion et pleine d'humour ! J'ai vraiment hâte de partir à la découverte des autres romans de Kate Atkinson.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          227
mariecesttout
  25 mars 2014
Je ne prends pas le risque d'écrire longuement sur ma relecture de ce roman ..
Ouf, vont dire certains:):)
Mais c'est surtout parce que mon commentaire va s'évaporer , et partir, c'est normal, dans le placard des objets perdus, qui a une valeur hautement symbolique dans ce roman, puisque c'est là que l'on retrouve tous les objets égarés par plusieurs générations.
L'humour décapant de Kate Atkinson m'a encore réjouie..C'est le principal. Et je ne peux que conseiller , dans des moments de déprime, de lire Kate Atkinson.
Dans ce roman,la plupart des gens prennent de mauvaises décisions au moment d'orienter leurs existences, ceux que les circonstances ont séparés se retrouvent rarement et beaucoup sont obsédés par l'idée de s'être « trompés de vie ».Ben oui. That's life. Il y a des moments dramatiques, dans ce roman, la pauvre Ruby n'en finit pas d'y perdre ses soeurs, mais le talent de Kate Atkinson fait que tout de suite elle coupe court aux émotions qu'elle a elle-même créées, comme pour nous dire qu'on peut- et doit- rire de tout...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          313
Rebus
  12 juin 2013
Avec ce roman, Kate Atkinson nous fait grimper dans l'arbre généalogique d'une famille anglaise moyenne, avec ses petits bonheurs, ses grands malheurs, et ses secrets bien cachés.
Ruby Lennox nous raconte sa vie et celle de sa famille, des années 50 aux années 70, d'une façon plutôt originale puisque la demoiselle se souvient même de sa conception et sait donc à quoi s'en tenir quant aux caractères de sa mère, Bunty, de son père George, et de ses soeurs Patricia et Gillian avant même de naître...
A son récit se mêle l'histoire de ses ancêtres, de son arrière grand-mère maternelle à sa propre mère, Bunty, desperate housewives avant l'heure.
J'ai vraiment adoré : c'est drôle, féroce, dramatique mais toujours narré par Ruby avec un tel détachement et un tel humour que l'on a juste envie de tourner les pages et de continuer à découvrir cette extraordinaire et pourtant si ordinaire famille Lennox.
Commenter  J’apprécie          250
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   26 août 2018
Bunty semble s'être transformée en bagagiste. Elle transporte tant d'élégants sacs en papier qu'elle n'arrive plus à voir où elle va et manque tomber en passant la porte de la Boutique.
_" C'est de la vraie folie, là-bas, proclame-t-elle à la cantonade.
Ca va être de la folie, ici aussi, quand George va découvrir combien elle vient de dépenser.
_ Qu'est-ce que tu as bien pu acheter ? demande-t-il.
Elle pêche un chapeau dans un carton et se l'enfonce sur la tête. Il est en satin couleur petit pois et ressemble à s'y méprendre à un tambour. George le regarde, la bouche ouverte.
_ Pourquoi as-tu acheté ce truc ?
_ Tu ne l'aimes pas ?
Le seul ton de sa voix indique qu'elle se contrefiche de savoir si George aime ou non. D'un geste de prestidigitateur, elle fait surgir de nulle part une paire de chaussures.
_ Ravissantes, hein ?
Elles sont terriblement étroites, avec de longs talons aiguilles, dans la même teinte de vert que le chapeau. Il suffit de les regarder un instant pour savoir qu'elles ne seront portées qu'une seule fois. Bunty essaie d'introduire un pied dans l'une d'elle avec une horrible expression de détermination sur le visage.
_ Tu pourrais te faire couper quelques orteils, suggéré-je aimablement.
Le nombre de sacs encore inexplorés entourant Bunty tend à indiquer qu'elle a aussi acheté de quoi se vêtir entre le chapeau et les souliers.
_ Pourquoi ? demande George, le visage légèrement convulsé.
_ Pour le mariage, bien sûr.
Bunty plaque la robe contre elle sans quitter la position assise et se tourne vers moi :
_ Qu'en penses-tu ?
Je soupire et secoue la tête d'un air envieux et gourmand.
_ C'est ravissant.
(Extrait du bulletin scolaire de Ruby Lennox, troisième trimestre 1966 : "Ruby a de réels dons de comédienne...Elle a été la grande vedette de la représentation théâtrale de fin d'année.")
_ Le mariage ? fait George visiblement perdu. Quel mariage ?
_ Celui de Ted, bien sûr. De Ted et Sandra.
_ Ted ?
_ Oui, Ted, mon frère.
Le regard de George restant aussi vide, elle continue charitablement :
_ Ted et Sandra. Ils se marient samedi. Ne me dis pas que tu avais oublié ?
_ Ce samedi ? Mais…
George semble frappé du haut mal. Il bredouille un moment puis s’exclame:
Ils ne peuvent pas se marier samedi ! C’est la finale de la Coupe du Monde…»
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   25 août 2018
Cette fois, nous sommes partis ! Partis en vacances. Patricia est très occupée à tracer des croquis obscènes dans la buée recouvrant les vitres de la voiture. Il fait froid et humide, à l'intérieur comme à l'extérieur, ça ne semble pas d'excellent augure pour les vacances qui commencent. Mais les années de villégiature strictement régionale (Bridlington, Whitby) sont révolues et les destinations lointaines (comme le Pays de Galles) nous sont promises, en commençant par la plus exotique de toutes : l'Ecosse.
Qui plus est, nous voyageons en convoi, ou au moins en tandem. A la tête de notre caravane à deux chameaux, il y a la Ford Consul Classic de nos voisins et amis, les Roper. Bunty aurait pu faire une formidable joueuse de poker à en juger par le visage impassible qu'elle réussit à conserver quand George propose l'idée de vacances communes après avoir "taillé une bavette" avec Mr. Roper par dessus la haie. Bunty et moi sommes occupés à faire griller toasts et crumpets pour le thé lorsque George entre dans la cuisine, venant du jardin et mettant de la boue un peu partout.
_ Je viens de tailler une bavette avec Clive, annonce-t-il. Que dirais-tu d'aller en vacances avec les Roper cet été ?
Bunty affiche son sourire le plus faux et répète :
Les Roper ?
A ce moment, un déclic se fait entendre et un toast jaillit de façon spectaculaire du grille-pain.
_ Les Roper ? fais je d'un ton horrifié tout en attrapant au vol le toast.
_ Eh bien, pourquoi pas ? reprend Bunty, en s'emparant du toast, le beurrant et le proposant à George.
Il refuse et va se laver les mains dans l'évier. Bunty est, de toute évidence, en proie à quelque émotion violente, car elle ne fait même pas remarquer à son époux qu'il a laissé des traces boueuses sur son beau carrelage de vynile rouge et blanc. Un mari un peu plus lucide aurait pu immédiatement comprendre qu'il était cocu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   21 août 2018
_ Alors, chérie, qu'est-ce que je vous donne ?
La voix du boucher résonne dans toute la boutique.
_ Un joli petit bout de viande bien rouge, hein ?
Il fait un clin d'oeil salace à ma mère, qui feint de n'avoir rien entendu ni remarqué, alors que tous les autres clients se tordent de rire. Les clients de Walter l'aiment bien. Il se comporte comme un boucher de film comique, se singeant lui-même avec son tablier bleu et blanc taché de sang et son canotier. C'est un cockney de Londres, et cela seul suffit à lui donner un caractère particulier et un peu inquiétant pour nous, enfants du Yorkshire profond. Dans le bestiaire personnel de Bunty (tous les hommes sont des bêtes), Walter est un cochon, avec sa peau lisse et luisante, bien tendue sur sa chair grasse et compacte. Bunty demande un morceau de boeuf et un rognon de son ton le plus neutre, mais le boucher s'esclaffe comme si elle avait proféré la pire grivoiserie.
_ Quelque chose pour donner du coeur à l'ouvrage au mari, hein ? tonitrue-t-il.
Bunty se penche en faisant semblant de renouer l'un des lacets de souliers de Gillian pour que nul ne voit ses joues s'empourprer.
_ Pour vous, ma belle, tout ce que vous voudrez ! proclame Walter.
Elle reste penchée le plus longtemps possible sur Gillian, faisant mine de poursuivre une conversation en règle avec celle-ci; souriant et hochant la tête comme si Gillian avait des choses passionnantes à raconter. (Alors que, bien entendu, Bunty n'a jamais prêté la moindre attention à ce que nous pouvions dire sauf lorsque nous laissions échapper un mot grossier.)
Le boucher se met à siffler très fort l'air du Toréador de Carmen en soupesant très ostensiblement de la main un rognon rouge et luisant.
_ Tu devrais faire du théâtre, Walter, fait une voix au fond de la boutique.
Un murmure approbateur s'élève du reste de la clientèle.
Bunty qui a dû finir par se relever, est assaillie par une pensée troublante : le rognon que brandit Walter présente une étrange ressemblance avec une paire de testicules. (Non que "testicules" soit un mot très familier pour elle; elle appartient à une génération de femmes peu au fait de la terminologie anatomique véritable.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Gwen21Gwen21   02 février 2017
Elle se dirige vers la salle de bains où la cruelle lumière du plafonnier vient ricocher sur le carrelage blanc et noir et sur le porte-serviettes en chrome, renvoyant à Bunty dans la glace son visage matinal blafard et creusé d'ombres suspectes. Un instant elle ressemble à une tête de mort, et le suivant elle ressemble à sa mère. Elle se demande laquelle des deux images est la pire.
Commenter  J’apprécie          190
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   24 août 2018
Sandy qui servait dans la Marine marchande, se trouvait en congé à terre, et il s'était juré de posséder une femme avant de regagner son navire, le lendemain.
_ C'est le mariage de ma soeur, protesta Bunty avec indignation lorsqu'il introduisit sa langue dans son oreille.
_ C'est une salle paroissiale, rappela-t-elle lorsqu'il entreprit de lui explorer l'entrejambe avec son genou. Finalement, elle lui mordit une main de toutes ses forces...il la regarda avec une expression admirative et proclama :
_ Quelle tigresse !
Bunty regagna à toutes jambes la grande salle surchauffée. Etre qualifiée de tigresse était loin de lui déplaire. Un peu plus tard, les survivants de la réception se replièrent sur la maison de Lowther Street. Bunty avait subrepticement absorbé trois demi-pintes de bière forte afin de se mettre dans l'ambiance. Quand (Sandy) se mit à la chatouiller en l'appelant "Mon petit chou à la crème", elle ne put s'empêcher de pouffer et son fou rire redoubla quand il lui dit :
"Mais dis donc, Bunty, tu es complètement ronde !"
Il la fit tant rire qu'il finit par réussir à la pousser dehors et à l'adosser au mur extérieur de la maison. Il avait des mains partout et donnait à Bunty l'impression de se trouver aux prises avec une pieuvre. A bout de résistance, elle se bornait à répéter faiblement : "Ce n'est pas vrai !"
A court d'arguments, Sandy finit par lui affirmer :
_ Je t'aime, Bunty. Je t'ai toujours aimée. A ma prochaine permission, nous nous marierons.
Et Bunty, prenant sur le moment ses paroles au pied de la lettre et pensant avoir fait naître (cela arrive tout le temps) le grand amour, le laissa donner suite à ses honteux projets. Elle se disait que c'était peut-être là un ultime cadeau qu'elle lui offrait avant qu'il ne meure, et s'efforçait de s'abstraire en fixant son regard et ses pensées sur la clématite qui se mourait à petit feu de l'autre côté de la cour.
_ Quelle fille ! s'exclama Sandy en aboutissant à une conclusion rapide, et assez peu digne.
Bunty s'était sentie d'autant plus dégoûtée que, dans son excitation, Sandy lui cognait la tête contre la conduite d'écoulement des eaux, le long du mur. Mais elle avait au moins acquis une idée plus précise de la façon dont Maurice Tetley s'y prenait pour faire gémir les ressorts du lit ("Pas possible", fit Betty, les yeux écarquillés, quand Bunty lui raconta.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Kate Atkinson (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kate Atkinson
Case Histories, série TV, trailer (2011)
autres livres classés : chronique familialeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Londres et la littérature

Dans quelle rue de Londres vit Sherlock Holmes, le célèbre détective ?

Oxford Street
Baker Street
Margaret Street
Glasshouse Street

10 questions
689 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature anglaise , londresCréer un quiz sur ce livre
.. ..