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Isabelle Caron (Traducteur)
EAN : 9782253121763
539 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (30/05/2007)
3.73/5   221 notes
Résumé :
Parce qu'il a été témoin d'un violent accrochage entre deux automobilistes, Jackson Brodie, dont nous avons fait connaissance dans "La Souris Bleue", va se trouver propulsé dans une série d'aventures incroyables.
"Les choses s'arrangent..." est un thriller, une comédie noire et une satire de la vie contemporaine britannique. Kate Atkinson y brocarde, entre autres, le théâtre d'avant-garde, une certaine littérature populaire, les promoteurs immobiliers, les no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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carre
  13 juin 2012
Kate Atkinson aime mélanger les genres. Avec le retour de son héros Jackson Brodie, la talentueuse anglaise s'y atèle de manière fort réjouissante. Brodie est le témoin avec d'autres d'un banal accrochage entre deux voitures qui tourne rapidement au vinaigre, mais certaines personnes présentes ont intérêt à prendre la poudre d'escampette. L'aventure est lancée, Atkinson aussi.
On se perd au début dans la multitude de personnages et de situations, mais très vite ces talents de conteuse font merveilles. Les histoires en apparence sans point commun s'imbriquent les unes aux autres.
L'écriture chez Atkinson est toujours aussi plaisante, elle manie l'humour, la dérision mais aussi les scènes plus dures avec le même effet. Elle en profite pour raillier le monde artistique ou encore les privilégiés de la vie mais elle mets aussi le doigt sur des sujets plus sensibles (l'exploitation sexuelle, la solitude et la difficulté de tisser un lien ne serais-ce que social). Alors le ton se fait plus grave, plus acide. Un festival d'émotions contradictatoires qui une nouvelle fois fait de son roman une belle réussite. Pour ma part, c'est avec le même entousiasme que je retrouve cette auteure.
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GeorgesSmiley
  31 janvier 2019
Passionnant et jubilatoire !
« C'est ce qui s'appelle un imbroglio policier, hein ? dit joyeusement Clare à Martin. C'est paru dans les journaux, vous savez. Votre mort. »
On peut prétendre qu'il s'agit d'une enquête policière. A mon avis, c'est beaucoup plus que ça. L'enquête, si enquête il y a n'est qu'un prétexte, d'ailleurs on y suit beaucoup plus les témoins de « l'incident » que ses enquêteurs. C'est plutôt une formidable galerie de portraits, de sentiments et de situations qui s'enchaînent, sans liens apparents au début, pour, au final, constituer un récit parfaitement cohérent.
« L'écrivain avait des poupées gigognes, des matriochkas…alignées sur le rebord de la fenêtre, elle les époussetait chaque semaine. Parfois elle les rangeait les unes dans les autres, jouait avec comme lorsqu'elle était gamine. » C'est bien ça, une brillantissime histoire de poupées russes avec des prénoms russes : Tatiana, Sophia, Irina et d'autres qui ne le sont pas : Gloria, Julia ou Louise.
Une comédienne qui ne joue pas beaucoup tout en se la jouant quand même beaucoup, un homme d'affaires louches qui fait un arrêt cardiaque pendant une séance avec une call-girl, sa future veuve déjà sereine, un comique qui ne fait plus rire, une brute qui fracasse tout sur son passage, un adolescent rebelle qui fait le désespoir de sa mère, des théâtreux confidentiels qui se prennent au sérieux, un écrivain à succès mais mal aimé et introverti, une policière dont la vie n'a rien d'un long fleuve tranquille entre l'adolescent évoqué plus haut, un chat aveugle et arthritique ainsi que l'urne funéraire de sa mère et, pour finir, un ancien flic qui vit de ses rentes et avec la susdite comédienne tout en n'aimant pas le théâtre d'avant-garde . Ajoutons une entreprise de nettoyage dont le nom (« Faveurs »), le slogan (« Nous Faisons Tout ce que Vous Voulez ») et la caractéristique de ses techniciennes de surface (un peu trop jeunes, un peu trop jolies, un peu trop étrangères) pourraient laisser à penser qu'elle n'est pas tout à fait ce qu'elle prétend être.
N'omettons pas le cadre. Edimbourg, ses lotissements huppés ou bon marché et son château, Edimbourg, ses pubs et son Royal Mile. Edimbourg pendant le Festival où la comédienne a, pour une fois, décroché un rôle :
« La pièce intitulée "A la recherche de l'équateur au Groenland" était tchèque (ou peut-être slovaque, Jackson n'avait pas vraiment prêté attention), un truc existentialiste, abstrait, impénétrable qui ne concernait ni l'équateur ni le Groenland (ni d'ailleurs la moindre recherche). »
Ce qui ravit, bien sûr, Jackson, son compagnon :
« Tout ce qu'il savait du Festival d'Edimbourg remontait à la fois où il était tombé par hasard sur une émission de télé tardive, où un tas de branleurs bobos débattaient d'un spectacle d'avant-garde prétentieux. »
Prétendre que le théâtre d'avant-garde se tire à son avantage de ce roman serait assez peu conforme à la vérité. Néanmoins, en étant très positif, on pourrait considérer qu'il ne s'en sort pas beaucoup plus mal que la promotion immobilière ou que l'édition. On retrouve aussi un des thèmes favoris de l'auteure : famille je vous hais, dans les relations habituelles les plus conflictuelles : couples, mère-fille, mère-fils. On passe du drame à la plus folle comédie, on apprécie l'ironie distanciée ou l'humour féroce dont personnages et microcosmes font les frais. De coïncidences en quiproquos, de sourires en francs éclats de rire, le plaisir nous guide jusqu'à la fin de cette mécanique parfaite qui laisse son lecteur époustouflé, ravi et déçu de n'avoir plus rien à lire que la page des remerciements.
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Aline1102
  01 juillet 2012
Lors du Festival d'Edimbourg, Paul Bradley, qui circule à bord d'une voiture de location, est victime d'un accrochage avec une Honda. le conducteur de celle-ci sort de son véhicule et commence à tabasser Bradley à coups de batte de base-ball.

Parmi les témoins de cet incident, trois personnes nous intéressent: Martin Canning, Gloria Hatter et Jackson Brodie.

Martin est le seul à intervenir pour aider Bradley: grâce au lancer de sa sacoche, contenant son ordinateur portable, il parvient à faire fuir l'agresseur. Pris pour un ami de Bradley par les constables qui arrivent sur place, Martin se retrouve plongé dans l'intimité d'un homme qu'il ne connaît pas du tout. Pourtant, d'habitude, il mène une vie assez tranquille: ancien professeur de science des religions, il écrit des romans policiers rétro sous le pseudonyme d'Alex Blake.

Gloria est une femme au foyer originaire du Yorkshire. Elle vit à Edimbourg, dans une superbe propriété, mais est déçue par son mariage avec Graham, un homme d'affaires fortuné, insipide et malhonnête de surcroît. A 59 ans, Gloria n'ose plus espérer d'amélioration de son existence, lorsqu'elle apprend que Graham est à l'hôpital, où il va probablement mourir: il a été victime d'une crise cardiaque lors d'une séance sado-masochiste avec une call-girl russe. Loin d'être dévastée par ce drame, Gloria prend la nouvelle avec calme et détachement et attend avec impatience le décès de son époux.

Jackson Brodie accompagne Julia, sa petite amie, au Festival, où celle-ci joue un spectacle. Livré à lui-même pendant les répétitions, Jackson erre dans la ville où il est d'abord témoin de la mésaventure de Bradley. Après cela, il décide d'aller traîner du côté de Cramond, paisible faubourg de la ville. Mais même là, le sort semble s'acharner sur le pauvre Jackson: il y trouve le corps d'une jeune femme juste avant qu'il ne soit emporté par la marée. Quand les policiers, dont Louise Monroe, arrivent sur place, Jackson est considéré comme le principal suspect du meurtre.

J'ai énormément apprécié ce roman de Kate Atkinson et je me suis sans doute, au passage, habituée à son assez spécial, puisque ce récit m'a moins mise mal à l'aise que celui de When Will There Be Good News?; pourtant, les personnages de One Good Turn ne sont pas moins noirs et déprimants. Il faut dire aussi que ce roman-ci fait la part belle aux aventures de Louise et de Jackson, que j'avais déjà beaucoup apprécié dans le précédent roman de l'auteure.

On assiste dans One Good Turn à la rencontre entre Louise et Jackson, et la tension sentimentale qui existe entre ces deux-là donne envie de les voir former un couple: il semble qu'ils soient bien assortis, même si Louise apparaît un peu comme une célibataire endurcie alors que Jackson semble plus romantique. Leurs différents entretiens au fil de l'histoire sont donc plus légers que le reste de l'histoire, puisque l'on s'attend à tout moment à une invitation à dîner, à une sortie quelconque... qui n'arrive pas!

Les personnages secondaires sont également très intéressants. Gloria est d'un cynisme tout à fait réjouissant: elle paraît tellement peu concernée par les mésaventures de son mari que ce détachement ne choque même plus mais, au contraire, finit par sembler tout à fait naturel. Martin, quant à lui, semble mystérieux dès le début. Il semble impossible qu'il ne soit qu'un petit écrivain très discret et l'on se doute que le personnage cache quelque chose de pas très net. Si le destin de Gloria dans les toutes dernières pages surprend, celui de Martin semble donc tout tracé.

Au final, One Good Turn est un excellent divertissement, malgré son côté très noir, sa violence, et le fait qu'une enquête pour meurtre anime le fond du récit. C'est peut-être d'ailleurs là tout le talent de Kate Atkinson: nous faire sourire malgré la mélancolie et le désespoir de certains passages de son récit. de plus, grâce à son ironie cinglante, l'auteure accroche tout de suite l'attention du lecteur. le roman se lit donc vite malgré ses 500 pages.

A découvrir de toute urgence!
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Liver
  20 octobre 2013
Un roman très astucieux, de l'humour et une écriture réjouissante: voilà une belle idée d'enchevêtrements de destins bien traitée. de plus, la peinture de la société britannique y est piquante. le tout est intrigant et j'ai aimé être baladée entre tous les personnages, les situations et avoir oscillé entre sourire et émotion. Seul reproche: je trouve la fin un peu bâclée.
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AmyFarrah
  10 mai 2020
Même si l'intrigue est totalement indépendante de celle de "La souris bleue" je conseillerai de lire les romans dans l'ordre car la vie privée de Jackson Brodie et consorts est un élément important des romans. Pour le reste, la quatrième de couverture dit bien les choses : "thriller, comédie noire, satire de la vie contemporaine britannique". Kate Atkinson maîtrise à la perfection l'art de construire une histoire très alambiquée, en distillant les indices petit à petit, rejouant les scènes quand il le faut en se plaçant du point de vue de l'un ou l'autre personnage. Sa plume est habile, férocement drôle mais aussi empreinte d'un désir de justice incarné par le personnage de Jackson auquel je me suis attachée encore plus que dans le premier tome, car c'est un sacré chic type, un homme d'honneur, et j'ai bien envie de lire la suite de cette saga , en espérant que la roue tourne encore en sa faveur et qu'il trouve le bonheur. C'est pas gagné à mon avis mais Kate Atkinson écrit tellement bien...
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   05 octobre 2019
Graham n'aimait pas les animaux, il n'y en avait jamais eu dans la maison car il prétendait souffrir d'une grave allergie aux poils et aux plumes. Gloria n'avait jamais remarqué la moindre preuve ni le moindre indice d'une allergie chez Graham. Une fois, elle avait pris des poils appartenant au chat d'un voisin - la pauvre bête avait un genre d'alopécie, il suffisait de le caresser et il vous restait une poignée de poils dans la main -, les avait mis sous l'oreiller de Graham et avait passé la moitié de la nuit à observer ce qui se produisait, mais il s'était réveillé le lendemain matin frais comme la rosée et avait déclaré ; "Je me mangerais bien deux oeufs pochés." Gloria pensait que ses enfants seraient devenus des personnes plus agréables s'ils avaient été élevés avec un chien.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   29 janvier 2019
Durant son séjour trop bref à l'université, se souvint elle, elle était opposée à la peine de mort, elle avait manifesté contre une exécution dans quelque pays lointain qu'elle aurait été bien en peine de situer sur une carte, mais maintenant elle avait viré de bord.
Gloria aimait les règles, les règles étaient une Bonne Chose. Gloria aimait les règles qui interdisent de rouler trop vite ou de se garer sur les doubles lignes jaunes, les règles interdisant de jeter des immondices et de dégrader les bâtiments. Elle en avait ras la casquette d'entendre les gens se plaindre des radars de vitesse et des contractuelles comme s'il existait une seule raison pour qu'ils en soient exemptés. Dans sa jeunesse, elle fantasmait sur le sexe et l'amour, se voyait élever des poules et des abeilles, s'imaginait, plus grande, courant à travers champs avec un colley noir et blanc. Aujourd'hui, elle rêvait d'être la gardienne qui se tenait aux portes avec le grand registre, cochant les noms des morts à mesure qu'ils se présentaient devant elle, hochant la tête à celui-ci ou baissant le pouce devant celui-là. Tous ces gens qui se garaient sur des arrêts de bus et grillaient les feux sans tenir compte des passages piétons allaient tirer une sale tête quand Gloria les toiserait par-dessus ses lunettes et leur demanderait de se justifier.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   29 septembre 2019
C'était calme, dans l'unité de soins intensifs :le rythme de vie était plus lent et plus dense que dans le monde extérieur. Gloria regretta de ne pas savoir tricoter, elle pourrait se rendre utile en attendant que Graham meure. La tricoteuse* des soins intensifs.
Elle contempla la poitrine de Graham qui s'élevait et s'abaissait régulièrement, son visage dénué d'expression. Il avait l'air plus petit. Il perdait de son pouvoir, se ratatinait, il n'était plus un demi-dieu. Ils sont tombés les puissants ! Graham émit un petit bruit, un susurrement, comme s'il parlait en rêve. Gloria lui caressa la main du revers des doigts et éprouva un certain regret. Non pas tant pour Graham l'homme que pour Graham le petit garçon qu'elle n'avait jamais connu, un garçon en culottes courtes de flanelle, chemise grise, cravate et casquette d'écolier, un garçon qui ignorait tout de l'ambition, de l'enrichissement et des call-girls. "Quel pauvre con tu fais, Graham", fit-elle, non sans un soupçon d'affection.
* En Français dans le texte.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   28 janvier 2019
La pluie régulière et têtue qui avait accompagné son trajet vers le nord n'avait commencé à se calmer que lorsqu'il avait atteint les faubourgs de la ville. Elle n'avait pas du tout découragé les foules : il ne lui était pas venu à l'esprit que le Festival d'Edimbourg battrait son plein et que les rues grouilleraient de gens comme si on venait d'annoncer la fin d'une guerre. Tout ce qu'il savait du Festival d'Edimbourg remontait à la fois où il était tombé par hasard sur une émission de télé tardive, où un tas de branleurs bobos débattaient d'un spectacle d'avant-garde prétentieux.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   05 février 2019
Gloria avait préparé des casse-croûte pour Graham. C'était il y a des lustres, quand le monde était beaucoup plus jeune et que Gloria s'enorgueillissait de confectionner des petits gâteaux "sur tôle", des friands à la saucisse et de remplir des petites boites Tupperware de laitue, de tomates et de bâtonnets de carotte, tout ça pour que Graham l'enfourne machinalement sur une aire de stationnement. Si ça tombe, il jetait le contenu des petites boites Tupperware dans la poubelle la plus proche et se tapait des stampi avec des frites dans un pub en compagnie d'une poule. Gloria se demandait parfois où elle était à l'avènement du féminisme : vraisemblablement dans la cuisine en train de préparer des casse-croûte originaux.
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