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EAN : 9782709656320
500 pages
J.-C. Lattès (11/01/2017)
3.93/5   75 notes
Résumé :
Teddy a vingt ans lorsqu'il s'enrôle en 1940 comme pilote de bombardier. Vite promu commandant d'Halifax, lui et son équipage vont connaître quatre années d'horreur et d'héroïsme où chaque mission risque d'être la dernière. Il va pourtant vivre jusqu'à plus de quatre-vingt-dix ans sans jamais complètement accepter l'idée d'avoir survécu et avec une obsession : ne plus faire de mal à personne. Le formidable pilote va donc épouser celle qui l'attendait, devenir père p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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latina
  12 mai 2020
Je reviens d'Angleterre.
Non, ne croyez pas que je suis une privilégiée en ces temps de coronavirus où le voyage est interdit, mais Kate Atkinson a été mon commandant de bord et m'a montré la campagne verdoyante, les petites villes moyenâgeuses et Londres. Elle m'a transportée dans le temps, aussi, et elle s'est amusée à me balader à l'envi d'une époque à l'autre (20e et 21e siècle).
C'est qu'elle en avait bien la possibilité, en choisissant de raconter l'histoire éclatée d'une (ou même deux) familles anglaises, à travers quelques personnages.
De Ted, le pilote de la RAF pendant la guerre à Bertie, sa petite-fille aimante, en passant par Sylvie, la mère maladroite en amour, Ursula, la soeur engagée et compréhensive, Nancy, l'épouse et voisine, et plein de personnages secondaires émouvants ou exaspérants, l'auteure a mis le doigt sur la psychologie de chacun, en même temps que sur l'air du temps.
Chaque personnage est unique, mais évolue en parallèle avec son époque.
Beaucoup d'évènements tragiques, racontés avec justesse et émotion, une petite touche d'humour et un grand sens de l'humain : voilà ce que Kate Atkinson, auteure anglaise que j'aime beaucoup, nous livre dans cet ouvrage.
Merci, Annette, de m'avoir donné l'envie de me plonger dans cet univers très anglais mais aussi universel grâce à la plume magique de Kate Atkinson.
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Annette55
  16 février 2020
Comment ne pas être séduite et émue par le talent de cette romancière, dont j'avais lu déjà: « Dans les coulisses du musée » en1996,« La-Souris Bleue  » en 2004 et «  Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux  » en 2006? .
Tout au long de ce gros roman, fresque familiale de 521 pages qui court de 1925 à 2012, Kate Atkinson nous entraîne , grâce à son attachement inédit à ses personnages, son humanité, sa drôlerie, sa finesse psychologique , son style éblouissant , ses retours en arrière travaillés et judicieux : 1925, 1944, 1980, 1939, 1993 , j'en passe .....au coeur d'un maelström qui joue avec le temps.
Elle entremêle brins du passé, nostalgie et futur durant la longue vie , destinée du personnage principal Teddy , le préfèré de sa mère ( ils étaient cinq frères et sœurs ) .
À vingt ans il s’engage comme pilote de bombardier dans la Royal Air Force : La guerre de Teddy...
Vite promu commandant il connaîtra les horreurs de la 2ème guerre mondiale , la sensation de se «  jeter dans la gueule de la mort » , héroïque : durant quatre ans, il nous fait partager chaque mission au risque d’être la dernière , heureux d’être rentré à la maison mais complètement détruit de l’intérieur.
Le temps passe , il épouse Nancy , mathématicienne férue de chiffres et d’équations , son «  amoureuse d’enfance » ...au destin trop court....
Droit et sincère, tolérant et épatant , Teddy , journaliste, se laisse porter par son passé, sa famille et son histoire.
Désireux de toujours bien faire, c’est un héros humble, effacé et modeste, ne trouvant sa place nulle part.
On souffre et on aime avec Teddy, que ce soit avec Nancy, ses sœurs fantasques : Pamela et Ursula , Viola , sa fille unique «  baba cool » insouciante , mère peu aimante de Sunny et Bernie, indifférente , qui n’aimait pas les gens , désastreuse en amour .
Elle deviendra une écrivaine à succès .....
L’auteure décrit à merveille l’incommunicabilité entre parents - enfants ,l’incompréhension, l’amour pour les petits- enfants jamais démenti, la sensibilité et l’humanité hors pair de Teddy qui se heurte au mur Viola jusqu’à sa mort en 2012.
Ce roman mêle harmonieusement roman de guerre : sociétal et familial, passant du rire aux larmes , du présent au passé , maniant les époques avec un humour vachard , virtuosité et subtilité .
Une œuvre éblouissante qui remet en question la réalité, —- un hommage vrai à la fiction—- philosophique, historique, psychologique , jouant du temps, et de l’empathie avec ses inoubliables personnages , transcendant l’horreur du quotidien pour redonner du goût à la vie, ouvrage sur la guerre et ses conséquences sur les générations qui ne l’ont pas vécue ...
C’est le second diptyque consacré à la seconde guerre mondiale ,après «  Une vie après l’autre » , premier volet que je vais m’empresser de lire ....
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Patrijob
  05 février 2021
Il y a un grand secret en relation avec la fiction et l'imagination dans ce livre et qui en est, d'une certaine manière, la raison d'être.
Pour le découvrir, il vous faudra partager le destin de Teddy, jeune pilote à la R.A.F. durant la seconde guerre mondiale tout au long de ses 98 années de vie.
Kate Atkinson nous le raconte à sa façon en passant aisément d'une époque à l'autre et, comme d'habitude, en parsemant son récit de références littéraires anglo-saxonnes.
Du foyer fondé par Teddy et Nancy naîtront une fille et deux petits-enfants qui feront à la fois leur joie et leur tourment.
Une famille dans laquelle ne règne pas toujours l'harmonie, où la communication n'est pas facile, mais sur laquelle la bienveillance du patriarche s'étend, inconditionnelle malgré les drames et les souffrances.
Il y a semble-t-il un premier volet à cette oeuvre, Une vie après l'autre, qui s'attache à la vie d'Ursula, la soeur la plus proche de Teddy.
Je le lirai très certainement, Kate Atkinson ne m'ayant jamais déçue jusqu'à présent.
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topocl
  05 août 2017
Teddy est un petit garçon charmant, tout le monde l'aime, ses parents et ses soeurs l'adorent. Teddy est un jeune homme qui aime la Nature, les chiens et la littérature, qui déteste les rails sur lesquels l'ont placé son travail dans la banque de son père. Il voit dans la guerre, outre une façon de défendre de vrais valeurs, une espèce d'aventure salvatrice: en matière d'aiguillage qui change la donne, il n'a pas lésiné..
Aux commandes de son avion, bombardant Berlin ou Hambourg, menacé par la défense allemande, drogué à l'adrénaline, il promet, s'il s'en sort, "d'être toujours gentil, de mener une existence honorable et paisible" (mais toujours avec des chiens, des livres et pas loin de la nature). Il ne va quand même pas embêter tout le monde sous prétexte qu'il a fait la guerre.
Il épouse donc Nancy, son "amoureuse d'enfance" et avance dans la vie d'une façon qui peut paraître terne ( son "train-train" dit Nancy). Comme en bon anglais stoïque, il préfère exprimer sa sensibilité et ses émotions par des actes plutôt que par des épanchements, il devient aussi un homme bon, ouvert, qui affronte courageusement les épreuves que lui a préparées la vie (et il n'en manque pas, celle-ci est loin d'avoir épuisé son stock pendant la guerre). Il a une fille et des petits-enfants, qui ne sont pas forcément ceux qu'il aurait aimé avoir (mais parfois, si), mais avec lesquels il se comporte avec droiture et générosité : il donne plutôt que recevoir (ce qui veut dire qu'il reçoit beaucoup, au final, évidemment : "On récolte ce qu'on sème"). Il ne sait pas si c'est le bonheur, mais c'est le chemin, le sien.
Voilà : c'est donc l'histoire d'un homme , d'une famille à travers un siècle intraitable. Mais moins nunuche que mon commentaire n'en donne l'impression, car c'est raconté par Kate Atkinson, qui manie l'humour avec autant de causticité que de tendresse, jongle avec les époques et les perspectives (les jeunes gens imaginent leur avenir et les vieux rameutent leurs souvenirs), qui aime ses personnages dans tous leurs défauts , leurs grandeurs et petitesses, et veut les partager : parce qu'il sont des pions ballottés par le destin et se défendent comme ils peuvent (ou ne peuvent pas). Kate Atkinson est enjouée, attentive; elle maîtrise subtilement les parenthèses et les remarques mordantes pour maîtriser l'émotion et dire le vrai.
Dans une belle alternance, les parties décrivant l'aviation en guerre sont aussi réussies que celles sur la famille (ascendants et descendants) en recherche d'une certaine paix. Tout s'imbrique, tout se tient.
C'est très brillant et intelligent, pétillant je dirais, plein de générosité comme de lucidité et de vacheries, drôle, triste, c'est la vie, quoi. J'aurais bien aimé le connaître, Teddy.
C'est aussi dans une pirouette finale, et dans de nombreuses allusions au cours du livre, un hommage à la fiction, qui est une façon de s'en sortir, toujours.
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cathulu
  12 janvier 2017
Deuxième volet du diptyque de Kate Atkinson consacré à la Seconde Guerre mondiale, L'homme est un dieu en ruine aborde cette fois le destin de Teddy, frère d'Ursula, l'héroïne au centre de Une vie après l'autre.
Pas de variations cette fois autour des possibles d'une existence mais néanmoins un travail d'orfèvre sur la temporalité puisque l'autrice alterne passé et présent , sans jamais perdre son lecteur en route.
Teddy donc qui a vingt ans, en 1940, s'enrôle dans pilote de bombardier et participera à des raids sur l'Allemagne. Teddy qui vivra très longtemps, connaîtra une belle et tragique histoire d'amour, aura une seule fille et deux petits-enfants, aux destins très variés.
J'avoue ne guère être attirée par les récits de guerre mais Kate Atkinson, à son habitude, parvient à nous rendre sensible la bravoure de ces très jeunes gens embarquant dans des avions à la sécurité toute relative, sans pour autant minorer la souffrance des populations civiles victimes de ces bombardements.
L'aspect familial n'est pour autant pas négligé et , par l'intermédiaire de Viola, fille unique de Teddy, baba cool et mère en apparence indigne, elle dépeint avec subtilité les relations compliquées entre parents et enfants au fil du temps. Que Viola devienne une écrivaine à succès n'est certainement pas un hasard, car comme nous l'indique Kate Atkinson, dans sa postface très éclairante, ce roman traite aussi de la fiction.
On retrouve,avec énormément de plaisir, l'humour souvent vachard de l'autrice, sa subtilité et son art de la narration. Un très grand bonheur de lecture !
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critiques presse (3)
Lexpress   28 mars 2017
On le quitte à regret, ému au possible et ébloui par la force d'une romancière au sommet de son art.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   02 février 2017
La romancière anglaise Kate Atkinson raconte les destinées d'une famille anglaise de 1925 à 2012.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   20 janvier 2017
Historique, psychologique, philosophique, le nouvel ouvrage de Kate Atkinson joue avec le temps, jusqu’à en remettre en question la réalité.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
PatrijobPatrijob   29 janvier 2021
La guerre lui avait fait accepter la mort et puis, tout à coup, elle était terminée, et il y eut un lendemain et un autre lendemain et encore un autre lendemain. Il ne réussit jamais complètement à accepter l'idée qu'il avait un avenir
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Annette55Annette55   15 février 2020
«  Et lui, incapable même d’être un modeste enseignant. Il avait fait un vœu pendant la guerre : s’il survivait , il mènerait une vie stable, stoïque. Le vœu paraissait condamné à rester lettre morte. Est- ce que quelque
chose n’allait pas chez lui? se demanda t- il... »
Commenter  J’apprécie          170
fanfan50fanfan50   28 août 2018
George Carr n'était pas mort, comme Teddy l'avait craint, mais il mourut deux jours plus tard à l'hôpital, des suites du "choc" et de "l'immersion", ce qui pour Teddy signifiait le froid.
Un bateau de la Royal Navy qui était à la recherche d'un autre avion abattu les retrouva par hasard. Ils furent montés à bord, on leur enleva leurs vêtements, on leur donna du thé chaud, du rhum et des cigarettes, puis on les enroula dans des couvertures et on les allongea doucement sur des couchettes, comme des bébés. Teddy s'endormit immédiatement, du sommeil le plus profond qu'il ait jamais connu, et lorsqu'il fut réveillé une heure plus tard pour prendre encore du thé chaud et du rhum, il regretta qu'on ne l'ait pas laissé dormir sur cette couchette jusqu'à la fin des temps.
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fanfan50fanfan50   28 août 2018
"Qu'est-ce qu'il fait chaud ici", dit-elle à Teddy. Il marmonna quelque chose qui signifiait peut-être son accord. Le chauffage était réglé à un niveau inacceptable, ce qui accentuait les odeurs répugnantes qui donnaient la nausée à la seconde où on entrait dans le bâtiment et contribuait généreusement à l'incubation des millions de germes qui devaient circuler. On percevait les odeurs animales habituelles d'urine et d'excréments ainsi que la puanteur de choses pourries, avariées, qu'aucun désinfectant, même en grandes quantités, ne pouvait cacher. L'odeur de la vieillesse, supposait Viola. Lorsqu'elle se rendait à Poplar Hill, elle gardait dans sa manche un mouchoir imbibé de Channel qu'elle reniflait de temps en temps, comme un petit bouquet contre la peste.
Les portes étaient maintenues ouvertes et chaque chambre offrait un instantané, un aperçu du naufrage qu'elle hébergeait, comme un zoo affreux ou un musée des horreurs. Certaines personnes étaient allongées sur leur lit et bougeaient à peine, tandis que d'autres gémissaient ou criaient. Et puis, il y avait ceux qui étaient installés dans des fauteuils, le menton enfoncé dans la poitrine comme des enfants endormis, et quelque part, invisible, une femme miaulait comme un chat. Quand on remontait le couloir, on devait slalomer autour des blessés en était de marche (ainsi que Viola les appelait), les âmes perdues qui longeaient la coursive en traînant les pieds toute la journée, sans avoir la moindre idée de l'endroit où ils se trouvaient ni de l'endroit où ils allaient (nulle part, clairement). Aucun d'eux ne connaissait le code qui sécurisait la porte du service (1-2-3-4, ce n'était pas bien difficile), et s'ils l'avaient su, ils n'auraient pas pu le retenir, et s'ils avaient pu le retenir, il n'aurait quand même rien signifié parce que leur cerveau était plein de trous, comme de la dentelle. Viola les trouvait parfois rassemblés, comme des zombies (des zombies lents, ils ne risquaient pas de pourchasser qui que ce soit, qu'on les paye ou non pour cela), à la porte, regardant fixement, à travers le verre blindé, un monde qui leur était désormais interdit, enfermés dans leur mutisme. C'étaient des prisonniers, ils purgeaient les dernières bribes de leur condamnation à perpétuité. Des morts vivants.
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fanfan50fanfan50   28 août 2018
Pour rendre encore plus déplaisante l'atmosphère du service, il régnait une cacophonie assourdissante provenant des téléviseurs installés dans toutes les chambres, qui braillaient à un volume très élevé - Deal or No Deal en concurrence avec Escape to the Country- et personne ne se préoccupait vraiment de l'émission qui passait parce que personne ne pouvait lui donner de l'émission qui passait parce que personne ne pouvait lui donner du sens. On entendait toujours une sonnerie quelque part, longue, insistante, signifiant qu'un résident essayait d'attirer l'attention de quelqu'un, peu importait qui.
Il y avait également une salle commune où ils étaient alignés devant un téléviseur encore plus grand et plus sonore. Pour des raisons que Viola n'arrivait pas à comprendre, une grande cage s'y trouvait également , occupée par une paire de perruches auxquelles personne ne prêtaient jamais la moindre attention. Elle n'avait pas aimé Fanning Court, le complexe d'hébergement spécialisé où elle avait réussi à convaincre son père d'emménager presque vingt ans auparavant, mais comparé à la maison de retraite - oh pardon, maison médicalisée - c'était un paradis. "N'est-ce pas aussi l'Enfer, récita-t-elle d'un ton léger à son père, je ne suis pas hors de l'Enfer, et toi non plus." Elle adressa un sourire éclatant à une aide-soignante qui passait devant la chambre. Quand on avait un peu de jugeote, comment pouvait-on penser que l'euthanasie était une mauvaise chose ? Le Dr Shipman avait gâché le débat, avec ses quinze condamnations.
Mais si affreux que fût Poplar Hill, Viola n'était pas obligée de faire front, de changer les couches, de nourrir papa à la cuillère et d'essayer de trouver des moyens d'occuper les longues heures entre deux repas.
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