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ISBN : 2221199162
Éditeur : Robert Laffont (02/03/2017)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 21 notes)
Résumé :
En pleine nuit, Ethan reçoit un appel téléphonique étrange. Au bout du fil, il reconnaît la voix de ses parents disparus depuis deux ans. Après avoir pris de ses nouvelles, sa mère raccroche sur ces mots : "Dis à ta soeur qu'on pense à elle tous les jours." Le problème, c'est qu'Ethan est fils unique.
C'est le début d'une folle aventure...

Un secret de famille tombé du ciel. Un compositeur de chansons. Des nuits parisiennes et le vacarme de la ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
ninachevalier
  23 mars 2017
Jérôme Attal L'appel de Portobello road roman Robert Laffont
(159 pages – 17€)
La couverture, style Roy Lichtenstein, focalise notre attention sur le téléphone à cadran vintage, par lequel arrivera cet appel mystérieux. Modèle des années 1970 « déniché dans une boutique de Portobello Road », à Londres.
Jérôme Attal nous plonge, en ouverture, dans un conte japonais. Surprenant. Mais ce mystère s'éclaircira dans l'épilogue ! L'auteur sait où il mène son récit et offre une construction originale, digne de l'atmosphère des films de Tim Burton.
Entrent en scène deux Parisiens : Ethan, la quarantaine, musicien compositeur qui peine à percer, en mal de reconnaissance et son ami confident Sébastien à qui il confie la teneur de cet appel nocturne si improbable. Cauchemar ou pas ?
Interloqué, sidéré, déboussolé par la demande de ses parents défunts, Ethan débute son enquête auprès de sa chère tante octogénaire, Sylviane. Mais peut-on croire les assertions d'une personne atteinte d'Alzheimer qui a donc tendance à délirer ? Toutefois,grâce à l'indice suivant recueilli :«  Inspected by June », Ethan va poursuivre son fil d'Ariane et nous immerger dans la Belgitude ! Gardons le secret !
Il lui faut absolument rallier Ath, «  la cité des géants », interroger June, qui travaille pour l'enseigne de porcelaine anglaise «  Somewhere over the teapot ». En route, il anticipe cette rencontre et prévoit la rafale de questions à poser à June.
Réussira-t-il à délivrer le message de ses parents à la bonne personne ? Suspense.
Cette échappée en territoire belge est ponctuée de rencontres. Gratifiante pour celle avec les routiers qui connaissent le jingle qu'il a composé. Déroutantes ces pom-pom girls tchèques.Insolite celle avec Bison Bogaerts, mais providentielle car la Triumph prêtée vient de rendre l'âme avant la destination finale.Voici Ethan, mêlé à une foule hétéroclite, joyeuse et festive, bousculé par des convives déguisés, se demandant où il a mis les pieds. Ne doit-il pas se soumettre à un rituel pour être accepté dans cette étrange fête. Jérôme Attal, aux racines belges, dépeint l'esprit «  irrésistible et réjouissant » de ce pays, et cette tendance à blaguer.
Il excelle dans l'art de la description, portant attention aux moindres détails que ce soient les paysages urbains,les sordides banlieues, la « route vallonnée de Jurbise », la salle d'une bibliothèque, ce qui fait naître une profusion d'images chez le lecteur.
Dans ce roman, l'écrivain aborde la douloureuse question du manque, de l'absence des parents avec qui on ne peut plus partager les petites épiphanies.
Tout aussi poignante l'évocation de la vieillesse de nos proches, de la déliquescence des seniors, quand le dialogue devient une série de quiproquos.C'est avec tendresse qu'Ethan se soucie du bien être de sa tante Sylviane. Il soulève indirectement la question de la sécurité de ces personnes âgées qui vivent seules.
Jérôme Attal distille de nombreuses réflexions quant à l'état de notre société ( « un monde où il faut se battre en permanence ») , portant un regard sans concession devant la violence ( « pour plat du jour »,« le réflexe à la mode »), les incivilités auxquelles tout citoyen est de plus en plus confronté. Sa fuite s'avère être due à de multiples facteurs ( déceptions), mais peut-on «  éparpiller son chagrin et son désarroi comme des valises mal sanglées » ?A travers ses personnages féminins (Zelie, June,la princesse) le narrateur explore le désir ressenti par les hommes.
«  On est tous à la recherche d'une émotion, d'une personne qui nous complètent et nous relancent. » Ethan trouvera-t-il « la pièce manquante de son puzzle » ?
Le musicien parolier pointe aussi le faible pourcentage qui revient au compositeur ( paroles, jingle) dans le marché de la musique, ce qui est de même pour un auteur concernant un livre de poche. Il donne une large place à la musique ( piano, charleston endiablé).On est soudain entraîné dans cette nouba loufoque,inoubliable !
Ceux qui ont lu Les Jonquilles de Green Park (1) connaissent le goût de Jérôme Attal pour Londres et la civilisation anglaise. Cela commence avec le téléphone vintage,
puis les mugs,les collections Emma Bridgewater, le paillasson « Keep calm and come in », les références musicales ( Dylan cité en exergue, les Beatles,l'affiche de Simon et Garfunkel, Amy Winehouse.)
Emily Dickinson est là aussi qu'il conseille de lire « avec le sourire » et « en lui disant merci ». Un autre conseil de lecture est formulé : «  Ne vous apitoyez pas sur le sort des auteurs et de leurs personnages, ou bien ça vous retombera dessus tel un boomerang émotionnel » !
On devine le plaisir du romancier à créer des comparaisons imagées, toujours aussi
inattendues. La mémoire d'Ethan telle un «  shaker géant » , la bâche : «  comme une meringue flottante sur une tarte au citron ». Il joue avec les mots : «  célérité/célébrité », china qui signifie porcelaine/made in china.
On regrette qu' Ethan , habité par la mélancolie et la nostalgie, ne fonctionne pas comme Tommy des Jonquilles de Green Park, à savoir compter ses heures heureuses, remplir sa colonne des plus dans un cahier.
L'auteur, un brin gourmet, régale notre palais, avec le sandwich «  au fromage de Herve », la tarte au riz, «  sa madeleine », la gaufre liégeoise, les sablés Traou Mad.
Croquer dans une tartelette Poilâne lui donne de l'énergie pour rallier Ath.
Si David Foenkinos fait ses provisions de barres chocolatées dans une boutique de station service, Ethan, lui, fait le plein de Skittles !
Ce roman fait penser au genre fantaisie pas assez reconnu en France, pourtant «  on ne parle jamais aussi bien du réel qu'en partant de l'imaginaire » déclare Pierre Bordage.
Lui-même se réclamant de Tolkien. L'écrivain, ayant toujours un pied qui «  traîne en enfance » et une imagination fertile, nous offre pour suite féerique du conte, un épilogue musical « dans un de ces lieux enchanteurs où les tourments s'estompent ».
Jérôme Attal signe un roman votif dans lequel son héros rend la vie à ses parents par la seule force de la mémoire. Sa déclaration d'amour d'un fils à ses parents défunts, à sa tante, seul lien familial restant, fait écho à une pensée de Kawata : «  La mort donne l'obligation d'aimer ». Dans une interview l'auteur déclare s'interroger sur ce que représente la famille. Est-ce celle du sang, d'où cette quête éperdue à la recherche de sa soeur ? Ou est-elle pour Ethan,fils unique, constituée des gens croisés, aimés ?
A nous lecteurs de répondre au double appel de Jérôme Attal :
aimer ce récit sensible, poétique, romantique, onirique, empreint de nostalgie, traversé de chansons électrisantes, mâtiné de drôlerie, pétri de suspense,
et
goûter «  l'anniversaire de l'instant » qu'est une bonne lecture.
«  Lire, c'est s'abandonner à l'autre », confie Jérôme Attal.
Amis Belges, cette «  aventure épique » vous est tout particulièrement destinée !
(1) Les Jonquilles de Green Park, roman dont vous pouvez retrouver la chronique dans Traversées. A reçu le Prix de L'île aux livres / La petite cour en Août 2016 et le Prix spécial Saint-Maur en poche, 2016
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Quelques questions à Jérôme Attal à l'occasion de la sortie de
L'appel de Portobello Road Robert Laffont
Possédez-vous un téléphone vintage semblable à celui du roman ?
Oui tout à fait. J'aime beaucoup utiliser des objets de mon quotidien pour mes romans. Ou de collecter des objets dans la préparation d'un livre, au même titre que l'on collecte des sensations, des sentiments. Et puis ça donne au lecteur un espace chaleureux. le lecteur qui ouvre un de mes romans, je l'invite chez moi, dans mon univers.

Qu'utilisez-vous de préférence : le téléphone fixe ou un smartphone ?
Je crois qu'à ce niveau d'usage et de familiarité, c'est le Smartphone qui m'utilise !

Quel est le dernier appel reçu, si ce n'est pas indiscret ?
Une journaliste qui me téléphone pour me dire qu'elle me rappellera pour que l'on cale une interview par téléphone. C'est beau comme du Beckett.
Passez-vous beaucoup de temps au téléphone ?
Oui mais la solitude me rappelle à l'ordre. On n'écrit pas pendu au fracas du monde. Ou alors cela devient du journalisme. Dans L'appel de Portobello Road c'est sa solitude que mon personnage tient au bout du fil, finalement. La solitude appelle, car elle a faim. Elle veut sortir. Elle a faim de rencontres. D'une jeune femme, en l'occurrence. À l'autre bout de la route et du chemin qu'il faut faire en soi pour s'ouvrir au monde.
Certains sont allergiques aux conversations téléphoniques qui polluent la tranquillité dans un café, un transport ? Et vous ?
Oui c'est le sans-gêne et la grossièreté qui m'irritent. Parce que je suis davantage séduit par les gens qui font leur apparition dans une pièce ou dans une conversation, sur la pointe des pieds.
Où posez-vous votre téléphone la nuit ?
La nuit, je le transforme en réveil matin pour le faire redescendre un peu de son piédestal.
Votre roman est constellé de musique, chansons ?
Aviez vous un air en tête pour les chansons glissées dans votre roman ?
Dans l'idéal je dirai que le roman, l'écriture d'un roman, doit contenir sa propre musique. C'est aussi la petite mélodie d'un auteur qu'on aime et aime à retrouver de livre en livre. J'espère à chaque fois atteindre ma petite mélodie, et que mes lecteurs s'y retrouvent. Et je suis pour faire des livres enchanteurs. Il faut enchanter le lecteur car la vie est assez pénible comme ça.
Vous animez des ateliers d'écriture, pouvez-vous en dire quelques mots ? Quelle est la finalité pour les participants ?
Ce sont des ateliers où j'essaie de désacraliser l'acte et la pression d'écrire. J'essaie que chacun trouve son registre et atteigne une sorte de grâce dans son registre. Et je transmets aussi l'opiniâtreté. Quand on commence, il faut aller au bout. On a le droit à l'erreur, aux erreurs, mais pas le droit de ne pas aller jusqu'au bout.
Pourriez-vous résumer votre roman en 140 signes ?
Non et cela me réjouit !
Merci infiniment cher Jérôme Attal pour avoir consacré un instant pour ces réponses qui font écho à la musique de votre roman.
Un véritable enchantement.
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Syl
  06 mars 2017
Dès la première page, je rigole. Mister B., près de moi, sourit et confirme : « Tu es atteinte. ». Oui-oui, d'une attalite aiguë.
Il y a des mots ou des petites phrases surréalistes qui s'incrustent toujours dans les récits d'Attal, là où on ne les attend pas, donnant à sa plume originalité et légèreté. Des petits mots et des petites phrases qui prennent notre affection. L'histoire de ce livre commence par un conte japonais. Au XVe siècle, un chevalier s'éprend d'une jeune princesse qu'il entraperçoit derrière les rideaux de son palanquin. Saisi d'amour, il va essayer de la retrouver et de l'approcher… Il ne pense qu'à elle. « Les jours suivants sont des nuits »… On voit alors ce guerrier samouraï arnaché de cuir partir en quête de la si belle princesse. Il traverse des estampes, paysages de rivières, de monts et d'arbres en fleurs… La route est périlleuse, la quête est difficile… Quand il arrive aux portes du palais, il est accueilli par un serviteur qui lui demande de bien vouloir patienter. La princesse est là, mais elle n'est pas en mesure de le recevoir, car c'est l'heure de la cérémonie du thé. La poésie de ce conte est belle, on perçoit le vent dans le jardin, nous ne sommes qu'attente avec le chevalier, et espérance… quand… la fantaisie de l'auteur terrasse le Moyen-Âge et nos rêves :
« Tiraillé par l'impatience, la mine sombre et émaciée par le feu qui embrase son coeur, le chevalier fait les cent pas dans le jardin.
La cérémonie du thé, vous savez, surtout si vous êtes amateur de café en capsule, ça dure des plombes. La tête baissée, les épaules en dedans, il tue, poursuit, déborde le temps, écrase les secondes sous ses pas comme un tas de feuilles mortes… »
« si vous êtes amateur de café en capsule »… j'écris et je rigole… Ne me dites pas que je suis la seule ! Pitié…
Voilà… si je commence ce billet-lecture par cette parenthèse c'est simplement pour vous expliquer comment je perçois Jérôme Attal. C'est un poète-pitre, un doux diablotin. le livre est ainsi construit, une énigme, une quête, des émotions et une bonne dose d'absurdités à la Kafka.
Ethan Collas est un musicien qui a du mal à percer dans le métier. Il rêve qu'un jour en poussant le charriot des courses dans un grand magasin, l'écho d'une musique ou d'une chanson qu'il aurait écrite le surprenne au détour d'un rayon. Ersatz de sacre suprême !
Après avoir végéter dans différentes facultés, après avoir « tester » plusieurs études, il avait décidé, avec accord parental, de prendre un tout autre chemin ; celui de la musique.
Maintenant, à l'aube de la quarantaine, il se retrouve seul, indécis, dans un petit appartement parisien hérité de ses parents, sans attache amoureuse, obnubilé par la perte de ses cheveux, et bénéficiaire d'une misérable rente, un jingle composé pour la météo d'une chaîne câblée. Son copain Sébastien se plaît à lui dire qu'avec ce pécule, il peut s'offrir une fois par semaine une tartelette aux pommes de chez Poilâne… ce qu'il fait.
Puis une nuit, le téléphone sonne. Sa mère au bout du fil lui demande comment il va. Il entend aussi son père bougonner comme à son habitude, des mots bourrus, des mots d'amour. Ils appellent d'un endroit inconnu, où la communication va bientôt être interrompue. « Allô, mon chéri ? »… Comment il va ? Il ne faut surtout pas qu'il s'inquiète. Et surtout, il faut qu'il dise à sa soeur que ses parents pensent à elle, tous les jours…
Seulement… Primo, ses parents ne sont plus depuis deux ans. A ce stade de la lecture, nous doutons déjà de ce que nous avons lu et perçu. Ne sont-ils pas morts ? Secundo, il est fils unique. Commence alors ce que la quatrième de couverture dévoile « Un secret de famille tombé du ciel ».
Transposition du conte, le chevalier-Ethan part à la recherche de sa soeur et va tout au long de sa route vivre des épisodes un peu fous. Sur une vieille photo retrouvée, une petite fille pose à ses côtés. Il devait avoir onze ans, elle devait en avoir sept.
« … Des nuits parisiennes et le vacarme de la solitude. Une décision à prendre. Une fille au bout de la route… de la porcelaine anglaise. Comme est la vie. Fragile et robuste à la fois. Et une ode à l'amour au tournant de chaque page. »
Je n'en raconte pas plus, c'est un roman court qui pèse moins lourd que « Les jonquilles de Green Park » (un coups de coeur de 2016). L'équipée d'Ethan, qu'il fera à bord d'une Triumph Spitfire décapotable jaune de 1975, est dans la veine des récits initiatiques. Sur l'itinéraire, il va croiser des personnages extravagants, parfois en marge de la société, qui seront des étapes anecdotiques, pleines de sensibilité et d'humanité. Jérôme Attal parle de filigranes du bonheur et de fêlures, pas nécessairement importantes, juste des petits interstices de la vie que l'on aimerait réparer pour pouvoir avancer.
L'écriture fantasque nous fait prendre un chemin de traverse menant vers différents mondes, différentes dimensions, entre du réel et des chimères. de l'humour, de la poésie, de la délicatesse, tout un bouquet subtil d'émotions, c'est ce que je demandais à ma lecture.
Je vous le recommande.
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MaminouG
  08 mai 2017
Jérôme Attal, je l'avais vu, en octobre dernier, à La 25ème heure du livre au Mans. Ses lunettes noires m'avaient impressionnée au point de ne pas oser m'approcher. Et pour lui dire quoi ? Je n'avais encore rien lu de lui, c'est dire le retard. Aujourd'hui, j'ai commencé à réparer ce manque. Je le découvre avec "L'appel de Portobello road" et… je ne le regrette pas !
"L'appel de Portobello road", donc, est à la fois le titre et le début de l'histoire puisqu'il déclenche tout le reste. Non, je ne vais pas vous raconter la suite. Ce serait nocif au plaisir de la découverte et inutile. Bon, je vous dis juste qu'Ethan, la quarantaine, reçoit pendant la nuit un appel téléphonique de ses parents disparus depuis quelques années. Ils lui demandent même de transmettre un message de leur part à sa soeur, sauf que… Ethan n'a pas de soeur.
A partir de là l'auteur nous entraîne à la suite de cet homme dans un road-movie quelque peu déjanté – en Triumph Spitfire, s'il vous plaît ! –, une sorte de conte sans méchants, une épopée brillante et animée. J'ai eu l'impression d'être plongée dans un shaker au milieu de pom-pom girls tchèques expertes en vodka – mais pas que –, une armée de gens déguisés amateurs de tartes au riz, de la porcelaine anglaise et une contrôleuse qualité… bref, un véritable méli-mélo de figures et de situations toutes plus abracadabrantesques les unes que les autres… et pourtant, toujours en filigrane, l'amour et la solitude.
Quel talent ! Je suis tombée en amour de l'écriture superbe de Jérôme Attal, originale, travaillée, recherchée. J'ai aimé les expressions imagées à foison "Ses prunelles noires bataillaient en permanence contre l'étroitesse des orbites comme si elles rêvaient d'indépendance ; deux adolescentes bien décidées à aller voir le monde." Les personnages détaillés, tous excentriques, bariolés, la musique partout présente, forment une sarabande continuelle.
J'ai vraiment été emportée dans un tourbillon léger, léger, tournant les pages allègrement à la rencontre de nouveaux amis. Et même si parfois je me suis demandé ce que voulait dire l'auteur, je me suis contentée de me régaler. La prochaine fois que je le rencontrerai, c'est sûr, même s'il porte des lunettes noires, même si je ne suis pas une fille des Yvelines (voir page 65), je n'hésiterai pas à l'aborder pour lui dire mon admiration.
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MademoiselleMaeve
  02 janvier 2018
Mon histoire avec L'appel de Portobello Road pourrait s'appeler « rendez-vous manqué ». Lors de la dernière édition du Chapiteau du livre à Saint-Cyr-sur-Loire, j'avais préparé ma petite liste d'auteurs à rencontrer et de livres à acheter. Jérôme Attal était sur celle-ci. Malheureusement, quand je suis arrivée à son stand, il était parti déjeuner et je n'ai pas osé faire attendre trop longtemps ma copine Cécilia qui ,elle, se pavanait avec son exemplaire de L'appel de Portobello Road recouvert de stickers et le joli tote-bag que l'auteur lui a offert (elle ne se pavanait pas vraiment mais je l'ai pris comme ça, j'en aurais pleuré de frustration) et nous sommes reparties – j'avais tout de même un raisonnable petit butin sous le bras. Mais ce livre restait un regret.
Quelques semaines plus tard, ma maman m'a prêté Presque la mer que je lui avais offert et j'ai beaucoup aimé cette histoire pleine de poésie dans laquelle non pas un mais deux personnages ont le même prénom que moi – et comme je m'appelle Marie-Eve en vrai, ça n'arrive pas tous les jours. du coup, là encore j'ai eu l'immense regret de ne pas avoir pu me procurer L'appel de Portobello Road, de ne pas avoir pu discuter avec l'auteur et de ne pas pouvoir me pavaner avec mon tote-bag.
Mais un soir, en rentrant de Paris, je suis passée devant la toute nouvelle boîte à livres de Saint-Pierre-des-Corps – elle avait été installée trois jours avant près de la gare. J'étais chargée de sacs et de livres et j'ai failli ne pas m'arrêter, fatiguée et frigorifiée comme je l'étais. Mais ma curiosité a été la plus forte et parmi la pile de livres, se trouvait L'appel de Portobello Road. Et en l'ouvrant, j'ai vu qu'il était dédicacé, une dédicace généralisée, donc sans nom, et c'était tant mieux. Il faut tout de même reconnaître que l'histoire aurait eu plus de saveur s'il avait été dédicacé à mon nom – et je pense que l'auteur aurait aussi apprécié cette chute à la fois poétique et farfelue.
L'appel de Portobello Road me semblait être une belle histoire fantasque. Imaginez plutôt : Ethan reçoit un appel de ses parents qui lui laissent un message pour sa soeur. Dit comme ça, ça ne paraît pas dingue, mais si l'on sait que les parents d'Ethan sont morts et qu'il n'a pas connaissance d'une petite soeur, tout de suite, ça pique la curiosité. J'ai retrouvé dans ce roman la fantaisie que j'avais aimé dans Presque la mer. Mais malheureusement, j'ai eu du mal à rentrer dans le roman et c'est pour cela que mon histoire avec L'appel de Portobello Road pourrait s'appeler « rendez-vous manqué ». Comme si dès le départ, tout me disait que ce n'était pas pour moi. Ceci dit, je n'ai pas passé un mauvais moment avec ce livre, mais il m'a laissé un petit goût d'inachevé, alors que tout me semblait réuni pour que je passe un bon moment de lecture. En revanche, j'ai adoré le nom de l'entreprise Somewhere over the teapot qui est celui d'un blog que j'aime beaucoup et dont l'auteure est une chouette nana que j'ai eu la chance de rencontrer il y a quelques jours.
La morale de tout cela est que si vous avez la possibilité de rencontrer Jérôme Attal, allez-y, mais pas à l'heure du déjeuner. Et faites-lui une bise de la part de Marie-Eve, et si vous pouvez me rapporter un tote-bag, cela permettrait à cette histoire d'avoir une fin vraiment heureuse !
Lien : https://mademoisellemaeve.wo..
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2saori
  10 mai 2017
Découvert lors d'un salon littéraire, l'homme est charmant, délicat et légèrement fantasque.
Ce roman est à son image, décalé, mais au combien rassérénérant.
L'histoire: Ethan, musicien, la quarantaine, reçoit un coup de fil de ses parents décédés. Après avoir pris de ses nouvelles, la conversation se termine par ces mots « Dis à ta soeur qu'on pense à elle tous les jours. » le problème est qu'Ethan est fils unique.
Commence alors la quête de cette soeur. Avec Ethan c'est la recherche de ceux qui ne sont plus. C'est la solitude dans le manque, la quête de celui ou celle qui pourra partager ce manque. Sur ce postulat pourtant sombre, Jérôme Attal nous fait voyager dans son univers, improbable mais terriblement lumineux, peuplé d'une tante un peu sénile, de pom pom girls tchèques improbables, d'une soirée inoubliable en Belgique. La galerie de portraits est incroyablement absurde et terriblement attachants. Profondément humains et généreux.
L'écriture est fluide, le rythme soutenu. Mon seul regret est d'avoir terminé ce livre, tellement le monde de Jérôme Attal est touchant. Un vrai coup de foudre littéraire.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
GavrosGavros   09 avril 2018
C'est etrange, mais il n'arriverait a l'esprit de personne de prendre des photos pendant les disputes.
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ninachevalierninachevalier   06 mars 2017
Il s'aperçut, dans cette conversation, qu'il ne réagissait pas du tout en adulte.
Un souvenir traversa son esprit. Il était sur le parvis de l'église de Villennes-sur-Seine, lors de la cérémonie en mémoire de son père, et un des voisins s'était approché de lui et lui avait murmuré, sans doute en guise de consolation ou parce qu'on se croît toujours obligé de prononcer une phrase consolatrice dans ces circonstances, de rivaliser avec Sénéque ou je ne sais qui:"C'est quand on perd son papa que l'on devient véritablement adulte."
Sur le coup, il avait trouvé cette phrase totalement déplacée. Il avait ressenti de la colère.La disparition de son père ne le poussait pas brutalement dans le monde des adultes, elle l'excluait simplement de sa présence, le précipitait dans un monde où son père n'était plus là, où désormais il se trouverait dans l'incapacité de lui faire plaisir...
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ninachevalierninachevalier   08 août 2017
Ethan se retrouvait de nouveau livré à lui-même. Dans le petit studio parisien de la rue du Dragon, légué par ses défunts parents.Prêt à reprendre la succession de jobs pour lesquels la sympathie naturelle que le client vous reconnaît sert de qualification. Ce qui le démoralisait par-dessus tout, c'est qu'il n'avait pas eu le temps d'offrir à ses parents - de son point de vue, bien sûr -des raisons objectives d'être fiers de lui, et qu'emportés l'un après l'autre par la maladie ils aient eu à regretter - l'avaient -ils formulé une seule fois? - de l'avoir laissé errer à sa guise, prendre et perdre son temps, bégayer d'un cursus à l'autre sur les bancs de trois universités différentes, pour finir par abandonner ses études et se consacrer entièrement à la musique sans jamais avoir rencontré de succès retentissant.En dix ans de tentatives et d'efforts, Ethan n'avait jamais atteint son ambition qui avait pour accomplissement la légèreté même: entendre à la radio , en se promenant par exemple au hasard des rayons d'un hyper marché, une chanson qu'il aurait composée.
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ninachevalierninachevalier   05 mars 2017
Si vous avez un truc important à dire à votre partenaire, ou à n'importe qui d'ailleurs, faites une jolie musique, ça lui donnera envie de l'écouter encore et encore, et à force les mots lui rentreront dans la tête. ça finira par s'incruster d'une manière ou d'une autre. Et peut-être qu'un jour, bien après la bataille, cette personne se dira: " Merde! C'est ça qu'elle a voulu dire dans sa foutue chanson!" C'est comme cela que je vois les choses. La création, c'est du langage. Et dans ce langage, il y a davantage de douleur que de mystère.
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ninachevalierninachevalier   10 mars 2017
Ce n'est encore pas pour tout de suite que j'entendrai un de mes titres à la radio, que les gens identifieront une de mes mélodies parce qu'elle leur revient sur les lèvres à un moment spécial de leur journée, ni même mon nom associé à la coqueluche actuelle des médias. Toute l'écriture de l'album de Zélie a été récupérée par un seul et même artiste. ça me révulse parce que j'ai eu l'impression qu'il s'était passé un truc fort entre elle et moi. Je veux dire une attraction qui dépasse la musique.
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Videos de Jérôme Attal (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jérôme Attal
Dans le cadre du neuvième numéro de Saint-Maur en Poche, notre journaliste Mélanie Morin recevait le dimanche 25 juin 2017 l'auteur Jérôme Attal. L'occasion de parler de son dernier livre...
L'Appel de Portobello road de Jérôme Attal aux éditions Robert Laffont
En pleine nuit, Ethan reçoit un appel téléphonique étrange. Au bout du fil, il reconnaît la voix de ses parents disparus depuis deux ans. Après avoir pris de ses nouvelles, sa mère raccroche sur ces mots : " Dis à ta soeur qu'on pense à elle tous les jours. " le problème, c'est qu'Ethan est fils unique. C'est le début d'une folle aventure... Un secret de famille tombé du ciel. Un compositeur de chansons. Des nuits parisiennes et le vacarme de la solitude. Une décision à prendre. Une fille au bout de la route. Deux pom-pom girls originaires de Tchéquie. Une fête monstre sur la route de Mons. Une tarte au riz partagée avec le fantôme d'une star du rock. de la porcelaine anglaise. Comme est la vie. Fragile et robuste à la fois. Et une ode à l'amour au tournant de chaque page.
9782221199169
Vous pouvez commander sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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