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EAN : 9782253113799
312 pages
Le Livre de Poche (03/04/2006)
3.81/5   253 notes
Résumé :
Au XIIè siècle, à Cordoue, avant d'être torturé et pendu, un artisan juif eut le temps de révéler à son neveu comment obtenir le livre"le plus important à avoir jamais été écrit par un être humain". Lancé dans cette quête à travers l'Europe et le Maroc, Maïmonide croise un jeune musulman, Averroès, entraîné dans la même recherche. L'un et l'autre - qui deviendront des géants de la pensée - sont poursuivis par un groupe mystérieux bien décidé à tout faire pour les em... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 253 notes
Voilà un roman historique qui nous réconcilie avec les religions, qui nous lie entre nous, qui nous réjouit.

Attali se base sur des faits totalement véridiques, la vie d'Averroès, médecin et philosophe musulman et de Maïmonide, médecin et philosophe juif, pour broder un polar qui, pour ma part, n'a pas vraiment sa place ici.
Averroès et Maïmonide sont nés tous deux à Cordoue au 12e siècle, à dix ans d'intervalle, mais ne se sont connus qu'à Fès. Tous deux, ils reconnaissaient Aristote comme un très grand penseur facile à comprendre, alors que le Coran et la Bible ne parlent qu'en métaphores souvent obscures et ambigües. Tous deux sont obligés de quitter Cordoue, car arrive la période tourmentée qui met fin à la bonne entente entre les 3 religions du Livre et dont Cordoue était le berceau.
Vient se greffer, comme je l'ai dit plus haut, un polar que je n'ai pas envie de raconter, car il ne m'a pas du tout tenue en éveil alors que paradoxalement il met en scène une mystérieuse confrérie des Eveillés.

C'est donc l'exposé des théories de ces deux grands philosophes humanistes qui m'a fortement intéressée, et je terminerai par un extrait résumant leurs doctrines :

« Chacun parlait avec vénération de la religion de l'autre, qu'ils considéraient comme la forme la plus haute du monothéisme. Moshé (Maimonide) admirait l'audace de son aîné (Averroès) qui osait dire à ses étudiants que la vérité n'était pas dans le Coran, que l'univers existait sans qu'un Dieu l'eût créé, et qu'il n'y avait rien à attendre d'un illusoire paradis. Quant à Ibn Rushd, il était heureux d'avoir rencontré un juif ayant le même respect que lui pour la pensée du plus grand des Grecs ».

L'entente entre les religions mais aussi le pouvoir de la raison, voilà ce qui devrait donc empêcher l'humanité de s'entretuer. Mais Averroès et Maïmonide sont-ils encore reconnus à l'heure actuelle ?
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13 ème siècle : Jacques ATTALI nous emmène dans une épopée théologique et philosophique, entre occident et orient, parmi les 3 religions monothéistes.
La confrérie des éveillées est détentrice d'un ouvrage secret, qu'elle se doit de transmettre de génération en génération, en attendant que les hommes soient prêts à recevoir ses révélations.
Ce roman humaniste nous invite à un formidable voyage tout en approfondissant les fondamentaux des différentes religions monothéistes et la philosophie Grecques, avec comme fil conducteur l'opposition entre théologie et science. Sur un axe historique, vous y découvrirez une période charnière de l'histoire de l'occident et de l'orient.
J'ai lu cet ouvrage atypique avec un grand plaisir, il satisfera tous les amateurs de romans d'aventure et d'histoire. Les pensées qu'il développe amènent à une réflexion sur le monde dans lequel nous vivons et à son héritage historique.
Quel serait sa réalité si nous avions tous accès à la connaissance, si science et religion ne s'opposaient pas mais se complétaient ? Un grand moment de lecture !
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"La confrérie des éveillés" est bien plus qu'un simple périple entre Cordoue, Fès, la Provence et Jérusalem . Il s'agit d'une confrontation entre les pensées musulmanes, juives et la philosophie grecque, avec comme vecteur la vaine quête d'un livre perdu.
Cet étrange roman tient à la fois du récit de voyage, de la leçon de philosophie et du polar historique, mais c'est aussi et d'abord un fabuleux voyage dans le passé dans l'Espagne et le Maroc du XIIème siècle, où l'on prend plaisir à découvrir ce que fut "l'Occident musulman" : une civilisation multiculturelle, à la fois carrefour des arts et des sciences, et bien trop courte parenthèse de tolérance religieuse.
Une Initiation philosophique aussi : le dialogue tient une grande place dans le livre, qui permet à Jacques Attali de confronter Mahomet, Abraham, Jésus, Bouddha et Aristote autour de la question essentielle des rapports entre Foi et Raison.
Enfin polar historique : guerres sanglantes, oppression religieuse, tempêtes et menaces de mort…les deux héros devront surmonter bien des épreuves et résoudre de nombreux mystères pour retrouver le livre secret, dans une trame palpitante qui tient le lecteur en haleine ...
Certes, la fin est un peu "bâclée", et certaines conclusions ne manquent pas de surprendre : les chrétiens seraient polythéistes (?!) Il n'en reste pas moins que "La Confrérie des Éveillés" reste un texte dense empreint d' humanisme .
A lire par tout passionné de théologie et d'histoire des religions dans la mesure où il présente une approche nouvelle des rapports entre Islam et Judaïsme, Foi et Raison.
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Mitigée pour ce roman, le volet contexte historique est très intéressant par contre le style est un peu sec à mon sens, ça manque de poésie et on ne ressent aucune émotion auprès des personnages.

Les principaux événements se déroulent en Andalousie pendant l'une des périodes les plus turbulentes de son histoire : le califat almohade (1147-1269). Attali a choisi deux personnages historiques bien connus qui existaient à cette époque pour être ses personnages principaux : Ibn Rushd, le célèbre philosophe, scientifique et médecin andalou (connu des Européens sous le nom d'Averroès), et Moosa ibn Maymoon (également connu sous le nom de Maïmonide), le célèbre philosophe, astronome et médecin juif séfarade.
Ce qui rend le livre intéressant, c'est la vue du 12ème siècle qu'Attali donne au lecteur en se déplaçant entre trois pays différents : l'Andalousie, le Maroc et la France. Il se concentre sur les communautés juives de l'époque et leur lutte pour survivre dans des environnements politiques en constante évolution, que ce soit par conversion, migration ou - dans des cas extrêmes – en commettant des suicides de masse pour éviter les deux options.
Bien que les Juifs fassent partie intégrante des communautés andalouse et marocaine - étant pour la plupart des intellectuels qui travaillaient dans les cours royales - les changements constants de rois et d'organes directeurs signifiaient que leur situation était toujours instable.
Les échanges philosophiques entre Ibn Maymoon et Ibn Rushd sont éclairants et on se rend compte que malgré sa modernité, la vision du monde n'a pas vraiment changé depuis le XIIe siècle.
Les deux philosophes ont un objectif en tête : lutter contre l'extrémisme dans leurs religions et essayer de créer un monde plus tolérant, où la liberté d'expression et de pensée est essentielle. Cela ne pourrait être réalisé que si la philosophie et la religion étaient enseignées main dans la main, car elles présentent plus de similitudes que de différences.
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Jacques Attali nous raconte ici une histoire qui se déroule entre 1149 et 1165, principalement dans les villes de Cordoue et Tolède (en Espagne) et Fès (dans l'actuel Maroc). L'Andalousie est sous la domination des musulmans mais ceux-ci sont en proie à des guerres intestines. Quand débute cette histoire, la tribu des Almohades, se réclamant d'un islam plus rigoriste, est sur le point de conquérir l'Andalousie et d'en chasser les Almoravides, plus tolérants aux autres religions du Livre. Deux personnages vont alors entrer en scène : Moshe, un jeune juif, fils et neveu de personnalités reconnues dans la communauté juive et Ibn Rushd, jeune musulman, lui aussi promis à un destin hors norme. Tous les deux vivent à Cordoue mais ne se connaissent pas encore. Ils deviendront célèbres comme philosophes et médecins, le premier sous le nom de Maïmonide, le second sous celui d'Averroès. Séparément, les deux jeunes gens seront contactés pour accomplir une mission qui leur ouvrira la porte d'une société secrète "La confrérie des éveillés" qui semble détenir un livre secret qu'aurait écrit le grec Aristote.

Par le truchement de cette histoire, Attali nous parle de la situation historique de cette époque où s'affrontaient les expansionnismes chrétien et musulman. Pris entre deux feux, souvent forcés de choisir entre l'exil et la conversion, les juifs cherchaient à préserver leur foi quitte à la pratiquer de façon clandestine. Chez eux aussi les divisions apparaissaient entre les kabbalistes (attachés à la littéralité du texte et aux nombres qui y sont associés) et les rationalistes pour qui l'important étaient de comprendre et d'interpréter les textes sacrés (et les textes philosophiques), grâce à la raison. Pour Attali, les rationalistes de tous les camps pouvaient se comprendre et faire oeuvre commune pour le bien de l'humanité. En cela cette histoire du XIIe siècle comporte des leçons qui sont applicables au monde contemporain.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Ibn Rushd ferma les yeux et se concentra de nouveau sur les travaux d’Hercule. Le onzième ? S’emparer des pommes d’or des Hespérides ! Comment cela s’était-il passait ? Hercule sollicite l’aide d’Atlas, père des Hespérides, qui lui demande de porter le monde à sa place pendant qu’il s’en va chercher les pommes de ses filles ; Hercule accepta, porte le monde, mais Atlas, à son retour, refuse de le reprendre sur ces épaules. Hercule doit ruser pour lui refiler le fardeau. Page 122.
PS : Il est à croire que l’intuition humaine fut gravement bafouée par la ‘’science moderne ??’’ Puisque l’intuition primaire d'Athènes d’un monde ; d’un univers : soutenu, maintenu en sa place et lieu, en quelque sorte porté ou colporté est bien plausible et que cette semblant de farfelue idée d’un Hercule soutenant, portant l’univers, est une approche d’un esprit le moins qu’on puisse dire sain, puisque non encore affecté par les altérations des néo-théories bien absurdes, oh combien fausses et absurdes encore plus que peut l’être pour les esprits déroutés l’idée herculéenne.
L’idée de savoir que des êtres avaient songé à un univers porté , et réconfortante puisque c’est vraiment le cas, et n’en raillez pas. Merci.
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Eliphar se moquait d’autres philosophes comme Zénon pour qui l’univers ne pouvait exister depuis un temps infini, car alors la Terre serait devenue toute plate depuis longtemps ; ou d’autres, comme Lucrèce, pour qui, si tel était le cas, tous les progrès possibles auraient été accompli dans la construction des bateaux, et toutes les musiques imaginables déjà été composées. Page 34.
[PS : Il se pourrait qu’elle est plus plate qu’a pu l’imaginer notre Zénon, et elle l’est toujours autant, et si zénon avait vécu jusqu'à nos jours, il aurait certainement posé la question de savoir pourquoi malgré tout ce temps, la terre ne c’est pas aplati plus qu’elle ne l’était.]
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Il essaya de penser à autre chose pour évacuer sa frayeur. Mais à quoi ? A quelques questions philosophiques parmi les plus difficiles ? Pas le Coran : il n’était pas encore nécessaire de se préparer à rejoindre le Prophète. Il aurait encore le temps, si la tempête grossissait d’avantage, de dire ses prières. Pas encore, non, pas encore ! Ne pas se donner en spectacle à ces marins infidèles, ne pas ressembler aux autres passagers abîmés dans la récitation de leurs sourates. Page 121.
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En ce temps là, à Cordoue, le pont de pierre jeté onze siècles plus tôt sur la Guadalquivir par les troupes de l'empereur Augusta était, en fin d'après-midi, le lieu de toutes les rencontres.
En été, homme et femmes, le visage découvert ou à peine masqué d'un voile blanc, se saluaient ou se défiaient d'un sourire ou d'un mot. En hiver quand le soleil peinait à s'élever au dessus de la tour occidentale de la grande mosquée, musulmanes, juives et chrétiennes, sortant du bain, habillées de longs sarouals rouge et or, croisaient sans baisser les yeux le regard des jeunes gens.
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Cordoue était devenue la capitale d’un immense empire musulman, héritier de Rome ( ?). S’étendant des lions de l’Afrique aux colombes de l’Estrémadure. Elle était devenue la ville-phare si vantée, l’«ornement du monde », la cité au million d’habitants, aux cent mille boutiques, aux mille écoles, aux mille six cent mosquées et aux trois milles piscines. Page 11.
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