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EAN : 9782213631301
422 pages
Éditeur : Fayard (31/10/2006)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.4/5 (sur 180 notes)
Résumé :
Jacques Attali raconte ici l’incroyable histoire des cinquante prochaines années telle qu’on peut l’imaginer à partir de tout ce que l’on sait de l’histoire et de la science. Il dévoile la façon dont évolueront les rapports entre les nations et comment les bouleversements démographiques, les mouvements de population, les mutations du travail, les nouvelles formes du marché, le terrorisme, la violence, les changements climatiques, l’emprise croissante du religieux vi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  28 septembre 2012
Jacques Attali a rencontré, avec ce livre publié en 2006, un succès public et critique mérité.
Faussement modeste, l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand nous livre sa « brève » histoire de l'avenir en quelques 400 pages dont la densité de contenu n'a paradoxalement d'égal que l'agrément qu'on prend à leur lecture.
Cet essai prospectif se présente – et l'auteur le reconnaît volontiers – comme « l'approfondissement de thèses développées au fil d'essais et de romans précédents » (p. 24). C'est ainsi que son premier tiers est un rappel un peu ennuyeux de l'Histoire du monde depuis la Préhistoire à nos jours. A l'Ordre rituel puis à l'Ordre impérial a succédé l'Ordre marchand. Cet Ordre s'organise autour d'un « coeur » et Attali nous raconte, comme il l'avait déjà fait il y a près de vingt ans dans "Lignes d'horizon" comment neuf coeurs se sont succédés depuis le XIIIème siècle : Bruges, Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New York et enfin Los Angeles (en 1990, Attali croyait que le neuvième coeur s'installerait à Tokyo, mais le rebond de la puissance américaine, qu'on avait trop vite enterrée et les difficultés de l'archipel nippon le conduisent à relocaliser en Californie le « coeur » actuel).
Les deux autres tiers du livre sont plus captivants. Ils nous parlent de l'avenir et de la vie que nous y mènerons avec une extrême clarté. Là est à la fois la plus grande force et la plus grande faiblesse de cet exercice de futurologie : il se résume avec trop de facilité pour espérer se réaliser avec une telle simplicité.
Selon Jacques Attali, on assistera dans vingt ou trente ans au repli inéluctable de l'empire américain : « les Etats-Unis seront fatigués (…) Ils auront besoin de souffler, de s'occuper d'eux-mêmes, de restaurer leurs finances, de panser leurs blessures, d'améliorer le bien-être de leurs propres habitants. » (p. 231) Ce retrait laissera la place à un monde polycentrique que ne dominera plus aucun « coeur » : « le marché sera devenu assez puissant et le coût de l'échange de données assez faible pour que les membres de la classe créative n'aient plus besoin de vivre au même endroit pour diriger le monde » (p. 239).
Les États s'affaibliront ; le marché s'auto-régulera. S'installera ainsi un hyperempire dominé par une caste d'hypernomades. Cet ordre aura ses laissés-pour-compte : l'immense classe moyenne des nomades virtuels et surtout le lumpenprolétariat des infranomades qui ne se satisferont pas du sort qui leur est réservé. Aussi à l'hyperempire succèdera un hyperconflit dont Attali n'exclut pas qu'il puisse conduire à l'anéantissement de l'humanité. Mais, dans un splendide dénouement dialectique qui ne dit pas son nom, Attali espère que les tensions de l'hyperempire puis de l'hyperconflit se résoudront dans l'avènement de l'hyperdémocratie, fondée sur un nouvel équilibre entre le marché et la démocratie.
L'exercice brillantissime auquel se livre Jacques Attali ne saurait laisser indifférent. On aura tôt fait d'en critiquer tel ou tel aspect, de relever des raccourcis trop rapides, de dénoncer son parti pris hyper-libéral et un happy end qui contraste avec la noirceur du reste du scénario. On ne pourra s'empêcher de suspecter Attali de s'être rêvé en futurologue omniscient, en nouveau Hari Seldon, le héros du cycle "Fondation" d'Isaac Asimov, dont les prévisions si elles venaient à se réaliser le hisseraient au rang d'un Hegel ou d'un Einstein.
Toutefois, qu'on soit ou non bluffé par autant d'assurance, qu'on aime plus ou moins "Brazil", 1984, "Blade Runner" ou "Les fils de l'homme" (de loin le meilleur film d'anticipation de ces dix dernières années) on trouvera dans les idées foisonnantes d'Attali matière à rêver (ou à cauchemarder ?) au monde de demain.
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Jeanmarc30
  06 février 2019
Jacques ATTALI dresse ici une saisissante vision prospective du monde pour les 50 années à venir mais il pêche cependant par un vilain défaut : l'excès de certitude personnelle tant les hypothèses présentées ne sont pas sujettes à différents scenarii. Pourtant l'idée de départ cette épopée est plus que louable tant le siècle écoulé a vu des avancées technologiques majeures si l'on ne retient que l'automobile et l'informatique par exemple.
Il aborde ainsi des grandes thématiques contemporaines en faisant une grande narration historique sur l'évolution de l'humanité : les empires ; les enjeux liés au climat ; le nomadisme ; mes menaces terroristes, etc.
Pour l'auteur, il semble que le futur soit à considérer comme une inéluctable réédition du passé ; ses hypothèses sont sûres alors qu'il ne présente aucunement les sources auxquelles il a eu recours pour en venir à ce constat.
Bref, l'auteur se fait voyant sinon prophète dans cet ouvrage qui, s'il a de la profondeur, mériterait davantage de modestie de sa part.
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Donna22
  22 juillet 2013
On commence par une ennuyeuse histoire de l'Histoire, en remontant jusqu'au premier homme sur terre, puis on apprend que l'Ordre marchand a toujours connu un "coeur", c'est à dire une ville ou une région mettant à profit les nouvelles technologies pour développer un marché. Ce "coeur" a toujours été côtier et s'est toujours déplacé vers l'ouest : Bruges au 13ème siècle et Venise au 14ème siècle pour les produits agricoles et matériaux, Anvers au 16ème siècle pour l'imprimerie, Gênes au 16ème siècle pour la finance, Amsterdam au 17ème siècle pour l'invention du bateau flûte, Londres au 18ème siècle pour la machine à vapeur, Boston au 19ème siècle pour le pétrole et l'automobile, New York au 20ème siècle pour le moteur électrique utilisé en agriculture, en industrie et en automobile, puis Los Angeles depuis les années 80 pour ses "objets nomades" : téléphones, ordinateurs, baladeurs et tout ce qu'on doit aux NTIC.
A propos des "objets nomades", Attali précise que c'est une "expression que j'ai introduite en 1985, bien avant que ces objets n'apparaissent, et qui, depuis lors, s'est installée dans de nombreuses langues". Modestie oblige.
Ce récit du passé prend un tiers du bouquin. Certains diront que c'est un mal nécessaire pour "prédire l'avenir", mais, personnellement, je me serais bien passée de ce déballage simpliste et superficiel de faits racontés trop légèrement (l'histoire est bien plus complexe que ça !) et sans aucune mention de références : Attali trouve comme par magie tous les arguments dont il a besoin pour tirer dans ses "leçons pour l'avenir" des lois universelles régissant le monde. Il ne cite pas ses sources, ni dans le texte, ni en note de bas de page, ni en bibliographie. J'aurais pourtant aimé savoir de quelle source, même en 2006, il tient cette vérité selon laquelle le nucléaire et le pétrole sont des secteurs clés de l'avenir.
Attali extrapole ses déductions au monde entier sans aucune considération des spécificités propres à chaque continent, pays, culture. Il prend des raccourcis monstrueux entre la cause et la conséquence et tire des "leçons à retenir" bien trop vite à partir d'arguments médiocres ou insuffisants. Illustration par le lien qu'il fait entre technologie, musique et sexualité en p.96 : "la pile électrique et le transistor rendent portables la radio et le tourne-disque. Révolution majeure car elles permettent au jeunes de danser hors des bals, donc hors de la présence des parents, libérant la sexualité, ouvrant à de toutes nouvelles musiques, du jazz au rock, annonçant l'entrée des jeunes dans l'univers de la consommation, du désir et de la révolte. Leçon pour l'avenir ; le lien entre technologie et sexualité structure la dynamique de l'Ordre marchand."
Ensuite, les deux derniers tiers esquissent la fin du "coeur" d'aujourd'hui (Los Angeles), le déclin imminent du champion américain et le tableau du monde vers 2050 : un Hyperempire (marché mondial unique sans démocratie, sans Etats ni nations) puis un Hyperconflit (une 3ème guerre mondiale), et finalement, une Hyperdémocratie (un retour de l'équilibre entre démocratie et marché).
Verdict : Hyperarnaque.
Ces prévisions délirantes sous-entendent que l'avenir est une redite du passé, une fatalité, qu'il suit des tendances mondiales observées dans le passé, comme si l'histoire ne pouvait que se répéter, indépendamment de la volonté et de l'effort des populations.
Attali prévoit l'avenir avec la certitude d'un actuaire en sciences exactes. Il n'émet pas d'hypothèses, il parle sans précaution d'un avenir certain. Quelle modestie ! D'ailleurs, il s'exprime au futur de l'indicatif, comme une voyante devant sa boule magique ...
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POY1
  04 août 2020
J'apprécie lire un essai qui se veut prospectif quelques années après sa parution. J'ai le plaisir, facile je le reconnais, de confronter celui qui ose se projeter dans l'avenir face à la réalité de ce qu'il avait imaginé. Je pense que ce type d'essai qui veut nous présenter le futur sous d'excellents hospices ou comme une apocalypse ne peut se lire sur l'instant.

Une brève histoire de l'avenir a été édité en 2006. Quatorze ans après, est-ce que Jacques Attali avait raison ? Était-il prophète ou charlatan ? Avait-il prévu le futur par une analyse pertinente ou s'était-il trompé ?

On dit souvent que l'avenir jugera. Dans le cadre de cet écrit de Jacques Attali, la réponse concernant ses projections, certains diront ses prédictions, est qu'il s'est en parti trompé et qu'il a en parti vu correctement l'évolution du monde.

En guise d'introduction, Attali nous propose un rapide survol de l'Histoire du monde de la préhistoire à nos jours. Son approche originale est de concevoir l'évolution de l'Homme comme une conséquence du nomadisme. C'est parce que nous voulons bouger en permanence, malgré notre sédentarité moderne, que certaines sociétés ou pays dirigent le monde. le nomadisme est l'essence du développement de l'esprit marchand. Cet esprit est à l'origine des empires de l'Antiquité puis des centres de pouvoirs qui ont succédé les uns aux autres depuis le Moyen-Age. Ces centres qu'il appelle coeurs ont apporté la révolution technologique et sociétale pour prendre la main sur le monde moderne : Venise, Bruges, Gênes, Anvers, Amsterdam, Londres, Boston et Los Angeles sont ces coeurs, dans l'ordre d'apparition.

L'exercice se complique quand Jacques Attali se projette. Il a bien vu ce nomadisme qu'il affectionne dans les objets connectés qui nous entourent, dans la montée des réseaux et les alternatives aux règles de vie classiques comme les start-up ou la volonté du consommateur de pouvoir décider et donc d'influer sur le développement des industries et des états. Cependant, il n'arrive pas à faire la part des choses. Il nous présente un tableau noirci au possible avec des hyper empires et des hyper conflits qui amèneront à l'avènement d'une hyper démocratie, qui présentée ainsi ne donne pas envie, pour achever son essai sur un optimisme utopique poussé à son paroxysme.

C'est un peu « too much ». Dommage, car de la pondération et une analyse approfondie auraient pu amener à une conclusion intéressante.
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bgn
  05 octobre 2012
Dans son dernier livre, Une brève histoire de l'avenir, à la fois fascinant et dérangeant, Jacques Attali déroule l'histoire des soixante prochaines années du monde. Dans une brillante synthèse, historique, politique, sociale, économique, écologique, scientifique et technique.
Le premier tiers du livre constitue une des plus étonnantes histoires «co-évolutive» des civilisations humaines jamais écrite: de l'ancienne Egypte aux dynasties chinoises, en passant par le Bassin méditerranéen, le Moyen Age européen, l'Inde ou le Moyen-Orient, il met en perspective les trois ordres qui conditionnent le développement des sociétés humaines: l'ordre rituel (religieux), l'ordre impérial (militaire) et l'ordre marchand (contrôle de l'économie). Etape par étape, il décrit l'implantation de la démocratie de marché, la naissance du capitalisme, la mondialisation, l'influence croissante d'Internet et des objets nomades dans les relations sociétales et dans les nouvelles formes de travail.
Puis progressivement, il se projette dans un avenir de plus en plus inquiétant, marqué par ce qu'il appelle «l'hyperempire» (l'extension de la démocratie de marché, avec ses règles impitoyables, allant jusqu'à la marchandisation du temps et du corps), «l'hyperconflit», (le choc armé de politiques, de cultures, de religions, entre des Etats ou des groupes se déclarant incompatibles, en lutte pour le contrôle des flux financiers, de l'énergie ou de l'eau). Des groupes puissants représentés par les mafias, les cartels, les «entreprises pirates», les « criminels en col blanc », s'appuyant sur «l'hypersurveillance», au détriment des règles de base de la vie privée et de l'éthique de la vie en société. de ce champ de bataille réel et virtuel des prochaines années Jacques Attali fait émerger la lueur de l'espoir.
Mais les bases de la construction de ce grand futur sont jetées: réseaux solidaires, démocratie participative, «entreprises relationnelles», ONG, micro-crédits, intelligence collective... Encore faudra-t-il qu'au-delà des luttes de pouvoir et de l'égoïsme de chacun, les hommes prennent conscience de leur communauté de destin avec une nouvelle forme de «sagesse» pour référence principale.
Certes, on pourra dénoncer le caractère utopique, ou trop optimiste de cette vision à long terme. Certes, une collection de mots ne fait pas une politique globale, en particulier lorsque certains d'entre eux dénotent une certaine ambiguïté idéologique (comme «transhumanisme» ou «gouvernement mondial»). Mais pour ma part, je trouve très intéressant ces points de vues de l'avenir.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
aschrodaschrod   12 août 2020
À la différence des communistes d'antan qui avaient le projet de bâtir une autre société en lieu et place du capitalisme, ces nouveaux contestataires ne proposeront, pour la plupart, aucun système de substitution. Depuis que le communisme a échoué, aucune utopie ne semble plus disponible ni à la place du marché, ni à la place de la démocratie. Sauf, pour quelques-uns, qui proposeront le retour à la théocratie.
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aschrodaschrod   12 août 2020
Beaucoup, enfin, profiteront de l'affaiblissement progressif des États pour laisser s'épanouir leurs pulsions de violence, hors toute contrainte : la première des libertés sera celle de tuer, gratuitement, sans but ni stratégie. Les villes, où se retrouveront toutes les formes d'aliénation, toutes les preuves que la démocratie de marché n'est, pour l'immense majorité des humains, qu'une gigantesque escroquerie morale, deviendront les principaux lieux de la révolte, On y trouvera de plus en plus de criminels en série, on y assistera à une infinité de meurtres.
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POY1POY1   03 août 2020
Ce qui subsistera de la politique deviendra aussi pure mise en scène d'une représentation donnée par les politiciens, intermittents d'un spectacle délaissé. [p.202]
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POY1POY1   02 août 2020
Les administrations publiques seront bouleversées par l'usage des nouveaux moyens de communication, en particulier d'internet, qui permettront de faire fonctionner les services publics à moindre coûts et sur mesure [p.138]
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POY1POY1   02 août 2020
Les consommateurs resteront les maîtres et leurs intérêts passeront avant ceux des travailleurs. [p.135]
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Jacques Attali - On n'est pas couché 14 octobre 2017
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