AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
>

Critique de kuroineko


kuroineko
  03 octobre 2018
Captive de Margaret Atwood est un roman dense et très documenté, dont l'intrigue est basée sur un fait divers survenu au Canada au XIXème siècle.

Dès le début, on découvre que Grace Marks, domestique, est emprisonnée dans un pénitencier depuis déjà plusieurs années pour le meurtre de son maître et de sa femme de charge, et maîtresse notoire. Elle a échappé de peu à la corde, contrairement à James McDermott, son partenaire de crimes, en raison de son jeune âge au moment des faits. Elle n'avait que seize ans. Sa peine fut commuée en détention à perpétuité. Après un passage en hôpital psychiatrique, elle retourne au pénitencier de Kingston.
Un médecin en maladie mental arrive pour étudier son cas et tâcher de vaincre l'amnésie de Grace pour le temps qui recouvre les meurtres. Il incite donc la détenue a raconté sa vie depuis son enfance.

De son Irlande natale à l'émigration vers le Canada, on suit la petite fille qui doit faire face à une mère malade, un père violent et alcoolique et une tripotée de frères et soeurs. Placée très tôt comme domestique peu après leur arrivée à Toronto, elle dépeint le lourd travail à effectuer pour tenir la maison et le linge de ses maîtres.

Outre l'aspect documentaire sur la vie ancillaire, les conditions des femmes de cette époque et l'évolution  des traitements des maladies mentales, Margaret Atwood rend son roman captivant par l'ambiguïté latente qui court tout au long des pages. Et qui donne la migraine au brave docteur Jordan, lui arrivé avec la certitude de pouvoir enfin déterminer ce qui s'est réellement passé ce jour-là.

Du côté de la structure du texte, l'auteure a fait le choix de multiplier les points de vue : narration directe de Grace, narration à la troisième personne pour le Dr Jordan, extraits de sa correspondance avec sa mère ou d'autres médecins aliénistes, paragraphes issues des véritables témoignages et articles parus à l'époque. Cette manière de faire enrichit le propos et offre une vision plus large que la stricte narration de Grace Marks.

J'ai beaucoup apprécié la richesse de son style et les détails qu'elle donne sur ce qu'était être domestique au XIXème siècle et les rapports entre les personnes de service entre elles et avec leur maître et maîtresse de maison.

C'était le premier roman de Margaret Atwood que je lisais, assurément pas le dernier. J'ai d'ailleurs, dans un genre tout autre, La servante écarlate dans mes étagères.
Commenter  J’apprécie          400



Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Ont apprécié cette critique (36)voir plus