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Anne Rabinovitch (Traducteur)
ISBN : 2264035943
Éditeur : 10-18 (01/01/2005)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Trois amies déjeunent ensemble dans un restaurant à la mode. Elles se sont rencontrées étudiantes, se sont croisées, consolées et retrouvées à travers les années. Bien que très différentes, elles ont en commun de haïr Zenia - créature éphémère et mystérieuse, au passé obscur, qui leur a volé à chacune leur homme, trahissant l'amitié et la confiance qu'elles lui avaient offerte. Depuis qu'elles ont appris sa mort par les journaux, les trois femmes respirent. Mais voi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  08 octobre 2012
Toronto, trois femmes, trois univers différents, liées malgré elles à cause d’une quatrième, la mystérieuse Zenia. Solidaires dans l’adversité, Tony, Roz et Charis se connaissent depuis l’université et sont devenues amies. Elles déjeunent chaque mois au Toxique, resto branché dont le nom illustre parfaitement la personnalité de Zenia. Mais heureusement celle-ci est morte et enterrée depuis 4 ans. Enfin, c’est ce qu’elles croyaient, jusqu’à ce que Zenia franchisse la porte du restaurant… Cette réapparition n’augure rien de bon, et une zone de turbulences pourrait bien déferler sur les trois amies.
L’auteur remonte alors le temps pour retracer la rencontre de chacune des protagonistes avec Zenia, puis pour décrire successivement l’enfance de Tony, Roz et Charis.
Il y a la minuscule Tony, professeur d’histoire de la guerre à l’université, aussi intelligente que cérébrale et cartésienne, peu adaptée au monde qui l’entoure. A ce niveau-là, Charis n’est pas mieux lotie, elle qui vit à l’écart sur son Ile et travaille dans un magasin d’ésotérisme. Charis l’ultra-sensible perçoit les ondes, les auras, a des visions et refuse de se nourrir d’animaux. Roz, la femme d’affaires, est la seule à vivre réellement avec son époque, ce qui ne l’empêche pas d’être dépassée de temps à autre, par ses enfants notamment. On pourrait la croire moins naïve que les deux autres, et pourtant la crédulité est un de leurs points communs. Toutes trois ont cru aux histoires de Zenia, toutes trois ont en commun d’avoir perdu un homme à cause d’elle, Zenia l’odieuse manipulatrice, la femelle en chasse qui vole les hommes uniquement pour le plaisir de blesser leur femme.
Ce roman est assez long, et je ne l’ai pas lu rapidement. J’ai trouvé que la partie sur l’enfance de chacune était la moins convaincante, peut-être pas indispensable. Les descriptions des personnages et de leur histoire sont minutieuses, les analyses psychologiques pointues. On s’attache aux trois femmes et à leurs fragilités, tout en ayant parfois envie de secouer tant de candeur. Zenia est une personnalité fascinante, changeant de registre avec une facilité déconcertante, embobinant les gens avec ses histoires d’autant plus facilement gobées qu’elles sont invraisemblables.
A côté de ce caractère flamboyant et des trois héroïnes qui plient mais ne rompent pas, les hommes font pâle figure. Ils sont présentés comme faibles, lâches, prêts à quitter une femme aimante et loyale pour courir se brûler les ailes auprès d’une allumeuse cynique.
L’amitié, les rapports hommes/femmes, la générosité qui prend le pas sur le mal, la vengeance et le pardon, toute une gamme de sentiments est brassée ici avec un certain suspense, dans une ambiance proche du polar.
En ce qui me concerne, je suis prête à relire du Margaret Atwood!

Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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Woland
  24 décembre 2007
The Robber Bride
Traduction : Anne Rabinovitch.
"La Voleuse d'Hommes" est un roman toujours aussi épais mais d'une optique un peu plus humoristique que celle observée dans "Le Tueur ..." et dans "Captive." C'est aussi une réflexion sur la nature de la Vérité (car en fait, on ne saura jamais qui était la vraie Zenia qui recrée sans cesse la Vérité, souvent dans son propre intérêt, parfois gratuitement, pour le seul plaisir de faire le mal) et sur les conséquences qu'implique sa révélation. Voilà pourquoi c'est un détail de la lithographie "La Vérité" de Verlinde qui a été utilisé par le Livre de Poche pour la jaquette de ce roman.
Ainsi que le mentionne la quatrième de couverture citée par Julie, tout commence par un déjeuner pris au "Toxique" - c'est un restaurant qui, la nuit, voit se réunir pas mal de toxicomanes - par trois quinquagénaires dont l'amitié remonte au temps de l'université.
La première à entrer en scène, c'est Tony (diminutif d'Antonia) Freemont, une femme si menue qu'elle peut encore s'habiller en 36 et qui donne des cours d'histoire militaire à l'université. Son intérêt, que dis-je, sa passion pour les grands stratèges et toutes les sortes de batailles possibles et imaginables a constitué très tôt pour elle une façon de se replier sur elle-même, de s'isoler, de se protéger. Tony n'a pas eu d'enfants de son mariage avec Stewart que cette gauchère contrariée devenue ambidextre et adepte de l'écritutre-miroir, appelle "West" (= presque Stew, mais inversé et avec un petit jeu entre le "t" et le "s") depuis des lustres.
Pour la seconde de nos héroïnes, l'isolement a d'abord revêtu l'abandon de son premier prénom, Karen, pour devenir Charis. Somnambule et victime dès l'enfance, possédant sans doute un sixième sens très aigu qui, en dépit des apparences, l'a bel et bien sauvée de la folie ou du suicide, Charis ne parle et n'agit qu'en fonction de méditations, de zen, d'auras, d'ondes, etc ... En dépit de sa fragilité, en dépit de la terreur-panique du rejet et du manque d'amour qui la minent, Charis, à sa propre stupeur, trouvera cependant en elle la force d'affronter la "renaissance" de Zenia. D'un objecteur de conscience américain désireux d'échapper à la guerre du Viêt-nam et réfugié au Canada, elle a eu une fille, qu'elle a choisi de prénommer August mais qui, avec l'âge, a décidé de se réapproprier son prénom en lui ajoutant un "a."
Quant à la troisième, Roz, je l'ai trouvée tout simplement épatante. Un personnage jovial et teigneux, une "femme forte" - dans tous les sens du mot - et dotée d'un optimisme salvateur. Son point faible à elle - son jardin secret où elle s'isole volontiers et dont Zenia jouera sans scrupules, c'est l'image du Père. Elle a épousé un avocat arriviste, Mitch, qui a multiplié les aventures avant de tomber dans les bras de Zenia et de ...
Or donc, comme elles le font depuis une éternité une fois par semaine, ces dames déjeunent ensemble. Et qui voient-elles passer devant elles dans la salle du "Toxique" ? Zenia ! Zenia à l'enterrement de laquelle elles ont pourtant assisté il y a quelque temps. Zenia qui avait été victime d'un attentat à Beyrouth. Zenia qui, à chacune de ces trois femmes qui furent, chacune à son tour ou simultanément, ses amies, a volé l'homme qu'elles aimaient - ou croyaient aimer - pour mieux le rejeter ou l'abandonner par la suite.
Zenia, fille d'une Russe blanche qui prostituait sa fille dès ses cinq ans. Ou alors Zenia, fille d'une tzigane lapidée en Roumanie. Zenia, fille de Grecs orthodoxes particulièrement pieux qui, en raison de la piété de ses parents, ne put jamais dénoncer le prêtre qui l'avait violée. Zenia, miraculée d'un cancer - dont elle n'a en fait jamais souffert sauf ...
Zenia, dont on ne saura en fait jamais la vraie nature : ni Tony, prête pourtant à la tuer avec le Luger de son père ; ni Charis, qui parvient à lui pardonner avant de l'abandonner à son tour ; ni Roz, qui était prête à céder à son dernier chantage ... ni le lecteur.
Un bon roman, à ne réserver cependant qu'aux inconditionnels de la romancière canadienne car - à mon sens en tous cas - il n'a pas ni la perfection glacée du "Tueur ..." ni la maîtrise absolue de "Captive." ;o)
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sylou83
  30 décembre 2013
Un gros roman savoureux comme on en lit de plus en plus rarement, mélange d'humour, de folie douce et d'angoisse.
Trois portraits de femme des années soixante qui se sont connues en résidence universitaire, et ont toutes partagé l'amitié de Zeenia, une mystérieuse jeune fille, tour à tour ensorcelante, pathétique, démoniaque, dont les agissements énigmatiques et parfois incompréhensibles vont bouleverser leur vie.
Car c'est à une véritable enquête que nous convie le livre, une enquête qui se déroule sur plusieurs années. Un puzzle qui se complète peu à peu, au fil des témoignages contradictoires. Qui est Zeenia, la cruelle, la mauvaise, qui semble prendre le plus grand plaisir à saccager la vie et le bonheur des gens ? Protéiforme, affublée de multiples identités et d'autant de passés de rechange, Zeenia finit par prendre l'aspect ténébreux d'un personnage démoniaque, d'un succube effrayant. Elle va aller de l'une à l'autre, réclamant de l'aide, et repartira chaque fois après avoir tout dévasté derrière elle, au point qu'on finit par se demander si elle n'a pas été envoyée sur terre par quelque puissance ténébreuse pour faire le mal et semer le chagrin.
Est-ce une folle ? Une sociopathe ? Une mythomane ? Elle change de personnalité comme de métier, tantôt magnifique, tantôt lamentable et miséreuse. On la croit morte, on l'enterre, mais voilà qu'elle réapparaît, plus séductrice et plus dangereuse que jamais…
Sous le couvert d'une chronique intimiste, faussement (ô combien) décousue, Margaret Atwood tisse une toile fascinante où tout est signifiant, où l'angoisse affleure sous le rire. Un roman psychologique très dense mais sans lourdeur, dérivant doucement vers un certain fantastique quotidien qui n'est pas sans rappeler certains textes de Shirley Jackson… Les meilleurs.
( Article de Serge Brussolo paru dans Uncorrected Proofs n°1 en 1998, p. 49 à propos du roman La voleuse d'hommes de Margaret Atwood)
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Titine75
  01 mars 2009
Tony, Charis et Roz, qui se sont connues à l'université, se retrouvent pour déjeuner au restaurant le Toxique. « Toutes les trois déjeunent ensemble une fois par mois. Elles en sont arrivées à compter sur cette rencontre. Elles n'ont pas grand-chose en commun, excepté la catastrophe qui les a réunies, si l'on peut qualifier Zenia de catastrophe, mais avec le temps elles ont trouvé une solidarité, un esprit de corps. » Elles n'étaient effectivement pas amies lors de leurs études, elles étaient et restent extrêmement différentes. Tony, la garçonne, est professeure d'histoire à l'université avec une spécialité un peu particulière : les batailles, les guerres. le plus grand plaisir de Tony est de reconstituer les grandes batailles dans son sous-sol à l'aide de clous de girofle, de haricots rouges pour visualiser les différents adversaires. Elle vit avec West, musicologue qu'elle fréquentait à l'université.
Charis est une adepte de l'ésotérisme, elle croit à la réincarnation, à la force de l'esprit. Elle travaille dans un magasin nommé « Radiances » qui vend des cristaux, de l'encens, des huiles essentielles, des cartes de tarot. Charis a une fille qui se nomme Augusta. *
Roz est chef d'entreprise, elle a pris la succession de son père. C'est une femme d'affaires avertie, solide et très fortunée. Elle reste néanmoins très féminine, elle prend grand soin de son allure. Elle est la mère de trois enfants : un fils et des jumelles.
Les trois amies ont commencé à se fréquenter lorsque la fameuse Zenia est entrée dans leurs vies. Zenia était dans la même université que les trois autres et elle faisait peur aux autres filles : « Brillante et terrifiante. Vorace, sauvage, inacceptable. » C'est Tony la première qui l'approche. Zenia est un être rusé qui sait profiter des faiblesses des autres pour s'insinuer dans leur vie et leur voler ce qu'ils ont de plus cher. Tony est petite, sans charisme à côté de Zenia et son anticonformisme l'éblouit. Mais « (…) cela coûte cher de défier l'ordre social, la liberté n'est pas gratuite, elle a un prix. » Zenia soutire de l'argent à Tony, la fait chanter et une fois obtenu ce qu'elle voulait elle disparaît en emportant West dans ses valises. Zenia refait son apparition dans la vie de la charitable Charis. Elle lui fait croire qu'elle est malade, Charis l'accueille les bras ouverts, s'occupe d'elle sans relâche. Zenia s'installe comme un coucou dans la maison de Charis et repart avec l'homme qui habite là, Billy le père d'Ausgusta.
Roz se fait également berner malgré les mésaventures de ses amies. Zenia semble connaître des choses sur le père de Roz qui est resté mystérieux sur ses années de guerre. Une nouvelle fois le coucou s'installe, Roz lui donne du travail dans un de ses magasines. Mais comme toujours Zenia disparaît après avoir volé de l'argent à Roz, et bien sûr avec son mari.
Les trois amies pensaient être débarrassées de Zenia, morte dans un attentat terroriste au Liban mais la voilà qui rentre au Toxique. Que revient-elle faire ici ? Que veut-elle encore soutirer à nos trois amies ?
Margaret Atwood nous livre un roman cinglant sur les rapports hommes/femmes. L'amour est vu de manière très lucide, sans aucun romantisme. « Elle a dû renoncer en partie à l'amour bien sûr, à son amour, illimité autrefois, pour son mari. On ne peut garder la tête froide quand on se noie dans l'amour. On s'agite trop, on crie et on s'épuise. » Les hommes n'ont pas le beau rôle, ils sont peu fiables et prêts à tout quitter dès qu'une aguicheuse les approche. Néanmoins nos trois amies ne sont pas tellement mieux servies. Malgré les avertissements, elles se font toutes prendre dans les filets de la maléfique Zenia. Chacune succombe lorsque l'on fait appel à ses bons sentiments, chacune, naïvement, veut se sentir utile.
« La voleuse d'hommes » est un roman sur l'amitié, celle qui se construit malgré les différences et qui reste un véritable soutien lorsque tout s'effondre. Margaret Atwood nous livre les portraits de trois femmes qui deviennent extrêmement attachantes pour leurs forces comme pour leurs faiblesses. « La voleuse d'hommes » se dévore, malgré ses 650 pages, tant le destin des trois héroïnes nous tient à coeur.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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PaulineSUZANNE
  25 novembre 2015
Découverte de la littérature canadienne via le challenge du tour du monde de Mladoria.
La voleuse d'hommes retrace le parcours de 3 femmes qui sont reliées à Zenia parce qu'elle a été leur pire cauchemar.
Elles croyaient s'être débarrassées d'elle mais finalement si ce n'était que le début de leur mésaventure?
J'ai trouvé le début du roman un peu compliqué pour se lancer dans l'intrigue mais finalement dès que Zenia se présente on sent que le rythme se lance enfin. Et puis on comprend davantage chaque personnage avec des retours en arrières, des sourires quand les situations ne concordent pas... On prendrait presque en pitié Zenia "la redoutable".
Et puis le côté noir de ce roman c'est la description un peu trop présente pour certaines choses qui finalement n'ont pas d'importance, une suite logique des choses puisque l'auteur a organisé son livre sur un même rythme et donc laisse peu de place au suspense et aussi le dénouement qui finalement aurait pu ne pas exister... A certains moments j'avais envie de sauter des pages.
Je suis triste que la vie canadienne et la ville de Toronto ne soient pas mises plus en avant.
Découverte sympa malgré tout.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM   09 octobre 2014
Les paroles sont si souvent comme des rideaux de fenêtre, un écran décoratif qui permet de maintenir les voisins à distance.
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viou1108viou1108   18 septembre 2012
Les paroles sont si souvent comme des rideaux de fenêtre, un écran décoratif qui permet de maintenir les voisins à distance.
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viou1108viou1108   21 septembre 2012
Qui choisirait d'être Dieu? Pour connaître toute l'histoire, ses violents affrontements, ses mêlées, ses conclusions mortelles, avant même qu'elle n'ait commencé? C'est trop triste. Trop démoralisant. Pour un soldat à la veille de la bataille, l'ignorance vaut l'espoir. Mais ni l'un ni l'autre ne sont le bonheur.
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viou1108viou1108   03 octobre 2012
Dieu, je suis fatiguée des hommes! Ils sont si faciles à distraire. Pour attirer leur attention il suffit de se déshabiller. Au bout d'un moment on recherche un autre défi, tu sais?
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rkhettaouirkhettaoui   01 octobre 2017
Le problème est de savoir où commencer, parce que rien ne part du commencement, et quand c’est fini rien n’est fini, et il faut une préface à tout : une préface, une postface, un tableau d’événements simultanés. L’histoire est une construction mentale, dit-elle à ses étudiants. N’importe quel point de départ est possible et tous les choix sont arbitraires. Pourtant, il existe des moments clés, que nous utilisons comme références parce qu’ils brisent la continuité et changent le sens du temps.
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Vidéo de Margaret Atwood
Captive (Alias Grace), une mini-série télévisée canado-américaine, créée par Mary Harron, adaptée du roman du même nom écrit par Margaret Atwood en 1996. Bande Annonce VF.
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