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Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)
EAN : 9782221243114
480 pages
Éditeur : Robert Laffont (10/10/2019)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 558 notes)
Résumé :
Le chef-d’oeuvre dystopique de Margaret Atwood, La Servante écarlate, est devenu un classique contemporain… auquel elle offre aujourd’hui une spectaculaire conclusion dans cette suite éblouissante.

Quinze ans après les événements de La Servante écarlate, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais des signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l’intérieur.
À cet instant crucial, les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (150) Voir plus Ajouter une critique
lyoko
  21 octobre 2019
Je sais d'avance que je vais avoir du mal a écrire ce billet.. parce que quand je sors sans avis réellement tranché d'un roman, surtout un roman d'envergure avec un sentiment de frustration , je sais que ce sera compliqué de mettre mes idées de façons constructives a l'écrit.
J'ai donc a la fois beaucoup aimé ce roman. l'histoire est intéressante , avec des idées fortes (ce qui est obligatoire puisque c'est la suite de la servante écarlate mais 15 ans après).. j'ai aussi adoré l'écriture de Margaret Atwood qui est envoutante, qui donne envie d'en savoir plus, toujours plus… elle oblige un peu le lecteur a lire entre les lignes. C'est en soi un très bon roman
Par contre, si vous vous attendez a une suite ressemblant soit peu ou prou a la série TV il faut vite passer votre chemin. ( série tv au demeurant excellente - du moins pour les 2 premières saisons (je n'ai pas encore vu la 3ème) .. et il faut surtout s'en défaire pour lire cette suite.
Je suis donc frustrée et un peu déçue car oui je voulais également une suite a la servante écarlate.. il faut quand même avouer que le roman se fini sur une non fin…. et je pense être comme beaucoup et avoir pesté et ragé en finissant le roman. Margaret Atwood a écrit cette suite a la demande de ses lecteurs non pas parce qu'elle voulait écrire , elle, une suite. Et franchement ça se ressent car je ne pense pas que ce roman soit l'attente de la majorité de ses lecteurs.
La servante écarlate est un livre terriblement fort, que je pense que pour pouvoir l'égaler c'est quasi impossible .. et justement ce que je reproche a cette suite c'est un peu sa fadeur, même si on reste sur des idées fortes : la résistance, le terrorisme, l'endoctrinement , le totalitarisme, la religion, la liberté, .. Margaret Atwood n'a pas su rendre l'intensité du premier "tome" dans ce roman.. je n'ai pas eu les poils qui se sont dressés sur les bras par le manque liberté, par l'exploitation de femmes .. mais je me suis questionnée souvent sur : comment une femme peut-elle volontairement (j'insite !) , volontairement aider des hommes dans la volonté de dominer , assouvir et humilier d'autres femmes ? Et je pense que c'est un sujet d'actualité. Mais je n'ai toujours pas trouvé la réponse..
Pour conclure ( je crois que je n'ai jamais écrit autant sur babelio.. moi qui aime ce qui est court et concis. ) Ce n'est pas la fin que j'attendais, je n'ai pas retrouvé les personnages tant aimé et au final je pense que ce n'est pas réellement une suite.. Plutôt deux romans distincts sur une même base d'histoire.
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Kirzy
  02 janvier 2020
D'une exceptionnelle puissance, La Servante écarlate est un des romans les plus géniaux que j'ai lus. Amen. Une fois ce constat fait, je n'avais bizarrement aucune attente surdimensionnée avant d'aborder sa suite, 35 ans après ... tout simplement parce que cela me semblait impossible de réitérer un telle déflagration , quel que soit l'immense talent de la grande Margaret Atwood, d'autant plus après les images indélébiles créées par l'excellentissime série télé. Soyons clair, Les Testaments n'ont pas l'envergure de la Servante écarlate mais ce fut un grand bonheur de lecture.
Nous sommes 15 ans après le premier volet. C'est avec beaucoup d'habileté et de savoir-faire narratif que Margaret Atwood a évacué les dangers inhérents à une suite. Elle a intelligemment décidé de se passer de June / Offred ( qui fera juste une apparition sur la fin ) pour exploser son récit en trois témoignages narrant les derniers moments de la terrible théocratie totalitaire de Gilead désormais traduit par Galaad ( pas fan de ce changement onomastique, je n'y vois aucune réelle pertinence ), juste avant sa chute.
Finie l'étude psychologique , fini le regard claustrophobe d'une femme séquestrée, violentée qui rêve de liberté. Place à une brillante étude sociologique du monde dystopique créé par Atwood à travers les regards panoramiques de ces trois femmes : Tante Lydia, une jeune fille des hautes sphères de Gilead / Galaad sur le point d'être mariée et une jeune fille vivant au Canada, dont , forcément, les parcours vont finir par se croiser jusqu'à ce que tout soit éclairé sur les liens qui les unissent.
Les chapitres les plus passionnants sont clairement ceux dédiés à la fascinante Tante Lydia, personnage emblématique de la Servante écarlate, dont on découvre le parcours et comment cette juge aux affaires familiales de 53 ans a accepté de collaborer avec les instances dirigeantes de Gilead / Galaad, jusqu'à instiguer la chute du régime. le personnage du premier volet était monochromement méchant, il dresse avec mille nuances de gris le portrait d'une femme puissante. Tante Lydia interpelle un hypothétique lecteur et le pousse à réfléchir sur ses propres choix, si lui aussi avait été confronté à cette collaboration infâme. Passionnant.
Les pages se tournent toutes seules, avec avidité, même si les derniers chapitres, purement dans l'action pour parvenir à un dénouement clair, m'ont nettement moins intéressé, je les ai presque survolés car le principal n'était pas là mais dans la description de la décadence de Gilead / Galaad qui derrière ses apparences vertueuses et puritaines cachent les pires turpitudes. On retrouve des pages terrifiantes, à vous glacer le sang, sur la pédocriminalité instituée, notamment au travers du personnage de Jemina Agnès, même pas 13 ans, qui doit épouser le commandant Judd, la cinquantaine.
« Le Commandant s'est avancé, a organisé son visage autour d'un sourire flasque et collé sans bouche sur mon front en un chaste baiser. Ses lèvres étaient désagréablement chaudes et elles ont produit un bruit de succion en se retirant. J'ai visualisé sa bouche en train d'aspirer un petit bout de mon cerveau à travers la peau de mon front. Mille baisers plus tard, il ne me resterait plus rien dans le crâne.
Je sentais son haleine, où s'emmêlaient des relents d'alcool, de bain de bouche à la menthe pareil à celui de chez le dentiste et de caries. M'est venue alors sans que je l'aie voulu l'image de la nuit de noces : une énorme masse informe blanc opaque avançant sur moi à travers la pénombre d'une chambre inconnue. Elle avait une tête mais pas de visage : juste un orifice rappelant la bouche d'une sangsue. de quelque part à côté de son nombril un troisième tentacule s'agitait en tous sens. Elle est arrivée devant le lit où j'étais allongée, paralysée d'horreur, et nue. Et ensuite ? J'ai fermé les yeux pour repousser cette scène intime, puis je les ai rouverts. »
Si on retrouve donc ces passages effrayants à forte puissance d'évocation, Les Testaments sont comme un antidote à La Servante écarlate : le premier était profondément pessimiste, terriblement sombre, là où le second voit des lueurs d'espoirs s'allumer jusqu'à la couverture qui perd l'écarlate pour se nimber de vert. La force du premier résidait dans des ambiguïtés ambitieuses, dans son refus farouche d'élucider au point de laisser June / Offred à la toute fin sans connaître son sort à venir. Dans Les Testaments, les contours ne sont plus flous, tout est expliqué, ce qui fait peut-être au récit son élasticité et son mystère, tout en suscitant moins d'émotions pour le lecteur qui sait dès le départ que ce cauchemar a pris fin. 
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latina
  28 février 2020
« Dans mon pays disparu, les choses avaient dégringolé en spirale pendant des années. Inondations, incendies, tornades, ouragans, sécheresses, pénuries d'eau, tremblements de terre. Top de ceci, pas assez de cela. La décrépitude des infrastructures – pourquoi personne n'avait démantelé ces fichus réacteurs nucléaires avant qu'il ne soit trop tard ? -, l'effondrement de l'économie, le chômage, la dénatalité »
Hum…Cela vous fait-il penser à quelque chose ?
Voilà ce qu'une des narratrices de la suite de « La Servante écarlate » nous révèle à propos des Etats-Unis avant l'avènement de « Galaad », la dictature centrée sur la religion, sur la soumission des femmes « naturellement » moins intelligentes que les hommes, sur la négation de toute culture, sur la glorification de la fécondité.
Ces trois narratrices nous racontent à leur manière les évènements qui vont faire basculer le destin de ce pays terrifiant malgré son aspect faussement paisible, d'où toute rébellion est punie d'horrible façon.
Magouilles, surprises, où le méchant n'est pas si méchant, où le gentil n'est pas si gentil, ce tome qui conclut cette dystopie époustouflante nous trimballe de surprise en surprise.
J'ai adoré vivre dans ce pays pour y soutenir les pauvres petites jeunes filles à qui l'on ne propose qu'un avenir d'Epouses de vieux Commandants libidineux (le 1er tome était focalisé sur les Servantes, mères porteuses par obligation). J'ai fréquenté plus particulièrement l'endroit où vivent les Tantes, cheffes, pour ainsi dire, de l'éducation des femmes et des jeunes filles. Ah, cette tante Lydia, quel caractère !
Mais j'ai adoré également me rendre au Canada où l'organisation résistante, « Mayday », y conduit clandestinement les femmes opprimées. Les opposants au régime de Galaad y élaborent des stratagèmes variés et bien utiles pour contrer ce cauchemar.
Des secrets sont dévoilés, familiaux, politiques, sociaux.
C'est donc le coeur serré que j'ai refermé ce volume.
J'ai découvert une auteure, Margaret Atwood, qui a écrit cette suite 35 ans après, et de manière magistrale. Nul doute que je continuerai à explorer son oeuvre !
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Archie
  08 mars 2020
Qui ne connaît pas La Servante écarlate ? Celles et ceux qui n'ont pas lu le best-seller de Margaret Atwood, publié il y a trente-cinq ans, ont pu suivre les épisodes d'une série télévisée à succès. Etonnant, comme le public a pu être fasciné par la morbide vie quotidienne en la république de Gilead ! Rappelons que cette société imaginaire a été fondée sur des principes « utopiques » de pureté des moeurs, par des fanatiques religieux fondamentalistes, en réaction à la décadence d'une société libérale. Une vision idéalisée, une utopie, qui a tourné à la dystopie, au cauchemar.

La nécessité de lutter contre une baisse générale de la fertilité avait conduit les autorités de Gilead à faire de la natalité une priorité nationale, à structurer la population féminine en catégories prédéfinies, certaines femmes étant dès lors confinées dans un rôle d'esclaves pondeuses, identifiables à leur longue robe rouge. La constitution prévoyait aussi que le pouvoir autocratique des hommes s'appuierait sur les Tantes, un corps exécutif de femmes disposant de moyens illimités pour faire respecter l'ordre.
Pourquoi fallait-il une suite à la Servante écarlate ? Une demande générale des lectrices et des lecteurs, selon l'auteure. Ou plutôt un coup d'édition finement conçu, inspiré par la pratique du monde du cinéma pour les films ayant rencontré un succès populaire bien senti. Les Testaments seraient alors une sorte de la Servante écarlate 2.
Lectrices et lecteurs retrouveront donc la république de Gilead, rebaptisée inutilement Galaad, menacée à son tour par une perversion de ses moeurs et une dégradation de ses institutions. L'auteure a choisi de confier la narration à trois personnages féminins, dont deux jeunes filles, l'une élevée à Galaad selon les plus stricts principes du régime, l'autre élevée au Canada, le pays voisin et ennemi juré, dans une famille libérale complotant pour la destruction de la dictature théocratique.
La troisième narratrice n'est autre que Tante Lydia, une vieille connaissance, à qui son ancienneté et sa personnalité confèrent une autorité naturelle sur les autres Tantes. Elle est à la fois l'inspiratrice spirituelle, la tête pensante et le bras séculier d'un régime pourtant au service de quelques hommes. Il faut dire que l'homme le plus puissant de Galaad, le Commandant Judd, qui fut autrefois le leader des Fils de Jacob, la secte de fanatiques à l'origine de chute des États-Unis et de la création de l'actuelle république, est devenu un vieux poussah décrépi et corrompu, qui s'intéresse avant tout aux jeunes filles à peine nubiles.
Le scénario de Les Testaments est léger et ressemble à un vague thriller d'espionnage pour enfants, avec des gentil(le)s et des méchant(e)s, dont il n'est pas facile de faire la part. Ciel ! Y aurait-il un traître ou une traîtresse à Galaad ?
Margaret Atwood parvient à étirer le roman sur cinq cents pages. J'ai eu le sentiment que des péripéties s'ajoutaient aux péripéties, parfois sans la moindre consistance, multipliant les redondances et les développements purement formels. Juste le souci de prolonger la narration. C'est particulièrement le cas dans les derniers chapitres, consacrés à l'évasion des jeunes héroïnes.
Mais le roman est remarquablement écrit (et traduit). C'est le propre des grands écrivains d'être capables d'écrire des lignes sans contenu, juste pour la beauté d'une image, pour le pittoresque d'une situation, pour la musique des mots. Margaret Atwood est une conteuse hors pair et son écriture est d'une limpidité magique. Malgré le vide de certaines pages, je me suis laissé bercer par la narration.
Fallait-il une suite à La Servante écarlate ? Fallait-il autant de pages ? La question mérite vraiment d'être posée. Ce qui est rassurant, c'est que la chute de la république de Galaad est imminente. On évitera donc très probablement La Servante écarlate 3.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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gruz
  22 novembre 2019
La servante écarlate a touché le coeur, titillé le cerveau et cultivé l'imagination de millions de personnes. Par le roman de Margaret Atwood sorti en 1987 en français, et maintes fois réédité. Par la série TV, et ses 3 saisons à ce jour (dont les deux premières sont absolument exceptionnelles).
Il aura fallu 34 ans à l'autrice canadienne pour donner une suite à ce roman. D'ailleurs, il convient plutôt de parler d'extension, tant le mot « suite » n'est pas vraiment adapté.
On le comprend très vite en constatant que Les testaments se déroule 15 ans après. Ne vous attendez donc pas à suivre des événements linéaires, ni à retrouver Defred en narratrice. Ouvrez plutôt votre esprit, surtout si vous avez suivi la série TV, dont l'écrivaine s'écarte régulièrement, tout en en reprenant des éléments. Cela demande parfois une petite gymnastique de la pensée.
Margaret Atwood est une visionnaire. Une écrivaine au talent immense, qui sait tirer les leçons du passé et du présent pour imaginer un sombre futur. En fait, en parlant de demain elle parle d'aujourd'hui.
Et pas seulement avec cette histoire-là, plongez-vous dans d'autres de ses formidables dystopies comme le dernier homme ou encore le temps du déluge, qui mettent en scène les dégâts écologiques et une autre forme d'irresponsabilité humaine. Son génie prophétique n'a que peu d'équivalent dans la littérature moderne.
15 ans plus tard, donc, et trois narratrices pour nous permettre de suivre en perspective la chute d'un système totalitaire. L'autrice sait que le salut vient de la jeunesse, deux de ces voix sont celles de jeunes filles, une de chaque coté de la barrière. La troisième est celle bien connue d'un des exécuteurs, Tante Lydia, souvent assez éloignée des caractéristiques du personnage de la série (même en ce qui concerne les raisons de son entrée dans le système qu'est Galaad).
Oui Galaad et non Gilead. C'est un choix de la traductrice Michèle Albaret-Maatsch, avec un mot d'explication en liminaire au roman. Autant je comprends sa volonté de traduire différemment certains mots inventés par Atwood, autant je ne suis pas en phase avec cette idée de changer le nom d'un endroit qui est aujourd'hui totalement ancré dans l'imaginaire des lecteurs. Ce choix peut intellectuellement s'entendre, mais je le trouve perturbant émotionnellement. Mais, j'en profite pour saluer son travail de grande qualité pour la traduction du roman.
Margaret Atwood a eu l'intelligence de ne pas se lancer dans une banale suite. Trop d'eau a coulé sous les ponts depuis la sortie du premier roman, avec un monde qui se rapproche dangereusement de ce qu'elle avait imaginé en l'écrivant pour partie à Berlin, à coté d'un mur encore érigé.
Trois histoires se déroulent en parallèle avant de se rejoindre, trois paroles différentes mais complémentaires, sans manichéisme outrancier, mais tout en finesse. Dont celle d'une Tante Lydia très surprenante.
Les ingrédients de base sont les mêmes : ce monde où la pollution a fait drastiquement chuter la natalité, ce système tyrannique qui se sert de la religion pour asservir les femmes. Ces mâles dominants qui, sous couvert de soit-disant valeurs morales, cachent leurs perversions et leur soif de pouvoir.
Comme pour le premier livre, l'écrivaine s'appuie sur les faits historiques pour imaginer ce futur proche. Son imagination et son analyse de nos sociétés actuelles fait le reste.
Mais, même si nous retrouvons certaines de nos marques et certains personnages (dont bébé Nicole, qui est devenu un concept iconique), le ton est différent et son récit est clairement à part.
La servante écarlate est devenu pour certains un symbole du féminisme. Les testaments raconte clairement des histoires de femmes. Mais rien n'est si simple. Les hommes traversent ce récit comme des ombres (il n'y a bien qu'un seul personnage masculin à être un peu présent). Car, même si les hommes sont responsables de cette idéologie, ce sont les femmes qui en sont les rouages, contraintes ou volontaires.
Ce livre nous plonge dans les failles d'un système, corrompu jusqu'à la moelle. Suivre cette chute à travers les mots et la vision de trois personnages est une idée formidable. Elles donnent de l'humanité et de l'émotion à l'intrigue, qui est prenante de bout en bout.
N'imaginez pas des rebondissements en cascade. Les surprises sont légion, mais distillées avec subtilité.
Je n'ai tout simplement pas pu lâcher ces 540 pages, subjugué par le talent de l'autrice, fasciné par l'univers qu'elle a construit et par les personnages complexes à qui elle a donné un vrai souffle de vie. Passionné par cette histoire qui résonne en nous et raisonne. Atwood prend bien soin de créer ces questionnements sans jamais perdre le fil ni pontifier. Son style est fluide, sa prose très agréable et formidablement expressive, toujours au plus près de l'humain.
Pas étonnant que le livre ait obtenu le Man Booker Prize 2019, prestigieuse récompense littéraire britannique.
J'avais une petite inquiétude en démarrant cette lecture. Mais pourquoi douter quand on est face à un véritable génie ? Les testaments est une dystopie formidable. Un bijou mené avec finesse, humanité et intelligence. Margaret Atwood propose bien davantage qu'une suite, avec un roman qui apporte une autre dimension à un univers qui a pourtant déjà marqué la littérature de manière indélébile.
Que vous ne connaissiez pas Margaret Atwood, que vous soyez lecteur de la servante écarlate ou «simplement» amateur de la série TV, ce livre vous est indispensable.
Lien : https://gruznamur.com/2019/1..
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critiques presse (4)
eMaginarock   13 novembre 2019
Cette remise en perspective de Galaad sur le plan géopolitique est passionnante. Les Testaments se lit comme un thriller de belle facture. La traduction de Michèle Albaret-Maatsch restitue parfaitement l’univers dystopique de Margaret Atwood.
Lire la critique sur le site : eMaginarock
LeMonde   31 octobre 2019
Tirant les fils d’une révolution en marche, l’écrivaine plonge son lecteur dans une mécanique romanesque très prenante qui fait des Testaments un page turner.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   17 octobre 2019
L’auteur, récemment auréolée d’un deuxième Booker Prize, publie la suite et fin de La Servante écarlate. Un roman dystopique haletant qui interroge notre vision de la vérité.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   14 octobre 2019
Avec un scénario prônant l'espoir et le combat, l'auteure emmène le lecteur là où il veut aller. Les Testaments est un page-turner - un livre qu'on ne peut pas lâcher - captivant et efficace, mais une histoire peut-être moins puissante que La Servante écarlate.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
oreeoree   13 septembre 2020
Galaad a un problème de longue date, cher lecteur : pour le royaume de Dieu sur terre, il a un taux d'émigration embarrassant. L'exode de nos Servantes par exemple : elles sont bien trop nombreuses à s'être enfuies. Ainsi que l'a révélé l'analyse des évasions réalisée par le Commandant Judd, nous avons à peine découvert et bloqué une route empruntée par les fuyardes qu'une autre s'ouvre aussitôt.
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lyokolyoko   17 octobre 2019
J'écris ces mots dans mon sanctuaire privé, au sein de la bibliothèque d'Ardua Hall - une des rares encore debout après les autodafés enthousiastes qui ont embrasé tout le pays. Il fallait éliminer les traces de doigts corrompus et tachés de sang du passé afin d'aménager un espace propre pour la génération moralement pure sans doute tout près de poindre. En théorie.
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lyokolyoko   21 octobre 2019
Souscrivez-vous à la théorie selon laquelle l'inné l'emporte sur l'acquis ? Auquel cas, la faute originelle d'Adam s'imposera en chacun de nous quels qu'en soient les efforts rigoureux que nous pourrons déployer pour l'éradiquer et notre projet Galaad sera alors voué à l'échec, hélas !
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CefraCefra   19 février 2020
En premier lieu, le régime a besoin de moi. Je suis celle qui gère, d’une poigne de fer dans un gant de velours, lui-même glissé dans une mitaine en soie, le côté féminin de leur entreprise, et je fais régner l’ordre : tel un eunuque de harem, je bénéficie d’une position unique. Deuxièmement, j’en sais trop sur les dirigeants – trop de scandales –, et ceux-ci ne sont pas sûrs de ce que j’ai pu fabriquer avec ces informations. S’ils me pendent haut et court, qui sait si ces fameux scandales ne s’ébruiteront pas d’une manière ou d’une autre ? Ils craignent peut-être que je n’aie pris soin de les sauvegarder ; ils n’auraient pas tort.

Troisièmement, je suis discrète. Tous ces hauts responsables ont toujours eu le sentiment que leurs secrets ne risquaient rien avec moi ; mais ce – je l’ai fait comprendre à mots couverts – tant que je ne risquais rien non plus. Il y a longtemps que je crois à l’équilibre des pouvoirs.

En dépit de ces mesures de sécurité, je ne me berce pas d’illusions. Galaad est un lieu où l’on perd vite pied : les accidents y sont fréquents. Quelqu’un a déjà rédigé mon éloge funèbre, c’est évident.
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Erik35Erik35   18 mai 2020
Je connais bien ces jeunes filles d'une sensibilité hors du commun. Il ne sert à rien de les forcer : elles sont incapable d'accepter une réalité charnelle. Quand bien même elles auront consommé leur nuit de noces, on les retrouvera vite accrochées à une suspension ou dans le coma sous un rosier, après avoir avalé toutes les pilules qui traînaient chez elles.
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Daniel Tammet publie "Fragments de paradis" aux éditions Arènes. Né à Londres dans une famille de neuf enfants et atteint d'un trouble du spectre autistique, il a choisi l'exil pour dépasser sa différence. A la découverte d'autres langues et d'autres cultures il a pu trouver un sens à sa vie. Sur le plateau de la Grande librairie, l'écrivain raconte sa rencontre avec Margaret Atwood et sa conversion à l'âge de 23 ans.
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