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Critique de Pecosa


Pecosa
  03 décembre 2018
Impossible Sinaï, publié dix ans après la mort de Max Aub, est considéré comme son testament poétique.
Invité à donner des cours de littérature et de culture espagnoles et latino-américaines en 1967 à l'Université Hébraïque de Jérusalem, Aub se rend pour la première fois en Israël et décide de consacrer une oeuvre à la Guerre des Six Jours, sans mentionner ni bataille, ni autre fait de guerre.
Impossible Sinaï se présente comme un recueil de textes et poèmes trouvés dans les poches et les sacs de soldats tombés au cours de ce conflit. La première partie de l'ouvrage est composée de six textes rédigés à la manière d'articles de presse sobres et factuels, relatant les évènements survenus du 05 au 10 juillet 1967.
La seconde partie, et la plus conséquente, est consacrée aux 28 poèmes rédigés par des soldats retrouvés morts, des soldats israéliens, séfarades ou ashkénazes, et des soldats arabes, nés en Egypte ou sur le Mont Ararat…Dans cet ouvrage antimilitariste ressort ça et là la mordante ironie de Max Aub que l'on aime tant, et son goût pour les jeux littéraires.
Il créé de toutes pièces ces soldats, leur attribuant une origine, un patronyme, un passé. Il remercie étudiants et universitaires pour leur aide apportée à la traduction des textes recueillis. Dans Impossible Sinaï, des personnages "plus vrais que nature", si justement esquissés grâce au talent de voleur d'âme d'Aub, des figures de fiction, militants de la cause arabe, juifs de Salonique parlant ladino, sabras ou ressortissants européens..- , la multiplicité des voix qui parlent de la guerre, s'inscrivent dans des évènements réels et deviennent des témoins de l'Histoire. Une grande oeuvre assurément, comme tous les écrits de Max Aub.
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