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EAN : 9782823607758
240 pages
Editions de l'Olivier (16/10/2014)
3.52/5   168 notes
Résumé :
« Les lecteurs se demandent souvent comment un journaliste choisit ses sujets. C'est une question qui revient sans cesse : pourquoi cette histoire et pas une autre ? Pourquoi ce village-là ? Pourquoi cette usine? Et pourquoi cet homme ? Les explications ne manquent pas. On se rend à cet endroit-là parce qu'un événement s’y est déroulé, incendie ou élection, meurtre ou mariage, peu importe, quelque chose.
Ça paraît simple, non?
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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Admiratif de longue date de la journaliste, de l'auteure mais surtout du parcours, de l'empathie et de l'intelligence de cette femme au destin exceptionnel, chacun des livres de Florence Aubenas a systématiquement rejoint ma bibliothèque, sans pour autant être immédiatement lu.

Il en fut ainsi de Ici et ailleurs paru en début d'année, qui s'inscrivait dans la lignée d'En France, livre acquis lors d'une rencontre avec l'auteure à Lyon et qui attendait patiemment son heure. Qui survint cet été…

En une cinquantaine de chroniques séquencées en 3 parties (En campagne, Au camping, Une jeunesse française), Florence Aubenas rappelle à ceux qui auraient pu l'oublier qu'elle est avant tout et plus que jamais journaliste.

Une journaliste comme on n'en fait plus, du monde d'avant. Celui où on avait le temps de prendre son temps, d'avoir dans les rédactions ces postes de grands reporters, électrons libres soumis à un agenda temporel déconnecté de celui de leurs confrères et du speed de l'actualité.

Des postes qui coûtaient. Cher, très cher car non immédiatement productifs, mais ils permettaient le travail de fond, la mise en perspective, le recoupement, l'analyse, le travail des angles, le regard distancié. La liberté, quoi.

Cette liberté, Florence Aubenas en a usé et en use encore, car elle sait mieux que quiconque le prix à payer pour ce luxe journalistique du XXIe siècle dans le monde de Vincent, Xavier, Daniel et les autres. En lui souhaitant que cela dure. Pas gagné…

Dans En France, elle dit et raconte une histoire instantanée de notre pays dans les années 2010, en choisissant ses angles : ceux de la « France d'en bas » pour reprendre cette insultante et condescendante expression inventée par la cousine « d'en haut » (mais parle-t-on toujours de la même famille ?).

Alors Florence raconte le travail et ses incertitudes, les vacances comme soupapes de liberté et d'une forme d'égalité, mais aussi la famille, l'étranger, la politique, les élections, l'espoir et ce qu'il en reste.

Sans jamais juger, en tournant et retournant autour de son sujet pour bien en éclairer toutes les facettes, en s'appuyant sur la parole recueillie et pas sur son propre ressenti, elle nous livre son récit de ces décalages qui fractionnent lentement mais durablement une nation.

Et lu avec dix ans de décalage, il n'y a malheureusement pas une seule ligne qui ne soit toujours d'actualité. Signe d'un travail de qualité, d'une auteure toujours aussi passionnante à lire.
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Florence Aubenas, au travers de ces courtes chroniques d' En France, prend la température d'un pays... ou plutôt d'un certain pays.
À travers ces portraits, ces lieux, ces situations humaines, l' auteure nous emmène à la rencontre de ceux et celles qui subissent, font des choix, font ce qu'ils peuvent, souffrent, vivent ou survivent enfin.
Apparaît alors au lecteur de ces pages captivantes, une population souvent inconnue pour lui...ou alors vue ou fantasmée à l'aune de ses préjugés.
Les reportages de l'auteure, et les constats qu'ils amènent, sont parfois désespérés ou/et désespérants.... Toujours humains.
Un livre actuel et passionnant, donc, mais sans concession ni angélisme.
Grand merci donc, à Florence Aubenas pour ces "tranches de vie".
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Entre 2012 et 2014, Florence Aubenas a sillonné la France à la rencontre des gens ordinaires. Elle s'est intéressé à tout le monde et, surtout, n'a jugé personne (ce n'est pas Guillaume Meurisse). Elle est allée parler aux électeurs du Front national (pas encore RN), aux intérimaires, aux bénéficiaires de la CAF, aux Roms, aux décrocheurs scolaires, aux filles voilées, aux adolescentes mères, aux campeurs sauvages, aux élèves de sciences po "issues de la diversité"... A chaque fois, la journaliste s'efface et laisse parler les personnes, ces gens de la France d'en bas, tellement inaudibles et invisibles que certains se sont sentis forcés de s'affubler d'un gilet fluo pour tenter de se faire entendre. Où cela les mènera-t-il ? Sûrement nulle part. Heureusement, de temps en temps et hors de tout calcul électoraliste, une Florence Aubenas donne la parole à ces olvidados.
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Recueil des chroniques écrites et publiées par la grande reporter dans le journal le Monde entre 2012 et 2014
Durant ces deux années, au cours de ses enquêtes Florence Aubenas rencontre des milliers de personnes. Dans ses papiers, elle choisit de présenter une autre figure de la France. Celle qui ne fait pas forcément la une des médias, celle qui ne singularise pas par des succès, ni par des drames..
Elle décrit des villes moyennes, méconnues, délaissées, la banlieue parisienne au quotidien, le Front national qui s'installe et se banalise. Au détour de ses voyages, on entend la voix d'une jeunesse un peu perdue mais pas sans vitalité, des habitués des camping…
Pas jugement, aucune stigmatisation ou mise sur piédestal. Aucune théorisation non plus, juste un regard bienveillant sur une humanité qui fait ce qu'elle peut. Avec une écriture ramassée, fluide, somme tout élégante, Florence Aubenas raconte des Français à la dérive qui constitue pourtant une majorité silencieuse.
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En trois chapitres Florence Aubenas nous propose un tour de France étonnant : "En campagne", "Au camping", "Une jeunesse française", sont les étapes de ce parcours de découverte sociale. La journaliste dessine ainsi le portrait de cette France d'en bas qui s'enfonce un peu plus chaque année dans la galère et la débrouille.
Une France rurale, banlieusarde, précaire, celle qui se lève tôt pour gagner moins, et permettre aux plus puissants d'amasser toujours plus de capitaux exilés. Un panorama de ces hommes et femmes du commun, au travail ou en vacances, entre fermeture des petits commerces ou des coopératives, écrasées par les normes et la libre concurrence, la crise, les licenciements, le coût de la vie, le chômage.
Florence Aubenas revient aussi sur les élections présidentielles, les manifestations d'intolérance provoquées par la loi sur le mariage pour tous, avec la montée du FN pour toile de fond - ou d'araignée. Elle donne la parole à ces oubliés du système, dont on parle beaucoup mais qu'on aide de moins en moins, elle se fait l'écho des préjugés, du bon sens, de la peur ou du goût de l'autre, dans un reportage tout en délicatesse dans lequel chaque titre est une promesse : "Si j'étais Gérard Depardieu", "Mais il est passé où, le million ?", "Merde, la canette a explosé dans le poulet"...
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique
19 octobre 2015
La montée de l’extrême droite, les emplois précaires, les Roms, le mariage pour tous, le décrochage scolaire sont autant de thèmes abordés du point de vue des hommes et des femmes qui incarnent ces problématiques.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox
12 novembre 2014
Des reportages qu'habituellement on ne traite pas, car jugés trop locaux ou trop anecdotiques par la grande presse nationale. Cette fois, Florence Aubenas a décidé de se pencher sur ces histoires du quotidien qui brossent un tableau pittoresque et humain de notre pays.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Le jour de la rentrée, Inès n'avait pas voulu descendre de la voiture, quand son père s'était arrêté devant l'école, rue Saint Guillaume.Ils étaient arrivés de Metz le matin, elle répétait : "je mettrais le mail de mon admission dans mon CV, ça suffira. Je suis trop fort pour eux de toute façon." Sa mère avait fini par se fâcher. " Tu nous as soûlés avec ça, alors maintenant tu y vas à France po". Sa mère n'avait jamais réussi à appeler l'école autrement.
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Ici, "on attend les élections municipales comme le 14 juillet, le seul vote dont on soit encore fier dans les villages", explique la secrétaire de mairie. C'est peu dire combien la honte fut cuisante l'autre jour, à l'annonce des statistiques en Eure-et-Loir : la commune faisait partie des 30% de municipalités sans candidat déclaré à une semaine de la date-limite de l'enregistrement. Soudain, la secrétaire de mairie s'interrompt : "Vous n'allez pas donner le nom du village ? On vient de trouver quelqu'un." Et elle porte les mains devant sa bouche, effarouchée et pudique, comme si on venait de surprendre la démocratie toute nue dans une mairie de campagne.
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L'immeuble commence à trembler, des coups violents comme si quelqu' un le démolissait à la masse. Chaque jour, des hommes désossent les boiseries et leur propre abri par peu à peu en fumée dans l' âtre de ceux qui -par chance- ont squatté une pièce avec cheminée.
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p.29 " Quand les gens désignent les étrangers, ce n'est pas de nous qu'ils parlent, mais d'êtres imaginaires qu'ils aperçoivent à la télé et qui leur font peur. Les médias nous rendent paranos."
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De toute façon, les politiques ne font que s'envoyer des gros mots entre eux, reprend une sœur à chignon. Avant, au moins, c'est nous qui les engueulions, ça défoulait. Mais même les insultes, ils nous les ont piquées.
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Videos de Florence Aubenas (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Florence Aubenas
Cette semaine, "La Grande Librairie" se tient à Strasbourg, en public, dans l'enceinte de la Bibliothèque nationale et universitaire. La ville vient d'obtenir, pour une durée d'un an, le label "Capitale mondiale du livre UNESCO". Augustin Trapenard accueille Paolo Rumiz, pour "Chant pour Europe", publié chez Arthaud ; Olivier Guez, pour "Le Grand Tour – Autoportrait de l'Europe par ses écrivains", paru chez Grasset ; Annick Cojean, pour "Nous y étions", édité chez Grasset ; William Marx, pour "Un été avec don Quichotte", paru aux Editions des Equateurs. La journaliste Florence Aubenas et le compositeur et écrivain Abd al Malik sont également présents.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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