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EAN : 9782020873697
448 pages
Points (04/05/2006)
3.6/5   202 notes
Résumé :
Chib Moreno exerce le métier peu commun de thanatopracteur et, à Cannes, les dames fortunées qui adorent faire empailler leurs chiens passés de vie à trépas, se repassent son adresse.
Ainsi, Chib, métis quadragénaire et taciturne, vit confortablement de cette profession étrange où la mort est sa compagne de travail. Il reçoit, un jour la proposition de Blanche Andrieu d'embaumer sa petite fille Elilou, morte accidentellement à la suite d'une chute d'escalier.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
3,6

sur 202 notes
En panne d'inspiration dans les thrillers, j'ai demandé à ma bibliothécaire de me conseiller un bon thriller psychologique. Voilà qu'elle sort des rayons Funérarium de Brigitte Aubert. Titre et auteure inconnus.

L'histoire avait du charme et du potentiel. Léonard Moreno alias Chibs est thanatopracteur. Une riche famille lui demande d'embaumer leur petite fille décédée d'une sale chute dans les escaliers. L'homme de la mort accepte et découvre sur le corps de la fillette plusieurs hématomes qui pourraient bien être les conséquences de sévices et de maltraitance.

L'histoire se concentre sur la famille de la fillette, les Andrieu.
Une mère complètement névrosée, des enfants perturbés, un mari aveugle, pour Chibs il est au coeur d'une famille de psychopathes.
L'histoire aurait pu être alléchante si l'auteure avait accentué davantage le caractère psychotique des personnages, avec une atmosphère plus fouillée au niveau mystère. Il y a dans ce roman un air de Rebecca mais sans le style et sans l'art narratif de Daphné du Maurier.
Ça manque de rythme, de consistance à mon goût.
Zut alors, encore un nouveau flop dans ma pioche de thrillers.
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Léonard "Chib" Moreno est thanatopracteur à Cannes, c'est-à-dire qu'il empaille les êtres morts pour que les vivants en conservent l'image terrestre. Issu d'une mère violée par les G.I., Chib en a gardé la peau noire, l'amour du jazz, le goût des costumes classieux et une certaine réserve. Il passe son temps libre avec son ami, Greg, hâbleur, dragueur et vulgaire à souhait, presque une caricature :
« Greg se tenait près de son 4×4 rouge métallisé. Encore engoncé dans sa combinaison en néoprène bleu roi, gros paquet de muscles bronzés, cheveux blonds décolorés par le soleil tirés en queue de cheval, occupé à plier la voile fluo de sa planche sous le regard placide de deux jeunes femmes juchées sur des semelles compensées de quinze centimètres de haut, bras croisés sur leur corsage néo-seventies. »
Il est un jour contacté par la famille Andrieu, gens de l'aristocratie et fervents catholiques afin d'embaumer le corps de leur fillette de 7 ans, Elisabeth Louise, dite Elilou, fraîchement décédée. D'abord réticent, Chib accepte et c'est le début des ennuis car il découvre que la fillette n'est plus vierge et n'est probablement pas morte par accident. Aidé de Gaëlle, une jeune étudiante en médecine, il hante la propriété des Andrieu à la recherche d'indices mais la situation est complexe. Pour commencer, Chib tombe amoureux de Blanche Andrieu, mère de la victime, femme neurasthénique à la suite de la perte d'un premier enfant, Léon noyé dans la piscine. Chib vit un amour charnel bourré de contradictions et de remords malsain. Autour de cette famille- composée du père, Jean-Hughes grand et blond, buvant beaucoup et sans cesse harcelé par sa mère , dite « Belle-Mamie » gardienne des bienséances ancestrales depuis la mort de son époux Enguerrand, des deux fils, Charles l'aîné homosexuel dont on dit qu'il a couché avec le jardinier Costa, Louis-Marie, adolescent taciturne et provocateur et des deux petites, Annabelle, petite peste accro aux jeux vidéo et Eunice, trois ans accompagnée de sa peluche, Bunny le lapin- gravitent les voisins,amis et proches dont Dubois un curé qui s'occupe de camps de jeunes.
Derrière les apparences se trame et se cache le drame. D''abord le corps D'Elilou disparaît de la chapelle de la propriété pour réapparaître tout aussi curieusement accompagné de rites sataniques et hautement blasphématoires. Des animaux meurent dans le quartier, sans explication mais atrocement mutilés, Chib finit par se faire tirer dessus dans la propriété des Andrieu et, pour entretenir sa parano, il reçoit d'étranges coups de fil et un DVD où l'on filme ses amours avec la belle Blanche. Tout se mêle. La nécrophilie, la religion, l''amour, la frustration, l'inceste, l'oedipe, le pouvoir, la bienséance, la pédophilie sont autant de thèmes traités.
« Pas envie de prier, envie d'une bière, envie de soleil, envie d'être jardinier et de faire pousser des fleurs sur les tombes. »
Dans ce polar on ne peut plus glauque, les personnages sont fortement typés comme on l'a vu avec Greg qui est affublé du type provençal :
« Il est né avec un bol d'aïoli dans une main et une boule de pétanque dans l'autre. » comme John Osmond le voisin incarne le gentleman :
« (Sa femme) : " Je pourrais le tromper avec une armée de cosaques sans qu'il dise autre chose que : ''Prendrons-nous quand même le thé, darling?''
Le texte est entrecoupé de 8 intermezzos, poèmes cruels qui annoncent les drames passés ou à venir. le style de Brigitte Aubert est efficace surtout lorsqu'il s'agit de transmettre in situ les pensées intimes de Chib en décalage avec la situation de bienséance incarnée par Belle-Mamie entre autres. Certaines phrases, notamment dans les descriptions sont plus conventionnelles et je dois avouer que l'effet des phrases nominales et des appositions, en vogue dans la littérature des années quatre-vingt ont tendance à m'agacer :
« La pluie fouettait les vitres. Les vagues venaient s'écraser sur le sable à trois mètres d'eux. Impression de déjeuner sur un bateau. »
C'est un roman policier peu conventionnel dans ses thèmes. L'atmosphère tendue et oppressante a quelque chose de prégnant et de fascinant dans l'horreur et jusqu'au dernier chapitre, on se pose les mêmes questions que les protagonistes tant la situation dépasse parfois l'entendement d'un simple mortel.
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La mort d'une fillette, même si elle a l'air accidentelle, reste un évènement effroyable. Elle peut atteindre un autre niveau dans le domaine de l'incompréhensible lorsque ses parents décident non pas de l'enterrer, mais de la naturaliser et de l'exposer dans un cercueil de verre. de prime abord, des gens bien, ses parents, les Andrieu : le père, un homme d'affaire ; la mère, femme au foyer BCBG, et trois autres enfants : une soeur et deux frères. A Cannes, et bien que ce soit son métier, Léonard Moreno, dit ‘Chib', a plutôt l'habitude d'empailler des chienchiens à leur mémère que des jeunes filles de bonne famille. Néanmoins, sa conscience professionnelle étant mise à l'épreuve du regard de Mme Andrieu, Chib accepte de s'occuper de la petite Elilou. Dès lors, c'est comme s'il avait fourré son doigt d'artisan dans un engrenage infernal. A la suite de la cérémonie mortuaire, les événements les plus scabreux vont effectivement se succéder et, bien malgré lui, Chib va se muer de thanatopracteur en détective amateur. Empoisonnements, coups de feu, mise à sac de lieux saints, animaux massacrés et meurtres divers, rien ne lui sera épargné dans cette famille frappée par la folie et le malheur. N'était la belle Mme Andrieu, sûr que Chib aurait bien vite mis les voiles…
Imaginons. En 2006, Agatha Christie, ressuscitée après une manipulation d'ADN, vient d'acheter son premier PC. Elle n'a qu'une seule envie : écrire un polar. Mais avant : une petite ligne de coke et pousser le dernier ‘Linkin Park' à fond. Que croyez-vous qu'elle va bien pouvoir pondre ? Une ressucée d'Hercule Poirot ou de Miss Marple ? Que nenni ! C'est ‘Funérarium' qui en sortirait, convaincu j'en suis. Au diable les gros détectives belges, bonjour les jeunes thanatopracteurs noirs et amateurs de jolies femmes. Car tout ici évoque immanquablement la manière d'Agatha : l'événement déclencheur, la présentation des différents et nombreux personnages, le suspense qui va en s'accentuant alors que le brouillard s'épaissit et le dénouement final en présence de la majorité des acteurs. Quelques différences quand même : le ton est plus enjoué, les dialogues sont traversés par un humour des plus réjouissants et la violence se révèle beaucoup plus explicitement. On ne s'ennuie pas un instant et, même si on a quelque idée sur l'identité du coupable, c'est avec plaisir que l'on se laisse mener par le bout du nez jusqu'à la fin. Agatha Christie donc, mais en plus rock'n'roll.
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Je possédais ce livre depuis très longtemps et je le gardais bien précieusement comme j'aime le faire avec certains livres, qui me donnent le sentiment d'une bonne lecture à venir. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé ce livre, l'écriture est bonne, l'histoire donne envie de connaître la fin avec empressement, mais beaucoup d'invraisemblabilités gâchent un peu le plaisir.
Chib est taxidermiste, il empaille les animaux à la demande de leurs maîtres, et étrangement, malgré le fait que nous soyons en France, il s'occupe également de corps humain. Un jour, une famille lui demande de s'occuper de leur fille Elilou, morte accidentellement en chutant dans l'escalier de la maison familiale, Chib accepte le travail, et décide une fois le travail terminé, de venir lui-même déposer le corps de la petite dans la chapelle qui se trouve sur le terrain de l'immense demeure. le père lui demande de bien vouloir assister à la cérémonie qui sera donnée dans la chapelle en mémoire d'Elilou, Chib accepte et va donc faire la connaissance de toute la famille, des amis et des employés de la famille Andrieu.
Peu de temps après, des événements étranges laissent à penser que la famille est tourmentée par quelqu'un et devinez à qui fait appel le père ? Et bien oui à notre bon vieux Chib, qui va bien évidemment accepter d'enquêter (est-ce son métier ?). Là commence une enquête intéressante mais malheureusement truffée de faits improbables qui entâchent un peu la lecture.
J'ai malgré apprécié ce livre qui se lit très bien et qui pour une amatrice de thrillers comme moi, permet d'avoir une histoire qui sorte un peu de l'ordinaire.
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Un bon thriller, extrêmement noir. Je n'avais lu qu'un livre de Brigitte Aubert et je l'avais adoré. C'est ce qui m'a donné envie de lire celui-ci.
Ce que j'ai préféré, c'est le fait de retrouver, comme dans La Mort des bois, lu il y a déjà pas mal de temps, des traits d'humour au milieu des situations dramatiques. C'est un thriller, mais c'est drôle.
La seule chose que je n'ai pas aimée, c'est le fait que l'auteur n'arrête pas de citer des marques quand elle décrit les vêtements des personnages. Déjà, quand on me décrit comment les personnages sont habillés, ça ne m'intéresse pas trop (en fait, l'effort imaginatif est trop ardu pour moi, je fais un blocage sur les fringues) mais alors les marques...
L'histoire est assez glauque, mais très prenante. Je n'ai pas su le lâcher et l'ai quasiment lu d'un trait entre la soirée d'hier et très très tôt ce matin. A conseiller plutôt aux gens qui n'ont pas d'enfant, sinon vous en ferez probablement des cauchemars... J'ai hâte d'en lire d'autres de cet auteur!
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
Chib se redressa un peu plus. Il se sentait de moins en moins patient et poli, ces derniers temps. Oui, la famille Andrieu avait largement entamé sa réserve naturelle de douceur angélique.
— Écoutez, il se passe chez vous des trucs vraiment bizarres, mon vieux (il appuya sur le « mon vieux »), et j’ai bien l’intention ou de découvrir qui en est l’auteur ou de porter plainte pour tentative de meurtre.
— Mais vous vous rendez compte du scandale !
— Que voulez-vous que ça me foute ? C’est dans ma tête que s’est retrouvée cette saloperie ! cria Chib en désignant la balle dans le verre, pas dans la vôtre !
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Il verrait Gaëlle plus tard, aucune envie d’affronter la vision de Blanche prenant le thé. Blanche que son amie et voisine accusait de meurtres. Blanche la Foldingue. Un beau nom de princesse médiévale. Il l’imaginait assez bien en haut d’une haute tour, blanche évidemment, scrutant un horizon chaotique et désert, le front ceint d’un diadème d’obsidienne d’un noir brillant, une corde de chanvre enserrant son cou gracile tandis qu’elle se demandait tranquillement si elle allait se pendre à un de ces jolis créneaux ou simplement se jeter dans le vide ? À moins que les secours n’arrivent à temps. Léonard le Maure, juché sur son destrier caparaçonné de titane, sa noble épée laser dégainée, tellement mimi dans son pourpoint en velours grenat. Bon Dieu, Chib, tu débloques à fond.
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— Non, tu n’es qu’un pion dans son jeu. N’oublie pas qu’il n’a pas les mêmes sentiments que nous.
— T’as suivi un cours de profilage ?
— Regarde où ça t’a mené ton persiflage continuel, lui renvoya-t-elle en attrapant son paquet de cigarettes. L’accélération des événements signifie que la pression monte dans sa tête malade. Agir, pour lui, c’est la seule manière de soulager la douleur qui le taraude.
— Et un cours de poésie, aussi ? Elle lui jeta le paquet au visage.
— Moi, je te raterai pas, Moreno ! Écoute… je crois qu’il se sent acculé et que ça l’excite. Je crois qu’on va l’avoir ! conclut-elle, parce qu’il va faire une grosse connerie.
— Comme nous descendre tous ? hasarda Chib en triturant une cigarette.
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L’image de Blanche se livrant à des partouzes effrénées s’imposa de nouveau à lui. Mais c’était ridicule. Charles ressemblait vraiment à Jean-Hugues. Quel plaisir les Labarrière éprouvaient-ils à échafauder pareilles hypothèses ? Animosité classique contre un couple d’amis plus jeunes, plus beaux, plus riches et dotés des enfants qu’ils n’avaient pas eus ? Il la regarda avec plus d’attention. Elle lui semblait visqueuse, maintenant. Elle se lécha les lèvres, un geste furtif de bête à l’affût. Une bête gorgée de venin, mais utile. Elle lui dirait tout ce qu’elle savait de tout le monde et même tout ce qu’elle ne savait pas
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Léonard « Chib » Moreno retira ses gants en plastique extra-fin tout tachés, les roula en boule et les jeta dans la poubelle d’où débordaient des tampons d’ouate imbibés de sanies. Il enfila une paire de gants neufs et tendit la main vers la collection d’instruments chirurgicaux étincelants accrochés au mur, à côté de la paillasse encombrée de fioles, de pots scellés à la cire, de seringues et de tubes. Il choisit un scalpel, le fit sauter dans sa main brune en chantonnant His Jelly Roll is Nice and Hot.
Puis, sans cesser de chantonner, il saisit le pénis flasque entre les jambes poilues en blanches du vieillard et le trancha net. Il déposa le morceau de chair sanguinolent dans la cuvette en émail prévue à cet effet.
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