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EAN : 9782715248502
144 pages
Le Mercure de France (23/08/2018)
3/5   8 notes
Résumé :
Elles cherchent la chair de la perte, la chair du vide, la chair de l’abandon, elles l’ouvrent comme un fruit, elles y plantent leurs dents. Mourir est un art, comme tout le reste : elles le savent aussi. Elles contrarient leur chute par la vitesse. Elles se quittent avec passion. Elles ont en commun un art de la fugue intérieure, de multiples tangentes. Elles sont mortes plusieurs fois (je les regarde tomber). Elles vont finir par se relever (je les vois qui se bat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
AMR_La_Pirate
  10 juillet 2020
Drôle de livre que ce court roman polyphonique de Gwenaëlle Aubry, La Folie Élisa…
Une folie, au sens vieilli du mot, est une maison de plaisance… Ici, c'est une « maison des feuilles », un lieu où déposer l'aliénation.
Le prénom Élisa est l'anagramme d' «asile », lieu de refuge inviolable. Ici, il y a des chambres où se reposer et se dire.
SMA : un graffiti sur les murs des villes, un code, un cri de ralliement ?...Save Me Angel?..., Suck Me Angel?...
Quatre femmes, très différentes, mais également perdues au lendemain des attentats de 2015, des victimes indirectes, traumatisées par ce que devient le monde en proie au terrorisme, aux exodes migratoires, à la montée des extrémismes populistes, à une forme de décadence généralisée…
Chaque femme se raconte, se met en mots, cherche un sens au sigle SMA, interpelle l'auteure et, à travers ce « tu », chaque lecteur. Elles ne feront que passer, telles des passe-murailles, des folles, et laisseront un sillage, une parole, une universalité…
Emy Manifold, une rock star anglaise, s'est souvent produite au Bataclan. C'est un lieu important et chargé de sens pour elle, « sa maison », un endroit où elle était proche de son public … Elle raconte comment elle a appris le massacre, sur fond de badtrip, et son malaise des jours suivants, à travers les images et les témoignages. Elle fait un étrange parallèle entre la mise en danger artistique et le risque terroriste, entre la batterie et la kalachnikov… Elle vit par procuration ce qu'on ressenti les victimes présentes, s'approprie à tel point la catastrophe qu'elle décide que plus jamais elle ne remontera sur scène.
Sarah Zygalski est une danseuse juive passée par Berlin, Tel-Aviv, New York et Jérusalem, dont le corps est tatoué d'oliviers, sa manière à elle de se le réapproprier après avoir été blessé dans un attentat à Lion's Gates. Elle évoque sa décision de devenir danseuse et la difficulté de l'entrainement technique, selon une figure métaphorique d'étoile à cinq branches, un art issu d'une forme de manque. Elle nous parle d'un amour torride, du corps dansant et baisant, souple et rageur… Elle devient fuite en avant, chute, trou noir, vit une guerre permanente contre des adversaires fantasmés et contre elle-même.
Ariane Sile, une actrice française, tenait le rôle d' Ysé dans Partage de midi de Paul Claudel, à l'Odéon. Elle dit comment et pourquoi elle a, un soir, au début de l'acte III, cessé de jouer pour apostropher le public, lui demander de se réveiller, d'ouvrir les yeux. Cette pièce était pour elle un couronnement, « un rêve éveillé ». Son nom suggère le mot « asile », A. Sile ; son attitude interpelle et affole. Son point de rupture et de basculement vient d'avant l'attentat du Bataclan, date d'un moment où elle a choisi de dire « non », du départ d'une jeune fille, « une petite », qu'elle connaissait et qui est partie en Syrie pour faire le Djihad, pour « être utile, contre ».
Irini Santoni, une sculptrice grecque, porte en elle « une maison effondrée » ; on la surnomme «la fille de la folle ». Son père la convoque pour l'informer de la vente d'une maison dont le profit servira à payer les études des fils qu'il a eu en secondes noces ; ses enfants seront donc défavorisés. Nous écoutons une fille trahie et une mère aimante, attachée aux souvenirs et au passé, à certaines valeurs familiales et patrimoniales. Son discours s'inscrit dans une vaste métaphore bâtie à la manière d'une maison allégorique.
Ce choeur de femmes construit « l'hacienda », un domaine communautaire de pensées, d'expériences et de ressentis. Chacune, avec ses différences et ses propres fêlures, rejoint les autres dans les relations amoureuses tumultueuses notamment et, surtout, dans une forme d'esthétisation poétique, de discours hallucinés. Il ne faut jamais perdre de vue qu'elles sont, avant tout, des artistes.
C'est incarné, puissant, violent…
Drôle de livre que ce court roman polyphonique disais-je en introduction… Une lecture complexe dont je ressors un peu sonnée.
https://www.facebook.com/piratedespal/
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jostein
  08 septembre 2018
Elles sont quatre femmes qui parlent toutes les langues devant la porte de la maison de L., Folia, la maison des feuilles. Elles y trouveront chacune une chambre, un asile pour se reconstruire après les évènements de 2015.
Emy Manifold est une rock-star anglaise, habituée des concerts au Bataclan, en pleine descente lors du massacre. Hantée par les images et les cris de l'attentat, elle quitte la scène. Elle pense aux hommes de sa vie et surtout à Hans qui tague sur les murs un message énigmatique.
Irini Sentoni est une sculptrice grecque. Elle souffre de la folie des hommes, bien pire que celle dont on accuse sa mère. Les fous sont ceux qui veulent vendre sa maison d'enfance et ceux qui ignorent ces déchets, possessions et corps de migrants que l'on ramasse en mer. Aujourd'hui, elle peint avec la peinture la plus noire du monde et sculpte avec du barbelé.
Sarah Zygalski est une danseuse berlinoise. Elle a un olivier tatoué sur le bras pour cacher la cicatrice, dommage collatéral d'un attentat-suicide au Lion's Gate. Quittant son professeur, elle part faire carrière à Berlin et rencontre Jan. Les tatouages marquent les grands instants de sa vie.
Ariane Sile est une actrice française. le soir de la dernière, alors qu'elle joue Ysé, le rôle de sa vie, Ariane déclame sa colère contre ceux qui ferment les yeux face à ces jeunes comme la petite Morgane qui partent en Syrie.
Ce sont quatre « filles de la fuite et de la perte » qui quittent la scène, terrassées par la violence du monde et cherchent l'ultime asile.
Depuis leur chambre, j'écoute leur voix, leur chemin. On y entend l'intimité et la voix du monde. Toujours originale dans la construction de ses récits, Gwenaëlle Aubry fait aussi sortir les échos du monde d'une chambre obscure, la montée du terrorisme et les menaces de l'extrême-droite .
Pour rassembler son récit, l'auteur aime aussi glisser des liens entre les quatre femmes comme un ancien amant ou le tag SMA,
Pour avoir parlé de plusieurs romans de Gwenaëlle Aubry, je ne reviens pas sur la qualité du style. Cette langue travaillée, poétique est faite pour de belles lectures à voix haute. Et ce titre est une fois de plus un regard éclairé sur le monde d'aujourd'hui.
Lien : https://surlaroutedejostein...
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Alexmotamots
  27 octobre 2018
Elles sont quatre femmes arrivée dans une maison que l'on devinera être celle d'Elisa.
Quatre femmes aux fêlures intérieures qui toutes ont fui : Emy Manifold, une rock star anglaise, Irini Santoni, une sculptrice grecque, Sarah Zygalski, une danseuse berlinoise, Ariane Sile, une actrice française.
Chacune dans une chambre de la maison elles racontent leur histoire, les drames qui les ont conduites dans l'exil et sur la route.
Si j'ai eu un peu de mal avec la narration âpre et les récits difficiles, j'ai fini par m'attacher à ces femmes blessées.
Et comme une vague supplémentaire, des nouvelles du monde qui court à sa perte.
Je suis ressortie sonnée par ce livre, par ces femmes dont je ne suis pas sûre qu'elles trouveront un jour un apaisement. Car ainsi va la vie….
L'image que je retiendrai :
Celle du grand saut de Sarah la danseuse.
Une citation :
je vais cartographier nos cassures, décrire nos chambres obscures et nos pièces condamnées, nos escaliers-fantômes et nos couloirs sans fin qui soudain nous traversent et nous errons éperdus, affolés (p.124)
Lien : https://alexmotamots.fr/la-f..
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Rennath
  24 mars 2019
Un court livre mais qui a été pour moi difficile à lire à cause du style. J'ai eu du mal à reconnaître les personnages, à comprendre à quoi correspondaient les chambres (je n'ai d'ailleurs toujours pas compris ....) et je ne suis pas rentrée dans l'histoire. Dommage car du peu que j'en ai retiré les héroïnes étaient intéressantes ...
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critiques presse (3)
Bibliobs   12 décembre 2018
Il est porté par une prose incandescente, claudélienne, où poésie rime avec folie, traversé par des images d'une violence rare, bousculé par de «grandes rafales de vie», et incarné par des femmes qui résistent, se battent et finissent par se relever. Elles sont très fortes. Gwenaëlle Aubry, aussi.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LePoint   14 novembre 2018
L'écriture, si musicale, a le souffle qu'il faut pour faire tenir gracieusement sur cette corde raide – qu'elles adorent – ces belles funambules, si attachantes et si vraies. La Folie Élisa est une fresque-collage de tout ce qui nous traverse, sur laquelle viennent et repartent ces quatre créatrices aux silhouettes de muses en points d'interrogation.
Lire la critique sur le site : LePoint
Bibliobs   19 octobre 2018
C'est l'histoire d'une maison qui est un refuge et un passage. C'est aussi un texte choral qui organise, dans cette maison, les récits de quatre femmes artistes meurtries par la violence du monde. Attentats, migrants portés disparus, multiplication de murs et de barbelés. Comment vivre avec cette matière noire? Un roman qui se lit comme un poème sur nos temps.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AunryzAunryz   26 décembre 2020
Nous portons tous en nous une maison effondrée, tu ne crois pas ? Dis-moi ce qui te manque, cave ou grenier, quelle paroi vacille en toi, quel plancher, où se planquent tes termites et tes araignées, tes lézard et ton salpêtre, où sont tes débarras, tes issues de secours et tes portes condamnées, ta chambre obscure, tu la connais ? Et ta pièce vide ?
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MegGomarMegGomar   19 mars 2019
elles étaient là, sur le seuil, qui campaient, attendaient, elles cherchaient un asile, un bout de terre où se reposer, cicatriser, une chambre calme et claire, une île sous un ciel vide,
elles n'avaient connu ni guerres ni misère, ni murs ni barbelés, elles n'avaient rien perdu, rien d'autre qu'un peu d'elles-mêmes,
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rkhettaouirkhettaoui   01 octobre 2019
...on jouait avec vous, votre désir, votre fièvre, votre jouissance, votre colère, on jouait avec l’obscur en vous, sous votre peau, à même vos nerfs, en quelques mesures on s’y logeait, on prenait le contrôle de votre pouls qui enfin s’emballait, on battait dans votre ventre, et c’est cela que vous vouliez, cette possession immédiate et totale, cette merveilleuse reddition,cette vie saturée, superlative, et tendue à se rompre.
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rkhettaouirkhettaoui   01 octobre 2019
C'est ça que j’ai appris avec lui : mon corps. Entrer dans mon grand corps. Et apprivoiser celui qui depuis l’attentat s’y était installé. Au début, je m’accrochais à la barre comme une noyée. Quand on passait au milieu, j’oubliais les pas, j’étais incapable d’enchaîner. Je ne faisais pas les grands sauts. J’avais peur de l’espace qui s’ouvrait devant moi. Je ne supportais pas d’être face aux miroirs.
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rkhettaouirkhettaoui   01 octobre 2019
Il disait aussi qu’il ne faut pas résister à la gravité, qu’il faut la laisser travailler pour soi, lui céder tout en se suspendant, descendre et monter en un seul mouvement, Quand on plie, en classique, c’est toujours pour s’élever, portez la tête, imaginez que vous êtes, comme dit Platon, un arbre dont les racines sont plantées dans le ciel, cherchez ça, ces deux directions, le sol et la cime.
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Vidéo de Gwenaëlle Aubry
Sylvia Plath (1932-1963), la vie comme un mauvais rêve (Toute une vie / France Culture). Diffusion sur France Culture le 26 février 2022. Un documentaire de Pauline Chanu, réalisé par Annabelle Brouard. Prise de son : Marc Garvenes et Tahar Boukhlifa. Mixage : Philip Merscher. Archives Ina : Sophie Henocq. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Photographie : Sylvia Plath en 1954. Granger-Bridgeman Images. Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Primrose Hill (Londres), est une écrivaine et poétesse américaine, autrice de poèmes, d'un roman, de nouvelles, de livres pour enfants et d'essais. Si elle est surtout connue de façon internationale pour sa poésie, elle tire également sa notoriété de "The Bell Jar" (en français, "La Cloche de détresse"), roman d'inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d'adulte. Sa vie, son œuvre et son esthétique poétique et littéraire sont le sujet de milliers d'études dans le monde entier. Elle publie son premier recueil de poèmes, "The Colossus", en Angleterre en 1960. Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglophones, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du « génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes », les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d'un suicide annoncé.
Invitées :
Valérie Rouzeau, traductrice et poétesse, autrice de "Sylvia Plath, un galop infatigable" (Jean-Marc Place, 2003). Traductrice pour les ouvrages de Sylvia Plath "La Traversée" dans "Arbres d'hiver" (Poésie/Gallimard, 1999), "Ariel" (Gallimard, 2009). Traductrice de Ted Hughes, "Poèmes (1957-1994)" avec Jacques Darras (Gallimard, 2009) Sylvie Doizelet, romancière, autrice notamment de "La Terre des morts est lointaine" (collection "L’un et l’autre", Gallimard, 1996). Elle a traduit le recueil de Ted Hugues, "Birthday Letters" (Gallimard, coll. Poésie, 2015) adressé à Sylvia Plath. Elle a également préfacé "Sylvia Plath, Arbres d'hiver précédé de La traversée", traduction de Françoise Morvan et Valérie Rouzeau (Gallimard, coll. Poésie, 1999) Claire Fercak, romancière, autrice notamment de "Rideau de verre" (Verticales, 2007) et plus récemment "Ce qui est nommé reste en vie" (Verticales, 2020) et "Après la foudre" (Arthaud, 2021) Gwenaëlle Aubry, romancière, philosophe, autrice notamment de "Lazare mon amour" (L’iconoclaste, 2016), "Perséphone 2014" (Mercure de France, 2016) et plus récemment "Saint-Phalle : monter en enfance" (Stock, 2021) Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste. Elle a notamment conçu le spectacle "Danses nocturnes", avec Charlotte Rampling, où se rencontrent les œuvres de Benjamin Britten et de Sylvia Plath
Un très grand merci au Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir (28 place St Georges, Paris 9ème) pour nous avoir permis d’utiliser des extraits de Letters home, film réalisé par Chantal Akerman en 1984, à Sonia Wieder-Atherton et Charlotte Rampling pour l’extrait de "Danses nocturnes", spectacle conçu en 2013.
Lecture des textes et poèmes (extraits) par Odja Llorca.
Archives :
Extraits de "Sylvia Plath – The Spoken Word" (Label British Library, 2010) Interview de Sylvia Plath par Peter Orr pour la BBC (1962) Interview de Sylvia Plath et Ted Hughes pour la BBC dans l’émission "Poets in partnership" (18.01.1961) Lecture des poèmes du recueil "Ariel" par Sylvia Plath "Danses nocturnes", Sonia Wieder-Atherton et Chalotte Rampling, poèmes de Sylvia Plath et musique de Benjamin Britten
Musique : "Overturn" d'Alexandra Stréliski (album "Inscape")
Sources : France Culture et Wikipédia
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