AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782491939182
347 pages
DACRES éditions (09/08/2021)
4.29/5   21 notes
Résumé :
Blanche, nous la connaissons tous ! C'est une grand-mère gourmande qui adore la glace à la violette. Une vieille tante coquette qui soigne son maquillage et ses toilettes. Une voisine toute ridée qui râle après la politique et ne sent pas toujours très bon. Et donc, c'est aussi Blanche Hopstein, née Mollard, l'héroïne de ce livre. Pas à pas et de page en page, suivons-la entre un aujourd'hui un peu gris et des hiers plus colorés auxquels elle s'accroche comme elle p... >Voir plus
Que lire après Blanche : 4 fois 20 ans en 2020 (Blanche au fil des jours)Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
4,29

sur 21 notes
5
8 avis
4
7 avis
3
0 avis
2
0 avis
1
0 avis
Nous connaissons tout une Blanche, une vieille dame encore coquette, qui passe chaque matin un certain temps à se maquiller, même si elle commence à oublier le nom des accessoires qu'elle utilise pour cela.

Blanche est en Ehpad. Elle y a été placée par son fils, voici trois ans, quand elle a été retrouvée nageant dans l'Ill. Il n'était plus question d'étourderie. Et depuis sa mémoire se fait la malle, des pans entiers de sa vie lui échappent, et le confinement ne va pas améliorer les choses.

Un roman se passant dans un Ehpad, de plus pendant le confinement, quel drôle de choix pour une lecture. Et ce n'est pas étonnant qu'il me soit tombé des mains quand je l'ai ouvert pour la première fois, étant alors moi-même hospitalisée.
De retour à la maison, je l'ai ré-ouvert, et je me suis attachée à Blanche. J'ai revu ma grand-mère maternelle, elle aussi placée en Ehpad après avoir passé quelques mois à la maison. Je me souviens des visites dont je sortais souvent triste, j'avais alors à peu près l'age des trois petites filles de Blanche.

Blanche se bat. Elle se bat pour garder les mots, elle se bat pour garder les souvenirs, même si ceux qui restent les plus précis ne sont pas toujours ceux qu'elle préfère. Elle revoit au cours de ces longues journées les étapes de sa vie.
« Est-ce que toutes les vies sont pareilles ? se demande Blanche. Lisse et sans remous quand on les considère de loin, du bout de l'âge ? »

Blanche qui déjà jeune fille s'est battue pour échapper à la ferme familiale et à un père ivrogne et violent-violant. Blanche qui saura s'instruire elle qui a peu fréquenté l'école, elle était l'ainée. Elle deviendra archiviste et satisfera dans son métier son goût pour le papier imprimé et l'ordre. Elle apprendra aussi à nager, seule, comme tout le reste.

Blanche oublie, mais continue d'apprendre, pour vivre une dernière belle histoire. On peut encore aimer même à 80 ans. Blanche ne veut pas abandonner. Elle se force à faire des exercices, mais peu à peu les mots l'abandonnent.

A coté de l'histoire de Blanche, une femme émouvante mais aussi une combattante, j'ai aimé dans ce livre la façon dont l'auteur joue avec les mots. Les mots que Blanche oublie sont remplacés par d'autres, ce sont ceux que Blanche emploie, ce ne sont pas les bons, mais on la comprend toujours, et le texte en devient empreint d'une poésie qui m'a charmée, d'humour parfois, de tendresse toujours.

Merci à l'auteur pour ce partage
Commenter  J’apprécie          5621
Parce qu'elle commençait à ne plus trop se repérer dans son quartier et faisait quelques étourderies, Louis a placé Blanche, sa mère, en EHPAD.

Alors, ça vous dit une petite visite en EHPAD ? Nous allons rencontrer Blanche, et écoutez bien, parce qu'elle a beaucoup de choses à vous raconter. D'abord, elle nous fait visiter son établissement, qu'elle dépeint avec tellement d'ironie, puis elle nous présente les pensionnaires, les vaillants et les grabataires, ainsi que le personnel de l'établissement.

Installez-vous confortablement, à quatre-vingt ans, on en a des choses à raconter ; c'est le bilan d'une vie qui lui semble parfois un peu lisse, est-ce l'âge qui aplanit les souvenirs ou sa vie a-t-elle été fade et sans remous ?

Ah Blanche ! Au fil des jours, tu racontes ton enfance pas très gaie, puis ton départ de la ferme familiale pour fuir un père violent, les études que tu as réussi à suivre, ton mariage, ton fils ! Tu en as des souvenirs, mais la mémoire vacille et tu crains de tout oublier, car perdre la mémoire c'est aussi perdre une partie de sa vie. Mais tu es vaillante Blanche et rusée, tu veux faire la nique à ton Alzheimer, et tu inventes un stratagème pour le tenir à distance le plus longtemps possible.

Tu es charmante, Blanche, quand tu te maquilles et t'habilles pour faire frétiller les locataires masculins ; tu es émouvante quand tu t'accroches à la vie et tu es belle malgré les rides et les odeurs, malgré les grossièretés et parfois ta mauvaise foi. Bref, tu es touchante, et c'est difficile de refermer la porte de ta chambre, parce qu'on voudrait que ce moment d'intimité avec toi ne se termine pas.

Merci à Stéphane AUCANTE de nous avoir entraînés dans le sillage de Blanche, d'avoir partagé avec nous ces moments de rires, de chagrins, des souvenirs parfois tristes, parfois gais. Parce que la vie c'est ça, des moments douloureux et des moments magiques. Et même en EHPAD on peut rire et ressentir des sentiments. Merci Stéphane AUCANTE de nous avoir prêté une grand-mère pour l'occasion, d'avoir partagé les souvenirs de Blanche, d'avoir ouvert les portes de cet établissement, où le personnel se démène parfois comme il peut pour mener sa tâche avec humanité malgré le manque de temps, d'avoir rendu visibles ces personnes âgées qui sont parfois laissées à l'abandon dans les EHPAD. Et enfin merci d'avoir choisi comme héroïne une vieille dame si attendrissante !

À lire installé(e) dans un fauteuil avec un plaid, en dévorant une glace à la violette en se léchant les babines et en buvant de l'eau de Selz ; avec une pensée émue pour toutes les Blanche du monde entier...

Mon compte Instagram : @la_cath_a_strophes
Commenter  J’apprécie          292
Blanche de Stephane Aucante
Youstory

Je vous présente Blanche, 4 fois 20 ans.
Blanche est une vieille dame, une irrévérencieuse vieille dame, le bénéfice de l'âge vous dirait-elle !
Dans son Ehpad, Blanche maquille ses yeux, communique en morse avec Charles, son copain dans cet établissement où se bousculent cannes, fauteuils roulants, grabataires et vieux gâteux. Blanche perd un peu les mots, les souvenirs mais elle ne perd pas la boule, non loin de là ! Blanche s'est toquée d'informatique et télécharge illégalement les films qu'elle a envie de voir, le cinéma c'est sa bouffée d'oxygène à cette dame.
« Ici on enterre les vieux bien avant leur mort ! » et Blanche résiste.


La vie de Blanche a été bien remplie, fille de ferme, archiviste, épouse et mère, veuve aussi, combien de rôles a-t-elle endossée dans cette vie, combien de rencontres lui ont permis de devenir celle qu'elle est aujourd'hui.
Blanche a commencé à dérailler, perdre des mots, des souvenirs, des pans entiers de souvenirs s'effilochent dans sa tête, il lui faut démêler les fils de cette inextricable pelote de laine.
Louis ce fils trop sensible, tellement féminin qu'il n'a su engendrer que des filles, a placé Blanche à l'EHPAD Sainte-Marie-Joseph-de-Jésus de Niederbronn-les-Bains. Blanche se mettait en danger, présumait de ses forces et de ses capacités.
Dans cet Ehpad, Blanche donne le change, elle met en place des stratégies post-it à l'appui, laisse parler ses interlocuteurs pour ne pas être prise au dépourvu, mais voilà le Covid, elle ne l'avait pas envisagé. L'épidémie va précipiter Blanche dans l'oubli, les souvenirs vont s'engouffrer dans une brèche d'où il sera compliqué de les faire remonter.
Mais Blanche a encore de la ressource et en plein coeur de l'épidémie, du confinement et des souvenirs qui détalent, elle va faire l'ultime rencontre de sa vie.
Avec ce personnage de Blanche, particulièrement attachante, l'auteur nous emporte dans les coulisses tortueuses de la maladie d'Alzheimer, un mot que l'on cherche, un autre qui vient, visages lisses aux âmes qui s'effacent. C'est aussi une plongée dans les couloirs d'un Ehpad en pleine pandémie, l'urgence à gérer avec le peu de moyens que l'on sait.
Bravo Stéphane pour cette histoire pleine d'humanité !




Commenter  J’apprécie          30
Nous vivons dans une époque où la vieillesse et les maladies qui lui sont liées sont de plus en plus présentes, mais malheureusement encore trop taboues.
A travers ce roman qui nous plonge dans l'intimité d'une vieille dame qui voit sa vie et ses souvenirs lui échapper progressivement, l'auteur à su trouver le juste milieu pour traiter le sujet parfois très lourd de la maladie d'Alzheimer. Il joue avec les mots, et avec délicatesse et respect nous « brosse » le portrait de Blanche, élégante vieille dame de 80 ans qui malgré l'issue fatale de cette maladie qui l'affecte, veut vivre, a des sentiments et surtout nous montre que rien n'est jamais vraiment terminé, que tout peut arriver.
Le décor de cette histoire ajoute une dimension « particulière » puisqu'elle se déroule pendant le confinement, ce qui renforce encore le sentiment d'isolement que Blanche peut ressentir.
Cette histoire émouvant nous amène à nous questionner et inexorablement nous fait penser à nos grands-mères (en tout cas, même si la mienne n'a pas souffert de cette maladie, je l'ai vue progressivement sombrer dans la solitude à partir de son emménagement en maison de repos. On a beau vouloir le meilleur pour nos aïeux, il y a parfois des moments où aucune autre solution n'est possible)
Commenter  J’apprécie          10
Blanche est dans une maison de retraite, depuis quelques années sa mémoire lui fait défaut. Au début, elle cherchait ses mots et se perdait dans son village, puis elle a commencé à mettre sa vie en danger. Alors son fils, Louis, ne pouvant pas l'accueillir a pris la décision de la mettre dans un EHPAD. À chaque visite il voit bien que sa maman, perd puis invente des mots en échangeant les lettres. L'épidémie de COVID ne va rien arranger. Privée de visite, de sortie et d'interaction, Blanche va de plus en plus mal. Seule sa jeunesse lui revient régulièrement en mémoire mais ce n'est pas le meilleur moment de sa vie, celui là elle aimerait bien l'oublier définitivement.
Comment la maladie va-t-elle encore évoluer ?
Combien de temps Blanche va-t-elle encore lutter contre elle ?

La couverture représente parfaitement le personnage de Blanche. J'ai mit du temps à faire ce retour de lecture, non pas que je n'ai pas aimé ce livre bien au contraire, mais parce qu'il a réveillé énormément de souvenirs en moi. Mes deux mamies ayant eu cette maladie, je l'ai vécu cette fois-ci de l'intérieur et non de l'extérieur. Cette lecture m'a clairement pris aux tripes tellement elle est vraie. L'auteur nous embarque au coeur de la tempête qui se déroule dans la tête de Blanche et de tellement d'autres personnes âgées. Ce dernier change certaines lettres des mots, passe du coq à l'âne, du passé au présent,de la passivité à l'agressivité exactement comme les personnes atteintes de cette maladie le font. Blanche est consciente au départ que sa mémoire n'est plus ce qu'elle était, pour une archiviste qui connaissait tout sur le bout des doigts c'est assez frustrant de ne plus savoir quel mot utiliser. Tel un marin sur un bateau percé, la mémoire de Blanche prend l'eau, elle essaie de les rattraper avant qu'ils ne tombent à l'eau et disparaissent définitivement. Chaque chapitre commence avec une date et les informations importantes qui se sont déroulés ce jour là pendant la période COVID. Une lecture prenante, touchante et tellement bouleversante.
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Blanche se bat pour garder les mots, elle se bat pour garder les souvenirs, même si ceux qui restent les plus précis ne sont pas toujours ceux qu'elle préfère.
Commenter  J’apprécie          10
Mais ce dont Louis est certain, lui qui sait si peu de choses sur lui-même, ou bien qui ne veut plus les savoir, c'est que quand sa mère, sa maman, sa blanchette, sa Mutter ou Mamie Bianca plus tard, quand celle qui lui a tout donné disparaitra - qu'elle ait sombré en elle-meme avec tous ses souvenirs ou bien qu'elle soit réellement morte -, il sera comme amputé.
Commenter  J’apprécie          220
... mein Vater, ce pissenliwurzel schlecker.
Blanche se souvient que cette injure-là veut dire " suceur de queues de pissenlits " et elle la trouve très réussie. " Les Alsaciens sont très doués pour les insultes '.
Commenter  J’apprécie          264
Pour Blanche, et bien que cela puisse paraître illogique, la vulgarité est une forme de poésie.
Commenter  J’apprécie          160
« Est-ce que les choses ont réellement changé depuis cette époque, je veux dire, dans le fond du fond ? Le monde n’aurait-il pas la même maladie que moi ? De quoi se souvient-il vraiment ? »
« Un « oui » suffit souvent quand la mémoire s’enfuit ; ça évite de dire des bêtises. En même temps faut-il parler sans cesse pour colmater les fuites. »
« Rien que des 4 ! 4 milles nouveaux cas et 4 cents morts, tout ça en vingt 4 heures. Et moi, il me reste 4 cibiches dans mon paquet mais je vais quand même m’en griller 2 avant ce soir. J’ai trouvé un nouvel endroit... »
Commenter  J’apprécie          00

autres livres classés : roman d'amourVoir plus
Les plus populaires : Roman d'amour Voir plus


Lecteurs (33) Voir plus



Quiz Voir plus

QUIZ LIBRE (titres à compléter)

John Irving : "Liberté pour les ......................"

ours
buveurs d'eau

12 questions
289 lecteurs ont répondu
Thèmes : roman , littérature , témoignageCréer un quiz sur ce livre

{* *}