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EAN : 9782021370218
162 pages
Seuil (07/09/2017)
3/5   4 notes
Résumé :
"Vivre sa vie : nulle expression ne m’émeut autant que celle-là. Il faut faire preuve d’une singulière énergie pour effectuer un tel exploit.

Ma mère, qui vient de mourir, a vécu sa vie. Son souvenir m’accompagne. Que le lecteur en tire lui aussi une certaine joie, et je serai content." [ 4e couverture]
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique

Des lustres que je souhaite lire ce auteur, ayant dans mes réserves d'écureuil"La théorie des nuages"... toujours en attente !!! et une autre curiosité pour un roman plus récent , "Histoire du Lion Personne"...

Finalement, de façon non calculée, je débute par le texte le plus intimiste de cet écrivain, qui est venu à l'écriture assez tardivement, selon ses dires[vers la quarantaine]. Ecrit qui rend hommage à sa maman disparue en 2016]..

Comme il l'exprime très justement, lui-même, il ne s'agit pas d'un "tombeau littéraire", mais d'une simple "élégie"...

Un hommage narré dans la plus grande sobriété, ainsi qu'un respect aussi aimant qu'admiratif !

"Il pourrait bien s'agir ici, justement, d'un tombeau. Ce fut après tout un genre littéraire. En un sens, j'ai toujours aimé les cimetières. On y apprend tout ce qu'il faut savoir des hommes et des nations, de leurs rêves de grandeur et de vie après la mort, de leurs hantises aussi, de leur terreur du néant. "(p. 12)

parallèlement à l'hommage adressé à sa maman, Stéphane Audéguy rend

compte de toute une époque [ années 1950-1960] dans un milieu des plus modestes...

Sa maman , élevé par un père veuf, l'a enfermée dans les canons sociaux de l'époque, l'a empêchée de poursuivre des études [le top étant de devenir sténodactylographe !!!]

cette mère , avec des possibilités intellectuelles, adorant la lecture, rêvant de devenir médecin... s'est vue cantonnée à la maternité (même si elle adorait ses fils)

Un texte sobre, pudique, émouvant, miroir d'une France populaire, où les femmes étaient prisonnières de la pression sociale, et machiste.. Hors le mariage et les enfants, point de salut !!!

Un hommage vibrant, sans pathos... qui dit beaucoup des relations de l'écrivain avec sa maman, mais aussi tout le ressenti social, et ses déterminismes cruels, injustes... J'achève cette chronique avec la transcription de cet extrait qui en dit tant, et tellement mieux que moi !!!

" Je n'ai pas connu ma mère: voilà ce qui pourrait être le -motto- d'un inceste surmonté. Et sinon quoi ? J'en reviens

pour finir, à son appétit de vivre. Sabine Julienne était l'un de ces êtres rares qui vous font comprendre qu'il faut beaucoup de temps, de ténacité, de fortitude pour parvenir à faire cette chose apparemment très simple : vivre sa vie. Et nous pouvons dire que c'est un véritable exploit. J'ai évoqué les conditions objectivement difficiles qu'elle a rencontrées, tout au long de son existence. En tant que femme, née en 1937, elle eut à lutter contre de lourds déterminismes sociaux pour accéder à une certaine liberté. Elle surmonta ces déterminismes autant qu'il lui était possible. (...)

Ma mère n'était pas un exemple. simplement une personne singulière, d'une joie et d'une puissance de vie admirables. Son souvenir m'accompagne. Qu'il accompagne le lecteur de ce livre, en lui faisant penser à d'autres êtres de cet ordre, et je serai content. (p. 147)

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L'auteur a pris sa plume suite à la disparition de sa mère, une façon de lui rendre hommage, de laisser trace d'une vie. Il revient donc sur les souvenirs de sa mère, de ses origines, mais aussi de sa condition de mère, femme. On parcourt les années, on sourit aux souvenirs de cette époque pour ceux qui les ont connus évidemment.

C'est aussi un bel hommage à la femme, sa place au sein d'une famille, son importance, tout ce qu'elle peut endurer pour l'amour de ses enfants, ses sacrifices, mais aussi son besoin de s'émanciper (à l'époque relatée).

Beaucoup de souvenirs d'enfance donc à Tours, des souvenirs de famille d'origine polonaise également, la vie d'une famille en somme.

Une belle écriture fluide, juste, sensé, et beaucoup d'amour pour sa mère.

Une belle découverte que cet auteur.

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sélectionné ces quelques mots, plaisirs de la langue française :

élégie, aménité, fortitude, ennui provincial, édile, pantomime, robinsonnade, apex, équanimité, loi d airain des déterminismes sociaux, dessin arachnéen, tâche sisyphéenne, enthousiasme atavique, situationnisme, cuirasse émotionnelle, un être solaire, vie/existence, le long mensonge idéaliste du déni de mortalité (p. 131 les religions, les consolations philosophiques, les onguents idéologiques ...) pour (se) distraire de la pensée de l anéantissement complet...

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critiques presse (1)
LaCroix   29 septembre 2017
« Qu’est-ce qu’une vie ? » s’interroge Stéphane Audeguy. La mort de sa mère l’aide à trouver une réponse.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Je n'ai pas connu ma mère: voilà ce qui pourrait être le -motto- d'un inceste surmonté. Et sinon quoi ?
J'en reviens pour finir, à son appétit de vivre. Sabine Julienne était l'un de ces êtres rares qui vous font comprendre qu'il faut beaucoup de temps, de ténacité, de fortitude pour parvenir à faire cette chose apparemment très simple : vivre sa vie. Et nous pouvons dire que c'est un véritable exploit. J'ai évoqué les conditions objectivement difficiles qu'elle a rencontrées, tout au long de son existence. En tant que femme, née en 1937, elle eut à lutter contre de lourds déterminismes sociaux pour accéder à une certaine liberté. Elle surmonta ces déterminismes autant qu'il lui était possible. (...)
Ma mère n'était pas un exemple. simplement une personne singulière, d'une joie et d'une puissance de vie admirables. Son souvenir m'accompagne. Qu'il accompagne le lecteur de ce livre, en lui faisant penser à d'autres êtres de cet ordre, et je serai content. (p. 147)
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Je n'ai pas écrit une ligne dans ma jeunesse. A dix ans, j'avais mieux à faire qu'écrire : je jouais par exemple, ou j'écoutais la nuit passer les trains (...) Ensuite j'ai trouvé mieux encore, du côté de l'amour et des arts. Quand j'ai donné un premier roman à publier à un éditeur, j'avais atteint l'âge de quarante ans. (...)
et puis je me suis épargné le ridicule des oeuvres de jeunesse. J'écris pour augmenter ma puissance de vie, et si cela augmente celle d'autres que moi, je m'en réjouis; le reste est littérature. (p. 72)
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Les gens du peuple comme ma mère ont beau n'avoir jamais étudié la sociologie, ils savent très bien reconnaître un système patriarcal quand ils en voient un ; surtout quand ce système les opprime. (p. 55)
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Il pourrait bien s'agir ici, justement, d'un tombeau. Ce fut après tout un genre littéraire. En un sens, j'ai toujours aimé les cimetières. On y apprend tout ce qu'il faut savoir des hommes et des nations, de leurs rêves de grandeur et de vie après la mort, de leurs hantises aussi, de leur terreur du néant. (p. 12)
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Si les enfants sont bel et bien appelés à jouer, dès leur plus jeune âge, un certain rôle, s'ils se prennent d'ailleurs à ce jeu, ils développent aussi, évidemment, toutes sortes de façons de réagir aux missions qui leur sont assignées, de l'obéissance à la désertion la plus radicale. (p. 68)
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