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(01/01/1900)
4.2/5   10 notes
Résumé :
Des visages mais, des corps de femmes passant en filigrane à travers le rideau des bombes, la saga du XIVe arrondissement, les lilas de la Marne, une adolescence de bals et d'arnaques loufoques, un bel été sur les routes de France; le bonheur n'est qu'anecdotes mais la mémoire fut-elle jamais tissée d'autre chose? La vie constitue l'essentiel de ce livre, son maître mot. La mort a été ajoutée non pour faire joli mais parce qu'elle était là.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cath36
  17 janvier 2013
Comprendre un texte en langue étrangère dépend souvent du contexte ; c'est la même chose dans ce roman où Michel Audiard emploie avec verve et brio un argot des plus pittoresques. Point n'est besoin de consulter "la méthode à Mimile" pour comprendre ce road-movie assez surprenant de jeunes gens en vélo fuyant le Paris des années quarante tandis que la France vaincue se déploie sur les routes afin d'échapper à l'occupant. Ou de frayer avec, c'est selon. le regard de Michel Audiard ne fait aucun cadeau au français moyen, et sous forme humoristique, la lâcheté, la bêtise et l'opportunisme des débuts de la collaboration sont dénoncés avec un humour acerbe qui fait rire jaune. Mine de rien c'est toute une époque qui est rendue ici avec son climat delétère, et les personnages, tristes caricatures du français moyen, à la fois démerdards et réalistes, font sourire avec ce petit goût amer que donne l'auto-dérision. Moins léger qu'il n'y paraît, Michel Audiard prouve une fois de plus que sous sa gouaille se cache un auteur sensible et lucide et que l'esprit à la française peut cacher un réalisme assez cru, avec un petit côté à la Céline, mais un Céline qui serait resté du "bon"côté. Une seule chose m'a franchement gênée, cette propension à (ou tout au moins à menacer de) filer des "torgniolles" aux dames lorsqu'elles déplaisent... Tout à fait désagréable et démodé, mon cher Michel....
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vellard
  24 juillet 2018
Mysogine, un brin raciste,totalement obsédé, un peu méprisant, "Parigot, tête de veau " au delà de tout.....A priori rien pour plaire! !
Et pourtant, ce texte est formidablement "jouissif " ,bourré de trouvailles, paradoxalement d'une grande humanité, et surtout drôle, très drôle!
La langue d'Audiard , bourrée d'inventions, de raccourcis, d'à peu près...., s'écoule sans aspérité, évoquant le plaisir que l'on éprouvait, étant gamin, en enlevant le papier du bonbon piqué quelques instants plus tôt à la boulangerie!
Audiard est un sale gosse.......et comme c'est bon!
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lecassin
  29 novembre 2012
Michel Audiard… plus connu pour ses dialogues de film (voir « Les tontons flingueurs », entre autres) que pour sa production romanesque…
Dans les années 50, il publia bien quelques polards « façon San Antonio », pas trop remarqués. le p'tit cheval de retour, publié en 1975, reste dans cette veine San-Antonionesque…
En fait, une virée entre potes, avec rencontres féminines multiples, en 1940… sous les bombes ; en les évitant si possible… Si l'on en croit l'auteur, « la vie constitue l'essentiel de ce livre. La mort n'a été ajoutée que parce qu'elle était là »...
Une preuve, s'il en fallait de l'immense talent de Michel Audiard, même dans ce type d'exercice difficile qu'est le roman.
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Sycorax
  07 novembre 2020
Depuis la lecture de "Clochemerle", je ne m'étais jamais autant amusé avec un livre en main !
Audiard nous raconte la Débâcle de juin 1940, lorsque les français quittèrent subitement Paris à l'approche de l'armée allemande ; et il le fait à travers les yeux de ses quatre énergumènes délurés et farceurs, qui enfourchent bicyclettes et femmes peu farouches, enchaînent les coups fourrés et louvoient pour échapper tant aux allemands qu'à l'enrôlement.
Tout cela est raconté d'une façon savoureuse, délicieusement irrespectueuse, avec une gouaille délectable, décuplée par l'utilisation de l'argot parisien et de figures de style bien à lui, souvent axées sous la ceinture.
Truculent, "détendu" du style, parfois cru, sans oublier un zeste d'émotion et de coeur : on passe un moment de franche poilade à l'ancienne.
A recommander lorsque les temps sont au ripolinage excessif du langage et au formatage des comportements.
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eternel
  22 janvier 2013
Il y a de l'Alphonse Boudard dans Audiard, rapport à la proximité du 13ième au 14ième arrondissement. C'est sûr qu'on ne s'ennuie pas à la lecture de ces pages, sauf qu'un vieux doute subsiste: réalité ou fiction? Une chose est sûre: l'humanité, l'anti-conformisme, le je m'enfoutisme, la gaîté, le réalisme sont de la partie. La gouaille parisienne d'époque donne une touche nostalgique.Un bon moment de lecture.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
lecassinlecassin   08 décembre 2011
C'est malheureux quand les gens partent de travers dans la vie. Avec des yeux et un cul pareils, elle n'aurait pas dû avoir de soucis à se faire. Eh bien, c'est avec sa tête qu'elle voulait arriver. Elle misait sur son point faible.
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Cath36Cath36   17 janvier 2013
Bafouant les règles de la chevalerie, usant de procédés éhontés, la Cinquième Colonne parachutait sur la France des espions déguisés en religieuses. Les journaux stigmatisaient le procédé, les lecteurs écrivaient leur indignation, des pétitions étaient adressées au pape.
Vigilants on s'était mis à mater le ciel comme les gaulois, à guetter les apparitions. Tout le monde avait le nez en l'air. Conséquence : on ne comptait plus les emplâtrages d'autos, les glissades sur les étrons de clebs, les dégringolades dans les trous d'égouts. A Cochin, on faisait la queue aux urggences. Tous les hôpitaux regorgeaient.
Le plus farce, c'était quand un éclopé se réveillait enrubanné d'ouate, à l'hôpital Saint-Vincent de Paul, quand il se retrouvait entouré de religieuses. Il croyait qu'il avait été fait prisonnier.
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Cath36Cath36   17 janvier 2013
Là, brusquement, on s'est retrouvés devant un con. Mais alors un vrai ! un maousse ! un nickelé ! Con comme un balai, comme une valise sans poignée, comme un ténor ! Oh bien sûr j'avais déjà côtoyé la connerie -qui n'a pas ?- mais toujous aimable, folichonne, principalement avec les dames, j'ignorais son côté tragique. J'avais pas fini de m'instruire !
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Cath36Cath36   17 janvier 2013
Il est représentant en spiritueux, le tonton Marcel. Il fait cent kilomètres à moto tous les jours pour essayer de placer un apéro que personne n'achète, un vermouth qui a connu la vogue en 14-18, "le Poilu" ça s'appelle. D'après maman, ça a fait plus de morts que Douaumont. Elle s'en sert, des fois, pour déboucher l'évier. Quand ils entendent arriver la moto de tonton, y a des bistrots qui baissent le rideau de fer, d'autres qui appellent police-secours !
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SycoraxSycorax   17 octobre 2020
Georgina-la-crépue ! Georgina-le-sapeur ! L'inexpiable ! Le lot ! La croix !... Je grelotte de partout d'y repenser. Qu'est-ce qui, chez ce tas, m'avait attiré ? Son cul sûrement ! On fait toujours semblant de se demander...
Les relations ne s'étaient pas nouées chez "Tatave" mais au "Moulin bleu" [...]. N'importe qui, un tant soit peu au fait des choses de la danse, vous dira que la bonne frotteuse se décèle à l'ampleur du bassin, à la garde au sol (la hauteur des noix par rapport à la poste) la plus basse possible et à la vacuité du regard. Georgina possédait tout ça et du vocabulaire en plus. Ainsi, tenez ! Lui ayant, comme il est d'usage, lors d'une danse exotique , introduit ma langue dans l'oreille et fait des bruits cochons en touillant la salive, elle mugit en se collant :
- Vous me faites mouiller de partout !
Vraiment le genre de remarque à donner des idées à quelqu'un qu'en aurait pas. Salace. Vulgaire. On s'est asticotés encore un moment [...], puis j'ai proposé : "Si on allait prendre l'air ?" Du classique, mais qui plaît toujours. On se retrouve, respiration courte et pognes voyageuses, le long du halage.
- C'est reposant le bord de l'eau, ai-je soupiré. C'est beau, tout ce vert.
- Pas sur une robe, répondit-elle.
- Pourquoi vous dites ça ?
- Au cas où vous aurez dans l'idée de me piner dans l'herbe.
Voyez distinction !... La classe !... Au bras de cette malsonnante, je rêvais des propos qu'aurait pu tenir M. Swann au bras d'Odette de Crécy en longeant cette eau verte où scintillaient des ablettes argentées [...]. Moi, pas veinard, je me suis retrouvé à l'hôtel "Printania", dans des draps douteux, à bouffer de la tarte aux poils !
Cette Georgina de malheur était velue comme un yack ! Indescriptible ! Tibétaine ! Un pubis noir et crépu qui mangeait le ventre, absorbait le nombril, ombrait les cuisses, piquetait les mamelons, duvetait les épaules et rejoignait les cheveux en passant par des aisselles comme des queues de blaireaux. La bête du Gévaudan ! King-Kong en jarretelles ! Et causante beaucoup.
- J'aurais pas dû vous céder... Nous aurions z'été en bateau... Qu'est-ce que vous z'allez penser... [...]. C'est ça qu'on appelle le coup de foudre, hein, dites, c'est ça ?...
Ce qu'elle pouvait distiller comme conneries ! Son haleine sentait la bière et ses cheveux les frites ! Qu'est-ce que je foutais dans cette piaule, alors qu'il faisait si beau soleil dehors ? Au secours, maman !... Le cauchemar !...
La tête dans l'étau, les yeux dans la fourrure, j'ai pas vu tomber le couperet. Je me suis retrouvé sur le dos, enfourché, amazoné, cloué au sommier, étrillé entre les cuisses pileuses, zézette engloutie dans la chose des cavernes. J'ai hurlé z'à la mort ! Couru aux serviettes ! épongé le désastre ! crié qu'on appelle un docteur ! J'étais peut-être mutilé à vie, perdu pour l'amour ?... Elle venait de me circoncire avec ses crins, la singesse !...
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« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde ----. »

se tait
respecte
écoute
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