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EAN : 9782246169147
190 pages
Éditeur : Grasset (09/03/2005)
  Existe en édition audio
4.01/5   86 notes
Résumé :

Une enfance de bergère orpheline, en Sologne, au début de la IIIe République... Le petit peuple prend la parole, servi par la sincérité, la simplicité de l'auteur. Une émotion inoubliable.


Francis Jourdain, un soir, me confia la vie douloureuse d’une femme dont il était le grand ami.

Couturière, toujours malade, très pauvre,quelquefois sans pain, elle s’appelait Marguerite Audoux. Malgré tout son courage, ne pouvant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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sylvaine
  15 janvier 2017
Soyons fous! Si je vous dis Marguerite Audoux , vous me répondrez unanimes je ne connais pas ! Si je vous dis prix Fémina 1910 Marie-Claire, en choeur je persiste et je signe je vous entends me clamer mais je n'étais pas né! Si je vous dis moi non plus, sur vous me croirez , si je vous dis que c'est un roman que j'ai dévoré un peu moins , si je vous dis que c'est un petit bijou vous demanderez à réfléchir ... je persiste et je signe si vous appréciez la littérature
Je me contenterai de céder la plume à Octave Mirbeau qui préfaça ce livre à sa parution chez Fasquelle après s'être battu pour cela:"Il m'est doux de parler de ce livre admirable,et je voudrais, dans la foi de mon âme, y intéresser tous ceux qui aiment encore la lecture. Comme moi-même, ils y goûteront des joies rares, ils y sentiront une émotion nouvelle et très forte."
Publiée en 1910, cette autobiographie , ce roman d'apprentissage nous parle vrai, l'écriture est fluide et simple mais nous parle avec le coeur d'un monde de petits de la campagne , des vicissitudes d'être orphelin, de la dureté de la vie à cette époque sans falbalas, ni esbroufes . Coup de coeur sans aucun doute
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Zephirine
  12 février 2021
Ce roman de Marguerite Audoux, qui a obtenu le prix Femina en 1910, est tombé dans l'oubli. Il a pourtant rencontré un grand succès et donné son nom au magazine féminin éponyme.
Ce roman autobiographique, nous raconte l'enfance de Marie-Claire, petite orpheline de cinq ans. le père est un ivrogne et, à la mort de la mère, elle est séparée de sa soeur et confiée aux religieuses. Là elle se prend d'affection pour soeur Marie-Aimée au prénom prédestiné et qui sera comme une mère pour elle.
Marie-Claire quittera les murs protecteurs du couvent pour être placée comme bergère chez des fermiers. Elle découvre alors la vie de la campagne - nous sommes en Sologne- et les travaux de la ferme suivant les saisons.
A travers ce témoignage naïf, on palpite au gré des amours enfantines, des frayeurs lorsque le loup rôde, et on s'émeut lorsque la jeune fille fugue pour retrouver sa chère soeur Marie-Aimée.
Le style, d'une grande simplicité, est tout en suggestions, ce qui le rend si émouvant. La petite Marie-Claire sait observer et nous découvrons la vie à travers ses yeux d'enfant. Même si l'existence n'est pas toujours facile, tout est pur, innocent et plein de vitalité, ce qui donne un charme indéniable à ce petit roman.
Cette description de la vie paysanne fait songer à Georges Sand, mais l'écriture de Marguerite Audoux a cette simplicité, cette sincérité qu'on ne retrouve pas chez la grande romancière du XIX e siècle.
Ne nous y trompons pas : derrière la simplicité du texte, il y a une densité littéraire.
Un bon moment de lecture
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PiertyM
  20 avril 2016
Une écriture sobre, naïve et vivante! Il y a de quoi s'attacher à la narratrice et à l'histoire, on suit la vie modeste de Marie Claire qui connait une enfance et une adolescence instables. Ce qui est intéressant n'est vraiment cette vie de martyr que vit Marie Claire tout en sachant que bien des enfances ont connu ces terribles moments en début du XXe siècle que cela a beaucoup influencé la littérature de l'époque mais qui est fascinant dans Marie Claire est son récit...tout naturel...dommage qu'il n'y est pas de suite...
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pompimpon
  10 février 2019
Marie-Claire est une toute petite fille lorsque sa mère meurt.
Confiée un temps avec sa soeur à la voisine, elle est bien vite emmenée à l'orphelinat, abandonnée par son père.
Soeur Marie-Aimée la prend rapidement sous son aile, lui offrant un soutien maternel aimant.
Cet amour que Soeur Marie-Aimée ne craint pas de montrer attire à Marie-Claire quelques inimitiés bien senties, dont la Mère Supérieure qui la fait placer dans une ferme à douze ans, pour briser l'orgueil qu'elle lui suppose.
En dire davantage, c'est tout raconter. Cela ne changerait rien au plaisir de la lecture tant ce petit livre est un chef d'oeuvre, mais ce serait un peu dommage tout de même.
Tout y est juste, pour dire l'enfance et ses découvertes. Le récit des jours à l'orphelinat, de l'amour non dénué d'exigence de Soeur Marie-Aimée, des mystères auxquels l'enfant assiste sans les comprendre, des camarades, du rythme quotidien, des injustices ravageuses, des chagrins dévastateurs, tout est raconté dans une langue précise et délicate, qui donne vie aux faits et aux gens.
C'est la même langue qui décrit ensuite superbement la Sologne, les travaux des champs, la nature accueillante ou hostile, les liens qui se nouent entre les êtres. Il y entre beaucoup d'amour et de fraternité pour parler d'Eugène, de Pauline, de Maître Sylvain, du vacher, de Jean le Rouge...
Et lorsque le coeur de Marie-Claire va battre pour ce jeune homme à la blouse de laboureur bien nette, les mots seront au plus près de la noblesse des sentiments qu'ils partagent.
La première fois que j'ai lu Marie-Claire, je devais avoir dix-huit ans et j'avais pioché ce livre au hasard dans les bacs de vieux poches d'un magasin de livres d'occasion.
Je l'avais dévoré, touchée en plein coeur par la sincérité, la douceur, la beauté de cette plume.
Ce sont les plus belles pages d'enfance que j'aie jamais lues.
L'image de cette toute petite fille blottie sur son petit banc, au creux du pupitre de Soeur Marie-Aimée, est inoubliable.
Et j'avais eu l'impression d'enfoncer moi aussi mes sabots dans la neige à la suite des moutons de Marie-Claire...
Je n'avais jamais entendu parler de Marguerite Audoux, une couturière rendue à moitié aveugle de s'user les yeux sur son ouvrage, qui s'était largement inspirée de sa vie pour son premier roman publié en 1910. Elle n'était pas particulièrement instruite, sa sensibilité et son intelligence rêveuse se sont exprimées avec la délicatesse qu'elle portait en elle, naturellement.
Admirée en son temps par Mirbeau ( qui a bien volontiers préfacé Marie-Claire) et Gide, elle est tombée dans l'oubli et c'est une injustice. Heureusement, il y a des bacs de vieux poches dans lesquels on peut attraper des merveilles, et des sites de lecteurs pour faire passer le mot.
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saphoo
  05 mars 2017
Un roman auquel je n'aurai pas eu l'idée de m'y pencher, si ce n'est par le biais de Sylvaine. Il est vrai qu'il n'est point connu et pourtant il mérite d'être mis en avant. L'histoire est racontée simplement ça part du coeur, et on ressent bien aucune volonté de fioritures ni dans les formes ni dans les faits. C'est pur, frais, touchant de suivre cette petite Marie-Claire qui a perdu à son jeune âge sa famille et placée chez les soeurs. Elle ne fait pas grand cas de la vie sûrement rude en ces lieux austères et elle ne se rebiffe pas non plus quand on lui promit une place en ville et que la mère supérieure l'envoie dans une ferme. Elle se contente de ce que la vie lui offre, elle humble et son seul souhait étant de retrouver la soeur Marie-Aimée.
Un petit livre de qualité qui se lit très vite et dont on apprécie l'ambiance de la Sologne, et le personnage plein de bonté et sincérité.
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critiques presse (1)
Actualitte   14 août 2017
Le génie d'Audoux est de nous rendre passionnantes ses aventures d'enfant : les loups, les fêtes, un amour naissant (ah, superbe!)... Comment expliquer un tel talent?
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
AunryzAunryz   18 décembre 2020
il me chantait la chanson de l’Eau et du Vin.

C’était une chanson qui avait au moins vingt couplets. L’eau et le vin s’accusaient réciproquement de faire le malheur du genre humain, tout en s’adressant à eux-mêmes les plus grands éloges.
Moi, je trouvais que c’était l’eau qui avait raison, mais le vacher disait que le vin n’avait pas tort non plus. Nous restions de longues heures ensemble. Il me parlait de son pays qui était très éloigné de la Sologne.
Il me raconta qu’il avait toujours été vacher, et qu’un taureau l’avait roulé et blessé quand il était encore enfant. Il en était resté longtemps malade, avec des douleurs qui le faisaient crier ; puis les douleurs avaient fini par s’en aller, mais il était devenu tout tordu comme je le voyais.
Il se souvenait du nom de toutes les fermes où il avait été vacher. Les gens étaient méchants ou bons, mais jamais il n’avait trouvé de si bons maîtres qu’à Villevieille.
Il trouvait aussi que les vaches de maître Sylvain ne ressemblaient pas à celles de son pays, qui étaient petites, avec des cornes pointues comme des fuseaux. Celles-ci étaient grandes et fortes, avec des cornes rugueuses et sans finesse. Il les aimait et leur parlait en les nommant par leur nom. Sa préférée était une belle vache blanche que maître Sylvain avait achetée au printemps.
À tout instant elle levait la tête et regardait au loin, et tout d’un coup elle partait, le mufle tendu. Le vacher criait à pleine voix :

– Arrête, la Blanche, arrête.
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AustralAustral   28 décembre 2016
Elle retira ses mains pour les mêler aux miennes, et sans me quitter du regard, avec un accent plein de prière, elle me parla :
– Ma douce fille, écoute-moi : ne deviens jamais une pauvre religieuse !
Elle eut comme un long soupir de regret, et elle reprit :
– Notre habit noir et blanc annonce aux autres que nous sommes des créatures de force et de clarté, et toutes les larmes s’étalent devant nous, et toutes les souffrances veulent être consolées par nous ; mais pour nous, personne ne s’inquiète de nos souffrances, et c’est comme si nous n’avions pas de visage.
Puis elle parla d’avenir ; elle disait :
– Je m’en vais où vont les missionnaires. Je vivrai là-bas dans une maison pleine d’épouvante ; j’aurai sans cesse devant les yeux toutes les laideurs, et toutes les pourritures !
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AustralAustral   27 décembre 2016
Sa préférée était une belle vache blanche que maître Sylvain avait achetée au printemps. À tout instant elle levait la tête et regardait au loin, et tout d’un coup elle partait, le mufle tendu. Le vacher criait à pleine voix :
– Arrête, la Blanche, arrête.
Le plus souvent elle s’arrêtait d’elle-même, mais il y avait des moments où il fallait lui envoyer le chien. Il lui arrivait aussi de lutter contre lui pour passer quand même, et c’était seulement quand il la mordait au mufle qu’elle rentrait dans le troupeau. Le vacher la plaignait et disait :
– On ne sait pas ce qu’elle regrette.
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pompimponpompimpon   15 février 2019
Pendant l'heure de la sieste, je montais au grenier pour lire un peu. J'ouvrais le livre au hasard ; et à le relire ainsi, j'y découvrais toujours quelque chose de nouveau.
J'aimais ce livre, il était pour moi comme un jeune prisonnier que j'allais visiter en cachette. Je l'imaginais vêtu comme un page et m'attendant assis sur la solive noire.
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PiertyMPiertyM   19 avril 2016
– C’est vrai ! dit Eugène en s’adressant à moi. Cela m’est très pénible de voir égorger les bêtes.
– Bah ! dit maître Sylvain, les bêtes sont faites pour nous nourrir comme le bois pour nous chauffer.
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