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ISBN : 2070230945
Éditeur : Gallimard (21/09/1982)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le «génie du paganisme» est à l'opposé de tous les présupposés du monothéisme, notamment chrétien ; ses élaborations conceptuelles et symboliques répondent cependant à des questions qui sont les nôtres. Car les questions sont universelles, non les réponses. De son expérience de terrain en Afrique, Marc Augé conclut qu'il n'y a jamais, pour l'ethnologue, d'altérité radicale : prendre au sérieux ce que disent les autres, c'est non pas y adhérer, mais s'en inspirer pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Chri
  29 décembre 2017
Des évocations dispersées, des mythes et des rites, sur les cinq continents et dans le temps depuis la Grèce antique, tendent de toutes leurs forces à faire du sens sous le regard attentif de l'ethnologue.
Des multiples réponses possibles, l'anthropologue imagine les questions que les hommes se sont posées, et surtout continuent probablement à se poser. "Cette pérennité de la pensée païenne nous paraît liée, précisément, à l'impossibilité pour l'individu d'être pour lui-même objet de pensée sans référence à autrui et sans figures d'identification".
La marche est haute, pour voir...
...dans la religion, autre chose que des fables débitées par des êtres humains sous pression,
...dans la magie, autre chose que la religion des autres,
...dans la sorcellerie, autre chose que la preuve de l'existence du Diable, donc de la toute-puissance de Dieu.
C'est ici que le génie du christianisme (peut-être pas comme l'entendais Chateaubriand) égal celui du paganisme. Mais coup pour coup, le chef de la tribu tupinamba, déclarerait avec un léger accent totalitaire : mangez vous les uns les autres !
Sans ce regard attentif, nous retomberions fatalement sur l'hypothèse évolutionniste largement critiquée dans ce livre, le point de vue qui surplombe : exemple avec CG. Jung, qui "du sommet de la civilisation", croit découvrir un "état antérieur et inférieur..d'une conscience humaine indifférenciée". Curieusement d'ailleurs, il semble "nécessaire à la pensée humaine de se donner une origine pour constituer les différences instauratrices du social" : "c'est l'évocation de l'état indifférencié d'avant la société des hommes qui permet de comprendre en retour le rôle des différences et du système des différences dans le fonctionnement de l'ordre social."
L'auteur s'interroge sur les intuitions originales d'auteurs comme Bergson, Nietzsche, Bataille, Freud, et y décèle toujours une part de fantasme : "Le problème du rapport de l'homme à la religion, quand on le fait dépendre de l'idée de la mort , de l'angoisse ou du besoin de donner un sens à la vie, est donc un problème abstrait".
Il faut donc revenir à l'observation : "Si les dieux se définissent à la fois par la complémentarité de leurs oppositions, l'ambiguïté de leurs qualités et la plasticité de leur identité, si leur silhouette, dans les différentes mythologies, semble toujours sans proportion avec leur fonction, c'est sans doutes qu'ils expriment et mettent en œuvre la tâche démesurée que s'assignant l'humanité et, pour son propre compte chaque individu humain :  comprendre pour agir." (mais sans prosélytisme).
Comprendre l'arbitraire de la nature est déjà une tâche démesurée, mais comment comprendre l'arbitraire du pouvoir, et surtout comment agir ? "le pouvoir se donnant, précisément, pour l'impensable du social, la négation symboliquement formulée et rituellement affirmée des différences qui constituent et instituent le social". A l'extrême, le sadisme et le nazisme représentent «  un ailleurs du social qui en commande la logique sans s'y assujettir et qui se situe, par une nécessité présentée comme naturelle, quelque part du côté des dieux, de l'impensable et du nécessaire. »
En conclusion, l'auteur accorde le titre de philosophe à "n'importe quel être vivant" comme un encouragement à vivre sa vie, d'un signe à l'autre, en faisant confiance à son propre sens de l'observation, comme un ethnologue du monde contemporain, un "athée tranquille de la vie quotidienne".
Je suis d'ailleurs curieux de suivre Marc Augé dans d'autres livres de ce genre (Non-lieux, etc...). Mais c'est dans l'entreprise, lieu de pouvoir par excellence que me semble triompher aujourd'hui le génie du paganisme, un lieu à comprendre pour agir ou...ne-pas-agir.
L'auteur aime citer Freud dans " L'avenir d'une illusion" : " Qui ne va pas plus loin, qui humblement acquiesce au rôle minime que joue l'homme dans le vaste univers, est bien plutôt irréligieux au sens Le plus vrai du mot".
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Vidéo de Marc Augé
"L’écran partagé" présenté par Marc Augé. Marc Augé est anthropologue de la ville et du quotidien, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Il a récemment publié “Casablanca” (Seuil, 2007), un récit ancré dans ses souvenirs de cinéma.“[...] il n’y a peut-être pas plus grand bonheur que de s’asseoir en fi n de journée dans un cinéma du quartier Latin pour y revoir un vieux film américain.” Marc Augé inaugure la saison sous le signe du partage : ensemble dans la salle et devant l’écran, nous éprouvons le cinéma qui nous relie aux autres et à notre mémoire.
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