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ISBN : 2246510228
Éditeur : Grasset (01/03/2006)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Au coeur du Périgord noir, dans le Sarladais, " pays de revenants, de cavernes fraîches et de bois ", un adolescent est placé chez un prêtre de trente-cinq ans.
L'adolescent passe du rang d'élève à celui de serviteur puis d'initié. Il va bientôt percevoir " avec une extrême acuité les secrets du mouvement de la vie, la croissance des plantes, la fermentation des eaux mortes, tel mouvement imperceptible de l'air. " Il cachera son aune a l'abri des hommes dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Malaura
  23 mai 2012
« Il y avait en Périgord un prêtre qui habitait tout en haut d'un village composé de vingt maisons à toits de pierre grise…»
Sans en connaître bien davantage, les parents du narrateur, un jeune garçon de 16 ans, confient leur rejeton à cet abbé de 35 ans, rustre et singulier, avec la mission de lui apprendre à vivre, quitte à le « traiter vivement » si besoin est.
Très vite, entre l'abbé et le jeune adolescent rêveur, épris de nature et de sensualité, se noue une relation faite de coups et de caresses, un apprentissage charnel et sexuel, abordé dans la douleur et la violence. Les coups de fouets succèdent aux baisers, les châtiments s'agrémentent de doux moments d'intimité et d'une initiation panthéiste aux secrets de la terre.
Loin d'y trouver matière à se plaindre, le jeune narrateur puise dans ces égarements, dans cette union masochiste inattendue, une entière satisfaction, le sentiment d'une fraternité primitive berçant au plus profond son caractère sauvage et tendre, et lui procurant un état bienheureux d'inconscience et de paix.
Dans la nature luxuriante et magique du beau Sarladais des mois d'été, le jeune homme vit en communion parfaite avec les êtres et les choses qui l'entourent.
Dans le village, il fait également la connaissance d'un petit livreur de pain de 13 ans dont l'attrait et la grâce juvénile ne lui sont pas insensibles. Les deux enfants s'aiment dans le cadre grandiose du Périgord noir, au coeur des forêts ancestrales, à l'abri des grottes et des rocs, dans un partage des sens intense et enivrant.
Mais aux instants délicieux succèdent la peur d'être pris et emprisonné. Car les gendarmes rôdent…et enquêtent sur ces relations qualifiées de « contre-nature ».
Initié par l'abbé aux secrets et mystères d'une nature dont il perçoit les moindres oscillations de vie, notre jeune apprenti sorcier décide de braver la loi sociale avec le concours de la magie et des esprits peuplant les eaux mortes de la Vézère.
Par un étrange cérémonial, le garçon cache son âme dans le miroir de l'eau, là « où les hommes de Loi n'iront pas le chercher »…
Hymne à la nature, au plaisir, à la sensualité et à la liberté, ce livre écrit en 1954, publié une première fois en 1964 sans mention du nom d'auteur, est une entière, une étourdissante, une étonnante découverte.
Découverte d'un auteur d'abord, ce François Augiéras dont les éditions Grasset ont eu la bonne idée, à la fin des années 90, de rééditer l'oeuvre dans la collection « Les cahiers rouges ». Ecrivain vagabond, errant mystique, homme hors du temps et des modes, voyageur rimbaldien et provocateur à la sensualité à fleur de peau, l'auteur cosmique « primitif et maudit » du « Vieillard et l'enfant » ou du « Voyage des morts », meurt dans la misère au terme d'une existence brève et ascétique (1925 – 1971), laissant une oeuvre littéraire et picturale belle et forte autant qu'anticonformiste, très / trop longtemps souterraine car assurément troublante et dérangeante.
Figure brûlante et fascinante de la littérature française, saluée par André Gide ou Yves Bonnefoy, François Augiéras est de ces êtres originaux à la philosophie de vie particulière, qui ne peuvent laisser indifférent tant leur vision des choses et du monde est au-delà de la morale, des lois sociales, des dogmes et systèmes de pensées généralement admis.
Découverte d'une plume ensuite, dont la qualité, entre simplicité, rudesse et lyrisme, est d'une beauté brute, sauvage, indomptée, comme une pierre précieuse encore enchâssée dans sa gangue de roche laisse augurer des mille feux dont ses facettes vont nous éblouir.
Cependant, il nous faut convenir que « L'apprenti sorcier » est un roman d'apprentissage et d'initiation qui peut aussi heurter les sensibilités.
On y parle d'amour charnel, d'homosexualité, de plaisir dans la douleur, de jouissance, de sensualité animale se révélant dans les offrandes de la terre….c'est le récit d'une éducation sentimentale agrémentée d'une sauce païenne à la fois goûteuse et piquante, envoûtante mais aussi choquante à certains égards.
Il n'y a pourtant aucune vulgarité, aucun érotisme racoleur dans ces lignes superbes mais plutôt une poésie enchanteresse et une volonté d'absolu, une recherche spirituelle de sens et des sens, qui puisent sa force dans le Beau et dans les choses les plus naturelles, les plus essentielles, les plus fondamentales et primaires de la vie.
Nature, beauté et plaisir sont ici intimement liés dans une communion, une eucharistie du corps et de l'esprit évoquée avec un mysticisme païen. François Augiéras est un animiste dont l'oeuvre prend racine dans les entrailles de la Terre, au coeur des éléments, au sein d'une nature magique et secrète dont on apprend le langage avec tous les sens et avec toutes les parcelles de son corps. Il est un peu le mix de Giono avec le grand dieu Pan…ou un Gabriel Matzneff à la mode périgourdine…
De cette puissante évocation nimbée de paganisme de la beauté de la nature et du plaisir charnel, on ne partagera cependant pas toute l'indécente vision. La félicité dans la douleur, l'auto-flagellation, le corps à corps sensuel avec un arbre, l'acte d'amour avec un jeune garçon…ont certes de quoi choquer les âmes bien-pensantes.
Pour autant, on aurait tort de réduire l'oeuvre d'Augiéras, souvent d'inspiration autobiographique, à une littérature licencieuse et perverse quand cela va totalement à l'encontre de tout ce qu'a voulu dispenser cet auteur en perpétuelle quête d'absolu, mystique et visionnaire, à la plume claire, inspirée et symbolique, pleine d'illuminations magnifiques.
Car « L'apprenti sorcier » est un livre riche, intense, plein de ferveur et de croyances, le culte de l'émerveillement dans toutes les manifestations de la vie. C'est encore un éloge de la différence, une aspiration grisante du plaisir, de la découverte du corps et de ses limites, une recherche de soi dans les arcanes sacrés de Mère Nature, une incantation chamanique liant l'âme et le monde.
Autant de bonnes raisons pour (re)découvrir cet auteur inclassable, ce « Barbare en Occident » au charme si singulier mais à la voix cosmique si vibrante et percutante.
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InsulaDulcamara
  09 juillet 2008
De l'oeuvre de François Augiéras (1925-1971), on retient généralement Une adolescence au temps du Maréchal, le Voyage au Mont Athos et le superbe le Vieillard et l'enfant, plus rarement ce récit d'une brève centaine de page paru anonymement en 1962, avec pour seule mention "par l'auteur du Vieillard et l'enfant". C'est qu'il existe en effet entre ces deux textes plus d'une affinité. Récit d'apprentissage, comme le laisse présumer son titre, mais singulièrement poétique, stylisé, il raconte l'expérience d'un adolescent placé chez un étrange prêtre de trente-cinq ans dont les pratiques de la macération confinent au chamanisme. Il est aussi question d'apprentissage sexuel, avec le prêtre puis avec un jeune garçon dont la beauté se confond avec celle des paysages périgourdins dans lesquels se situe l'action.
Le style est beau, exact, d'un classicisme dépouillé : les phrases sont courtes, le vocabulaire simple, monosyllabique ("il but à longs traits doux et graves"). Presque aucune métaphore, ou alors les moins sophistiquées possible : "La terre tournait lentement dans un ciel pur strié de nuages roses pointus comme des avants de barque". Les imparfaits du subjonctif, les inversions ("trop loin des hommes pour les jamais rejoindre"), l'usage de certains mots dans une acception rare ou désuette font de la langue d'Augiéras une langue atemporelle, indatable.
Lire la suite : http://ivressedupalimpseste.blogspot.com/2008/07/franois-augieras-lapprenti-sorcier.html
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moravia
  24 février 2013
Toujours aussi agréable à lire.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MalauraMalaura   15 mai 2012
Le Sarladais, appelé aussi Périgord noir, à cause de la présence et de l’épaisseur d’une végétation de petits chênes sombres et de noyers, est un pays en partie déserté, planté ça et là de champs de maïs et de blé, et d’étroites plantations de tabac.
Pays sauvage pour qui sait voir, c’est un pays des esprits. Un pays de sorciers.
Templiers, barons, prêtres, paysans, tous ici le furent plus ou moins, et les vertes et noires campagnes sarladaises, résonnantes encore des cris des premiers âges, gardent un peu de l’âme de tous ceux-là qui furent des magiciens.
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MalauraMalaura   16 mai 2012
Instants délicieux de la fin de la nuit. Pas un souffle de vent. On ne voit rien du Monde.
C’est une absence de tout ; les moments ne sont plus faits que de rien ; tout paraît suspendu.
L’air immobile n’agite pas une branche ; plus un oiseau ne chante.
On ne ressent que le charme intensément répandu de la vie souveraine de la terre et du ciel, si puissamment, qu’il n’y a qu’à y puiser pour en tirer ce qu’on veut.

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MalauraMalaura   18 mai 2012
Alors, de cette obscure nuit jaillit une lueur.
Je me dis que de vieilles phrases, du temps des rois, traversées de candeurs rustiques, et ma folie habilement tissée, composeraient une étonnante étoffe qui mériterait de survivre.
Un petit livre, bien et mal écrit tout à la fois, semblable à une étoffe rustique et belle.
Une sorte de tapisserie.
Il me vint à l'esprit de la filer de grosse laine mêlée de fine soie.
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MalauraMalaura   15 mai 2012
Quant à l’enfant, je l’aimais avec cette force-là de l’été. Tout mon être tendait vers lui. Comme la lumière de midi qui oblige à fermer les yeux, l’amour que je lui portais m’aveuglait et me cachait les dangers que je courais à vouloir le revoir. Un charme nous unissait ; il nous séparait des autres hommes et il nous protégeait des fâcheuses conséquences de cet amour. L’enfant le ressentait ; était-ce moi qu’il aimait, ou cette impunité, ce charme, plus que moi ?
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MalauraMalaura   16 mai 2012
J’en serais arrivé à croire qu’il n’y a d’amour que dans la mesure exacte où la part d’ignorance qu’on a de soi pousse à se trouver dans les autres, à croire qu’il n’y a d’amour que dans l’erreur délicieuse.
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