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ISBN : 2246583829
Éditeur : Grasset (01/03/2006)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Ce journal, tenu alors que l'auteur était berger dans le Sahara dans les années 1950 est un ouvrage scandaleux, et ultime. Scandaleux dans l'aveu d'un plaisir naturel tiré des garçons, des jeunes filles, des animaux. Ultime car la quête d'Augiéras, dont le désir se lève contre " la vulgarité de l'Europe ", est plus pure et plus passionnante que ses actes : traquer le secret d'une nouvelle alchimie, d'une nouvel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Davjo
  16 septembre 2013
Il faut lire ce livre en abandonnant nos filtres et nos repère moraux de tièdes démocrates. Parfois, on a envie de rire, mais la folie de l'extase d'Augiéras n'accepte aucune ironie, aucune espèce d'autodérision. Il est dans la sensation crue. Les chapitres sont donnés par des noms de lieux: Tadmit, Gardaia, El Golea, Agadir, sauf le dernier, sorte d'épilogue au Mali: le Fleuve.
François Augiéras est un barbare qui a vécu trop seul. Il écrit le soir à la lueur d'une petite lampe. Il aime marcher dans le désert, sous le ciel devenu clair, dans le silence de la campagne déserte. Il va au bordel aimer des putes de quinze ans ou suit dans la nuit des garçons indigènes et nomades dans l'espoir d'une étreinte amoureuse, au risque de la mort, armé de son revolver.
Il fait un stage dans une contrée dangereuse, l'Algérie des années 50, juste avant la décolonisation. Il est destiné à devenir moniteur de la SAR (secteur d'amélioration rurale) et mène une vie de berger, faire paître les bêtes, les vacciner, les passer au bleu de méthylène.
Sous la luminosité d'une extrême violence, on le prend pour un simple d'esprit. Il écrit avec ses tripes, uniquement concentré sur la sensation, ce qu'il éprouve au contact des forces de la nature, de la vie qui s'écoule si forte en lui. C'est ce qui frappe le lecteur, cette intensité à vivre la moindre sensation, le sommeil, l'envie de sexe, la nature, le froid, le chaud, l'inconfort, la dureté. Il jouit de tout et nous le fait savoir par son écriture limpide, ses phrases dures et lumineuses. Sa prose consacre le silence et décrit des instants de solitude et d'extase. On découvre un frère un peu fou qui côtoie la mort. Il vit tout à fleur de peau. Il écrit qu'il est délirant de gaieté, qu'il danse de joie, saoulé par l'air et la vie « ...mon îvresse incomparable devant l'amour, dans la plénitude de ma joie de vivre. »
Il mourra jeune, c'est écrit. François Augiéras meurt à 46 ans, seul, pauvre, à l'hospice de Montignac.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Albounet
  28 mars 2013
En lisant le titre et le thème , à savoir les aventures en grande partie homosexuelles et masochistes de l'auteur, nous avons du mal à croire que ce récit est nimbé d'une délicieuse poésie. Et pourtant c'est le cas !
Dans des lieux sauvages des régions algériennes, Augiéras nous présente ses rencontres , ses désirs mais aussi sa vision de l'existence en grande partie influencée par la philosophie nietzschéenne.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
DavjoDavjo   16 septembre 2013
Une bête mourait dans une étable. J'allumai une lampe qui éclaira faiblement les murs lavés au grésil. Je pris la bête dans mes bras et me couchai près d'elle. Les yeux grands ouverts elle tremblait, ne luttant plus contre la mort et s'abandonnait avec une sorte de ravissement au sommeil inconnu qui ne l'effrayait pas. Depuis deux jours, elle n'avait rien mangé, n'en souffrant pas. La fièvre la nourrissait. Une colique sanglante maculait son arrière-train. Elle bêla, ferma les yeux: pas un cri de douleur, un cri d'appel. Je la berçais. Elle vomit dans mes mains, je la savais condamnée. Son cœur battait à coups rapides: le bruit même de la vie. Qu'avait-elle connu de la vie, cette brebis née en décembre ! Je chantai doucement, pour elle. Elle ne bougea plus. Avait-elle passé ? La vie reprit dans son corps chaud, mais faiblement, comme soutenue par ma présence; il me semblait mourir moi-même.
Elle mourut à six heures du soir, ses yeux grands ouverts.
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mandarine43mandarine43   23 mai 2011
Rassuré, il me rendit mes baisers avec une douceur si humaine et si grave que je crus mourir de joie. Ma vie entière, pensai-je, j'aurai de l'homme cette image exemplaire. Il appuya son beau visage contre mon épaule ; ses habits avaient la senteur du désert tout proche, comme ses lèvres. Il était : mon âme venue de la nuit, un autre moi-même plein de douceur et de bonté pour moi. Il se leva. Debout parmi les herbes sèches, au bord de la colline, dans les bras l'un de l'autre, nous fîmes ce que j'ai dit.
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mandarine43mandarine43   23 mai 2011
La peur de la mort donnait un style à notre amour. Ses beaux yeux aux prunelles blanches me regardaient bien en face. Tout en lui me plaisait : sa pudeur dans l'amitié, son silence. Je pris sa main ; nos doigts unis sur la terre un peu ocre, j'embrassai son visage demi-obscur dans la nuit transparente. Sous l'étoffe, je devinais une épaule tendre et chaude, un cœur jeune et pur ; j'étais frappé de la beauté ses traits. J'éprouvais pour lui des sentiments venus du plus lointain passé, nos mœurs dataient des premiers soirs du Monde, je n'aurais pas couché avec mon frère avec plus de respect, il était l'image la plus belle que j'avais conçu de l'amour.
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mandarine43mandarine43   23 mai 2011
Je pris un fusil, des cartouches, et partis vers l'Est. Le désert était sombre, silencieux : un silence absolu sauf le bruit de mes pas sur le sable. Rien n'égale la douceur de la fin de la nuit, l'air est frais, les odeurs fines ; rien n'annonce le jour, sauf justement cette douceur et cette joie de vivre, c'est l'heure où l'esprit de l'homme est le plus libre ; on est fort, on est faible, à trois heures du matin, l'été, sur les sentiers, dans le chaos des rocs.
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mandarine43mandarine43   23 mai 2011
"Le voyage des morts" : il y a dans ce livre toute une mentalité, autant de candeur que de férocité orientées vers les astres, une irrémédiable sauvagerie ; je me suis parfois demandé qui pourrait aimer ça, quand je rencontrai la solitude, le silence et la mort.
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Vidéo de François Augiéras
Philippe Lacadée - François Augiéras : l'homme solitaire et la voie du réel .Philippe Lacadée vous présente son ouvrage "François Augiéras : l'homme solitaire et la voie du réel" aux éditions Michèle. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/351314/philippe-lacadee-francois-augieras-l-homme-solitaire-et-la-voie-du-reel Notes de musique : Oxygen Garden by Chris Zabriskie Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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