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Critique de Alfaric


Alfaric
  02 novembre 2017
Avril 1920, Elephant & Castle, Londres. Durant la WWI les hommes sont partis au front, et en les remplaçant dans toutes les tâches les femmes se sont émancipées en apprenant à se débrouiller toutes seules, donc quand « papa » revient du front il y a de nombreuses frictions... y compris et surtout dans le domaine du crime, donc on n'est pas loin de la guerre des gangs entre les 40 éléphants de Queen Kate et les 40 voleurs d'Art Stocker, Jane ayant son mari Jim dans l'autre camp ne cessant de jeter de l'huile sur le feu ! C'est ainsi que nous suivons la jeune pickpocket Florrie Doigts de Fée prise en main par la voleuse Esther qui la fait entrer dans sa bande exclusivement féminine. Elle s'intègre rapidement et découvre les membres ainsi que les us et les coutumes de sa nouvelle famille sauf que SPOILER

J'ai retrouvé absolument toutes les belles thématiques et les belles tragédies du polar hongkongais (remember le trilogie "Le Syndicat du Crime" ou "Infernal Affairs" ^^), ici transposées dans le Londres des années folles, le féminisme en plus ! ** & ***
Ici je ne suis pas spécialement fan des dessins de Virginie Augustin assistée aux couleurs par Hubert, mais on reconnaît le travail impeccable d'une ancienne élève de l'École des Gobelins : la fluidité et l'expressivité sont remarquables, et rendent l'ensemble d'autant plus agréable qu'on a plus l'impression de visionner un film d'animation que de lire une bande dessinée ! **** J'applaudis des deux mains !!!


* : à une époque ou la procréation assistée n'existe pas le kidnapping d'enfants est une activité très lucrative, et plusieurs scandales ont défrayé la chronique comme l'Affaire Lindbergh (sans parler de cette saloperie de Franco qui éleva ces crimes odieux au rang d'industrie avec la complicité des prêtres, des policiers, des médecins et des démocraties occidentales en faisant enlever au moins 300000 enfants) MDM

** : cette BD vient contredire de A à Z ce gros cliché venu des USA communautaristes, qui consiste à affirmer qu'on ne peut s'identifier qu'à des personnages qui nous ressemblent... Si une bonne histoire est portée par un bon personnage, tout le monde peut s'y reconnaître (les fans de Laureline, Natacha et Yoko Tsuno n'était pas forcément des femmes paysannes, hôtesses de l'air ou électroniciennes !) : aujourd'hui on suit aveuglément les tendances yankees et on se retrouve coincé entre white washing et color washing qui ne sont que les deux faces de la même pièce communautariste ! MDM

*** : en BD aussi la femme est l'avenir de l'homme ! Difficile de dissocier les idées de Virginie Augustin qui s'est souvent positionnée sur le sujet de celles de Kid Toussaint que je connais très peu finalement... Dans tous les cas les auteurs sont plus productifs en réalisant cette BD au lieu de hurler avec les loups en dézinguant le machisme du milieu ultradominateur jusque qu'à ce que les choses commencent à changer les années 1970 (un grand merci Laureline, Natacha et Yoko Tsuno !), car c'est plus facile de taper sur les auteurs pris au piège de la censure que sur les éditeurs sexistes dont les rejetons font toujours la pluie et le beau temps dans le milieu... MDM

**** : le vivier de talents en scénaristes, dessinateurs et animateurs européens est aujourd'hui sans limite, donc l'Europe possède largement les moyens de devenir le plus grand bassin d'animation du monde loin devant les USA et le Japon... oui mais non, on doit se coltiner des quarterons de décideurs à la con qui singent les yankees sont en avoir l'ambition ou l'intelligence ! MDM
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