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Jean Paulhan (Préfacier, etc.)André Pieyre de Mandiargues (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782253147664
281 pages
Le Livre de Poche (08/09/1999)
3.29/5   149 notes
Résumé :
Les mains liées dans le dos, nue et les yeux bandés, O pénètre dans le château de Roissy, guidée par deux jeunes filles très belles aux robes d'un autre temps retroussées sur leur ventre et leurs reins nus. O passera quinze jours dans ce château où l'a amenée René, son amant adoré. Les sévices subis sont chaque jour renouvelés. O est offerte et prise, fouettée et murée dans le silence, O commence l'apprentissage de l'esclavage. Par amour pour René, O ira très loin d... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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A tous ceux et celles qui pensent trouver des scènes érotiques et sensuelles avec force de descriptions croustillantes, passez votre chemin. Comme annoncé en quatrième de couverture, c'est avec un écriture atypique, directe, comme détachée que nous est offert la vie peu banale d'O. C'est comme si un psychologue prenait des notes, avec distance et sans sentiments et nous les retranscrivait. Les ébats, les attouchements et même les punitions sont décrites avec plus de détails sur l'objet, l'apparence du personnage que sur le ressenti. Et quand l'auteur concède à nous donner quelques détails sur les émotions d'O, elle change dans la phrase suivante de situation.

L'intérêt du roman se trouve dans l'approche psychologique que fait Pauline Reage sur le jeu de domination et de servitude. Nous suivons à travers O le cheminement qu'un tel choix de vie implique. Je parle de choix parce que tout au long de l'histoire, O a le droit de partir, de stopper, de quitter cet univers, son amant. Mais cette liberté est factice puisque le plaisir d'O se situe justement dans cette soumission. Sans elle, sans ordres, elle est perdue. Par contre, être offerte à d'autres par son seigneur et sous ses yeux, puis être battue ensuite comme pour la punir d'avoir donné ce corps, la comble de joie puisque tel est le plaisir de celui qu'elle aime.

Être malheureuse, avoir peur quand on la délaisse peut sembler complétement fou, mais en suivant O, ses pensées, son évolution on comprend sa douleur dans ces moments-là. Et fait étonnant, la notion de maître et d'esclave dans ce qu'elle a de plus crue et cruelle, en devient belle à travers ses yeux. On souffre avec elle, non des coups de fouets, mais de cette perpétuelle quête d'amour dans le regard de celui pour qui elle accepte l'impensable.

Histoire d'O est un livre à ne mettre que dans des mains expertes et expérimentées qui n'ont pas peur de lire le côté le plus sombre que peuvent prendre les jeux sexuels.


Lien : http://kamanaschronicles.blo..
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J'ai bien rigolé en lisant 50 nuances de Grey (à vrai dire, je m'en suis bien moqué), et forte d'un grand esprit patriotique, je me suis dit que forcément, Histoire d'O, écrit par une française, ne pouvait qu'être infiniment supérieur au pavé le plus vendu de 2012.

Et bien c'est le cas si l'on considère que l'érotisme, c'est une femme enlevée, violée, fouettée, rabaissée, prêtée par son amant à qui la veut, et qui en plus, en redemande par amour pour son René (René ! du coup je m'imaginais cette pauvre O avec la tête de Céline Dion, tu parles si c'était glamour...).

Malheureusement, pour moi l'érotisme c'est tout autre chose, du coup je me suis ennuyée et j'ai eu du mal à finir ce bouquin. Et ce qui est pire : mon complexe de supériorité français en a pris un gros coup...

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Je ne suis pas une spécialiste de ce genre de littérature (pour tout avouer, c'est premier que je lis). Je m'attendais à une histoire d'amour érotisée, j'ai donc été très surprise par ma lecture.

O est une jeune fille dont on ignore tout, la seule chose que l'on sait d'elle est qu'elle travaille dans la mode peut être comme photographe. Elle aime un homme plus âgé qu'elle, René. le livre commence sur une balade romantique au Parc Montsouris. C'est tout ce que l'on trouvera de romantique dans ce roman puisque cette escapade tourne court. Une voiture l'attend, elle mène O et son amant dans un château à Roissy, château dans lequel O apprendra à se soumettre.

Bien plus qu'un soumission sexuelle, O est victime d'une véritable soumission psychologique dans laquelle il n'est nullement question d'amour alors que ce mot est employé très fréquemment. Cette lecture a été assez pénible car plutôt que de la soumission, c'est de l'esclavage, avec ses caractéristiques les plus barbares et les plus archaïques, que subit O. Elle devient l'objet de plaisir de René et de ses amis, elle n'est plus considérée comme un être humain mais comme un objet. On ne comprend d'ailleurs pas très bien pourquoi elle se laisse traitée de la sorte, pourtant pendant de longues pages Pauline Réage essaie de nous faire entrer dans la tête d'O dans le but de comprendre son acceptation. Elle nous parle d'amour, du plaisir ressenti à obéir à son maitre… ça ne m'a pas du tout convaincue.

Le texte est très travaillé, le vocabulaire est prude et pourtant ce récit est très violent, la violence étant situé dans les sous entendus ou dans les non dits. La version que j'ai lu ne propose dans de fin, la fin ayant été supprimée, le livre s'achève donc de façon abrupte.

En conclusion, je n'ai rien trouvé de plaisant dans ce roman.

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La présente édition regroupe l'ensemble de l'oeuvre romanesque de Dominique Aury, sous le pseudonyme de Pauline Réage. Il comprend Histoire d'O, le corpus principal, une Jeune fille amoureuse, joli texte, confidences de l'auteur sur les circonstances qui présidèrent à la composition de l'oeuvre susnommée, et Retour à Roissy, qui, si on considère la fin particulièrement abrupte et ouverte d'Histoire d'O, peut se lire comme une suite, ou si l'on s'en réfère aux prescriptions de Pauline Réage, est une sorte de mine introduite dans le récit originel, afin d'en sceller le mystère par son effondrement, et qui ne saurait être considéré comme une composante de l' oeuvre, qu'il a pour mission de saboter.

Comme un prélude à sa  reification O n'a ni visage, ni âge, ni identité, seul nous sont révélés les caractéristiques physiques qui relèvent du sexuel, support des actes à venir. Par amour pour son amant, O se prête à ses caprices et turpitudes, se prostituant à ses amis, devenant l'objet de jeux pervers et sadiques, jouant les soubrettes dans de courtes périodes de rémission. 

Quel serait l'accueil d'un tel roman dans le climat actuel de néoféminisme, si l'écrivain avait été un quadragénaire leucoderme ? À la décharge du roman, disons que son auteur est une femme, qui fit preuve d'une belle audace, que l'héroïne exerce la suprême liberté de disposer de son corps en le laissant à la libre  disposition des autres. L'édition du Livre de poche annonce "un Chef-d'oeuvre de la littérature érotique". On imagine que pour cette littérature que l'on ne lit que d'une main (remarquez pour un livre de poche...) il doit y avoir un petit adjuvant au simple plaisir esthétique. Mais là, on était beaucoup plus proche de la Nausée que des Mains sales... et quant à la fin, jamais queue de poisson n'a aussi bien porté son nom. 

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Histoire d'O est peut-être l'un des plus célèbres roman érotique, mais avant de connaître le succès, revenons sur sa genèse. Il est à l'origine un petit paquet de feuillets sur lequel l'auteur écrivit une histoire fictive à partir de ses fantasmes, ce que son amant ne l'a croyait pas capable.

A sa publication, sous le pseudonyme de Pauline Réage, c'est tout le monde littéraire qui fut secoué. Tout le monde cherchait à découvrir la véritable identité de l'auteur. On soupçonna même André Malraux ou Raymond Queneau et ce ne fut que quarante ans plus tard, en 1994, qu'une certaine Dominique Aury avoua en être l'auteur. Elle explique que ce texte fut écrit pour son amant, Jean Paulhan, qui, marié, entretenait avec elle une relation. C'est d'ailleurs, expose Dominique Aury, pour vivre la passion jusqu'au bout, sans barrières, ni retenue, qu'elle écrivit ce texte avec une telle force.

» La réalité n'y a pas sa place. Personne ne pourrait supporter d'être traitée ainsi. C'est entièrement fantasmatique. », dit-elle dans une interview. Je pense, également, qu'il faut voir ce texte comme une histoire, peut-être même comme un conte initiatique. C'est l'histoire du don de soi, jusqu'au point de non retour, à la fois de la plus douce et de la plus violente des façons, car forcée au départ, le personnage fini par chercher cet esclavage et cette soumission. C'est un texte au frontière du réel, un fantasme écrit. A lire avec un recul nécessaire, ou à s'y abandonner en risquant une très violente empathie. Les scènes sont d'une effroyable violence, rendu encore plus crue, car c'est la norme dans le milieu où O est propulsée.

Les mots de l'auteur ne sont pas particulièrement violents ou vulgaires, et c'est ce qui donne cette sensation d'extrême violence, selon moi. de plus, le contexte d'écriture, nous étant révélé dans la dernière partie du livre, jette un certain réalisme au milieu de ces mots, qui porte le texte dans un entre deux dérangeant et fascinant.

Le personnage de O est une énigme à part entière au sein de l'oeuvre : on ne connaîtra de l'identité du protagoniste que cette lettre, O. Plusieurs significations peuvent être apportées, comme le diminutif d'un prénom, dont l'auteur n'aurait pas voulu révéler la véritable origine. Mais O peut tout aussi bien signifier la féminité et la jouissance infinie de la femme, car dans la prononciation de la lettre O se situe également le mot »eau ». O serait-elle l'image de toutes les femmes réunies dans une seule et même entité… ?

Il est difficile de se faire un avis sur ce texte, car c'est un condensé de fantasmes, qui par définition sont évanescents ; mais ce qui est intéressant en lisant ce livre est de se replacer dans le contexte d'édition. En effet, à l'heure où les romances érotiques ont le vent en poupe, ce n'était certainement pas le cas dans les années 50 !

En bref, un texte sans fard, qui conjugue violence et plaisir jusqu'au plus degré, au point de donner la nausée.


Lien : https://topobiblioteca.wordp..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation

Son amant emmène un jour O se promener dans un quartier où ils ne vont jamais, le parc Montsouris, le parc Monceau. À l’angle du parc, au coin d’une rue où il n’y a jamais de station de taxis, après qu’ils se sont promenés dans le parc, et assis côte à côte au bord d’une pelouse, ils aperçoivent une voiture, avec un compteur, qui ressemble à un taxi. «Monte», dit-il. Elle monte. Ce n’est pas loin du soir, et c’est l’automne. Elle est vêtue comme elle l’est toujours : des souliers avec de hauts talons, un tailleur à jupe plissée, une blouse de soie, et pas de chapeau. Mais de grands gants qui montent sur les manches de son tailleur, et elle porte dans son sac de cuir ses papiers, sa poudre et son rouge.

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« Tu es libre, maintenant, O, dit Anne-Marie. On peut t’enlever tes fers, le collier, les bracelets, effacer la marque. Tu as des diamants, tu peux retourner chez toi. » O ne pleurait pas, elle ne se plaignait pas. Elle ne répondit pas à Anne-Marie. « Mais si tu veux, dit encore Anne-Marie, tu peux rester. »

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Elle ne souhaita pas mourir, mais si le supplice était le prix à payer pour que son amant continuât à l'aimer, elle souhaita seulement qu'il fût content qu'elle l'eût subi, et attendit, toute douce et muette, qu'on la ramenât vers lui.

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Et je ne me sentais que plus belle, désirable et amoureuse ces fers ainsi passés à mes poignets, le fouet claquant mes reins.

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Video de Dominique Aury (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Aury
Une institutrice ? Une femme de pasteur ? Une jeune divorcée ? Une femme de ménage ? Une écrivaine de génie. Une inconnue. La vie d'Hélène Bessette (1918-2000), autrice de treize romans et d'une pièce de théâtre, tous parus chez Gallimard en seulement vingt ans, de 1953 à 1973 (et tous épuisés), semble avoir été faite de rendez-vous manqués et d'incompréhensions. Son premier roman, Lili pleure, obtient le prix Cazes en 1954. Plus tard, ses romans seront régulièrement inscrits sur les listes du prix Goncourt et l'admiration de nombreuses personnalités (Michel Leiris, Simone de Beauvoir, Dominique Aury, Jean Dubuffet, Claude Mauriac, Alain Bosquet, André Malraux) laisse présager une reconnaissance à la hauteur de son talent et d'un style entièrement nouveau qui ne ressemble à aucun autre. Par ces trois lettres aussi : GRP, ou Gang du Roman Poétique, l'occasion pour Bessette d'exprimer une théorie nouvelle et exigeante du roman.
Par Laure Limongi, autrice et éditrice, enseignante en création littéraire à l'École nationale supérieure d'arts de Paris Cergy.
Lecture par Anaïs de Courson, comédienne.
En savoir plus sur le cycle Autrices oubliées : https://www.bnf.fr/fr/agenda/autrices-oubliees-de-lhistoire-litteraire
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