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Critiques sur Mansfield Park (107)
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rabanne
  07 février 2017
C'est le seul roman de Jane Austen que je n'avais pas lu.
Ravie de me replonger dans son univers raffiné et ses intrigues alambiquées. Bon, 660 pages quand même (format Folio et petite police de caractères).
Une fois n'est pas coutume, je n'ai hélas pas ressenti l'exaltation de mes lectures passées.
L'héroïne, Fanny Price, est loin d'être ma favorite. Pauvre infortunée, recueillie par charité par son oncle, maltraitée psychologiquement, le tout concourant à mon empathie.
Mais sa candeur, sa timidité, sa discrétion, son humilité à toute épreuve et sa droiture ont fini par sérieusement m'agacer. J'ai préféré la spontanéité de Mary Crawford, voire les failles de son arrogant de frère.
Et puis, l'imbroglio amoureux traîne en longueur, jusqu'à la chute précipitée et convenue...
Si je suis en partie déçue de ma lecture, cela n'enlève rien au talent de Jane Austen à peindre ses personnages, à disséquer la société de son temps, en fine analyste et savoureuse écrivaine.
En cela, elle reste pour moi intemporelle et incontournable !
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PiertyM
  19 février 2016
Un bon voyage une fois de plus dans la dissension des classes sociales, encore à l'époque où tout est déterminé depuis la naissance, en tout cas on s'attache à cette héroïne, Fanny, on aurait dit fille peuple conviée à s'intégrer dans un milieu bourgeois, la famille de sa tante à Mansfield Park, et de quelle manière...on s'intègre avec elle, on s'affilie à sa modestie...
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Gwen21
  30 novembre 2012
"Mansfield Park" a toujours été l'un de mes romans préférés de Jane Austen. La jeune Fanny, son héroïne, est un être frêle peu sûr de lui, socialement et physiquement fragile. A la vérité, Fanny est la quintessence de l'être qu'en tant que lecteur on a envie d'aimer, de protéger et d'assister. Son statut est quasiment celui d'une orpheline puisqu'elle est très tôt retirée à sa famille pour être élevée avec ses riches cousins, sur la décision arbitraire de ses tantes, trouvant là matière à satisfaire leur devoir de charité chrétienne. Fanny, être dépendant, solitaire, mal-aimé voire méprisé, pourrait être vouée à un avenir absolument sinistre et sans issue sans son intelligence et la douceur de son caractère.

Depuis l'enfance secrètement amoureuse de l'un de ses cousins, amour qui est voué à l'échec en raison de la différence flagrante qui existe entre leurs espérances respectives, elle devient, à l'âge adulte, la spectatrice muette et torturée de son affection pour une autre, tellement plus affirmée et "accomplie" qu'elle ! La pauvre Fanny ne pouvant rien revendiquer, étant la parente pauvre de la famille nantie à qui elle doit son éducation et les habits qu'elle porte, va devoir endurer, pratiquement sans possibilité d'exprimer sa révolte, bien des épreuves psychologiques et subir bien des désappointements. Avec une infinie patience et un amour qui ne l'est pas moins, notre héroïne restera fidèle à son mode de pensée et à l'objet de son dévouement...

J'ai lu ce roman trois fois depuis mon adolescence et j'ai développé une petite théorie personnelle le concernant. Une théorie pas exactement centrée sur l'oeuvre en elle-même mais plutôt sur la façon dont elle aurait inspiré à Charlotte Brontë quelques unes des scènes d'intérieur de Thornfield Hall dans son légendaire "Jane Eyre". En effet, bien que je ne m'aventure que très rarement à établir des comparatifs entre les oeuvres d'une même période, ce n'est pas un crime de lèse-majesté (victorienne!) que de supposer que des auteurs aient pu être influencés (ou inspirés si cela est plus politiquement correct) par d'illustres précurseurs. Or, à ceux qui ont lu les deux romans, je demande s'ils ne trouvent pas une troublante similitude entre la personnalité courageuse et humble de Fanny et celle de Jane ? ou encore un émouvant reflet de Mansfield Park dans la scène de divertissements mondains de Thornfield Hall (vous remarquerez au passage la toponymie voisine des lieux). Tout ça bien sûr n'est qu'une hypothèse personnelle, une espèce d'intuition de lectrice passionnée par la période, mais elle vaut bien certaines extrapolations de professeurs de français.

Au final, l'important est sans doute que l'atmosphère qui se dégage de telles oeuvres parvienne à totalement capter l'attention du lecteur pour l'entraîner dans un voyage dans le temps dont il ne ressort jamais tout à fait indemne.
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Myriam3
  24 novembre 2014
Je le savais, je n'en attendais pas moins, mais maintenant que j'ai refermé ce livre, je ne peux que soupirer d'aise, de plaisir et d'incertitude, confirmant mes attentes. Que lire, suite à ça? Oui, Mansfield Park appartient à cette catégorie rare et et si précieuse d'oeuvres qu'on ne peut quitter sans de douloureux regrets.
Imaginez, dans la campagne anglaise, un presbytère à quelque distance d'une grande demeure victorienne, les deux séparés par un grand parc, et deux familles, les Bertram et les Grant.
Les Bertram, sur le conseil de Madame Norris - la soeur de Lady Bertram et forte de sentiments charitables- accueillent l'une de leurs nièces élevée jusqu'alors dans une famille nombreuse et désargentée, Fanny Price (quelle ironie!).
Fanny a tout de l'héroïne de la littérature victorienne: humble, d'origine modeste, innocente et sensible mais dotée d'une volonté qu'on ne saurait briser, très éloignée de la suffisance qui caractérise le milieu dans lequel elle se trouve projetée contre son gré.
De leur côté, les Grant accueillent durant plusieurs mois les jeunes frère et soeur de Lady Grant, les Crawford.
Bientôt, Sir Thomas Bertram doit s'absenter plusieurs mois pour remettre de l'ordre dans son entreprise implantée dans les Colonies anglaises. Tous les ingrédients sont alors réunis pour éveiller l'enthousiasme et les ardeurs des jeunes Bertram et Crawford, délivrés de l'autorité paternelle, et ceux-ci atteignant l'âge de se marier, Lady Grant et madame Norris ne sont pas en reste dans l'agitation générale, désireuses qu'elles sont de fomenter les meilleurs alliances.
Ce roman psychologique est surtout celui de la jeunesse - les adultes y tiennent une place secondaire, même si rien ne peut se faire concrètement sans eux, ou avec eux d'ailleurs- et c'est ce qui fait son intérêt, sa fraîcheur, sa richesse. Jane Austen prend un soin et un plaisir sans pareil à dépeindre une ronde de relations dont les personnages principaux sont le fils cadet des Bertram, Edmond, sa cousine Fanny, et monsieur et mademoiselle Crawford.
Son regard va et vient de l'un à l'autre, avec une préférence pour Fanny, et se concentre sur ces fluctuations émotionnelles qui effleurent nos jeunes héros au gré des gestes, regards et paroles de chacun. Avec la narratrice, qui se fait jour à certains points du récit par un "je" réservé qui se dévoile explicitement à la fin pour nous céder la suite de cette histoire, nous pénétrons dans ces âmes qui pourtant ne se dévoilent jamais tout-à-fait. le mot "amour" ne saura être prononcé, même pour nous, par Fanny lorsqu'elle songe à cet être si cher à son coeur.
Parlons-en, justement, de cet amour. Quelle ironie Jane Austen met dans ce récit! le fait que Fanny et ses cousins grandissent côte-à-côte comme frères et soeurs ne les prémunira-t-il pas d'une attirance amoureuse, pensent madame Norris et Sir Bertram lorsqu'ils décident de prendre Fanny chez eux?
Et puis, ces jeunes gens si bien élevés qu'ils n'élèveraient pas la voix, ne se laisseraient pour rien au monde aller aux effusions - à part Fanny, qui rougit et pleure régulièrement, ce qui ne la rend que plus touchante - qui prennent soin à ne pas heurter les sentiments de l'autre, qui se protègent mutuellement - les deux cousins d'un côté, les frère et soeur de l'autre - ne cherchent-ils pas, sous couvert d'affection, à manipuler l'être qu'ils disent aimer pour arriver à leur propre fin? Tout n'est ici, finalement, que manigances et égoïsme, et même notre douce Fanny n'est pas en reste.
Mansfield Park est un roman passionnant que j'ai retrouvé chaque soir avec beaucoup d'impatience et de plaisir, et je suis rassurée à l'idée qu'Emma, un des autres romans de Jane Austen, m'attend patiemment.
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MissSherlock
  29 septembre 2015
Doucement mais sûrement je continue ma découverte de l'oeuvre de Jane Austen. Lisant ses romans dans l'ordre de parution, je me suis attaquée à MANSFIELD PARK il y a deux semaines. Attaqué est le mot juste car j'avais tellement aimé les deux précédents romans de l'auteur que je me suis jetée sur celui-ci comme une affamée.

À la fin de ma lecture je suis arrivée au constat que Jane Austen est un grand écrivain qui dépeint parfaitement la société dans laquelle elle vit. Cependant je dois reconnaître avoir moins aimé ce roman que les précédents.

J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire car, au début du récit, Jane Austen nous présente de nombreux personnages sans réellement s'appesantir sur leur caractère. Elle va à l'essentiel ce qui m'a déstabilisée car le récit va très vite. La profusion des personnages ne m'a pas aidée non plus. Si un jour j'envisage de lire GUERRE ET PAIX, il me faudra un bloc note et un tube d'aspirine ! ;)

Ensuite, le personnage de Fanny m'a agacée : elle est recueillie par son oncle et sa tante car ses pauvres parents n'ont pas les moyens de subvenir à son éducation ni à son alimentation. Son oncle, qui a bien envie de se faire mousser en commettant une bonne action, décide de la prendre totalement en charge. Effacée, timide, silencieuse, très conservatrice, Fanny est un petit oiseau tombé du nid qui ne peut pas marcher deux heures sans manquer de s'évanouir et qui frôle la mort si elle ne fait pas sa promenade quotidienne à cheval. Elle est incapable de s'exprimer, a peur de tout et de tout le monde, et a un perpétuel besoin d'être rassuré par son cousin Edmund. C'est une petite chose sans personnalité ou presque que j'avais envie de secouer un peu et qui a bien eu du mal à m'intéresser. Je pense que s'il n'y avait pas eu d'autres personnages plus colorés, j'aurais eu du mal à terminer le roman.

En outre, si j'avais trouvé Jane Austen particulièrement mordante et drôle dans ses deux premiers romans, ça n'est pas le cas avec MANSFIELD PARK. Certes elle se montre corrosive à l'égard de Mme Norris et ce personnage lui permet quelques saillies bien senties mais dans l'ensemble, le ton est sérieux et pas très piquant. le traitement amer et conservateur de l'histoire la rend quelque peu indigeste.

Enfin j'ai eu du mal à m'intéresser aux différentes intrigues amoureuses qui me sont apparues palotes. Il n'était pas difficile de deviner la fin et les deux tourtereaux manquent de saveur. J'ai trouvé la rivale de Fanny bien plus sympathique, vivante et enthousiasmante même si elle n'est pas sans défaut. Pour la première fois, j'aurais aimé voir la rivale l'emporter et l'héroïne rester assise au coin du feu.

Cependant, j'ai aimé la variété des personnages : ils sont nombreux et aucun d'eux n'a le même caractère ni ne s'exprime de la même manière. La psychologie des personnages est très développée ce qui permet au lecteur de pleinement les cerner.
J'ai également aimé la description des moeurs de l'époque et le style de l'auteur qui écrit décidément très bien.

MANSFIELD PARK est une petite déception qui ne m'a pas refroidie puisque je me suis déjà procurée EMMA !
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missmolko1
  12 décembre 2015
J'ai découvert un autre classique de Jane Austen avec Mansfield Park. Ça a été une lecture agréable même si j'ai moins apprécié cette lecture que Emma que j'ai découvert il y a quelques semaines.
On fait la connaissance de Fanny, qui a l'âge de 10 ans vient vivre a Mansfield Park auprès de son oncle, sa tante et ses cousins et cousines. C'est la qu'elle va grandir sans jamais oublier de lui rappeler qu'elle est pauvre. Seul son cousin Edmund se montre gentil et attentionné avec elle. Alors c'est tout naturellement qu'elle tombe amoureuse de lui en grandissant. Mais l'arrivée des Crawford va changer beaucoup de chose.

Il y a au final peu d'action, seul quelques intrigues amoureuses mais peu de rebondissements. L'histoire m'a donc paru un peu longue. Malgré tout, le style de Jane Austen est comme toujours très prenant et on savoure chaque ligne.

J'en ai profité pour regarder son adaptation datant de 2007 qui est très fidèle au roman.

J'ai passé un excellent moment mais je suis moyennement convaincu par la prestation de Billie Piper.

Blake Ritson est par contre lui très bon dans le rôle d'Edmund.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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juliette2a
  04 août 2012
Encore un merveilleux livre de Jane Austen, dans la lignée de ses plus grandes oeuvres, Orgueil et Préjugés, Persuasion ou encore Emma...
Je prends toujours énormément de plaisir à lire du Jane Austen car c'est pour moi le plus grand auteur du début du XIXème siècle. Elle a ce don d'émerveiller son lecteur par ses histoires toujours heureuses, mêlant ironie et tragique pour parvenir à une fin sublime pour notre héroïne et son amoureux idéal...

Mansfield Park fait partie, bien évidemment, de ceux-là. Ainsi, l'héroïne, Fanny Price, d'une famille très pauvre, est recueillie chez son oncle et sa tante, Sir Thomas et Lady Bertram dans leur demeure, dès son plus jeune âge. Elle y vit donc désormais en compagnie de ses cousins et cousines, dont un en particulier, Edmond, prend soin d'elle et l'éduque convenablement. Plus le temps passe et plus Fanny devient amoureuse de son cousin préféré ; hélas, le voisinage commence à se remplir avec l'arrivée des Grant et des Crawford. Ces derniers, Mary et Henry, vont définivement changer les coutumes de la famille Bertram...Amour, confrontation, séduction, mariage, souffrance, chagrin, séparation, retrouvailles et bonheur sont les clés de l'intrigue qui m'a parfaitement passionnée, j'ai retrouvé le style si affirmée et magique de Jane Austen avec bonheur.

Ainsi se termine ma critique sur Mansfield Park qui est hélas moins connu que les autres oeuvres de Jane Austen mais qui est incontournable et tellement alléchant !! Un pure merveille à dévorer.

A lire absolument !!
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Pirouette0001
  10 juillet 2018
Lecture un peu troublante : cet opus est censé être le livre de la maturité de Jane Austen et jamais, jamais dans les quatre autres livres, il n'y a eu autant de noirceur, de turpitude et aussi peu de personnages aimables. Bien sûr, dans ses autres livres, il y avait George Wickham, John Thorpe, John Elliot et j'en passe côté hommes, la jalouse et envieuse Miss Bingley côté femmes etc. Mais ici, c'est tout autre chose, à se demander vers quel personnage se tourner pour trouver bonté et empathie. Sans parler de l'absence d'humour, des longueurs et du caractère fade de l'héroïne.

J'avais trouvé ma première lecture, Northern Abbey, un peu mièvre, mais si je devais à présent élire mes favoris, Emma ainsi qu'Orgueil et préjugés viendraient en premiers, suivis de Northern Abbey, indiscutablement, pour leur espièglerie et légèreté souvent pétillante.

Ceci dit, je ne déconseille évidemment pas cette lecture à ceux et celles qui voudraient connaître l'oeuvre globale de cet auteur, mais je ne l'emprunterais pas comme porte d'entrée à son oeuvre.
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Missbouquin
  26 mai 2012
Fanny Price a une dizaine d'années quand elle est confiée à son oncle et sa tante Bertram, qui vivent dans la luxueuse villa de Mansfield Park. Brutalement arrachée de tout ce qu'elle a connu jusqu'à présent, elle va doucement grandir entre ses cousines Maria et Julia qui n'hésitent pas à lui montrer leur supériorité, et son cousin Edmond qui la comprend et la défend toute son adolescence. L'arrivée à l'âge adulte et à l'âge de se marier des jeunes gens ne va pas être de tout repos, surtout qu'arrivent dans le voisinage la famille Crawford, frère et soeur, qui vont mettre le feu aux poudres …

C'est mon second Jane Austen, après le classique Orgueil et Préjugés dont j'avais auparavant visionné les belles prestations de Keira Knightley, Matthew MacFadyen et la série TV avec Colin Firth. Un ouvrage phare dans ma carrière de lectrice. Cependant, je n'avais pas osé repiocher dans la courte bibliographie de Jane Austen, jusqu'à ce qu'une très bonne amie m'offre Mansfield Park pour mon anniversaire en juillet dernier. Mieux vaut tard que jamais, j'ai profité d'une lecture commune avec George et Lili pour l'attaquer enfin.

Autant le dire tout de suite, j'ai mis plus de deux semaines à le lire (avec des interruptions certes), et je n'ai finalement apprécié le roman tout entier qu'à la lumière de la fin. En effet, je me suis trouvée dans la position du lecteur niais qui tombe dans le piège tendu par l'auteur … Fort heureusement, Lili m'a permis de sauver la face en me remettant sur le droit chemin, 100 pages avant la fin …

En effet, j'avoue que je me suis un peu ennuyée à la lecture de ce long roman, qui aurait pu selon moi être quelque peu réduit. Les jardins bien rangés, les longues discussions inutiles, les interminables conciliabules hypocrites entre chaque personnage, m'ont très vite lassés. J'aime le style du 19e, même quand il ne raconte pas grand chose. Par exemple, j'adore Proust pour son analyse psychologique fine de la société. Ici Jane Austen nous propose cette analyse mais de la société mondaine, une société embourgeoisée, hyper traditionaliste et conventionnelle, pleine de bons sentiments, de moralité mais qui ne sont que de façade; et cela m'a moins passionné.

Ma lassitude vient aussi du personnage principal, Fanny, qui est désespérément timide, manque de confiance en elle tout le long du roman et m'a agacé à force de vouloir se rendre insignifiante. Certes, elle n'a jamais été à sa place dans la maison de ses oncle et tante, et elle a subi des brimades (Tante Norris : “La stupidité et la déraison de ceux qui s'écartent du rang qui est le leur et essayent de paraître plus qu'ils ne sont, me fait penser qu'il est juste de vous prévenir, Fanny [...]; et je vous implore et vous supplie de ne pas vous mettre en avant, de ne pas parler et donner votre avis comme si vous étiez l'une de vos cousines”). Mais son faible caractère est parfois désespérant. Elle ne devient vraiment intéressante, pour moi, que dans la deuxième partie du roman où elle commence à avoir des opinions propres et à écouter ses sentiments. Mais sa pruderie et sa moralité un peu bornée m'ont énervé. J'avais envie de la secouer. Bon d'accord, c'était sûrement les moeurs de la société de cette fin du XIXe, et quand on voit l'autre face de cette société, à travers la famille de Fanny qui vit dans une misère relative, on se dit que finalement c'était pas si mal …

Fort heureusement il y avait Edmond, le cousin parfait qui est tendre, beau, grand et saura ouvrir les yeux au bon moment … :)

Malgré ma difficulté relative à la lecture de ce texte, je ne peux nier que Jane Austen a un style vraiment remarquable, dans ces romans touffus, et m'a bien plu par son humour décalé et l'ironie qu'elle peut parfois montrer envers ses personnages même. de plus, elle dénonce avec force l'hypocrisie que j'ai souligné plus haut ainsi que la dépendance des femmes à l'égard du mariage, mariages arrangés et sans amour (Mademoiselle Crawford : “Je n'aime pas voir que l'on se marie avec quelqu'un d'indigne de soi; mais tout le monde devrait se marier dès qu'un beau parti se présente”), ce à quoi se refuse Fanny, montrant ainsi qu'elle a été élevée dans un monde différent …

En bref, un roman riche, sur lequel j'ai revu mon opinion après coup, et qui me motive pour ouvrir un autre Jane Austen prochainement … Emma sûrement, qui est un vrai chef d'oeuvre parait-il.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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Bazart
  03 juillet 2014

Fanny, 10 ans quitte les siens pour aller vivre chez la soeur de sa mère afin de ne plus être une charge pour ses parents. A Mansfield Park, son oncle, sa tante, ses cousines, toute la famille méprisante lui fera comprendre qu'elle n'est pas de son rang. Fanny enfant de la charité, victime désignée, petite fille puis jeune femme passive et résignée, va observer ce théâtre des vanités qu'est la bonne société anglaise au début du XIXe siècle. Fanny est la vertu faite femme, par sa droiture et sa force morale elle viendra à bout de tous les pièges et de toutes les humiliations et trouvera enfin sa place.

On ne présente plus Jane Austen, disparue en 1817 à 41ans, elle a laissé au moins trois romans majeurs : « Orgueil et préjugés » « Raison et sentiment » et « Mansfield Park » que Folio à la bonne idée de rééditer juste avant l'été.

Ses romans tout en portant un regard amusé sur la littérature sentimentale du XVIIIe siècle destiné à la bonne éducation de la Gentry, critiquent de manière assez habile l'hypocrisie cette société patriarcale. Plutôt moderne dans la description des rapports homme, femme, les fans de Jane Austen (il y en a beaucoup) la considèrent comme la pionnière du roman féministe.

S'il n'a pas l'humour et la fausse légèreté des deux autres illustres romans, ce «
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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