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Critique de Khalya


Khalya
  25 mai 2019
Persuasion est le dernier roman de Jane Austen. Il a été publié après sa mort et, contrairement à ses autres oeuvres, elle n'a pas eu le temps de le retravailler.
Je crois pouvoir dire qu'Anne est mon personnage préféré, non seulement de ce roman, mais de toute l'oeuvre de Jane Austen. Elle a la gentillesse et la sagesse d'Eleanor Dashwood et le désir d'indépendance d'Elizabeth Bennet.
Contrairement à ces deux héroïnes qui, si elles sont affublées de parents souvent pénibles, qui leur font honte ou qui n'ont aucun sens commun, mais dont on ne peut douter de l'amour qu'ils leur portent, Anne est en manque constant d'amour. Son père est vaniteux, imbu de lui-même et totalement indifférent, sa soeur ainée est froide comme la glace et lui préfère son intrigante d'amie et sa soeur cadette, la seule à être mariée, passe son temps à gémir et à se plaindre. La seule personne qui lui témoigne de l'affection dans son entourage immédiat est Lady Russel, une amie de sa défunte mère (et qui est, il me semble, sa marraine).
Malgré un entourage assez toxique, Anne ne perd jamais patience, elle ménage les uns et les autres, calme les esprits et aplani les conflits naissants.
8 ans auparavant, Anne s'est laissé convaincre par lady Russel de refuser la demande en mariage de Frederik Wentworth, qu'elle voyait comme un mauvais parti du fait de l'absence de titre et de sa profession de marin.
Depuis Anne n'a cessé de regretter cette séparation tout en pensant avoir fait son devoir en suivant les conseils de celle qui l'aime comme une mère (autre époque, autre moeurs).
Les circonstances, que je vous laisse découvrir dans le roman, vont l'amener à revoir Frederik, lequel a fait du chemin en 8 ans.
Wentworth est sans doute le personnage masculin que j'ai préféré dans ce roman (même si le beau-frère d'Anne m'a aussi beaucoup plu). Comme Anne, il a le sens du devoir. Il a aussi très conscience de son rang, des privilèges et des obligations qui en découlent. Pour autant, il ne semble en tirer ni orgueil ni sentiment de supériorité.
Il sait à la fois pardonner et se remettre en question, et surtout, il n'hésite pas à s'exposer à un chagrin en faisant le premier pas tout en restant discret.
La chose que j'ai le plus apprécié est que, si Frederik et Anna ne se jette pas l'un sur l'autre au premier regard, convenances du XIXème siècle obligent (on est pas dans un Hugo romance), ils ne perdent pas non plus de temps en atermoiements inutiles qui s'étirent sur des mois.
La fin met un poil à mal les morales habituelles, comme si Jane Austen, sentant sa fin proche, s'était dit : Au diable la morale conservatrice et bien-pensante de mon siècle et place aux sentiments véritables qui, eux seuls, doivent compter.
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