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Critique de Fifrildi


Fifrildi
  23 juillet 2018
Pour ma 500ème critique, j'ai décidé de relire le livre qui a changé ma vie : L'invention de la solitude de Paul Auster que j'ai découvert en 1992.

Bien sûr, avant ce livre il y a eu de très bon livres comme Les dames du lac de Marion Zimmer Bradley, le Moine de M.G. Lewis et le Parfum de Patrick Süskind (pour ne citer qu'eux).

Mais avec ce livre, c'était différent. Pour la première fois je me suis dite - à l'instar d'Agnès Desarthe  : « Tiens, pour une fois, je comprends quelque chose à ma vie... »

J'avoue que j'ai eu très peur de me lancer… et si un quart de siècle plus tard il ne me plaisait plus ? J'ai été très émue de l'apprécier encore plus que la première fois. Il s'en passe des choses dans un quart de siècle d'une vie… cela ouvre de nouvelles perspectives.

Le livre est divisé en deux parties : Portrait d'un homme invisible et le livre de la mémoire. C'est autobiographique mais comme le dit le Maître :

« J'ai moins l'impression d'avoir d'y avoir raconté l'histoire de ma vie que de m'être servi de moi pour explorer certaines questions qui nous communes à tous. »

Tout est dit dans cette phrase, tirée de la Lecture de Pascal Bruckner.

Dans Portrait d'un homme invisible, Paul Auster rend hommage à son père et raconte un peu l'histoire de sa famille paternelle.

Le livre de la mémoire est une sorte d'inventaire de ses sources d'inspiration raconté à la troisième personne. Je suis tombée sur des passages très bouleversants. Si je ne devais qu'en retenir qu'un ce serait :

« C'est un monde perdu. A. se rend compte avec un choc que c'est un monde perdu pour toujours. le petit garçon oubliera tout ce qui lui est arrivé jusqu'ici. Il n'en restera rien qu'une vague lueur, peut-être moins encore. Les milliers d'heures que A. lui a consacrées pendant les trois premières années de sa vie, les millions de mots qu'il lui a dits, les livres qu'il lui a lus, les repas qu'il lui a préparés, les larmes qu'il a essuyées – tout cela disparaîtra à jamais de la mémoire de l'enfant. »

Mon fils, 11 ans, avait 5 ans quand son père est mort. À la dernière fête des pères il m'a avoué qu'il n'avait plus de souvenirs. Cela m'a brisé le coeur.

Ce livre donne tellement d'intensité à la vie avec toutes ces petites choses qui ont l'air de pas grand-chose.

Pour la petite histoire, mon exemplaire a été paraphé par Paul Auster lui-même le 18 juin 2008 à Bruxelles. C'était mon rêve quand j'ai commencé à lire ses livres : le rencontrer. Moment inoubliable que j'ai partagé avec le père de mes enfants.

Voilà, et pendant que je vide la boîte de kleenex je vous laisse sur cette chanson de Billie Holiday, Solitude (tirée du livre).


https://www.youtube.com/watch?v=8eLl84iMsrQ


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