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3,9

sur 1502 notes

LÉVIATHAN a peine refermé, je sais que j'ai adoré même si je n'ai pas saisi toute l'étendue de ce roman (et qu'il me faudra le relire encore plusieurs fois pour espérer en comprendre toute la portée).

Dans ce que j'ai compris, Paul Auster nous parle de la création littéraire en se dédoublant littérairement : Peter Aaron, n'est autre que Paul Auster dans son rôle d'écrivain et Benjamin Sachs (dont le prénom est aussi le nom du pseudo de Paul Auster pour son tout premier livre publié) représente la création.

Selon Wikipédia, "le Léviathan est un monstre colossal. Il peut être considéré comme l'évocation d'un cataclysme terrifiant capable de modifier la planète, et d'en bousculer l'ordre et la géographie, sinon d'anéantir le monde"... Et dans mon interprétation, le Léviathan de Paul Auster n'est autre que la création qui peut détruire l'écrivain quand il en manque mais qui peut bouleverser et changer la vie des lecteurs à travers ses livres.

"Parce que mes livres sont publiés, ai-je expliqué. Des gens les lisent, et je ne sais pas du tout qui ils sont. Sans même m'en douter, j'entre dans la vie d'inconnus, et aussi longtemps qu'ils ont mon livre entre les mains, mes mots sont la seule réalité qui existe pour eux." (p18*)

"Nul ne peut dire d'où vient un livre, surtout pas celui qui l'écrit. Les livres naissent de l'ignorance, et s'ils continuent à vivre après avoir été écrits, ce n'est que dans la mesure où on ne peut les comprendre." (p68*)

Encore un très grand livre de Paul Auster. En plus, j'adore quand il se sert d'éléments biographiques pour mieux nous perdre : "...et que même si ce sont des histoires vraies, elles sont aussi inventées. Ou que, même si elles sont inventées, elles sont vraies." (p212*)


LÉVIATHAN de Paul Auster
Traduit par Christine le Boeuf

Editions Actes Sud (GF) / Babel (poche)


* Édition Babel de 1994
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Après Joyce Carol Oates, Stefan Zweig , F Scott Fitzgerald, Faulkner je poursuis mon périple en terre inconnue.
Ouvrir un livre c'est un peu comme découvrir un nouveau monde, jouer les explorateurs. Cette fois je suis parti à la découverte de Paul Auster et son "Léviathan ".
Cet auteur m'a séduit tant par le style que par la trame de l'histoire.
Ce roman est pour moi un hommage à l'amitié; pas l'amitié virtuelle comme Facebook non je veux dire l'amitié avec un grand A.
Le roman commence par la mort de Ben Sachs dans l'explosion de sa bombe.
On va découvrir sa vie grâce à Peter Aaron autre écrivain. Leurs rencontre dans un bar, leur amitié naissante, le même désir de partage .
Au fil des chapitres la psychologie de Ben devient plus complexe laissant Peter dans le désarrois. Léviathan c'est l'Amérique, l'Amérique des coups tordus l'Amérique des années 80 de Ronald Reagan.
Sachs va devenir terroriste et s'attaquer au symbole de l'Amérique la statue de la liberté. Dans ce roman tous les personnages sont intéressants, ils vont apporter au fil du récit un morceau de la vie de Ben, leurs joies, leurs souffrances.
Je voulais terminer cette critique par une citation de Paul Auster : "ma mission d'écrivain c'est de faire ressentir ce qu'est un être humain."
Je voulais saluer mon ami FX qui m'aide à élargir mon univers littéraire.
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Dire que j'ai lu tant de livres de Paul Auster et jamais ou pas encore : Léviathan, pourtant il sera( je n'ai pas encore lu toute son oeuvre) certainement un de mes titres les plus chers avec notamment : Chronique d'hiver.
" Tes pieds nus sur le sol froid au moment où tu sors du lit et vas jusqu'à la fenêtre. Tu as soixante -quatre ans . Dehors, l'air est gris, presque blanc, pas de soleil en vue.Tu te demandes: combien de matins reste-t-il ?

Une porte s'est refermée.Une autre porte s'est ouverte.

Tu es entré dans l'hiver de ta vie. "

Si je cite cet extrait de Chronique d'hiver, c'est parce qu'il me semble en corrélation étroite avec le roman : Léviathan.
Tout comme d'autres lecteurs, j'ai cherché naturellement qui était Léviathan, surtout que ce nom est le titre de plusieurs romans de différents auteurs. Léviathan serait un monstre marin.
Mais alors qui est le monstre dans ce roman ?
La littérature, le fait et le pouvoir d'écrire ?
Léviathan met en scène deux écrivains : Peter, le narrateur et Ben Sachs qui devient l' ami indéfectible du premier.
On est un peu tenté d'ailleurs de se demander qui est qui ? Il y a tellement de l'un dans l'autre où de l'autre dans l'un qu'on se demande si les deux ne font pas qu'un. Un qui vit sa vie, un qui la rêve ?
Ben Sachs est d'une certaine façon le mentor de Peter, leurs vies se brouillent, s'entrecroisent autour de livres, de femmes, d'histoires parallèles.
Les deux hommes écrivent, Peter met longtemps à démarrer tandis que Ben est brillant, jusqu'au jour où il comprend qui il est et ce qu'il veut être réellement.
Paul Auster a l'art et la manière de nous balader dans ces histoires , d'un personnage à un autre, d'un homme à un autre homme, d'une femme à une autre sans jamais nous ennuyer, ni provoquer d' appitoiement
Les fêlures de l'âme sont magnifiquement mises en lumière , elles captent tous les non-dits de l'existence, tous les rejets d'enfance enfouis dans les mémoires.
On ne peut que s'attacher à ces hommes : Ben, Peter, ces femmes: Lillian, Maria et Fanny..
Vous l'avez compris, un livre qui nous ébranle, qui nous fait douter pour se dire un matin:

Une porte s'est refermée..Une porte s'est ouverte.

Tu es entré dans l'hiver de ta vie et as-tu réussi à être toi-même ?

Léviathan : Un nom qui résonne comme le cadran du Temps.
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Une fois de plus, le miracle Auster fonctionne : Dès la première ligne, on se coule dans les mots comme dans une rivière paisible et l'on se laisse porter par le récit. D'où qu'il parte et où qu'il aille, le plaisir vient de la traversée et de l'exploration des méandres.

Méandres qui nous entraînent cette fois-ci dans les errements de Benjamin Sachs, jeune écrivain taraudé par la quête de sens et le besoin d'agir contre la violence inhérente à son pays, l'Amérique, et que cette obsession conduira à la mort. Errements racontés par son ami Peter narrateur du livre, qui cherche à transcrire au plus près la vérité de Benjamin par-delà les accusations de terrorisme qui ne manqueront pas d'entacher son souvenir.

En contrepoint de cette sorte d'ascèse politique relatée à travers les yeux naïfs et compatissants de Peter, se dessine la brutalité du monde en cette fin de décennie 80 avec la chute du mur de Berlin et le ras de marée libéral aux Etats-Unis, sous le regard d'une statue de la Liberté mise en scène dans le roman comme le symbole d'un idéal perdu.
Et toujours l'incontournable New York, personnage préféré de l'auteur qui perd dans cette histoire son essence de cocon protecteur.

Miracle Auster: je n'ai pas cru une seconde à cette histoire à laquelle je n'ai pourtant pas cessé d'adhérer, tant est naturel le processus de métabolisation de la nourriture littéraire que propose l'auteur.
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Un inconnu a été mis en pièces par l'éclatement d'une bombe. Convaincu qu'il s'agit de Ben, Peter rédige un compte-rendu biographique de son ami, écrivain comme lui, presque son alter ego... Sous couvert d'une captivante enquête psychologique soutenue par une écriture remarquablement limpide se profile l'interrogation existentielle d'un écrivain américain contemporain qui dresse l'état des lieux.
Comme pour les autres romans de Paul Auster, je suis admirative devant la qualité de la description des protagonistes qui s'étend jusqu'à l'intimité.
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Un homme est mort, déchiqueté par une bombe artisanal qui lui a explosé entre les mains. Très vite, l'écrivain Peter Aaron devine qu'il ne peut s'agir que de son ami Benjamin Sachs, lui-même écrivain, disparu depuis quelques années. L'auteur décide alors de relater la vie de Sachs dans un livre auquel il donne le titre d'un ouvrage inachevé de son ami, Léviathan. Aaron y dévoile tout se qu'il sait, pour l'avoir vécu avec lui ou parce qu'on le lui a raconté, du parcours de son ami. Il dispose de beaucoup d'informations dont les enquêteurs du FBI ne disposent pas encore, mais qu'ils finiront par découvrir. le moment venu, il leur remettra le manuscrit pour éclairer la quasi totalité des zones d'ombre de l'enquête.

A travers ce livre, Auster décrit le parcours de jeunes gens, nés à la charnière des années 1940-1950, qui pnt été plus ou moins traumatisés par la guerre du Vietnam. Certains s'en sortiront bien, d'autres sombreront dans les errements de l'alcool, de la prostitution ou de la violence.

J'ai retrouvé dans cet ouvrage, le second que je lis de cet auteur, le style d'écriture que j'avais peu apprécié dans son dernier livre 4321. Je pense avoir compris ce qui me dérange dans ce style : des JE, ici 3, imbriqués : l'auteur, Paul Auster, écrit à la première personne (le premier JE) pour raconter l'écriture d'un livre par son héro Peter Aaron, qui lui même écrit à la première personne (le deuxième JE) l'histoire de son ami Benjamin Sachs, en citant le plus souvent à la première personne (le troisième JE) Sachs et les personnes qui l'ont connu racontant les épisodes que Aaron n'a pas vécu. Assez déroutant !
La première partie est lente et très descriptive. le triple JE la rend plutôt aride. La seconde partie, après l'accident qui aurait pu coûter la vie à Sachs, et qui le fera basculer dans la violence, est plus rythmée, et d'un abord plus facile
J'ai lu ce livre, considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre de Paul Auster, pour me réconcilier avec son écriture après la lecture de 4321 que j'ai peu apprécié. Objectif pas totalement atteint...
Lien : http://michelgiraud.fr/2019/..
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C'est fin, c'est bien écrit, c'est tordu à souhait ! Les personnages sont complètement barrés. On aime ou on n'aime pas mais on ne peut s'empêcher de se demander 'Comment a-t-il pu imaginer un personnage pareil?' (et on se pose la question plusieurs fois vu qu'il y a plusieurs personnages).

Et puis dans ce roman, Paul Auster va jusqu'au bout de ses idées aussi bizarres soient-elles. Il ne nous laisse pas planté au milieu d'une impasse avec un de ses personnages ne sachant quoi en faire (La nuit de l'oracle m'avait laissé un gout d'inachevé). La réconciliation est réussie !
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Peter Aaron est visité par la police car son nom a été retrouvé sur un terroriste, Ben Sachs. Il ne dira rien mais une enquête rapide lui permettra de découvrir qu'il est mort en préparant une bombe. Il avait connu Ben écrivain prometteur, mais qui suite à un accident avait tout arrêté malgré un contrat d'éditeur intéressant, changeant totalement de vie. Peter va remonter le temps, la mauvaise rencontre de Ben qui deviendra un improbable terroriste, plutôt gentil puisqu'il fait sauter des reproductions de la statue de la liberté.
C'est un de mes romans préférés chez Auster qui est un merveilleux conteur qui s'amuse ( et nous amuse) usant et abusant de gadgets comme Peter Aaron ( Paul Auster) nous jouant l'écrivain en panne d'inspiration qui devient terroriste en prenant la succession d'un homme pour lequel il estime avoir une dette. Comme souvent avec Auster, l'identité est au coeur du récit mais pas seulement, Léviathan est un enchevêtrement d'événements, de coïncidences peu vraisemblables mais peu importe on suit l'énigme jusqu'à ce que l'on comprenne finalement ce que voulait provoquer Ben par ses attentats, une autocritique de son pays!!
Auster au sommet de son art.
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Un homme a été tué dans le Wisconsin, probablement en manipulant des explosifs. Il n'en reste rien, ni quasiment de sa voiture. le F.B.I n'a aucune piste. Peter Aaron, écrivain, se dit qu'il doit se dépêcher avant que le FBI ne vienne chez lui pour lui poser des questions. Il est certain qu'il s'agit de son ami Benjamin Sachs, qu'il a rencontré quelques années auparavant, dans un bar de New York. Benjamin lui ayant confié qu'il avait fait dix-sept mois de prison et écrit un livre, après avoir refusé d'être incorporé dans l'armée (Vietnam). Ils ont continué de se voir pendant un certain temps puis se sont perdus de vue (après une grave chute d'une échelle de secours subie par Benjamin). Des années plus tard, la presse dévoile qu'une copie de la statue de la Liberté a été dynamitée dans une petite commune d'un Etat. Ces faits se reproduisent (et l'Amérique se met à vivre au rythme des explosions à chaque fois). Il n'y a aucun indice et rien ne permet d'avancer dans l'enquête. C'est grâce à une femme que Peter Aaron va arriver à mener toute son enquête et retracer l'itinéraire de Benjamin Sachs.

Paul Auster se livre ici à un exercice difficile. Son personnage, victime de nombreuses coïncidences, est comme poussé par un destin inévitable. L'écrivain nous emporte dans les méandres de la vie de son ami. C'est bien écrit. Dans un style propre à l'auteur mais qui reste un auteur « incontournable »...

A découvrir ou à relire avec passion.
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Paul Auster est un auteur formidable, mais je n'ai pas éprouvé le même éblouissement que dans L'invention de la solitude.
Dans la première partie du livre, on retrouve cette finesse d'analyse des rapports humains. La complexité des rapports entre les êtres, dans laquelle rien n'est stéréotypé, est rendue dans toute son infinité. Tous les humains, y compris soi-même, y conservent leur part de mystère. Jamais nous ne sommes certains d'avoir acquis une connaissance sur nous-mêmes et encore moins sur les autres. D'où une réflexion sans fin. On pense à un Woody Allen un peu moins fantaisiste et débridé, mais peut-être plus profond.
Mais la deuxième parie, celle dans laquelle il y a davantage d'action, m'a moins convaincu. J'ai eu une impression de déjà vu, dans un mélange de roman noir et de comédie de moeurs. Pourquoi les Américains ressassent-ils sans fin les scènes d'errance et de déglingue? Je n'en sais rien, mais il faut désormais du génie pour surprendre le lecteur avec du neuf sur ces thèmes. Tout le monde n'a pas l'inventivité de Pynchon ou de Foster Wallace.
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