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Christine Le Boeuf (Traducteur)
ISBN : 2868698921
Éditeur : Actes Sud (26/04/1993)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 1125 notes)
Résumé :
"Rien ne saurait étonner un Américain." Telle est l’épigraphe empruntée à Jules Verne par laquelle Paul Auster invite le lecteur à suivre les tribulations de son héros. Marco Stanley Fogg raconte ici les circonstances étranges qui ont marqué le commencement de sa vie, depuis son arrivée à New York en 1965 jusqu’à ce que, sept ans plus tard, il découvre l’identité de son père… à temps pour assister à son enterrement. Et ses amours, ses rencontres, sa misère, ses erra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
  14 mai 2017
Nous sommes en 1969, Neil Armstrong est le premier homme a marcher sur la lune. Une nouvelle forme d'exploration est née.
Sur terre Marco Stanley Fogg suit l'évènement, étrange destin pour celui qui porte deux prénoms d'explorateurs célèbre. Marco a perdu sa mère très tôt, son oncle Victor s'occupe de l'enfant jusqu'à l'adolescence puis l'envoie à New-York poursuivre ses études.
Marco est du genre attentiste, il est persuadé que tout vient à qui sait attendre.
Installé dans une chambre sordide parmi les caisses de livre que son oncle lui a offert, avec pour seul vue le " moon palace" un restaurant asiatique.
A cours de ressource Marco se retrouve à la rue, vivant de ses trouvailles dans les poubelles de central park.
Quand j'ouvre un roman de Paul Auster je ne sais jamais ce que je vais trouver, ce que je vais éprouver. Avec " moon palace" il ne déroge pas à la règle. Paul Auster est un magicien des mots, il sort de son chapeau des histoires invraisemblables et moi jeune lecteur de son oeuvre j'en redemande, toujours en attente d'une quête intérieure, d'un voyage initiatique. C'est ça la magie de Paul Auster, on quitte Marco Stanley Fogg moribond dans central park, on le retrouve poussant le chariot de monsieur Effing un vieil homme acariâtres, distribuant des billets de 50 dollars, pour ensuite rouler avec Sol Barber, l'homme au chapeau en direction de l'Utah.
" Moon palace" une invitation au voyage avec l'oeil bienveillante de la lune.
Un très beau roman donc.
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latina
  11 novembre 2012
Paul Auster frappe fort !
Il fait subir à ses personnages des dommages irréversibles et à la fois catalyseurs de leur (re)construction : la paternité manquée, la mère manquante, l'orphelin branlant ou démoli aidé par l'oncle ou la tante compatissant, le tout sous le signe de la Lune, récurrente…
Oui, Paul Auster n'y va pas par quatre chemins. le héros, Marcus Stanley Fogg connaît des expériences qui vont le conduire à l'extrême limite de ses capacités humaines, physiques ou mentales. Il rencontre des gens qui marquent sa vie à jamais, car complètement extraordinaires, dérangeants, aussi bien physiquement que mentalement.
Dans quelles situations inhabituelles plonge-t-il ses personnages! La famine, l'obésité monstrueuse, la solitude effroyable, la réclusion volontaire dans une grotte, les comportements marginaux frôlant l'asociabilité, le dévouement intense…Je les ai suivis avec exultation (mais dans certains cas, je me suis sentie abandonnée, mise complètement de côté, et là, c'est l'ennui total).
« On n'a pas souvent l'occasion de se conduire de façon aussi extravagante, et je suis content de n'avoir pas laissé échapper celle-là. » Cette phrase prononcée par un des personnages résume tout à fait le propos de ce roman !
Et pour couronner le tout, très souvent, je me suis laissé emporter par la jubilation intellectuelle, provoquée par l'esprit fin, spirituel, intelligent et iconoclaste de l'auteur. La vie, telle qu'elle est, lui est prétexte à développements pénétrants auxquels je ne peux qu'adhérer.
La connexion, la stupéfaction, l'essoufflement, l'euphorie…Tout cela, je l'ai ressenti avec « Moon Palace ». Oui, Paul Auster a frappé fort !
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Sachenka
  30 avril 2018
Paul Auster est un des auteurs américains dont j'ai le plus suivi la carrière. J'ai lu plusieurs de ses romans et, s'ils ne me plaisent pas tous (bien souvent, à cause des thèmes qui me rejoignent moins), j'en reconnais toujours la grande qualité d'écriture. Il propose habituellement des personnages ordinaires et colorés à la fois, vivant des situations uniques et fascinantes. Moon Palace ne déroge pas à cette règle.
On y rencontre le jeune Marco Stanley Fogg. Déjà, avec un nom pareil… Sans famille (sa mère est décédée il y a belle lurette, son oncle n'en a plus pour très longtemps), il se débrouille tant bien que mal à l'université. Plus les sessions avancent, moins bien sa situation financière se porte. Éventuellement, il atteint le fond, sans domicile fixe, vivant de la générosité des passants, poussant jusqu'aux limites ses capacité physiques et mentales.
Sa situation change du tout au tout quand il accepte l'emploi que lui propose un vieil excentrique, paraplégique et aveugle. Promenades quotidiennes et conversations en échange de nourriture, d'un logis et d'une maigre rémunération. Pas si mal, compte tenu de sa situation. Comme il le dit, tout arrive à qui sait attendre.
Ainsi commence un autre volet de ce roman, M.S. s'efface un peu et devient alors le faire-valoir de Thomas Effing. Ce dernier n'a pas toujours été un vieil handicapé. On peut même affirmer qu'il a vécu plusieurs vies toutes aussi extraordinaires les unes que les autres (que je ne résumerai pas ici), un peu comme son nouvel employé.
C'était un «match» parfait. M.S., même lorsqu'il était un étudiant pauvre, vivait enterré au milieu de nombreux cartons de livres au point que ceux-ci formaient son mobilier. (Quelle chance !) C'est à crire qu'il était prédestiné à devenir le compagnon d'un érudit. J'ai suivi avec réelle passion leurs échanges intellectuels et philosophiques.
Paul Auster, à travers les parcours de ses deux personnages (presque leurs récits initiatiques) et de quelques autres, sonde les tréfonds de l'âme humaine. Il leur fait connaître bien des hauts et des bas, desquels ils ne sortent pas toujours indemmes, souvent marginalisés (la famine, l'isolement et l'obésité, entre autres) mais toujours grandis. Mais c'est aussi ça la vie. Pour tout dire, c'est ce qui produit les personnes les plus intéressantes.
Dans un certain sens, je trouvais un peu dommage que les deux histoires soient ainsi réunies. Il me semblait que M.S. Fogg et Thomas Effing méritaient chacun leur propre roman. Mais non. L'auteur a tissé des liens si étroits entre ces deux-là (et d'autres aussi) que leur histoire n'en formen qu'une seule, étrangement.
Dans Moon Palace, l'auteur en profite pour explorer plus en profondeur des thèmes qu'il a déjà abordés dans d'autres romans et qui forment une toile de fond à son oeuvre entière, soit la quête d'identité, les pérégrinations, la ville de New York. Selon moi, il s'agit de son roman le plus abouti. Ça peut constituer une excellente porte d'entrée à son univers ou, inversement, couronner la lecture de l'ensemble de son oeuvre qui, soit dit en passant, est loin d'être achevée.
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ninosairosse
  04 août 2016
C'était mon premier Paul Auster..... Ça va vous paraitre excessif, mais je suis déjà fan !
C'est le bon livre qui vous tient en haleine, tant par le fil de l'histoire que par toutes les anecdotes historiques autour de cette Lune, véritable fil conducteur...
Beaucoup d'empathie éprouvée pour les quelques personnages du Moon Palace et beaucoup de temps passé à éplucher avec délectation mes encyclopédies pour vérifier l'exactitude des propos du sieur Paul Auster.
Je vous encourage à lire, "liker" et commenter toutes les citations que j'ai retranscrites avec plaisir.
Pour les puristes ou tout simplement les curieux, qui aimeraient prolonger la réflexion du pourquoi M.S. Fogg continue de marcher vers le Pacifique.....je vous invite à lire "Marcher, une philosophie" de Frédéric Gros, il nous encourage tous de marcher vers..... l'Ouest !!!!
Je pense que Paul Auster pourrait se présenter au Nobel de Littérature, J'ai d'ailleurs retrouvé une certaine similitude dans la première partie d'errance et de faim avec un certain Knut Hamsun (Nobel 1920), mais peut-être que je voulais vous laisser le meilleur pour....... la Faim. :-)

PS : par contre si quelqu'un peut m'expliquer ce qu'est devenu M.S. Fogg, j'avoue avoir un flou à vouloir tout décortiquer !??
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LiliGalipette
  16 juillet 2012
Orphelin de mère et abandonné par son père, M. S. Fogg a été élevé par son oncle Victor. Quand M. S. est suffisamment grand pour vivre seul, Victor part sur les routes avec un groupe de musique, léguant de son vivant tous ses livres à son neveu, soit 1492 ouvrages. Seul à New York dans un appartement minable, sans ressource et refusant de travailler, M. S. vend tous les livres de son oncle après les avoir lus. le jeune homme décide d'atteindre un niveau de conscience supérieur en laissant sa vie se dérouler sans rien tenter pour enrayer sa chute. « Je ferais de ma vie une oeuvre d'art, me sacrifiant à ce paradoxe raffiné : chaque souffle de vie me préparerait à mieux savourer ma propre fin. » (p. 42) Seul, pauvre et sublimement désespéré, M. S. attend l'éclipse de lui-même.
Pendant des semaines, il erre dans Central Park, se nourrissant de ce qu'il trouve dans les poubelles et de ce que lui offre la générosité des passants. « J'étais la preuve vivante que le système avait échoué, que le pays béat et suralimenté de l'abondance se lézardait enfin. » (p. 103) Arrivé aux portes de la vie, l'expérience de Fogg s'achève grâce à l'aide de son ami Zimmer et de la jolie Kitty. Une fois remis, M. S. trouve un emploi d'homme de compagnie pour un vieillard aveugle, infirme et fantasque. Au service de Thomas Effing, M. S. apprend à se servir des mots pour dire les choses vraies. « Les mots ont plus d'exigences que cela, on rencontre trop d'échecs pour se réjouir d'un succès occasionnel. » (p. 195) Au-delà des mots qu'il lit et des choses qu'il décrit, le jeune homme doit aussi apprendre à écouter. le vieux Effing souhaite écrire sa nécrologie avant sa mort. Mais pour ce faire, il entreprend le récit de ses jeunes années et raconte comment il est devenu ce vieil homme aveugle et paralytique. Finalement, dans la troisième partie du roman, M. S. Fogg retrouve son père et retrace toute l'histoire familiale.
Pas facile de se retrouver dans ce roman polymorphe. Ce qui semble d'abord être le récit initiatique de Fogg devient la métamorphose d'Effing qui aboutit à l'éclosion finale de Fogg. Au gré des récits enchâssés, la mythologie familiale dont est issu M. S. Fogg se dessine et le hasard en est bien absent. Des années 1960 aux années 1970, le jeune homme accomplit plusieurs révolutions, mais pas autour du soleil : autour de la lune. L'astre de nuit est omniprésent, qu'il s'agisse d'une enseigne lumineuse ou du message contenu dans un biscuit chinois. J'ai assez peu compris cette obsession pour la lune, mais il est certain qu'elle influence sans fin l'existence de M. S. Fogg.
Même si beaucoup d'éléments m'ont échappé, j'ai aimé cette lecture et l'écriture de Paul Auster. Voilà un texte assez tordu qui devrait plaire aux adeptes du genre.
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Citations et extraits (173) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   04 novembre 2012
Dans les rues, tout n'est que corps et commotions et, qu'on le veuille ou non, on ne peut y pénétrer sans adhérer à un protocole rigoureux. Marcher dans une foule signifie ne jamais aller plus vite que les autres, ne jamais traîner la jambe, ne jamais rien faire qui risque de déranger l'allure du flot humain.
Si on se conforme à ce jeu, les gens ont tendance à vous ignorer. Un vernis particulier ternit les yeux des New-Yorkais quand ils circulent dans les rues, une forme naturelle, peut-être nécessaire, d'indifférence à autrui.
Par exemple, l'apparence ne compte pas. Tenues extravagantes, coiffures bizarres, T-shirts imprimés de slogans obscènes - personne n'y fait attention.
En revanche, quelque accoutrement qu'on arbore, la façon dont on se comporte est capitale. Le moindre geste étrange est immédiatement ressenti comme une menace. Parler seul à voix haute, se gratter le corps, fixer quelqu'un droit dans les yeux : de tels écarts de conduite peuvent déclencher dans l'entourage des réactions hostiles et parfois violentes.
On ne peut ni trébucher ni tituber, il ne faut pas se tenir aux murs, ni chanter, car toute attitude spontanée ou involontaire provoque à coup sûr des regards durs, des remarques caustiques, et même à l'occasion une bourrade ou un coup de pied dans les tibias.
Par contraste, (dans un parc), personne se s'y étonnait qu'on s'étende sur l'herbe pour s'endormir en plein midi. Personne ne tiquait si l'on restait assis sous un arbre à ne rien faire, si l'on jouait de la clarinette, si l'on hurlait à tue-tête.
Les mêmes choses qui auraient inquiété les gens dans la rue n'étaient ici considérées qu'avec une indifférence amusée. Les gens se souriaient et se tenaient par la main, pliaient leurs corps en postures inhabituelles, s'embrassaient.
C'était vivre et laisser vivre, et du moment qu'on n'intervenait pas directement dans l'existence des autres, on était libre d'agir à sa guise.
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latinalatina   06 novembre 2012
- Elle a une immense discrétion, une réelle délicatesse de sentiment.
- Elle m'a embrassé la première fois que je l'ai vue, tu le savais? Juste au moment où je partais, elle m'a rattrapé sur le seuil, m'a jeté les bras autour du cou, et m'a planté un énorme baiser sur les lèvres. Ce n'est pas exactement ce que j'appellerais de la délicatesse ou de la discrétion.
- Non. Kitty savait ce qu'elle faisait. C'est quelqu'un qui se fie à ses élans, mais ces élans sont aussi une sorte de sagesse.
- Tu as l'air bien sûr de toi.
- Mets-toi à sa place. Elle tombe amoureuse de toi, elle t'embrasse sur la bouche, elle laisse tout tomber pour se lancer à ta recherche. Et qu'est-ce que tu as fait pour elle? Rien. Même pas l'ombre d'un rien.
La différence entre Kitty et les gens, c'est qu'elle est disposée à accepter ça. Imagine, Fogg. Elle te sauve la vie, et tu ne lui dois rien. Elle n'attend de toi aucune gratitude. Elle n'attend même pas ton amitié. Elle les souhaite peut-être, mais elle ne les demandera jamais. Elle respecte trop les autres pour les obliger à agir contre leurs désirs. Elle est ouverte et spontanée, mais en même temps elle préférerait mourir que de te donner l'impression qu'elle s'impose à toi.
C'est là qu'intervient sa discrétion. Elle est allée assez loin, à présent elle n'a plus le choix : elle reste où elle est, et elle attend.
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LuniverLuniver   24 novembre 2012
Comme me l'avait un jour lointain expliqué oncle Victor, une conversation ressemble à un échange de balles. Un bon partenaire vous envoie la balle droit dans le gant, de sorte qu'il vous est presque impossible de la rater ; quand c'est à lui de recevoir, il rattrape tout ce qui arrive de son côté, même les coups les plus erratiques et les plus incompétents. C'est ainsi que faisait Kitty. Elle relançait sans cesse la balle juste au creux de mon gant, et quand je la lui retournais, elle ramenait tout ce qui parvenait peu ou prou à sa portée, sautant vers les chandelles qui lui passaient au-dessus de la tête, plongeant avec agilité de gauche à droite , se précipitant pour réussir des prises acrobatiques. Mieux encore, son talent était tel qu'elle me donnait toujours l'impression que j'avais fait exprès de mal lancer, comme si mon seul objectif avait été de rendre la partie plus amusante. Elle me faisait paraître meilleur que je n'étais et cela me donnait confiance, et m'aidait ensuite à lui envoyer des balles moins difficiles à recevoir. En d'autres mots, je commençai à lui à parler à elle, plutôt qu'à moi-même, et le plaisir en était plus grand que tout ce que j'avais connu depuis longtemps.
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michemuchemichemuche   03 mai 2017
J'avais sauté de la falaise, et puis au tout dernier moment, quelque chose s'est interposé et m'a rattrapé en plein vol. Quelque chose que je définis comme l'amour. C'est la seule force qui peut stopper un homme dans sa chute, la seule qui soit assez puissante pour nier les lois de la gravité.
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latinalatina   09 novembre 2012
Il y avait le fait que personne ne verrait jamais ce qu'il peignait.
Loin d'être tourmenté par un sentiment de futilité, Effing éprouvait l'impression d'une libération.
Il travaillait désormais pour lui-même, la menace de l'opinion d'autrui ne pesait plus sur lui, et cela seul suffit à provoquer une modification fondamentale dans sa façon d'envisager l'art. Pour la première fois de sa vie, il cessa de se préoccuper des résultats, et par conséquent les termes "succès" ou "échec" perdirent soudain pour lui leur signification.
Il découvrit que le vrai but de l'art n'était pas de créer de beaux objets. C'était une méthode de réflexion, un moyen d'appréhender l'univers et d'y trouver sa place, et les éventuelles qualités esthétiques que pouvait offrir une toile individuelle n'étaient que le sous-produit presque accidentel de l'effort accompli pour s'engager dans cette quête, pour pénétrer au coeur des choses.
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