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Christine Le Boeuf (Traducteur)
ISBN : 2742780467
Éditeur : Actes Sud (05/01/2009)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 374 notes)
Résumé :
"Seul dans le Noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain."

Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l'immobilité par un accident de voiture, s'est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
latina
  03 janvier 2016
« Comme tout cela va vite. Hier enfant, aujourd'hui vieillard, et d'alors à maintenant, combien de battements de coeur, combien de respirations, combien de mots prononcés et entendus ? Touchez-moi, quelqu'un. Posez la main sur mon visage et parlez-moi... »

Roman du désespoir ? Roman de la solitude ?
Non, roman de la lucidité.

August Brill se sent seul dans le noir. Handicapé suite à un accident de voiture, veuf depuis peu, il n'arrive pas à dormir. Et il s'invente des histoires. Dont celle d'un certain Brink qui se trouve happé dans un monde parallèle, cauchemardesque, créé de toutes pièces par un écrivain.
Brill n'est pas le seul à être seul dans le noir. Sa fille Myriam et sa petite-fille Katya vivent avec lui ou plutôt essaient de revivre avec lui. Car elles aussi fraient avec le désespoir. L'une est divorcée, l'autre a perdu son ex-amoureux qui s'est engagé en Irak.
Tous les trois se débattent comme ils peuvent, taraudés qu'ils sont par le sentiment de culpabilité et de perte.
Seuls face à eux-mêmes.
Mais l'espoir est là, quand même, grâce à l'écriture, grâce au cinéma, grâce à la franchise aussi.
Pas de langue de bois chez Paul Auster. du rude, du pur, du vrai.

Une fois de plus, Paul Auster m'emmène dans des régions où parfois je rechigne à aller, car j'ai peur. Peur de la solitude, peur du noir, peur de la culpabilité, peur de me retrouver face à moi-même.
Et pourtant...que cela fait du bien. A creuser ainsi jusqu'au fond de son être, on se retrouve et on s'aime à nouveau. On aime la vie telle qu'elle est, avec ses problèmes et ses redditions, ses lâchetés et ses hurlements.
Et pourtant, « ce monde étrange continue de tourner »...
Oui, Paul Auster me transporte. Une fois de plus.
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Ambages
  12 août 2017
J'étais au volant de ma voiture, je traversais un bois, une grande ligne droite et soudainement les couleurs me sont apparues défraîchies. Dix minutes plus tôt, chez moi, au calme, je lisais Seul dans le noir, et puis il faut bien aller travailler. On vérifie que tout est fermé, on a bien les clefs, et on court se mettre au volant. On roule par automatisme et.... C'est là que tout c'est produit. « C'était comme si on entrait dans un rêve, n'est-ce pas ? le même endroit, mais tout est différent. » Je perdais mes repères. J'avais dévoré une série de romans où je plongeais dans des mondes parallèles, la Londres d'En Bas découverte avec Richard, le Londres magique et déroutant avec Doyle, et je me retrouve à ne plus savoir où je vais. Auster m'achève, me suis-je dit. Il venait avec maestria de me transporter ...ailleurs. Seulement quelques pages et je me demandais : « Sommes-nous, oui ou non, dans le monde réel ? » Je voulais le continuer mais... l'heure c'est l'heure. Un arrêt brutal de la lecture peut entraîner des effets néfastes. Je ne le savais pas encore. Pas encore à quel point, et ce chemin allait tout changer. Je comprenais enfin. « Si je me mets dans l'histoire, l'histoire devient réelle. Ou bien c'est moi qui deviens irréel, une création supplémentaire de mon imagination. » Alors je pose fermement mes deux mains sur le volant et je maintiens ma vitesse. Malgré tout, les lieux continuent à perdre de leur intensité, l'angoisse m'étreint et mon humeur devient « aussi sombre que la nuit d'obsidienne qui m'entoure. » Un bruit de klaxonne me ramène à la couleur. Je me rabats sur le côté, secoue la tête. Encore une fois « mon omniprésente absente » me sauve. L'épisode se termine plutôt bien car tout reprend forme et aspect habituel. Il ne faut pas arrêter trop vite un roman de Paul Auster, pour un toxico le manque crée des turbulences affreuses.
« (...)  on comprend que les possibilités les plus affreuses de l'imagination sont le pays dans lequel on vit. »
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rabanne
  04 décembre 2016
Ce n'est pas que je n'ai pas apprécié la plume de Paul Auster, pleine de verve et d'humanisme, mais je me suis sentie trop ballottée dans ce roman.
Etre réel et imaginaire, rêve et cauchemar, absurdité et introspection... J'ai failli abandonner cette lecture à plusieurs reprises.
C'est le récit d'une d'insomnie, celle d'un homme vieillissant, fatigué et désoeuvré (par une société en déliquescence ?) qui, seul dans le "noir", fait le bilan de sa vie.
Une fiction fantasmagorique et angoissante, où vient se mêler à la réalité de cette interminable nuit...
Le rythme narratif m'a donné une désagréable sensation de vertige, voire d'asphyxie.
Tantôt de brusques ruptures, tantôt des longueurs ou d'étonnants sursauts dans le discours.
Bref, un ensemble qui m'a un peu déconcertée, malgré la sensibilité et la lucidité qui se dégagent de ce roman.
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Allantvers
  19 avril 2019
Brick se réveille dans un trou, en est sorti pour découvrir qu'il a quitté son univers pour un autre dans lequel l'Amérique est en état de guerre civile, puis apprendre que, n'étant qu'un personnage, il a pour mission de supprimer l'auteur qui l'a créé afin de mettre fin à la guerre...
Brill, cloué au lit seul dans la nuit noire du Vermont, crée des univers fictionnels dans sa tête tout en revisitant sa vie à la lumière de l'aube du 21ème siècle américain marqué par la guerre en Irak.
"Et ce monde étrange continue de tourner"...
Le lecteur la partage, la mélancolique perplexité qu'exprime ce vers de Rose Hawthorne cité par Brill : il perd pied dans les multiples mises en abyme dans lequel Auster le perd entre rêve et réalité, entre monde et antimonde, à la fois sidéré face à la brutalité de la guerre et fasciné par l'infinie douceur des relations filiales et amoureuses des personnages.
"Seul dans le noir" n'est pas le meilleur des romans de Paul Auster que j'ai lus, mais néanmoins suffisamment déroutant et teinté d'amère absurdité pour me le faire relier sans que je sache vraiment pourquoi à un autre magnifique vers, de Bashung :
"La nuit je mens,
je prends des trains à travers la plaine..."
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Malaura
  13 juin 2011
Depuis que sa femme est morte et qu'un accident de la route l'a contraint à l'immobilité, l'ancien critique littéraire August Brill vit avec sa fille Miriam et sa petite-fille Katya dans une maison où règnent tristesse et deuil.
Miriam ne se remet pas d'un divorce vieux de 5 ans, Katya se sent responsable de la mort en Irak de son ex-fiancé, tandis que le vieil homme tente de pallier ses insomnies et les douleurs du souvenir en s'inventant des histoires.
C'est ainsi qu'une nuit il crée Owen Brick, personnage projeté dans un monde parallèle...

Fidèle à son habitude, Paul Auster balade son lecteur au gré de ses envies, de ses désirs, de ses caprices.
Qu'il nous entraîne dans une fiction créée de toute pièce par son personnage, qu'il nous abreuve de théories sur le cinéma ou bien qu'il nous raconte la biographie d'une poétesse méconnue, le lecteur est immanquablement conquis, laissant réflexions, digressions, mises en abyme ou souvenirs s'interpénétrer et cédant au charme d'une longue nuit au terme de laquelle "ce monde étrange continue de tourner".

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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
jmlire92jmlire92   16 février 2017
Tout à coup, un besoin urgent de me vider la vessie. Je n'aurais pas dû boire ce dernier
verre de vin, mais la tentation était trop forte et il est vrai que j'aime bien me coucher un peu parti. La bouteille à jus de pomme est posée par terre près du lit, mais j'ai beau tendre la main et tâtonner dans le noir, je ne la trouve pas. Une idée de Miriam, cette bouteille - afin de m'épargner la douleur et la difficulté d'avoir à me lever et à claudiquer jusqu'à la salle de bains au beau milieu de la nuit. Une idée excellente, mais toute l'astuce consiste à avoir la bouteille sous la main, or, cette nuit, mes doigts tendus s'agitent sans entrer en contact avec le verre. La seule solution serait d'allumer la lampe de chevet mais, si je fais cela, ma moindre chance de m'endormir s'envolera pour de bon. Ce n'est qu'une ampoule de quinze watts mais, dans les ténèbres d'encre de cette chambre, l'allumer reviendrait à m'exposer à l'éclat brûlant d'une flamme. Je me sentirais aveugle pendant quelques instants et puis, lorsque mes pupilles se seraient peu à peu dilatées, je me retrouverais complètement éveillé et, même quand j'aurais éteint la lampe, mon cerveau continuerait à tourner en rond jusqu'à l'aube. Je sais cela de longue expérience, d'une vie entière de combats contre moi-même dans les tranchées de la nuit. Bon, tant pis, rien à faire, rien de rien. J'allume. Je suis aveuglé. Je cligne lentement des yeux pendant que ma vision s'ajuste, et j'aperçois la bouteille, debout sur le plancher à cinq centimètres à peine de son emplacement habituel. Je me penche, j'étire un peu plus mon corps et j'attrape la maudite bouteille. Ensuite, repoussant les couvertures, je me mets avec lenteur en position assise - prudemment, prudemment, afin de ne pas susciter l'ire de ma jambe fracassée -, je dévisse le couvercle, j'enfile ma verge dans le goulot et je laisse venir. Cela ne manque jamais d'être une satisfaction, ce moment où le flot arrive, et puis la vision du liquide blond bouillonnant en cascade dans la bouteille dont le verre se réchauffe sous ma main. Combien de fois un individu pisse-t-il en l'espace de soixante-douze années ? Je pourrais tenter le calcul, mais quel intérêt maintenant que l'affaire est presque faite ? En retirant mon pénis du goulot, je contemple mon vieux camarade et je me demande si je referais jamais l'amour, si je rencontrerai jamais une autre femme disposée à coucher avec moi et à passer une nuit dans mes bras. Je repousse cette pensée, je me somme d'arrêter ça, car ce chemin là mène à la folie. Pourquoi a-t-il fallu que tu meures, Sonia ? Pourquoi n'ai-je pu partir le premier ?.
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latinalatina   03 janvier 2016
On ne peut pas se mêler des sentiments d’autrui, surtout pas de ceux de son propre enfant, et la vérité c’est que les enfants n’apprennent rien des erreurs de leurs parents. Nous devons les laisser faire, les laisser se débrouiller dans la vie et commettre leurs propres erreurs. Nous ne pouvons qu’espérer que tout ira bien.
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rabannerabanne   02 décembre 2016
Le nom de Giordano Bruno vous dit-il quelque chose ?
Non. Jamais entendu parler de lui.
Un philosophe italien du XVIe siècle. Il soutenait que si Dieu est infini, et si la puissance de Dieu est infinie, il doit y avoir un nombre infini de mondes.
Oui, ça me paraît logique. À supposer qu'on croie en Dieu.
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ladyogaladyoga   17 octobre 2012
S'évader dans un film, ce n'est pas comme s'évader dans un livre. Un livre vous oblige à échanger avec lui, à faire travailler votre intelligence et votre imagination, alors qu'on peut regarder un film et même y prendre plaisir dans un état de passivité décérébrée.
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rabannerabanne   01 décembre 2016
En quoi cet homme mérite-t-il de mourir ?
Parce que la guerre lui appartient. Il l'a inventée, et tout ce qui arrive ou est sur le point d'arriver se trouve dans sa tête. Élimine cette tête, la guerre s'arrête. C'est aussi simple que ça.
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